jeudi, 03 avril 2008
Sarkozy confirme les renforts français pour l'Afghanistan
Nicolas Sarkozy a confirmé l'envoi d'un bataillon dans l'Est afghan, aux côtés des troupes américaines déployées à la frontière avec le Pakistan.
"J'ai décidé de renforcer la présence militaire française avec un bataillon déployé dans la région Est", a-t-il déclaré selon le texte de son intervention devant le sommet de l'Otan qui se poursuit jeudi à Bucarest.
Un bataillon comprend entre 800 et 1.000 hommes. Mardi dernier, le Premier ministre François Fillon avait évoqué "quelques centaines de soldats".
Le président français a également confirmé que la France prendrait le commandement de la région centre de l'Afghanistan, où la plupart de ses soldats sont cantonnés à Kaboul, la capitale, pour un an à compter de cet été.
Source : REUTERS
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mardi, 25 mars 2008
Afghanistan : envoi de soldats français supplémentaires
Le ministre de la Défense Hervé Morin a expliqué mardi que l'envoi de nouveaux soldats français en Afghanistan serait décidé par Nicolas Sarkozy au vu des discussions du sommet de l'OTAN début avril, tandis que son homologue des Affaires étrangères Bernard Kouchner confirmait un renforcement des troupes, l'inconnue portant selon lui sur le nombre de militaires concernés.
"On voit très bien que le contrôle militaire ne suffit pas, qu'il faut un plan global pour l'Afghanistan, et c'est de ça dont le président de la République va discuter à Bucarest (au sommet de l'OTAN NDLR)", a déclaré M. Morin sur LCI. "C'est à partir des réponses qui seront apportées à cette démarche globale que le président de la République décidera, ou non, de mettre des forces complémentaires".
Bernard Kouchner a pour sa part indiqué que "le chiffre sera précisé par le président de la République, mais il a dit très clairement que oui, nous augmenterions le nombre de nos soldats".
"La France a toujours dit qu'elle renforcerait ses troupes mais qu'il faut pour cela une réflexion, alors là véritablement stratégique, c'est-à-dire parler ensemble, tous ceux qui sont là-bas, parler de notre manière d'aborder, d'être avec, d'aider le peuple afghan", a-t-il ajouté sur Europe-1.
Le "Times" avait annoncé le 22 mars que Nicolas Sarkozy devrait annoncer dans la semaine au premier ministre britannique Gordon Brown, l'envoi de 1.000 soldats supplémentaires en Afghanistan.
Actuellement, 1.300 soldats français sont stationnés en Afghanistan dans le cadre de la mission de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN.
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mardi, 20 novembre 2007
Afghanistan : à la rencontre des talibans (reportage de France 24)
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PAKISTAN : Contre Al-Qaida, Washington veut armer les tribus
L'armée américaine pourrait accroître son ingérence dans les zones tribales pakistanaises. Elle envisage de financer directement les brigades frontalières tribales et de soutenir les milices locales qui acceptent de lutter contre Al-Qaida et les talibans.
Des bruits tenaces circulent en ce moment à Washington concernant une nouvelle proposition militaire, non encore officielle, qui aurait pour but d'intensifier le ralliement de chefs tribaux dans la zone frontalière du nord du Pakistan pour lutter contre Al-Qaida et les talibans. Si elle était adoptée, cette proposition s'ajouterait à une série d'éléments qui indiquent un changement de la stratégie américaine au Pakistan. La nouvelle orientation devrait se traduire par une augmentation du nombre de conseillers militaires américains, par le financement direct d'une force paramilitaire tribale de surveillance des frontières – force qui s'est avérée jusqu'ici largement inefficace – et par le versement d'argent aux milices tribales qui accepteront de combattre Al-Qaida et les extrémistes étrangers, indiquent des responsables militaires américains.
