mercredi, 24 août 2011

Révoltes populaires au Moyen Age

Les révoltes populaires constituent un phénomène qui reste encore mal connu, aussi bien dans leur forme populaire qu’insurrectionnelle. Cela tient aux sources qui proviennent presque exclusivement des autorités et qui ne donnent que le point de vue des pouvoirs en place et des couches sociales dominantes. Les historiens ont certes étendu le champ de leur approche en complétant les chroniques par des sources judiciaires ou comptables. Mais ils restent tributaires du langage de la répression.
 
 
révolte,guerre,violence,moyen ageAinsi, pour désigner les révoltés du Bassin parisien en 1358, les chroniqueurs, appartenant au milieu clérical ou nobiliaire, les appellent "Jacques", de l’appellation "Jacques bonhomme" qui leur avait été donnée pour les tourner en dérision, et le chroniqueur Jean Froissart parle à leur sujet de "méchantes gens". D’autres traitent les révoltés de Gand, en 1380, de "ribauds, chétifs et merdailles". Dans tous les cas, ces jugements de valeur font référence aux populares, aux populaires, que les textes appellent aussi "le commun", le "peuple", "les menus" (contre les "gros" ), ou encore, chez ceux qui s’inspirent d’Aristote, les "gens mécaniques". Ces termes sont assez vagues, mais ils désignent les catégories inférieures de la société, par opposition à ceux que la fortune, le pouvoir, la notoriété sociale placent en position hiérarchiquement supérieure. Le problème consiste à situer la limite de cette stratigraphie sociale. Par exemple, parmi les révoltés de 1381, en Angleterre, on compte de nombreux membres du clergé, tel John Ball. Peut-on les considérer comme partie prenante du peuple, voire du petit peuple ? Si leur absence de fortune les place bien dans cette catégorie, ils font néanmoins partie du clergé et bénéficient d’un prestige qui les détache du peuple. A l’inverse, faut-il créer un fâcheux amalgame entre les populaires et les miséreux, ou encore les mendiants, et les englober tous dans le groupe des marginaux ? Le fait que les révoltes populaires soient, avant tout, aux yeux des contemporains, des troubles qui remettent en cause la hiérarchie sociale, ne doit pas dispenser d’une analyse fine des acteurs qui les animent. Quant à la révolte elle-même, les mots sont variés et ambigus. Elle commence avec le « murmure », lequel, dans les textes, se démarque mal de la rumeur. Le terme « effroi » ou celui de « commotion » sont employés dans un second temps pour montrer la peur et le choc que fait naître l’insurrection. Christine de Pizan et le récit anonyme du Bourgeois de Paris emplie aussi le mot "fureur" pour désigner les révoltes parisiennes de 1413 (Cabochiens) et de 1418. Les textes peuvent parler de conjuration, d’alliances ou de complots, mettant l’accent sur le serment et les contrats qui unissent les insurgés, ainsi que sur le caractère secret et inquiétant de la préparation. Enfin, l’emploi des termes "rébellion" ou "sédition" met l’accent sur l’infraction politique que commettent les insurgés par rapport aux pouvoirs établis et, du même coup, sur sa condamnation. Il est significatif que ces expressions politiques apparaissent surtout aux deux derniers siècles du Moyen Age, au moment où les pouvoirs étatiques s’affirment et où, sous l’influence du droit romain, se met en place le crime de lèse-majesté. Le vocabulaire reste donc ambigu, mais il donne quelques aperçus de la diffusion possible de la révolte par la rumeur, de sa structuration par la foi jurée, de son impact traumatisant et institutionnel. Saisir la révolte populaire est d’autant plus difficile qu’elle se confond parfois avec des manifestations hérétiques ou des dénonciations de l’hérésie, surtout pour les périodes les plus anciennes du Moyen Age. Il en est ainsi des Patarins de Milan (littéralement, ceux qui sont vêtus de chiffons) qui, entre 1045 et 1085, sont en lutte contre l’archevêque de la ville et dénoncent à la fois la simonie et le concubinage des prêtres. Ces insurgés sont en fait des fanatiques de la réforme grégorienne que leurs adversaires traitent d’hérétiques. Si leur mouvement donne aussi naissance à des revendications sociales, les Patarins ne rassemblent pas l’ensemble du petit peuple. D’autres insurrections à cette époque dans les villes du nord de la France, vont dans le même sens. De façon générale, le lien que l’hérésie entretient avec un idéal de pauvreté exacerbé facilite l’amalgame.

