mercredi, 30 janvier 2013

Grèce antique : discours funèbre en l'honneur des héros athéniens morts dans les combats

Le même hiver, les Athéniens, conformément à la coutume du pays, célébrèrent aux frais de l'Etat les funérailles des premières victimes de cette guerre. Voici en quoi consiste la cérémonie. On expose les ossements des morts sous une tente dressée trois jours d'avance, et chacun apporte ses offrandes à celui qu'il a perdu...

Sybota.jpg

Dès que les ossements ont été recouverts de terre, un orateur, choisi par la république parmi les hommes les plus habiles et les plus considérés, prononce un éloge digne de la circonstance ; après quoi, l'on se sépare. Telle est la cérémonie des funérailles ; l'usage en fut régulièrement observé dans tout le cours de la guerre, à mesure que l'occasion s'en présenta. Cette fois, ce fut Périclès, fils de Xanthippos, qui fut chargé de porter la parole. Quand le moment fut venu, il s'avança vers une estrade élevée, d'où sa voix pouvait s'entendre au loin, et il prononça le discours suivant :

Lire la suite

mercredi, 31 octobre 2012

Les Sagas Islandaises Légendaires

"Récits des temps anciens", les sagas légendaires (fornaldarsögur), composées en Islande aux XIIIe et XIVe siècles, brodent sur le passé mythique de l’ère viking. 

Elles donnent forme, dans un style plein de vigueur, à ces mondes magiques dont Richard Wagner ou J. R. R. Tolkien surent s’inspirer pour bâtir leurs propres univers littéraires et poétiques.

Surgissant des âges héroïques ces textes constituent le fleuron d’une littérature de fantaisie sans équivalent.

Avec Régis Boyer et Jean Renaud, qui ont préfacé et établi l’édition de Sagas légendaires islandaises aux éditions Anacharsis

Vikings2.jpg

mardi, 16 octobre 2012

Tacite : La révolte de Boadicée

Sous le consulat de Caesenius Paetus et de Petronius Turpilianus, un grave désastre nous fut infligé en Bretagne, où le légat de l'Empereur, Aulius Didius, avait seulement conservé ce que nous possédions, et son successeur Veranius, après avoir opéré quelques incursions punitives contre les Silures, fut empêché par la mort de poursuivre la guerre.

Boadicée,BoudiccaTant qu'il vécut, il eut une grande réputation d'austérité, mais dans les derniers mots de son testament, il laissa percer une tendance à la flatterie ; car après avoir abondamment flatté Néron, il ajouta qu'il lui aurait conquis la province, s'il avait vécu encore deux ans. Mais maintenant, la Bretagne était entre les mains de Suetonius Paulinius, dont la science militaire et la popularité ne laissait personne sans rival, égalant celle de Corbulon, et il aspirait à égaler la gloire que celui-ci avait remportée en reconquérant l'Arménie et en subjuguant les ennemis de Rome. Il se prépara donc à attaquer l'île de Mona qui avait une population importante et qui était un refuge pour les fugitifs. Il construisit des bateaux à fond plat pour traverser ce bras de mer peu profond et mal connu. Ainsi traversa l'infanterie, pendant que la cavalerie suivait en passant à gué ou, quand l'eau était plus profonde, en nageant aux cotés de leurs chevaux.

Lire la suite

Écrit par SG dans > Antiquité, > Textes anciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : boadicée, boudicca | | |  Facebook | |  Imprimer | |

lundi, 11 juin 2012

Témoignage d'une "opération commando" sous Napoléon, par le général baron de Marbot

La jolie petite ville de Mölk, située sur le bord du Danube, est dominée par un immense rocher en forme de promontoire, sur le haut duquel s'élève un couvent de Bénédictins, qui passe pour le plus beau et le plus riche de la chrétienté. Des appartements du monastère, l'œil découvre sur une très vaste étendue le cours et les deux rives du Danube. L'Empereur et plusieurs maréchaux, au nombre desquels était le maréchal Lannes, s'établirent au monastère, et notre état-major logea chez le curé de la ville.