Cette proposition s'inspire de l'exemple de la province d'Anbar, en Irak, où les forces américaines ont obtenu de francs succès face aux insurgés étrangers [en soutenant financièrement et matériellement les chefs sunnites locaux qui acceptaient de lutter contre Al-Qaida en Irak.] Reste à savoir si de telles coopérations pourront être menées au Pakistan sans une présence militaire américaine accrue dans le pays. De même, on ignore si les tribus locales vont réagir positivement.
Washington tend à renforcer son soutien local en raison de la faiblesse du gouvernement Musharraf. Les Américains redoutent que les extrémistes retranchés dans les zones tribales ne profitent de la situation pour multiplier leurs attaques contre les forces alliées stationnées en Afghanistan. Ces dernières semaines, des militants islamistes proches d'Al-Qaida et des talibans ont étendu leur influence au-delà de la zone frontalière, notamment dans la région montagneuse de Swat.
Le nouveau plan, émanant du Commandement des opérations spéciales des Etats-Unis, n'a pas encore été formellement adopté mais certains éléments de la nouvelle stratégie ont d'ores et déjà été approuvés dans leur principe par les Américains et les Pakistanais et sont en attente de financement. Quelque 350 millions de dollars devraient être consacrés dans les années à venir à la formation et à l'équipement des Frontier Corps [brigades frontalières de la province du Nord-Ouest et du Balouchistan], dont les 85 000 hommes sont issus des tribus de la région.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l'administration Bush a versé des milliards de dollars d'aide au Pakistan et exercé de lourdes pressions sur son président, le général Musharraf, pour qu'il fasse preuve de plus de fermeté contre les combattants des zones tribales. Les rares incursions militaires pakistanaises dans cette région n'ont pourtant pas été couronnées de succès et ont même causé de lourdes pertes dans les rangs de l'armée pakistanaise, tout en accentuant le ressentiment des habitants de ces zones.
De hauts responsables américains reconnaissent ces échecs. Mais d'après eux, le souci de privilégier le recrutement d'alliés parmi les milices tribales et d'investir davantage dans la Frontier Corps témoigne d'une réelle volonté de la part de Washington de lutter contre l'islamisme au Pakistan. Cette nouvelle campagne de contre-insurrection montre en tout cas que l'armée américaine entend jouer un plus grand rôle dans une zone du Pakistan dont la CIA s'occupait presque exclusivement depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Eric Schmitt, Mark Mazzetti et Carlotta Gall
Source du texte : THE NEW YORK TIMES / COURRIER INTERNATIONAL
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lundi, 12 novembre 2007
Les Français en Afghanistan
Trafiquants de drogue, talibans et seigneurs de la guerre mènent une guérilla farouche contre les forces de l'Isaf, auxquelles appartiennent des soldats français. Les Occidentaux peinent à contrôler la situation et sont contraints de redéfinir leur engagement dans ce pays.
Les soldats arrivant à l'aéroport militaire de Kaboul sont prévenus : les drapeaux des pays membres de l'Otan composant l'International Security Assistance Force (Isaf) sont généralement en berne. Chaque fois qu'un soldat de l'Isaf est tué, ils sont descendus à mi-mât. Depuis juillet, ils n'ont atteint que durant trois jours le sommet de leurs hampes... Un symbole emblématique d'une situation militaire qui ne cesse de se dégrader. Depuis fin juillet, l'Isaf est chargée de la sécurité de la zone sud de l'Afghanistan, la plus dangereuse. Trafiquants de drogue, talibans et autres seigneurs de la guerre organisent la résistance. Les forces de l'Isaf subissent aussi leurs assauts dans l'est du pays, frontalier du Pakistan. Un officier britannique estime qu'il ne s'agit pas d'un hasard mais d'une stratégie concertée. Des signes très inquiétants dans un pays qui, au fil des siècles, a mis à la porte tous ceux qui avaient prétendu le conquérir.
Aux 30 000 hommes de l'Isaf s'ajoutent 8 000 Américains de l'opération Enduring Freedom. Les Russes, qui furent ici jusqu'à 140 000, n'ont pas pu tenir. Les Occidentaux feront-ils mieux ?
