vendredi, 04 février 2011
La tactique de combat des vikings
Les vikings firent preuve d'une habileté extrême à exploiter les chances offertes par la situation. Cela a été dit d'une façon globale à propos de la décomposition de l'Empire carolingien, cela reste vrai dans le menu détail de chaque coup de main. Leur force tenait premièrement à leur surprenante rapidité, bien servie par leur bateau et leurs chevaux, tant dans l'exécution que dans le repli, jointe à une moblité décourageante pour l'éventuel poursuivant.
Surtout : leur arme majeure est la ruse, l'effet de surprise, la tactique que nous dirions de commando, par petites bandes, à coup répétés, toujours pour un "coup de main" précis (qu'ils appelaient stranhögg : -assener - un coup sur le rivage, cela pouvait porter aussi bien sur des bâtiments, églises en particulier, que sur des hommes ou du bétil), sans jamais s'attarder ni s'aventurer au-delà du but visé. Pas ou très peu, et seulement quand les circonstances s'y prêtent, de grandes "razzias", non plus, il faut le dire, que "d'armées" vikings. D'ailleurs, sauf surprise dénotant un manque de préparation, ils n'acceptent à peu près jamais la confrontation directe. N'allons pas y voir, passant d'un extrême à l'autre, de la couardise. Avec une moyenne de 50 hommes par bateau, une moyenne de 10 bateaux par "flotte", que pouvaient bien faire, en rase campagne et en bataille rangée, quelques 500 hommes même intrépides et bien entraînés? Mais la ruse, la sureté du coup d'oeil, le subterfuge, l'extrême promptitude à réagir, le sens très précis et très exclusif de l'objectif visé : que l'on relise les préceptes de la premières partie du Hàvamàl (Edda poétique), le texte qui, à coup sûr car il est surabondemment vérifié par les sagas, reflête l'éthique des vikings, que l'on en finisse avec les délires mal informés pour étudier de près la fugure du dieu Odinn qui, vraisemblablement, correspondait le mieux à leur vision des choses: il ne combattait jamais lui-même, mais donnait la victoire par magie et, plus souvent encore, par ruse, voire par pure cautèle : c'est sans aucun doute ainsi que se comportaient les "invincibles enfants du Nord". Cela ne signifie pas que la prouesse ou le beau horion soient nécessairement absents de leur comportement: mais ils ne sont pas la norme et c'est tellement vrai que la langue avait inventé un mot, garpr, pour décrire le fier-à-bras plus prompt du biceps que de la cervelle et objet de mépris caractérisé.
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samedi, 17 novembre 2007
Doctrine : Stabilisation (fonction stratégique, phase décisive)
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mardi, 11 septembre 2007
Défense : l'Europe distancée sur le "spatial militaire"
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jeudi, 14 juin 2007
Un modèle informatique pour prévoir l'issue des conflits armés
Des chercheurs américains ont conçu un modèle informatique sans équivalent permettant de prévoir le résultat d'une opération militaire ou d'un conflit armé, a annoncé l'université de Géorgie dans un communiqué.
Ce modèle a notamment montré que l'Union soviétique n'avait pratiquement aucune chance de remporter la guerre de 1979-1989 en Afghanistan, la probabilité de victoire s'élevant à seulement 7%.
Le modèle informatique ne donne pas non plus beaucoup de chances à la campagne militaire américaine en Irak. Même si celle-ci se poursuit pendant dix ans, la probabilité de victoire pour les Etats-Unis sera limitée à 26%.
Conçu par le professeur Patricia Sullivan de l'université de Géorgie avec le soutien de l'US National Science Foundation, le modèle s'appuie sur une analyse profonde de 122 conflits militaires qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, y compris opposant des puissances telles que les Etats-Unis, l'Union soviétique, la Grande-Bretagne, la France et la Chine à un ennemi moins fort.
L'étude a montré que les grandes puissances bénéficiant d'une supériorité militaire évidente ont échoué dans 39% des opérations.
Compte tenu de tous les facteurs des victoires et des défaites dans les conflits armés qui se sont produits depuis la Seconde Guerre mondiale, le nouveau modèle informatique "permet aux responsables politiques de calculer la probabilité de succès dans les conflits courants et futurs", précise le communiqué de l'université de Géorgie, ajoutant que le taux de précision du modèle est de 80%.
Source du texte : RIA NOVOSTI
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vendredi, 18 août 2006
Tactique du Hezbollah au Liban
Au grand étonnement des experts, au cours de l’été 2006, le Hezbollah a réussi à résister aux assauts de l’armée israélienne qui est considérée comme l’une des meilleures du monde. Ce fait s’explique en grande partie par la tactique que le mouvement chiite libanais a développé, particulièrement depuis l’évacuation du Sud Liban par Tsahal en 2000, sous l’impulsion de son secrétaire général Hassan Nasrallah.
