dimanche, 24 février 2008
Attaqué, le PKK appelle les jeunes Kurdes à des représailles sur le sol turc
Les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont appelé dimanche 24 février les jeunes Kurdes de Turquie à lancer des actions violentes dans les grandes villes en réaction au lancement par l'armée turque d'une opération terrestre contre les rebelles retranchés dans le nord de l'Irak. "Dans les grandes villes, les jeunes Kurdes doivent donner une réponse [à cette offensive]. La guérilla du Kurdistan, ce n'est pas 7 000 ou 10 000 personnes, ce sont des centaines de milliers de personnes", a déclaré le chef de l'aile militaire du PKK Bahoz Erdal.
"Si [l'Etat turc] veut nous détruire, nos jeunes doivent rendre la vie dans les grandes métropoles insupportable. (...) Les jeunes Kurdes doivent se réunir par groupes de deux pour brûler chaque soir des centaines de voitures", a notamment suggéré Erdal, considéré comme le porte-voix du PKK. Le dirigeant a appelé les jeunes Kurdes à "empoisonner la vie" des habitants des grandes agglomérations turques. "Nous ne sommes pas contre le peuple turc mais telle est la logique de la guerre", s'est justifié Erdal dans un communiqué, établissant des parallèles avec la résistance des Irakiens à la présence des forces américaines dans leur pays.
Samedi, un porte-parole du PKK, Ahmad Danis avait déjà menacé Ankara de représailles. "Si la Turquie poursuit ses attaques, nous mènerons des opérations de guérilla dans les villes turques, sans viser les populations civiles", avait alors affirmé ce porte-parole.
Depuis jeudi, l'armée turque mène une opération terrestre dans le nord de l'Irak pour en déloger les rebelles du PKK. L'offensive s'est encore intensifiée samedi. Au moins 79 rebelles kurdes et sept soldats turcs ont été tués jusque là, selon l'armée turque.
Source du texte : LE MONDE.FR
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jeudi, 07 février 2008
Greek Cyprus watches Kosovo’s move
Now the Serbian presidential election is over, the unilateral independence of Kosovo is likely to be declared within a matter of weeks. It may be a tiny, remote, poor and mountainous land, but the consequences of the move will spread far beyond its Balkan borders.
Although the great majority of Serbs remain strenuously opposed, Kosovo’s independence will swiftly be recognised by the US, followed by leading members of the European Union, including the UK, France and Germany. It will be a de facto recognition, not a de jure one. Russia is blocking any United Nations resolution, both out of loyalty to Serbia and from a more fundamental objection to the principle of self-determination.
Several EU member states also remain deeply hesitant, fearful of the precedent set by allowing an ethnic minority to declare independence without winning agreement from the country it is leaving. Spain is one such, fearing the encouragement it will give to Basque secessionists. Slovakia is another, Romania the third. They will delay any recognition as long as possible.
Of all the EU members, however, the most hostile is the republic of Cyprus. Speaking in Helsinki last week, Erato Markoulli, the Greek Cypriot foreign minister, said her country “cannot and will not recognise a unilateral declaration of independence. This is an issue of principle, of respect for international law, but also an issue of concern that it will create a precedent in international relations.”
Ms Markoulli denied the stance had anything to do with northern Cyprus, the Turkish-ruled part of the island whose independence has been recognised only by Turkey. Yet that is clearly the most threatening precedent. If Kosovo wins recognition from the US and UK, how long will they refuse to do the same for the self-styled Turkish Republic of Northern Cyprus ?
Many EU members now regret allowing Cyprus to join without resolving its internal division. The Greek Cypriots rejected Kofi Annan’s UN plan for unification, after the Turkish Cypriots had voted heavily in favour in 2004. Ever since, Cyprus has used its membership to delay or disrupt every attempt at opening links to the northern enclave.
Yet, in a curious way, the Kosovo move could be just the shock needed to get the two sides back together. It will come at much the same time as a critical presidential election in Cyprus – the two rounds are on February 17 and 21 – that is seen as a potential watershed for UN negotiations to be launched, or for the divided island to be partitioned for good.
Tassos Papadopoulos, the incumbent president, who led the campaign against the Annan plan, could be defeated in a run-off against his principal challenger, Demetris Christofias, leader of Akel, the Communist party. Mr Christofias also voted No to the Annan plan, but he is committed to seeking a new deal. So is Yiannakis Cassoulides, the conservative former foreign minister, who is running third. The race is too close to call.