Le problème du général français Frank Le Bot, commandant les forces de l'Isaf déployées dans Kaboul et sa région, c'est que la capitale est enchâssée dans la région de l'Est et se transforme vite en caisse de résonance. L'instabilité s'accroît. « En août et surtout en septembre, dit-il, nous avons connu les engins explosifs bricolés qui explosent au bord des routes, les roquettes, les attaques suicides. Mais les choses se sont calmées depuis la fin du ramadan. » Jusqu'à quand ? Le général s'inquiète : « On est arrivés avec des certitudes et un projet d'avenir imposé, dans un pays féodal vivant au début du Moyen Age. On ne peut pas gommer une civilisation. Je crains le rejet. »
Chacun sait ici que la capitale afghane est vulnérable. Trop peu nombreuses, les troupes de l'Isaf et l'armée nationale afghane délaissent les régions du Wardak et du Logar, au sud-ouest de la ville, tout en sachant fort bien que dans ce sanctuaire les insurgés s'organisent. Et les soldats de l'Isaf se sentent de plus en plus menacés. A Kaboul, les véhicules militaires ne peuvent plus circuler que par deux, leurs occupants (deux au minimum) tenant leur arme chargée à la main, non sans porter en permanence un casque lourd et un gilet pare-balles. Les sorties en ville sont quasi interdites et la fréquentation des restaurants locaux n'est plus qu'un souvenir... Cependant, les Français ne renoncent pas à leur effort, comme est venu le rappeler durant le long week-end de la Toussaint le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin. Après une visite éclair aux 200 commandos des forces spéciales déployés dans la région de Jalalabad et qui rentreront au début de 2007, il est venu à Kaboul tenir un discours réaliste au gros millier de soldats français présents dans la capitale : « L'insécurité grandit. Dans ces cas-là, il faut serrer les rangs et donner l'image de soldats déterminés. Nous pouvons être confrontés à des situations difficiles. »
Le lieutenant Olivier Aguillon, 27 ans, chef de section au 126e régiment d'infanterie de Brive-la-Gaillarde, part patrouiller dans le 17e district de Kaboul, avec une douzaine d'hommes à bord de deux VAB (véhicules de l'avant blindé). « C'est sur la route que nous sommes le plus vulnérables », confirme-t-il. Les ordres sont stricts. Dès que les blindés sont coincés plus de deux secondes dans la circulation, ils se dégagent le plus rapidement possible. Pour éviter d'être la cible d'un attentat suicide... A l'arrivée dans la zone de patrouille, un quartier gris construit par les Soviétiques et principalement occupé par des fonctionnaires, des policiers attendent les Français pour faire, en leur compagnie, une longue patrouille à pied. Sans indifférence ni curiosité, la population ne réagit que peu à cette présence, et un jet de pierre par un enfant passera pour un « petit geste d'excitation ». Sans plus.
- L'exemple américain
A cette mission de sécurité générale confiée aux Français s'en ajoute une autre : la formation des officiers de l'armée afghane dans le cadre de l'opération Epidote. Or les troupes de l'armée nationale afghane (Ana) désorientent quelque peu leurs instructeurs. Durant les opérations Medusa et Mountain Fury qui se sont déroulées durant l'été contre les talibans, essentiellement dans le sud du pays, puis pendant l'opération Oqab, en cours dans tout l'Afghanistan, les constatations ont été identiques. Patron d'Epidote, le colonel Franz Chapuis analyse : « Ils ont un très bon comportement au combat, mais ne manœuvrent pas au sens occidental du terme et ne savent pas agir avec l'artillerie et les blindés. » Pour la plupart, les stagiaires de l'école d'officiers sont d'anciens moudjahidin désormais intégrés dans l'Ana. Combattants aguerris, souvent quadragénaires, ils ont vaincu les 140 000 Russes qui occupaient leur pays, puis les talibans qui leur succédèrent. Avec, c'est vrai, l'aide déterminante des Américains. Dans cette école, ils viennent aujourd'hui apprendre à faire la guerre comme les Français, et surtout comme les GI. Car ici le manuel scolaire est le « Field Manual » de l'armée américaine, et chaque bataillon afghan de 400 hommes compte 6 ou 7 conseillers américains.