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lundi, 17 mai 2010

The battle in Bangkok / Bangkok, champ de bataille

samedi, 15 mars 2008

Tibet : des tanks chinois dans Lhassa

1223351912.jpgSelon des "informations non confirmées", les émeutes auraient fait jusqu'à 100 morts dans la capitale tibétaine. Pékin lance un ultimatum aux manifestants.

Alors que le numéro un du Parti communiste chinois, Hu Jintao, a été reconduit pour cinq ans à la tête de l'Etat, la crise entre le Tibet et la Chine s'aggrave. Selon la très officielle agence Chine Nouvelle, les manifestations antichinoises de vendredi à Lhasa ont fait au moins 10 morts et de nombreux blessés dans cette capitale désormais quadrillée par l'armée. "Les victimes sont toutes des civils innocents et elles sont mortes carbonisées", a indiqué un responsable du gouvernement régional du Tibet, cité par Chine Nouvelle. Selon les autorités, aucun étranger n'a été blessé lors de ces manifestations "fomentées par le dalaï-lama et sa clique".

Toutefois, ce bilan pourrait être dix fois plus important, à en croire le gouvernement tibétain en exil, dans le nord de l'Inde. "Nous avons des informations non confirmées faisant état d'une centaine de morts et de l'instauration de la loi martiale à Lhassa", a-t-il indiqué dans un communiqué. Quel que soit le bilan définitif, il s'agit des manifestations les plus sanglantes au Tibet depuis 1989 qui s'étaient soldées par des dizaines de morts. Le gouvernement en exil fait également "état de personnes tuées au hasard, de blessés et d'arrestations de milliers de Tibétains qui manifestaient pacifiquement contre la politique chinoise".

De leur côté, les autorités chinoises ont démenti l'instauration de la loi martiale à Lhassa, et ont annoncé que les personnes ayant pris part aux émeutes à Lhassa pourraient bénéficier de leur "clémence" s'ils se rendaient d'ici lundi minuit (17 heures à Paris).

Samedi matin, Lhassa était calme et quadrillée par les forces de l'ordre. Des tanks et des véhicules militaires patrouillaient dans les rues, selon des témoins. Les boutiques étaient fermées. Selon des touristes à Katmandou en provenance du Tibet, les mesures de sécurité ont été renforcées. "Ce matin (samedi), j'ai pu compter 40 camions militaires et 36 chars qui patrouillaient à l'intérieur de la ville" de Lhassa, a indiqué un touriste néerlandais. L'accès du Tibet aux touristes étrangers en Chine est désormais impossible, selon plusieurs tour-opérateurs chinois, les permis n'étant plus délivrés.

La veille, de nombreuses boutiques ont été incendiées dans le cœur historique de la capitale du Tibet pendant des manifestations organisées par des moines bouddhistes, célébrant depuis le début de la semaine le 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l'exil du dalaï-lama. Deux chaînes de la télévision nationale, celle d'informations et celle destinée à l'international, ont diffusé samedi des images des émeutes sur lesquelles on peut voir une foule de manifestants, parmi lesquels des moines, s'en prendre à des commerces, les saccager ou y mettre le feu. "Le peuple du Tibet est révolté par cela et condamne fermement ce mouvement qui est voué à l'échec", selon la voix off du reportage diffusé sur la chaîne internationale.

La Chine accuse les partisans du chef spirituel en exil des Tibétains, le dalaï-lama, d'être à l'origine des émeutes, qui entament sérieusement l'image d'harmonie que veut donner d'elle la Chine à l'approche des Jeux olympiques de Pékin en août.