The northern Cypriots are holding their breath. “2008 may be the last opportunity for an international settlement,” says Turgay Avci, foreign minister of the Turkish Cypriot administration. “For so many months we have been told to wait for the elections, because the leadership may change. I don’t think it will make a big difference. What we expect is that whoever wins the election will come to the table for a comprehensive solution.”
Among Greek Cypriots, however, Mr Papadopoulos is seen as the person least likely to make any move. He has the support of nationalists and the Greek Orthodox church in Cyprus, but his truculent negotiating style in the EU has worried those Cypriots who wish to be accepted as “full Europeans”.
“People are worried that no good initiatives have come from Tassos,” says one Greek Cypriot academic. “He is always blocking and blustering. It does not give them any pleasure to be seen as always the awkward customers.”
That does not give Mr Avci much reassurance. “We are isolated,” he says. “We have no free trade. There are no direct flights. There are no cultural or educational openings in the EU. As long as they treat Greek Cyprus as the only power in Cyprus, there will be no solution.”
But at least he will be watching what happens to Kosovo “very quietly, and very closely”.
Source du texte : FINANCIAL TIMES
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mardi, 30 octobre 2007
Cinq questions posées par une intervention turque
L’imbroglio turco-kurde pose de délicats problèmes de principe que passe en revue l’ancien Premier ministre russe Evgueni Primakov. Lequel ne cache pas sa perplexité.
Première question. Une éventuelle action militaire turque – dont les conséquences seraient indéniablement négatives – aurait pour but d’écraser le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit, qui mène des opérations contre la Turquie. Le Premier ministre turc, M. Erdogan, évoquant l’opération dirigée contre les rebelles kurdes, a déclaré qu’aucune des éventuelles répercussions d’une intrusion de son pays en Irak ne l’arrêterait : “Quel que soit le prix à payer, nous le paierons." Peut-on dès lors reconnaître le droit de la Turquie à mener, au-delà de ses frontières, des actions militaires contre des forces qui emploient des méthodes terroristes ?
Deuxième question. Durant de nombreuses années, Ankara a conduit une politique d’assimilation de la population kurde. Les Kurdes étaient même appelés “Turcs des montagnes”, une formule qui niait leur spécificité. A l’heure actuelle, la politique à leur égard a changé, mais les événements montrent que cela ne suffit pas à mettre un terme à leur volonté d’autodétermination. Ankara se prononce contre toute forme d’autonomie des Kurdes, défendant le principe d’intégrité territoriale de la Turquie, mais aussi le caractère unitaire de l’Etat turc. L’un des arguments mis en avant est le danger d’encourager les Kurdes au séparatisme si l’autonomie leur était accordée. Face à ces oppositions, faut-il soutenir Ankara dans son attitude sur la question kurde ? Peut-être serait-il possible de prendre parti pour l’intégrité territoriale de la Turquie tout en se prononçant pour le droit des Kurdes de Turquie à l’autodétermination ?
Troisième question. L’intégrité territoriale de l’Irak est déjà en jeu. La majorité de la population veut un Etat unitaire, ainsi que tous les pays voisins. Par ailleurs, on sait très bien que les Kurdes d’Irak ont passé des décennies à lutter pour leur autodétermination nationale. Jusqu’à l’intervention américaine, en 2003, la solution qui prévalait était celle d’un renforcement de l’autonomie des Kurdes au sein de l’Irak. Aujourd’hui, la balance penche vers la création d’un Etat kurde indépendant qui pourrait accueillir, outre les Kurdes d’Irak, ceux de Turquie, d’Iran et de Syrie. Selon diverses statistiques, ces quatre pays abriteraient 20 millions à 30 millions de Kurdes. Alors, malgré toute l'importance que l’on accorde à la préservation de l’intégrité territoriale de l’Irak, est-il justifié de rejeter les aspirations du peuple kurde et de l’empêcher de créer son propre Etat ?
Quatrième question. La commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants du Congrès américain a voté une résolution qui reconnaît le génocide perpétré par l’Empire ottoman contre les Arméniens. La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et le ministre de la Défense Robert Gates ont lancé un appel commun à ne pas proposer cette résolution au vote. George W. Bush lui-même a appelé à ce qu’elle ne soit pas adoptée. Cette décision, qui a soulevé l’indignation des Turcs, semble bien avoir levé l’obstacle qui empêchait Erdogan de mettre en pratique ses menaces d’entrer en territoire irakien. Que penser des résolutions parlementaires qui jugent le passé sans se préoccuper de rechercher la réconciliation des peuples pour le présent et dans l’avenir ?