Hussard.jpgIl était tombé beaucoup d'eau pendant la semaine, et la pluie, qui n'avait pas cessé depuis vingt-quatre heures, continuait encore ; aussi le Danube et ses nombreux affluents étaient-ils débordés. La nuit venue, mes camarades et moi, charmés d'être à l'abri d'un aussi mauvais temps, soupions gaiement avec le curé, jovial garçon, qui nous faisait les honneurs d'un excellent repas, lorsque l'aide de camp de service auprès du maréchal Lannes vient me prévenir que celui-ci me demande, et qu'il faut que je monte à l'instant même au couvent. Je me trouvais si bien où j'étais, que je fus très contrarié d'être obligé de quitter un bon souper et un bon logis pour aller me mouiller derechef ; mais il fallait obéir !...

Lire la suite

mardi, 29 mai 2012

RDN : A l'école des anciens Chinois - Les 13 articles de Sun Tse

samedi, 12 mai 2012

Juan de Mariana : "Que les citoyens cultivent les arts militaires sur terre comme sur mer"...

... Je pense qu'il faut permettre aux habitants des provinces - et même exiger s'ils refusent - d'avoir chacun des chevaux et des armes dans son patrimoine familial.

juan-mariana.jpgIl faut veiller à ce qu'ils pratiquent les arts militaires : que les cavaliers courent à cheval, que les fantassins, comme pour un juste combat, s'exercent au saut, au lancer, à la lutte et à la course ; qu'ils lancent des flèches sur une cible, ou projettent des balles de plomb grâce à un tube de fer et une flamme. A celui qui se distinguera ou sortira victorieux de ces épreuves sera accordé un prix prélevé sur le trésor public : un habit, une pierre précieuse ou un anneau. Que le Prince préfère le secours dû au bon vouloir et au génie des citoyens pour protéger la dignité nationale et conserver la sécurité publique, à celui qu'il pourrait obtenir de l'armée et des soldats mercenaires...

Que soit accordé aux habitants des provinces ce que nos lois permettent et ce que leurs coutumes avaient établi... de sorte que, grâce à des associations mettant leurs forces en commun, ils construisent des ressources privées, des trirèmes et des bâtiments légers ; grâce auxquels ils exerceront la piraterie et feront irruption, féroces et formidables, sur les côtes impies. Etant donné que cela est permis aux ennemis, que l'une et l'autre mer sont tous les ans infestées de pirates qui souvent provoquent la guerre et se constituent du butin à partir de nos biens, pourquoi voudrions-nous que cette faculté soit totalement retirée à nos compatriotes ?

... Que cette liberté soit accordée, sinon à tous les hommes, du moins aux nations et aux provinces d'Espagne, pour que, à leurs frais, elles protègent leur littoral et mettent le cap sur les côtes ennemies. A partir de chacune de ces flottes, quand l'occasion se présentera et que la guerre surviendra, il sera facile de constituer une immense flotte ; grâce à elle les ennemis seront assujettis et la domination de la terre sera évidente. Voilà notre opinion qui a été arrêtée depuis de nombreuses années, puisse-t-elle être d'autant plus adéquate et mériter la reconnaissance qu'elle émane d'une âme sincère ; qu'elle soit reçue avec le meilleur soin pour le service de la patrie.

Juan de Mariana (1536-1624)

Jésuite espagnol qui affirmait l'importance de la force armée garante de la prospérité publique.

In Hispani e societate Iesu, De rege et regis institutione (Livre III, chap. V, p 245-253)

Écrit par SG dans > Citations, > Textes anciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | |  Facebook | |  Imprimer | |

vendredi, 23 mars 2012

La vertu guerrière, par Clausewitz

La vertu guerrière est distincte du courage, bien que celui-ci en constitue une partie essentielle. On saurait encore moins la confondre avec l’enthousiasme pour la cause de la guerre.

f49ed3a2f1df36f6599b5ce1fb61b3e9.jpgDans l’homme, en général, le courage est une qualité naturelle, un don de naissance ; chez le soldat, membre de l’armée, il peut, en outre, s’acquérir par l’exercice et par l’habitude. Dans ce dernier, d’ailleurs, le courage suit une direction très différente, et, perdant tout instinct d’allure libre et de dépense déréglée de forces, doit se soumettre aux exigences de la discipline, de l’ordre, du règlement et de la méthode.