En début de semaine, les officiers stagiaires sont allés passer deux jours sur le terrain d'entraînement. Directement arrivé des écoles de formation d'officiers de l'armée de terre de Coëtquidan (Morbihan), le capitaine Jean-Claude Missonier fait face à une classe studieuse de plusieurs dizaines d'officiers. Assisté d'un interprète, il dissèque leur comportement devant le tableau : « Cette section est partie trop vite. Avant de monter à l'assaut de la position ennemie, je dois remettre mon groupe en place. » Le cours sera mis à profit, dans quelques semaines, par ceux des stagiaires qui seront affectés dans le sud du pays, au front, contre les talibans. Leur seule expérience, c'est l'offensive. Pour le colonel Haqmal Babagul, qui les dirige, « tout est nouveau pour eux. Ils ne connaissent pas la tactique ». Le capitaine Missonier résume : « Ils savent amener leurs hommes au combat, mais doivent maintenant apprendre à revenir avec eux. Il faut les calmer. Ces gens ignorent la peur ! » L'ambition des Français consiste donc à apprendre à leurs collègues afghans à canaliser leur ardeur pour les rendre capables d'agir au sein d'une force internationale comme l'Isaf. Lui aussi formateur, le lieutenant-colonel Vincent Lamauve précise : « Individuellement, ils savent se battre et ont le sens du terrain. Mais ils ont des difficultés pour coordonner leurs actions, pour combattre collectivement. Notre plus gros effort porte sur la capacité d'anticipation. Car ils ne prévoient jamais l'action suivante... » Le colonel Babagul développe : « C'est la conséquence de trente années de guerre. Ils ne savent utiliser ni l'artillerie ni les chars. La seule chose qui compte pour eux, c'est l'AK-47. Je parle des vrais combats... »
L'armée afghane ne compte que 28 000 hommes, et chacun s'interroge à Kaboul sur la manière dont elle atteindra en 2009 l'effectif de 70 000 prévu par les accords de Bonn.
Pourtant, son renforcement devient impératif, car l'Isaf peine à contenir des talibans de plus en plus vindicatifs. Ces derniers mènent contre elle la seule guerre qu'ils connaissent : celle des guérilleros et des partisans. Les escarmouches sporadiques ont désormais laissé place à de vraies batailles rangées. Les petits groupes de 10 ou 15 talibans sont souvent complétés par des unités de combat comptant une centaine d'hommes, ou davantage. Les récentes offensives ont été contrées grâce à l'aviation et aux hélicoptères. Dans les années 80, c'est également de cette manière que les Russes ont contenu les moudjahidin. Jusqu'à ce que ces derniers soient dotés de missiles antiaériens par la CIA... Personne à Kaboul ne parierait sur le fait que les talibans et les seigneurs de la guerre enrichis par l'opium ne disposeront jamais de missiles antiaériens. Pour l'instant, ils se lancent dans une tactique à l'irakienne, avec des bombes télécommandées placées au bord des routes et des attentats suicides. L'Isaf a perdu 45 soldats en 2006, et 55 autres, dont 6 Français des forces spéciales, sont morts dans l'opération Enduring Freedom. Cela risque fort, hélas, de n'être qu'un début...
Source du texte : LE POINT.FR
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jeudi, 06 septembre 2007
Le chef de l'Otan veut plus de forces dans le Sud afghan
Le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, se dit déçu que certains membres de l'alliance ne fournissent pas de troupes pour combattre les taliban dans le sud de l'Afghanistan, région la plus dangereuse du pays.
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