Enfin, une cinquième question. Environ 70 % de tout ce dont ont besoin les troupes américaines d’occupation en Irak transite par la Turquie. C’est sans doute l’une des raisons de la grande inquiétude des Etats-Unis vis-à-vis de la tournure prise par les événements. Des émissaires américains se sont rendus à Ankara, mais cela n’a pas permis de résoudre le problème de l’intrusion des troupes turques en Irak. Il est possible que cela pousse Washington à annoncer un plan de retrait de ses troupes d’Irak. Mais est-ce une raison pour soutenir les actions des Turcs ?
Pour être honnête, j’avoue ne pas trop savoir quoi répondre à toutes ces questions.
Source du texte : COURRIER INTERNATIONAL
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Génocide arménien : la difficulté de trouver une position pour Washington
Il y a 92 ans, le "jeune régime turc" ordonnait l’exécution de leaders et intellectuels arméniens, et les soldats turcs forcèrent la population arménienne à traverser le désert, où plus d’un million d’entre eux mourra de privations ou par baïonnette en essayant de se rebeller.
Cette horreur aida Raphaël Lemkin, un juif polonais, à inventer le terme "génocide", qui se définit non pas par l’extermination d’un groupe entier de population, mais plutôt par un effort constant de détruire ce groupe. Lemkin voulait que le terme –et le point de droit international qui s’en dégagea- dépasse la notion ethnique pour s’appliquer plus largement à un groupe. Sinon, il craignait que le monde attendit la disparition d’un groupe entier de population pour réagir.
Mais ce mois-ci à Washington, ces faits historiques – qui concernent des évènements survenus sur un autre continent le siècle dernier – suscitent une controverse parmi nos hommes politiques, comme s’ils s’étaient déroulés récemment et sur notre sol. L’enjeu, évidemment, est de savoir si la Chambre des Représentants doit offenser la Turquie en votant une résolution condamnant le "génocide arménien" de 1915.
Tous les protagonistes jouent le rôle qu’ils jouent depuis des décennies. Le général turc Yasar Buyukanit a averti que si la Chambre votait un tel texte, "nos liens militaires avec les Etats-Unis ne seront jamais plus les mêmes". Ayant reconnu le génocide lors de la campagne présidentielle, le Président Bush a cependant suivi les positions de ses prédécesseurs au bureau ovale, utilisant l’euphémisme de "souffrance tragique" subie par les arméniens, et expliquant aux diplomates et militaires qu’une telle résolution endommagerait sérieusement la relation indispensable des USA avec la Turquie. Au Congrès, les représentants de quartiers peuplés d’arméniens soutiennent le projet de résolution quand ceux qui sont proches du Président ou du Pentagone ne le font pas. La pression officielle a conduit un certain nombre de supporters du projet à se retirer.
Un élément change pourtant par rapport à ce que nous connaissons depuis des décennies : les menaces turques ont plus de crédibilité aujourd’hui que dans le passé. C’est vrai en particulier à cause de la guerre en Irak et de l’importance stratégique prise par la Turquie vis-à-vis de Washington. Près de 70% des avions américains transitent par la Turquie, ainsi que le tiers du carburant utilisé par les troupes US. Cela dit, même si la Turquie réagit négativement sur le court-terme, la reconnaissance du génocide est une bonne chose, et ce pour 4 raisons.
D’abord, elle dit la vérité, et les Etats-Unis seraient le 24ème pays à reconnaître ce fait officiellement. En pesant contre la résolution, George W. Bush n’a pas hésité à contredire les faits. Une administration qui a montré si peu de considération pour la vérité demande donc ouvertement au Congrès de la rejoindre dans son déni d’honnêteté. Il aurait été inconcevable que lorsque les Etats-Unis se sont alliés à l’Allemagne de l’Ouest contre l’URSS, Washington n’ait pas condamné l’holocauste.
Ensuite, plus le temps passe, plus l’ampleur de l’éventuel conflit augmente dans le cadre d’une relation bénéfique avec la Turquie. Beaucoup de dirigeants américains (et même d’officiels turcs) admettent en privé souhaiter que les Etats-Unis aient reconnu le génocide il y a des années. Les survivants arméniens sont en train de disparaître, mais leurs descendants continuent le combat. Le dynamisme et la volonté de la diaspora arménienne augmentent au lieu de diminuer.