Quant à l’enthousiasme pour la cause de la guerre, bien que ce ne soit nullement l’un des principes constitutifs de la vertu guerrière, il est incontestable qu’il en augmente considérablement le degré et la puissance effective, lorsqu’il anime les troupes d’une armée.

À quelque point de vue qu’on la considère, et alors même que, dans une nation, la totalité des citoyens en état de porter les armes seraient appelés à y prendre part, la guerre est et restera toujours une fonction spéciale, absolument distincte et séparée des autres fonctions de la vie sociale.

Lire la suite

Écrit par SG dans > Textes anciens, > Valeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clausewitz, vertu guerrière | | |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 15 février 2012

Hérodote : Léonidas et la bataille des Thermopyles

Les forces grecques 

(202). Voici les gens postés là pour attendre l'assaut du Perse : il y avait trois cents hoplites de Sparte, mille de Tégée et de Mantinée (cinq cents de chacune des deux villes), cent vingt d'Orchomène en Arcadie, et mille du reste de la région ; c'est tout pour l'Arcadie. Corinthe avait envoyé quatre cents hommes, Phlionte deux cents, et Mycènes quatre-vingts. Voilà les forces qui venaient du Péloponnèse. De Béotie venaient sept cents Thespiens et quatre cents Thébains. 

léonidas,hérodote,300,thermopyles,sparte,perses,xerxès

(203). Appelés à la rescousse, les Locriens d'Oponte avaient envoyé toutes leurs forces, et les Phocidiens mille hommes. Les Grecs les avaient d'eux-mêmes invités à les rejoindre : ils formaient l'avant-garde des confédérés, leur avaient-ils fait dire, et ils attendaient d'un jour à l'autre la venue du reste des alliés ; la mer était bien gardée, surveillée par les Athéniens, les Éginètes et les autres membres de leurs forces navales, et il n'y avait rien à redouter, car la Grèce n'avait pas devant elle un dieu, mais un homme, et jamais on n'avait vu, jamais on ne verrait d'homme qui, du jour de sa naissance, n'eût le malheur mêlé à son destin, — et plus grand l'homme, était mortel, devait lui aussi connaître un jour l'échec. Ces arguments avaient décidé les Locriens et les Phocidiens à leur envoyer des secours à Trachis.

Lire la suite

samedi, 04 février 2012

En route pour L'Iliade et L'Odyssée !

Cliquer sur l'image pour accéder à notre mémoire guerrière.
Iliade1.jpg

mardi, 30 août 2011

Friedrich Ludwig JAHN : "Turnkunst" et patriotisme allemand

Friedrich Ludwig Jahn (1778 - 1852) est un des grands noms de la gymnastique moderne, avec le suédois Ling. Jahn et Ling sont à l'origine du mouvement en faveur de l'éducation physique qui a eu pour effet de ramener la question de l'exercice et de la formation corporelle à l'avant-plan au début du XIXe sièce. 

patrie,patriotisme,jahn

Jahn forgera le concept de Turnen (dérivant du mot Tournoi) pour désigner ce que dans les autres pays on continuait d'appeler la gymnastique, mot que Jahn méprisait car étranger à la langue allemande. Les villes allemandes se peupleront de Turnenplatz au XIXe siècle, palestres publiques où la jeunesse réappris la dignité à travers l'éducation physique et le jeu. L'Allemagne venait d'être battue à Iéna par la Grande Armée française. Les Allemands étaient un peuple humilié comme la France le sera après Sedan en 1870. Dans cet ouvrage, Jahn sert une vigoureuse harangue à ses compatriotes. Jahn fit partie du corp-franc du baron prussien von Lützow qui pratiqua la guérilla contre les troupes napoléoniennes entre 1813 et 1815.

Parmi les devoirs qui s'imposent à l'État allemand, outre celui de regrouper la nation éparse autour des symboles forts de la germanitude, celui de redonner de l'air et de la vigueur à ses jeunes, et surtout leur enlever la tête des livres. Il faut que l'Allemand retrouve la force de ses ancêtres qui n'hésitaient à affronter, en corps-à-corps, l'ours des sombres forêts germaniques.

Lire la suite

Écrit par SG dans > Europe, > Patria, > Textes anciens, > Valeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrie, patriotisme, jahn | | |  Facebook | |  Imprimer | |