vendredi, 16 novembre 2007

L'évolution des formes de guerre (1/2)

0ea20cf03ba318751051119c6da8b4c6.jpgToutes les menaces ne débouchent pas forcément sur des affrontements armés. Et les affrontements armés, à l'extérieur, ne sont pas forcément les nôtres. Pourtant, si vous ne vous intéressez pas à la crise, la crise risque fort de s'intéresser à vous. Si nous nous contentons d'observer la guerre depuis notre balcon, la crise, devant la porte, franchira vite son seuil. Pour éviter que la fournaise nous atteigne, il n'est d'autre solution que d'aller à son contact pour la contenir d'abord, la réduire ensuite puis tenter d'éradiquer enfin les racines de violence.

Il faut donc s'intéresser à la conflictualité, la comprendre : pour que les projets politiques l'intervention soient adaptés aux nouveaux contextes ; pour que les armées soient capables de réaliser leurs missions au service de ce projet politique.

    Il faut donc comprendre l'évolution des formes de guerre. Ce n'est pas si simple. Les structures étatiques, les grilles d'analyse, les appareils militaires restent aujourd'hui très largement héritiers de la guerre froide. En l'absence de preuve formelle de leur péremption, les conceptions qui les sous-tendent conservent une vertu rassurante. L'adaptation de nos visions, de nos systèmes militaires est fortement contrainte par la tyrannie de l'existant. Et pourtant, sans que beaucoup s'en aperçoivent, les formes de guerre ont fondamentalement changé, comme l'exemple récent du Liban le démontre une fois de plus de manière éclatante. C'est ce que je vais chercher à vous montrer en quelques idées.

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    L'évolution des formes de guerre (partie 2/2)

    ffda05aa05f324dfc2f8173f6f584d98.jpgD. TRANSFORMATION DU SOLDAT

    En premier lieu, observons que le métier de soldat n'a de sens qu'au service d'une société dans laquelle il est plongé, qu'il doit comprendre et connaître et dont il doit être compris et connu. 

    Trois notions paraissent ici essentielles dans notre monde : la sécurité, l'importance du droit et l'information.

    Sans toujours vouloir en mettre le prix, la société française est avide d'une sécurité croissante, individuelle et collective. L'aire des conflits asymétriques élargit les menaces possibles qui, en ne demeurant plus circonscrites aux seules forces militaires sur un théâtre d'opérations, accentuent les vulnérabilités de notre société. Dans le même temps, les risques naturels, technologiques ou sanitaires sont jugés inacceptables. Aussi, concitoyens et dirigeants attendent de plus en plus des forces armées qu'elles s'engagent au service de la sécurité sur le territoire national : sécurité civile ou générale avec le concours ou la participation de moyens militaires.

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