De plus, l’apport américain à la Turquie est beaucoup plus important que l’inverse. En effet, les USA ont fait entrer la Turquie dans l’OTAN, financent son armée et soutiennent sa candidature à l’entrée dans l’Union Européenne. Washington a récompensé la Turquie en lui décernant le titre de "nation la plus favorisée", résultat d’un volume d’échanges de 7 milliards de dollars annuels, et de 2 milliards d’IDE américains. Seuls Israël et l’Egypte dépassent la Turquie dans le montant de l’aide américaine.
Enfin, et malgré toute l’aide fournie par Ankara lors de l’invasion américaine en Irak, la Turquie a rejeté la demande américaine d’utiliser certaines de ses bases pour lancer cette invasion, et a également ignoré les protestations américaines en massant 60.000 soldats à la frontière irakienne en prévision d’une probable attaque du Kurdistan irakien. Autrement dit, alors que la Turquie invoque la résolution sur le génocide pour ignorer les demandes américaines, on voit bien qu’elle a un long passé dans la négation des requêtes de Washington quand cela l’arrange.
Pour revenir en 1915, quand Henry Morgenthau, alors ambassadeur américain en Turquie, protesta face aux atrocités commises contre le peuple arménien auprès du Ministre turc de l’Intérieur, celui-ci fut surpris : "Pourquoi êtes-vous si intéressés par les arméniens ? Nous traitons correctement les américains". Alors qu’il est indispensable de s’assurer que la Turquie continue à "traiter correctement les américains", une relation stable et constructive pour le XXIème siècle ne peut être basée sur un mensonge.
Samantha POWER
TIME MAGAZINE (26 oct 2007)
Traduction : Benjamin LALANNE
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mercredi, 24 octobre 2007
Kurdistan : l’invasion serait un désastre militaire
Envahir le Kurdistan et combattre une guérilla dans les montagnes ne sera pas une partie de plaisir, avertit le site Kurdish Media.
Depuis des années, la Turquie tient un discours musclé à propos des Kurdes d’Irak. Cette rhétorique guerrière a toujours eu une vocation principalement intérieure (destinée aux oreilles des seuls Turcs), ne débordant pour ainsi dire pas au-delà des frontières de la République. Toutefois, depuis que le Parlement a voté en faveur d’une invasion turque de l’Irak [le 17 octobre], les menaces d’Ankara font la une des journaux du monde entier.
L’invasion de l’Irak par la Turquie pourrait avoir l’un des deux objectifs suivants :
1. Ecraser le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en mettant hors d’état de nuire un grand nombre de ses combattants et en neutralisant sa base dans les montagnes de Qendil.
2. Détruire le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) parce qu’il a refusé d’agir contre le PKK.
Pour l’instant, il semble que les Turcs écartent totalement le second objectif. Mais il n’en reste pas moins que le premier est déjà tout à fait irréalisable. De nombreuses raisons permettent de comprendre pourquoi une invasion turque de l’Irak visant à écraser le PKK non seulement serait vouée à l’échec, mais serait en outre désastreuse pour les Turcs.
Nous vivons à l’ère de l’information instantanée. Tous les coins du monde ont accès à Internet. Même les plus démunis, surtout au Moyen-Orient, ont un téléphone portable et envoient chaque jour de nombreux messages. Il est beaucoup plus difficile de dissimuler de sinistres secrets qu’il y a dix ans, et cela vaut pour les pertes subies comme pour les violations des droits de l’homme. Les massacres et les attaques sauvages menés par les forces turques contre les villages kurdes dans les années 1980 et 1990 seraient beaucoup plus difficiles à perpétrer à notre époque. Une invasion à grande échelle du Kurdistan irakien ou une longue campagne de frappes aériennes sur les montagnes de Qendil entraîneraient inévitablement des pertes dans la population civile. Les images des souffrances du peuple kurde, des paysans de la région de Berwari, près de la frontière turque, aux villageois de Qendil, des gens qui ont déjà tant souffert dans un passé récent [notamment le gazage de la ville kurde de Halabjah, dans les années 1980], seraient diffusées dans le monde entier. La communauté internationale risque de ne guère apprécier le spectacle de pauvres paysans brutalisés par une armée de l’OTAN en uniformes flambant neufs et munie de fusils américains.