En effet, le commandement militaire du Hezbollah a tout d’abord soigneusement examiné les raisons des défaites rencontrées par les armées des pays arabes lors des derniers conflits. Il a particulièrement su tirer les leçons de l’invasion du Liban par les Israéliens, en 1982. A l’époque, Tsahal avait pris Beyrouth en seulement quelques jours.
La première mesure a consisté à donner une grande autonomie aux combattants sur le terrain, divisant le Sud Liban en plusieurs zones militaires, déléguant l’autorité aux plus bas échelons sans tomber dans le piège d’une centralisation systématique. Cette manière d’opérer autorise une grande flexibilité et une réactivité extrêmement rapide.
Parallèlement, les combattants ont été regroupés en unités de petite taille allant du niveau du groupe de combat (une dizaine d’hommes) à la section (une trentaine d’hommes).
Ces combattants ont subi un entraînement intensif au combat d’infanterie, utilisant avec maîtrise les armes dont ils sont dotés : fusil d’assaut AK 47, fusils à lunette Dragounov, lance-roquettes RPG 7, mortiers de 60, 81 et 120 mm, missiles anti-chars AT-3 Sagger et AT-4 Spigot, ainsi que quelques TOW récupérés auprès des Iraniens qui les avaient obtenus lors du scandale Contragate dans les années 1985. Bien que ne pouvant réellement rivaliser sur ce plan avec ses adversaires israéliens, la capacité de combat de nuit des activistes du Hezbollah a été renforcée ces derniers temps avec l’arrivée d’appareils de vision nocturne.
Pour ce qui est des armements lourds utilisés contre l’Etat d’Israël, le Hezbollah bénéficiait à l’origine de 10 000 à 12 000 roquettes Katiousckha de 122 mm dérivées des BM-21 GRAD soviétiques (portée : 20 kilomètres), fournies majoritairement par la Syrie. Leur principal avantage est la facilité avec laquelle elles peuvent être transportées depuis les caches où elles sont entreposées, puis mises en œuvre, soit à terre soit à partir de camions banalisés. Dans certains cas, des dispositifs de mise à feu à retard ou à télécommande ont été employés, ce qui permettait aux servants d’être à l’abri des frappes adverses au moment du tir. Le Hezbollah bénéficie également de missiles de fabrication iranienne (Raad-2 et Raad-3) qui ont été utilisés contre la ville d’Haïfa, de Farj-3 (portée : 45 kilomètres) et Farj-5 (portée : 75 kilomètres) et peut-être de quelques Zelzal-2 (une copie du Frog-7) qui peuvent emmener une charge de 600 kilos à environ 200 kilomètres. A noter que pour éviter toute détection visuelle de la part des Israéliens, les tirs ont lieu de jour, généralement à l’aube ou en début d’après-midi. L’arme utilisée contre un navire de guerre israélien et qui a causé la mort de quatre marins serait un missile de défense côtière terre-mer iranien C 802 Noor. La défense anti-aérienne est essentiellement assurée par des missiles portables SA-7 et des canons ZU-23 employés à terre ou sur les plates-formes de camions. Il est fort probable que les missiles les plus sophistiqués sont servis avec l’aide technique de Pasdarans.
Sur le plan du renseignement, Israël a été mis en échec car il est extrêmement difficile de pénétrer les cellules opérationnelles du Hezbollah qui cultivent la culture du secret imposée par le Cheikh Nasrallah. Les groupuscules sont généralement constitués de personnes qui se connaissent depuis leur plus tendre enfance, voire qui sont de la même famille. Tout nouveau venu est donc suspect. Par contre, le Hezbollah bénéficiait d’excellents renseignements fournis par la population du Sud Liban qui leur était totalement favorable. Tous les "civils" étaient les oreilles et les yeux du mouvement, ce qui explique en grande partie pourquoi Israël s’est efforcé de repousser ces populations plus au nord (et pas uniquement pour des raisons humanitaires). Quelques agents de renseignement avaient été également infiltrés du côté israélien comme ce citoyen canado-israélien arrêté pour espionnage alors qu’il photographiait des installations militaires au Nord du pays.
