dimanche, 26 novembre 2006

Les armes expérimentales de Tsahal en accusation

medium_tsahal_2.2.jpgSelon un rapport d'experts italiens, Israël a utilisé dans la bande de Gaza des armes expérimentales provoquant d'horribles blessures
 
Abdel Khader Jawouda n’oubliera jamais le 4 novembre 2006. À 8 h 15, un drone israélien tire une roquette sur ce lieutenant des services de sécurité palestiniens, actif dans les groupes de militants armés. Il soulève le drap de son lit d’hôpital, pour montrer le résultat : deux jambes amputées. Ses médecins de l’hôpital Chiffa de Gaza affirment que Jawouda est l’une des nombreuses victimes d’un nouveau type d’armes expérimentales utilisées par les forces israéliennes dans la bande de Gaza.
 
« Lorsque je me suis réveillé après l’explosion, j’ai trouvé mes deux jambes à côté de moi, raconte Jawouda. Elles avaient été coupées net. » Son orthopédiste, le docteur Sadek, affirme que ce type de blessure est le résultat typique des nouvelles armes au phosphore et au tungstène utilisées par Tsahal. « Les membres ne sont pas tranchés directement par les éclats, explique-t-il. Les éclats qui touchent le corps provoquent des brûlures tellement sévères, que celles-ci entraînent souvent une amputation des membres, parce que les chairs et les os fondent. Si les victimes n’ont pas de chance, elles sont touchées à la tête ou à l’abdomen, et là, nous ne pouvons plus rien pour elles. »
 
Un rapport d’experts italiens, récemment rendu public, a révélé l’utilisation par Israël de ces armes expérimentales, ces derniers mois, dans la bande de Gaza. Selon ces experts, qui se fondent sur des témoignages de médecins à Gaza et des analyses en laboratoire, ces armes sont similaires aux DIME (Dense Inert Metal Explosive) utilisées par l’armée américaine, qui provoquent une explosion très puissante et meurtrière, mais dans un rayon très limité. L’équipe d’experts italiens avait déjà révélé, il y a plusieurs mois, que les forces améri­caines en Irak avaient utilisé des bombes au phosphore contre les insurgés de Faloudja.
 
« L’idée est de cibler plus précisément les personnes visées, sans occasionner de dommages sur les passants innocents », explique le général Yitzhak Ben-Israël, général de l’armée de l’air et ancien responsable du programme de développement d’armes de Tsahal. Ces armes projettent des particules de tungstène - un métal conducteur de très hautes températures - mortelles dans un rayon de quatre mètres. Les chercheurs italiens ont trouvé de fortes concentrations de tungstène, de carbone, de cuivre et d’aluminium dans les échantillons prélevés sur les blessures inhabituelles.
 
Les médecins font état d’un nombre anormalement élevé d’amputations et de corps entièrement brûlés. Le docteur Jouma Saka, chirurgien à l’hôpital Chiffa, fait défiler sur son ordinateur les photographies insoutenables de corps d’hommes, mais aussi de femmes et d’enfants brûlés ou déchiquetés. « Nous n’avions jamais vu cela auparavant, affirme-t-il. Certaines victimes arrivent ici sans que nous comprenions de quoi elles souffrent. À la radio, on ne voit pas le moindre éclat métallique. Mais lorsqu’on ouvre les patients, on trouve de terribles dégâts. Une poudre se répand dans leur corps et calcine les organes et les tissus. On retrouve des fois, des reins ou des intestins entièrement carbonisés. Ce sont de nouveaux types d’armes au tungstène et au phosphore. Des armes expérimentales, interdites par la convention de Genève. »
 
Selon le docteur Saka, les forces israéliennes ont commencé à utiliser ces armes de façon très agressive, début juillet, après le lancement de l’opération « pluies d’été », qui a suivi l’enlèvement du caporal Gilad Shalit. « Lors des trois premières semaines, 60 % des blessures de nos patients à Chiffa ont été provoquées par ce type d’arme, assure-t-il. Maintenant, cela représente 40 % des blessures, y compris en comptant les 19 personnes tuées par des obus traditionnels, la semaine dernière à Beit Hanoun. »
 
Source du texte : FIGARO.FR 
 

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vendredi, 10 novembre 2006

L'armée française au Liban se sent menacée par Israël

medium_finul.2.jpgLassées des multiples violations de l'espace aérien libanais par l'aviation israélienne, les autorités françaises ont fini par dénoncer avec véhémence ce qu'elles considèrent comme des provocations délibérées. Des avions israéliens ont à plusieurs reprises adopté des « attitudes hostiles » envers les troupes françaises de la Force intérimaire des nations unies au Liban (Finul). Une « catastrophe » a été évitée de justesse, a affirmé avant-hier le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. 

« Des F 15 se sont présentés en piqué, puis en redressement immédiat, c'est-à-dire en posture d'attaque », a-t-elle déclaré aux députés lors d'une séance sur le budget de la Défense. Elle a jugé l'incident « intolérable ». « En légitime défense, nos militaires ont retiré les caches de la batterie de missiles, et à deux secondes près, ils tiraient contre les avions qui les menaçaient », a ajouté le ministre.

Michèle Alliot-Marie est revenue à la charge, hier à Colombey-les-Deux-Églises, en mettant en garde Israël contre des actes qui pourraient mettre à mal la situation calme qui prévaut au Liban-Sud.

medium_LibanSud.2.gifL'incident décrit par Alliot-Marie s'est déroulé le 31 octobre dans le ciel du Liban-Sud, dans le nord de la zone française, au-dessus de Deir Kifa. Les F-15 sont entrés dans le « volume d'action » des missiles à très courte portée Mistral qui équipent les Casques bleus français pour leur autodéfense. La position des chasseurs correspondait normalement au largage de bombes ou de tirs au canon sur le siège de la Force de réaction rapide française qui, avec ses chars Leclerc et ses canons AUF1, est chargée d'observer une partie des territoires occupés cet été par Israël. « L'appareil israélien a effectué un simulacre d'attaque. Heureusement, nos hommes ont gardé leur sang-froid et ont compris qu'il s'agissait d'une provocation de l'armée israélienne », a commenté un officier français.