Confrontés à une opération ambitieuse des Turcs, les petits groupes de combattants du PKK se contenteront de disparaître dans la nature, ne laissant qu’une seule cible évidente aux troupes d’Ankara : les montagnes de Qendil, cette chaîne où se trouve la principale base du PKK. Mais ces hauteurs, à cheval sur la frontière irano-irakienne, ne constituent pas un objectif facile. C’est au contraire une des régions les plus rudes du Kurdistan. Des routes sinueuses, ou plutôt des sentiers n’ayant qu’une ressemblance lointaine avec des routes, que seuls peuvent emprunter des spécialistes du 4 x 4, relient entre elles les parties relativement isolées du camp. Dans les montagnes, la plupart des déplacements se font à pied, par des chemins que les combattants expérimentés sont les seuls à connaître. Si l’un d’entre eux peut y progresser de nuit sans difficulté apparente, tout visiteur risque fort de se perdre, s’il n’a toutefois pas d’abord succombé à l’épuisement.
Le réseau de camps du PKK est dissimulé dans ces montagnes. Il est difficilement repérable depuis les airs, et un tir de missiles sur les montagnes entraînerait probablement plus de pertes civiles qu’il ne toucherait les combattants du PKK. Compte tenu de la nature dispersée de ces derniers, qui essuient depuis des années des frappes de missiles turcs et iraniens, ces opérations n’auraient que des résultats négligeables. Dans le même temps, il est fort peu probable que les hélicoptères envoyés sur zone puissent rentrer de mission. Lors de l’invasion soviétique de l’Afghanistan, autre rude région montagneuse qui a connu bien des combats au fil des ans, les hélicoptères étaient surnommés les “cercueils volants” par les combattants afghans.
La seule façon pour les Turcs de marquer des points contre le PKK serait de déployer une force terrestre dans les montagnes de Qendil, ce qui serait difficile pour un certain nombre de raisons et, comme toutes les campagnes de ce type contre des unités de guérilla, s’avérerait particulièrement sanglant. Pour commencer, il ne serait pas facile d’atteindre Qendil, la région étant située à plusieurs heures de la frontière turco-irakienne. Le largage de soldats, action qui exaspérerait le GRK, nécessiterait au moins, peut-on supposer, l’approbation des Etats-Unis, auxquels les Turcs avaient refusé leur soutien lors du déclenchement de la guerre contre le régime de Saddam Hussein. Le déplacement de soldats par voie terrestre prendrait beaucoup de temps, puisqu’il faut plus de cinq heures pour rallier Qendil depuis la frontière turque. Or les chars et les véhicules de transport de troupes roulent beaucoup moins vite.
Le mouvement des forces turques dans la région de Qendil pose soi d’énormes problèmes à la Turquie. Questions de temps et de coût mises à part, Ankara se retrouverait évidemment en terrain hostile, car les civils et les unités de sécurité du Kurdistan irakien ne portent pas les forces turques dans leur cœur. Dans le même temps, il serait extrêmement difficile d’étirer les lignes de ravitaillement depuis la frontière turque jusqu’à Qendil. Si les médias turcs sont occupés à attiser la frénésie sanguinaire de la population, il faut partir du principe que les généraux turcs, eux, sont des militaires professionnels qui savent qu’une campagne militaire au Kurdistan irakien, et en particulier à Qendil, serait plus rude qu’ils ne l’admettent officiellement. Le temps nous dira si tel est bien le cas.
Source du texte : COURRIER INTERNATIONAL / KURDISH MEDIA
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lundi, 22 octobre 2007
La Turquie sur le sentier de la guerre
Après les violents combats qui ont opposé rebelles du PKK et soldats turcs à la frontière entre l'Irak et la Turquie, le premier ministre Erdogan a convoqué une réunion de crise à Ankara.
Une étape supplémentaire vient d'être franchie dans l'escalade militaire à la frontière turco-irakienne. Ce week-end, l'armée turque a enregistré de très lourdes pertes : au moins 12 engagés ont trouvé la mort au cours des combats qui se déroulent dans les montagnes de la province d'Hakkari à proximité de l'Irak et de l'Iran. C'est le plasticage d'un pont au passage d'un convoi militaire qui a provoqué la mort des soldats, selon les chaînes de télévision. 32 rebelles ont également été tués, assure l'état-major. En marge des heurts, l'explosion d'une mine sur une route du Sud-Est a fait 17 blessés parmi les passagers d'un minibus qui se rendaient à une cérémonie de mariage. Et, dimanche soir, l'incertitude régnait sur le sort de soldats portés disparus.