Depuis 2000, le Sud Liban avait été aménagé très discrètement avec des bunkers, des caches d’armes, des souterrains de communications, des réseaux de transmissions sophistiqués, etc. De plus, le terrain rocailleux n’est pas favorable à la progression de forces mécanisées, les rares routes et chemins empierrés permettant aisément de monter des embuscades. Le Hezbollah est aussi passé maître dans l’utilisation de mines et autres engins explosifs improvisés (techniques enseignées en Iran et déjà exportées en Irak) qui rendent toute progression des troupes adverses délicate. Les caches aménagées permettent aussi aux combattants islamiques de laisser passer les forces israéliennes et de réapparaître sur leurs arrières un peu comme le faisaient les soldats nippons contre les Américains lors de la reconquête des îles du Pacifique sud lors de la II ème guerre mondiale.
La tactique adoptée par le Hezbollah n’est pas figée comme souvent c’est le cas dans les armées modernes. En effet, les actions passées sont suivies d’examens approfondis qui permettent d’en tirer les leçons de manière à faire évoluer en permanence les techniques devant être employées dans un but de plus grande efficacité.
Enfin, et peut-être surtout, l’état d’esprit des combattants du Hezbollah est totalement différent de celui des soldats israéliens. En effet, le commandement de Tsahal tente, par tous les moyens de minimiser les pertes au sein de ses troupes et d’évacuer au plus vite les blessés, ce qui ralentit souvent le déroulement des opérations. Les Hezbollahis sont prêts à se sacrifier, le "martyre" étant pour eux, un objectif glorieux à atteindre. Ce n’est pas pour rien s’ils ont théorisé puis enseigné à d’autres les techniques des "bombes humaines".
Ils sont aussi excellents sur le plan de la communication. Ils ont compris qu’il était facile d’agir sur les populations en faisant jouer la corde sensible de la conscience des Occidentaux imbibés de leur héritage historique de source judéo-chrétienne. Alors, curieusement, des images de civils tués parviennent très rapidement à toutes les chaînes de télévision mondiales qui les repassent en boucle. Peu importe si l’on sait après coup que l’objectif visé était un camion qui venait de tirer des roquettes sur Israël et qui se garait, comme par hasard, dans le garage d’un immeuble abritant de nombreux civils. Le résultat psychologique est double : à l’indignation des Occidentaux vient s’ajouter la haine des populations musulmanes qui sont bien sûr extrêmement touchées par ces images surmédiatisées. De même, depuis des années, il est dans l’habitude de groupes du Hezbollah de s’installer à quelques dizaines de mètres de postes d’observation de l’ONU. L’objectif est là également de faire tuer des soldats de la paix dans un but purement psychologique. Bien que le Hezbollah ne reconnaisse aucune "loi de la guerre" (il est vrai édictées par les Occidentaux), il arrive à persuader l’opinion mondiale que se sont les Israéliens qui s’affranchissent de ces règles, d’où les campagnes de presse faisant état de l’emploi "d’ armes interdites" par Tsahal : bombes à fragmentation, bombes au phosphore, etc. On retrouve là ce qui se déroule en Irak où les Américains se retrouvent en position d’accusés face aux égorgeurs et responsables d’horribles massacres de civils innocents.
D’après les Israéliens, au début août, environ 200 activistes du Hezbollah ont été neutralisés. Il en reste donc environ 2 800 opérationnels sans compter les renforts qu’ils ont pu recevoir d’Iran, de Syrie et la rumeur dit même d’Indonésie. Leur seul grand problème reste que leur réapprovisionnement en armes et en munitions va devenir de plus en plus problématique car le chemin emprunté depuis la Syrie est devenu extrêmement périlleux.
En conclusion, les Etats-Unis et Israël ont tous deux été habitués à affronter des armées conventionnelles et des organisations terroristes. Le Hezbollah est une sorte d’hybride. Il a presque la puissance d’une armée conventionnelle et la capacité létale d’une guérilla invisible. La question qui se pose est ce que compte faire maintenant ce mouvement, particulièrement avec les infrastructures qu’il a développé depuis de longues années à l’étranger : Canada, Amérique Latine, Afrique, etc. ? Si Téhéran l’autorise, le Hezbollah peut déclencher des opérations terroristes dirigées principalement contre les intérêts israélo américains, reprenant à son compte le djihad mondial initié par Al-Qaida. En cela, le Cheikh Hassan Nasrallah dont la popularité dans le monde musulman est en train de concurrencer très sérieusement celle d’Oussama Ben Laden, peut devenir le nouveau leader de la lutte destinée à s’opposer aux "juifs et aux croisés". Si les Hezbollahis se décident à passer à l’action terroriste, les résultats risquent bien d’être pires qu’avec Al-Qaida. Il est en effet admis que leur formation technique acquise en Iran et les moyens dont ils disposent dépassent largement ceux des islamistes sunnites.
Alain RODIER / août 2006 / Source du texte : CF2R
Écrit par SG (Webmaster) dans > Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : guerre, liban, tactique, hezbollah |
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