Vendredi, les Etats-Unis et l'Union Européenne avaient fait part de leur inquiétude et appelé la Chine à la «retenue» dans cette crise.

Le premier ministre du gouvernement tibétain en exil Samdhong Rinpoché a demandé samedi à la Chine d'agir avec "compassion" et "sagesse" et appelé à une enquête de l'ONU sur les violences, qu'il a qualifiées de "violations des droits de l'Homme".

Source du texte : FIGARO.FR

 


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jeudi, 14 février 2008

1871 : La Commune de Paris (1/3)

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mercredi, 07 mars 2007

La révolte d'O'Neill et la chute de l'Irlande gaélique

medium_medium_Hugh_O_Neill.jpgLorsque l'Irlande rejeta la Réforme, le gouvernement anglais, redoutant que ce pays ne soit utilisé par les puissances européennes catholiques hostiles comme point de départ d'une invasion de l'Angleterre, fit de la soumission de l'Irlande une de ses priorités.

La Réforme fut introduite de façon officielle en Irlande par le Parlement de Réforme de 1536, qui, manoeuvré sans peine, accepta Henri VIII comme chef de l'Église d'Irlande. Henri renforça sa position en 1541 en faisant de l'Irlande un royaume à part entière et en adoptant le titre de "roi d'Irlande", alors que ses prédécesseurs s'étaient appelés "seigneurs d'Irlande". La dissolution des monastères commença, mais il n'y eut pas de grands changements doctrinaux. L'opposition à la Réforme se développa sous Édouard VI, successeur d'Henri, qui introduisit des points de dogme protestant sans consulter le Parlement irlandais. Les mesures anticatholiques se multiplièrent dans les années 1580 mais les Old English, comme on désignait désormais les familles anglaises établies depuis longtemps en Irlande, furent de plus en plus nombreux à refuser l'Église d'État, tandis que les régions gouvernées par les seigneurs gaéliques ne l'avaient jamais acceptée.

Les monarques Tudors s'efforcèrent d'angliciser l'administration de l'Irlande et d'y introduire un système de gouvernement local s'appuyant sur des comtés semblables à ceux de l'Angleterre. Cette politique, qui menaçait le statut des seigneurs gaéliques comme des Old English, provoqua plusieurs révoltes. Afin de promouvoir l'anglicisation, le gouvernement cantonna des garnisons dans tout le pays et entreprit d'implanter des colons fraîchement débarqués d'Angleterre sur les terres confisquées aux rebelles. Ce processus débuta dans le Leix-Offaly en 1556, et se solda la plupart du temps par un échec à cause du harcèlement infligé à ces colons par les anciens propriétaires.

L'opposition atteignit son apogée en 1593 lorsque Hugh O'Neill, comte de Tyrone, se souleva, soutenu par les O'Donnell du Tyrconnell et les Maguire du Fermanagh. Ce fut le début de la guerre de Neuf Ans. Les Old English catholiques restèrent sourds à l'appel lancé par O'Neill au nom de la liberté de conscience, mais la reine Élisabeth, consciente de la gravité de la rébellion, déclara O'Neill traître en 1595, puis envoya en Irlande une grande armée sous le commandement du comte d'Essex en 1598. O'Neill, refusant le combat, décrivit des cercles autour de cette armée, et Essex fut remplacé par lord Mountjoy, qui entreprit d'entourer les troupes d'O'Neill d'une ceinture de forts et de garnisons. Une troupe espagnole arriva à Kinsale en 1601 pour apporter son soutien aux révoltés, mais les Anglais infligèrent à O'Neill et O'Donnell une défaite décisive avant que les deux armées puissent opérer leur jonction. O'Neill s'avoua finalement vaincu en 1603 et signa un traité de paix. Quatre ans plus tard, O'Neill, Rory O'Donnell et Cùchonnacht Maguire abandonnèrent leurs comtés et s'enfuirent sur le continent. Cette "fuite des comtes" mit fin à la période de souveraineté gaélique.

Écrit par SG (Webmaster) dans > Émeutes, affrontements, révoltes, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irlande, révolte, o'neill | | |  Facebook | |  Imprimer |