Un porte-parole du mouvement séparatiste, à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan irakien, a affirmé que plusieurs d'entre eux avaient été pris en otages dans la nuit de samedi à dimanche. Mais Vecdi Gönül, le ministre de la Défense, a démenti cet enlèvement. Ce nouveau pic de violence attribué au PKK place le gouvernement, accusé de faiblesse par l'opinion publique, dans une situation de plus en plus délicate.
Le référendum, qui se déroulait dimanche en Turquie, sur une réforme constitutionnelle prévoyant l'élection du président de la République au suffrage universel a été totalement éclipsé.
Le oui l'a emporté à 72 %, sur la base de deux tiers des bulletins dépouillés. Dans la soirée, le premier ministre a convoqué en urgence les généraux et plusieurs de ses ministres afin de décider d'une possible riposte. "Nous déciderons après cette réunion quel genre de mesures nous adopterons", a annoncé Recep Tayyip Erdogan. Il a laissé entendre qu'une réplique immédiate n'était pas à l'ordre du jour : "Nous agirons dans le calme." Ces derniers affrontements interviennent quatre jours après le feu vert donné par le Parlement turc au lancement d'une opération transfrontalière. Le chef du gouvernement avait alors déclaré qu'il espérait ne pas avoir à se servir de cette autorisation, valable un an.
Mais Rusen Cakir, journaliste au quotidien Vatan et fin connaisseur de la question kurde, soulignait que cette motion pouvait "tout aussi bien être une arme à même d'affaiblir cette organisation (le PKK, NDLR) que se retourner comme un boomerang contre ses initiateurs".
Prédisant de nouvelles attaques des séparatistes kurdes qui forceraient le gouvernement à y recourir. Quelques heures après l'annonce des pertes dans les rangs de l'armée, l'extrême droite appelait à la vengeance au cours de rassemblements organisés dans plusieurs grandes villes. Dans le centre d'Istanbul, un millier de manifestants ont scandé des slogans haineux. "Nous allons attaquer le Parlement ! Nous allons pendre le PKK", hurlait une foule jeune, bras levé, index et petit doigt tendus pour faire le signe des Loups gris, une milice ultranationaliste.
À la frontière turco-irakienne, l'armée poursuivait sa traque contre le PKK, soutenue par des hélicoptères de combat et l'artillerie lourde. "63 cibles en coordination avec les mouvements de troupes" étaient visées, selon un communiqué de l'état-major.
Face aux menaces d'intervention de l'armée turque, les autorités irakiennes ont multiplié les mises en garde. "Nous n'allons pas nous laisser prendre dans la guerre entre le PKK et les Turcs, mais si la région du Kurdistan est visée, nous défendrons la population", a prévenu Massoud Barzani, le président de la zone kurde. Quant au président irakien, Jalal Talabani, un des leaders historiques du mouvement kurde en Irak, il a demandé au PKK de déposer les armes ou de quitter le territoire irakien, lors d'une conférence de presse à Erbil. Mais il a également précisé qu'il ne livrerait "jamais" les chefs du PKK à Ankara. Une réponse aux récentes déclarations de M. Erdogan. Vendredi, le premier ministre avait mis les cartes sur la table pour éviter une opération militaire : "Ce qui nous satisferait, c'est la fermeture de tous les camps du PKK, y compris leurs camps d'entraînement, et la livraison de leurs chefs terroristes." La Turquie demande depuis des mois à Washington et à Bagdad d'arrêter les cadres du mouvement séparatiste, qui organisent la guérilla depuis leurs bases arrières dans les monts Qandil, de l'autre côté de la frontière, sans jamais obtenir le moindre résultat.
Source du texte : FIGARO.FR
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vendredi, 19 octobre 2007
L'armée turque au bord du bourbier irakien
La menace brandie par Ankara de frapper les rebelles kurdes retranchés dans le Kurdistan irakien va à l'encontre de la stratégie américaine de stabilisation de l'Irak. S'agit-il d'une manœuvre destinée à bloquer le vote américain sur le génocide arménien ? Et la question kurde, dans tout ça ? La presse turque s'interroge.
"Le gouvernement turc peut désormais envoyer à tout moment l'armée dans le nord de l'Irak", écrit Güngör Mengi dans Vatan. En effet, mercredi 18 octobre, le Parlement turc a donné à une écrasante majorité son feu vert à une intervention dans le Kurdistan irakien. "Cette décision ne signifie pas nécessairement que nous allons immédiatement entrer en guerre. Ce vote, qui traduit la détermination d'Ankara, devrait avoir un effet dissuasif ; plutôt que d'annoncer la guerre, il peut avant tout être un signe en faveur de la paix. Il n'y qu'à voir ceux qui, dans le nord de l'Irak se donnaient, il y a peu de temps encore, des allures de faucons et qui ont soudainement, dans le contexte de la réaction turque, adopté un discours beaucoup plus conciliant. Quant aux Américains, qui ne voient pas d'un bon œil pareille intervention, mais qui n'ont pas hésité à envahir l'Irak au prétexte de la 'lutte contre le terrorisme', que diraient-ils si des terroristes d'Al-Qaida, basés dans des camps au Mexique, traversaient la frontière pour attaquer le Texas avant de retourner dans leurs bases ?" poursuit le quotidien proche de la gauche libérale.
Ce vote a aussi une portée à long terme, car "la Turquie a pris un engagement qui garantit son honneur national. Toute nouvelle attaque entraînera désormais une réaction forte. Toutefois, à moins d'une provocation majeure, il ne faut pas s'attendre à une action militaire d'envergure avant la rencontre prévue le mois prochain entre le Premier ministre Erdogan et le président américain George W. Bush."
Les relations bilatérales turco-américaines sont au cœur de la nouvelle stratégie turque. Taha Akyol, dans Milliyet, voit déjà les effets indirects mais concrets de ce vote dans le fait qu'aux Etats-Unis le projet de loi arménien [sur la reconnaissance du génocide adopté le 10 octobre par une commission du Congrès américain] vient d'être mis au placard sans être envoyé en séance plénière de la Chambre des représentants. Le vote du Parlement turc se révèle donc déjà tout à fait payant.
Hasan Cemal, dans le même quotidien Milliyet, est toutefois plus circonspect quant aux bénéfices d'une possible intervention turque en Irak. "Imaginons que nous ayons traversé la frontière avec tanks et canons et que nous occupions tout le nord de l'Irak. Cela signifierait-il que la question kurde ne se pose plus ? Imaginons encore que nous avons écrasé le PKK mais aussi mis un terme au processus de création d'un Etat kurde mené par Barzani et Talabani dans le Kurdistan irakien. La question kurde, telle qu'elle se pose chez nous, serait-elle alors résolue ? Bien sûr que non ! C'est parce qu'il y a une question kurde qu'il y a le PKK, la violence et le terrorisme. Le PKK n'est que la conséquence. Que ferez-vous donc avec la question kurde lorsque vous en aurez fini avec le PKK ? Tant qu'on ne cherchera pas une réponse, forcément multiple et complexe, à cette question, il sera très difficile de sortir la Turquie de l'impasse dans laquelle elle se trouve aujourd'hui."
Source du texte : COURRIER INTERNATIONAL
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Une opération armée turque en Irak portera atteinte aux intérêts russes
Si l'armée turque lance une opération dans le Nord de l'Irak, un nouveau pôle d'instabilité apparaîtra aux frontières de la Russie, estime Léonid Ivachov, président de l'Académie russe des problèmes géopolitiques.
Lundi dernier, le gouvernement turc a demandé au parlement l'autorisation d'effectuer, en Irak du Nord, une opération contre les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui luttent les armes à la main pour l'indépendance des Kurdes. Il arrive souvent que les combattants du PKK franchissent la frontière pour attaquer les territoires sud-est de la Turquie. Ces deux dernières semaines, les affrontements dans cette région ont fait 30 morts parmi les militaires turcs. Au total 40.000 personnes ont péri dans ce conflit qui se poursuit depuis 1984.
"Qu'obtiendra la Russie en cas d'opération militaire turque ? Nous obtiendrons à nos frontières une vaste zone d'instabilité, de risques et de défis qu'il nous sera très difficile de maîtriser", a affirmé M. Ivachov.
"Nous subissons déjà les effets de l'instabilité dans cette région", a-t-il ajouté.
D'après lui, cette opération "affectera les territoires du Caucase et de la Caspienne, ce qui ne tardera pas à perturber le fonctionnement des pipelines".
Selon les experts russes, l'opération militaire de la Turquie contre les combattants kurdes est pratiquement inévitable. M. Ivachov est persuadé qu'elle répond aux intérêts des Etats-Unis.
"L'attaque de la Turquie contre les Kurdes est tout à fait probable : elle servira à détourner l'attention de la communauté mondiale des actions actuelles des Etats-Unis en Irak", estime l'expert.
A son avis, la Turquie est "l'un des acteurs du jeu qui a pour but de déstabiliser la situation au Grand et au Moyen-Orient".
La Turquie "réagit actuellement à la situation qui s'est créée en Irak lui-même et qui se traduit par l'affaiblissement du régime politique irakien et la séparation du Kurdistan, pour le moment en qualité de région autonome", a assuré le président de l'Académie des problèmes géopolitiques. "Inutile de dire que ces processus sont encouragés par les Etats-Unis qui agissent selon le principe "diviser pour régner", a-t-il conclu.
A son tour, le président de l'Institut du Proche-Orient Evguéni Satanovski est également persuadé que l'opération de la Turquie en Irak est inévitable. Selon lui, ce sera une opération militaire très sérieuse menée à grand renfort d'artillerie, d'aviation et de troupes terrestres".
"Nous ignorons combien de temps prendra cette opération. Mais d'ores et déjà on peut dire qu'elle sera dévastatrice pour le Kurdistan irakien", a supposé M. Satanovski.
D'après lui, ni le président, ni le parlement, ni le parti au pouvoir en Turquie ne veulent se quereller avec les généraux.
"Si à un moment où le pays se trouve menacé (et la Turquie est réellement menacée par le Kurdistan irakien), le gouvernement refuse de soutenir l'armée, celle-ci se trouvera un autre gouvernement", a affirmé M. Satanovski.
Certes, estime le président de l'Institut du Proche-Orient, cette tournure des événements ne manquera pas d'envenimer les relations entre la Turquie et les Etats-Unis.
"Mais si le parlement turc met les intérêts américains au-dessus de la sécurité du pays (c'est-à-dire s'il refuse de soutenir la proposition d'intervenir en Irak), la Turquie aura un autre parlement", a poursuivi M. Satanovski. "Les parlementaires et les ministres turcs le comprennent parfaitement", a-t-il constaté.
Source du texte : RIA NOVOSTI
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lundi, 08 octobre 2007
La Turquie exige des explications d'Israël à propos de son raid aérien contre la Syrie
En visite officielle dans l'Etat hébreu, le chef de la diplomatie turque Ali Babacan a ouvert ses discussions avec les dirigeants israéliens dimanche, surprenant ses interlocuteurs en exigeant en public qu'Israël divulgue des détails sur un raid aérien mené contre une cible syrienne le mois dernier, près de la frontière turque.
La Turquie a déclaré avoir découvert des réservoirs de carburant sur son territoire après le raid de l'aviation israélienne, le 6 septembre dernier, ce que M. Babacan a qualifié d'"inacceptable". Israël, de son côté, est resté très discret sur les circonstances de cette opération, n'avouant son existence que la semaine dernière.
"Pendant ma visite en Israël, j'attends une explication de ce qu'il s'est passé, et pourquoi cela s'est passé", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse conjointe à l'issue d'une rencontre avec le président israélien Shimon Perès.
Le dirigeant israélien est alors intervenu pour mettre un terme aux questions des journalistes.
"Je suggère de ne pas trop rentrer dans les détails", a-t-il déclaré.
Les déclarations du ministre turc interviennent après sa visite à Damas, dans le cadre d'une tournée proche-orientale. Plus tôt dans la journée de dimanche, il avait tenu à assurer en Syrie que la Turquie n'avait d'aucune manière été associée au raid aérien qu'a mené son allié israélien.
La Turquie entretient de bons liens avec Israël et la Syrie, et M. Babacan a déclaré à Damas qu'il souhaitait oeuvrer pour la paix entre les deux voisins, dont les relations se sont tendues davantage après le raid aérien de septembre.
M. Babacan a également rencontré son homologue israélienne Tzipi Livni dimanche, et doit se rendre en Cisjordanie lundi pour une réunion avec le président palestinien Mahmoud Abbas, entre autres responsables.
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vendredi, 14 septembre 2007
Turquie : Paris pourrait lever l'obstacle du référendum
Le secrétaire d'État aux Affaires européennes suggère de s'exonérer de l'actuelle règle constitutionnelle pour les nouvelles adhésions.
Écrit par SG dans > Europe, > France, > Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Turquie, référendum, Europe |
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