Au cours des dernières semaines, plusieurs alertes avaient inquiété Paris et Berlin. Un navire de reconnaissance allemand a été survolé par six avions de chasse israéliens alors qu'il croisait au large d'Israël. La frégate française Courbet a connu une mésaventure similaire : la chasse israélienne l'a survolée en refusant de répondre aux appels radio.

Le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a jugé « essentiel que les autorités israéliennes fassent cesser de tels actes ». Il a convoqué hier l'ambassadeur d'Israël en France pour lui signifier « la grave préoccupation » de la France. Inhabituelle à l'égard d'un diplomate israélien, l'initiative donne un coup d'arrêt à l'embellie des relations franco-israéliennes. D'autant plus que les démarches de Paris n'ont été guère prises en compte. Des chasseurs israéliens ont survolé à haute altitude la ville côtière libanaise de Naqoura, près de la frontière israélienne, au moment où la France protestait par la voie officielle. L'escadrille, composée de douze chasseurs-bombardiers, est passée non loin du quartier général de la Finul. Les avions ont ensuite pris la direction de Baalbeck, le fief du Hezbollah, dans l'est du Liban, qu'ils ont survolé à basse altitude.

Trafics d'armes

La poursuite des violations israéliennes de l'espace aérien libanais, malgré la fin des hostilités entre l'État hébreu et le Hezbollah chiite, le 14 août, après un mois de guerre, suscite des critiques croissantes de la communauté internationale. Mais le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, avait affirmé que les survols étaient nécessaires pour empêcher des trafics d'armes au profit des combattants du Hezbollah. S'ils permettent peut-être de collecter des informations à caractère sensible, ils servent aussi à jouer avec les nerfs des soldats de la Finul.

L'armée israélienne a prétendu hier ne pas avoir connaissance de ce jeu à hauts risques. Selon l'un de ses porte-parole, « l'armée de l'air n'effectue jamais de survols offensifs au-dessus du sud du Liban ». Mais le ministère français de la Défense a maintenu ses accusations. « La matérialité des faits n'est pas contestable », insiste-t-on en parlant de « certitudes absolues ».

Source : FIGARO.FR 

 

Les règles d'engagement de la FINUL 
 
La Finul est habilitée à recourir à la force en cas d'activité « hostile », à procéder à des contrôles routiers et à intercepter des mouvements d'armes en cas de défaillance de l'armée libanaise. Elle est apte à recourir à l'« usage de la force au-delà de la légitime défense ».
 
Un engagement peut être décidé par les commandants de la Finul pour protéger le personnel, les installations et les équipements, assurer la sécurité et la liberté de mouvement des personnels des Nations unies et les personnels humanitaires, protéger les civils sous menaces physiques imminentes dans sa zone de déploiement.
 
Dans le cas de figure de l'incident du 31 octobre avec les avions israéliens, face à une situation d'urgence, les soldats français auraient pu, selon leurs règles d'engagement, ouvrir le feu sans en référer à leurs supérieurs.
 

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jeudi, 28 septembre 2006

LA CATASTROPHE HUMAINE DE GAZA EST UNE BOMBE A RETARDEMENT

 medium_enfant_de_gaza.jpg
Alors que l'attention mondiale est toujours centrée sur le Liban, à moins de 200 km au sud, Gaza constitue une bombe à retardement. Quelque 1,4 million de personnes, pour la plupart des enfants, sont ­entassées dans l'une des régions les plus densément peuplées du monde, sans liberté de mouvement, aucune place pour courir et nul endroit pour se cacher. Virtuellement sans accès extérieur depuis juin, Gaza connaît une montée de la pauvreté, du chômage, des pé­nuries et du désespoir. Tristement, ce dont Gaza a le plus besoin aujourd'hui est précisément ce dont il manque le plus : l'espoir.
 
Plus tôt en septembre, 35 pays, auxquels se sont joints l'ONU, le mouvement de la Croix-Rouge et les ONG, se sont réunis à Stockholm pour contribuer à restaurer quelques petites mesures d'espoir pour la population de Gaza. Les pays donateurs ont annoncé 116 mil­­lions de dollars supplémentaires pour les besoins humanitaires urgents dans les territoires palestiniens occupés, dont la moitié en réponse à l'appel de 384 millions de dollars de l'ONU. S'il faut féliciter les donateurs de leur initiative constructive, la population de Gaza a besoin de beaucoup plus, et rapidement. L'appel humanitaire de l'ONU nécessite toujours 42 % des fonds malgré les mises en garde d'une situation se dégradant rapidement, susceptible de déstabiliser de nombreuses familles.
 
Depuis que l'opération israélienne « Pluie d'été » a commencé fin juin en réponse à l'enlèvement d'un soldat des forces de défense israéliennes, un soldat israélien a été tué. Mais durant la même période, 235 Palestiniens ont été tués, dont 46 enfants. Chaque perte de vie humaine doit être déplorée. Mais il ne fait aucun doute que la réponse, mesurée en termes de victimes civiles, est disproportionnée. Pour les Palestiniens comme pour les Israéliens, les conséquences des affrontements de l'été sont dévastatrices de la même façon qu'elles sont néfastes pour les perspectives de paix dans cette région troublée.
 
L'accès par air, mer et terre a été virtuellement coupé à Gaza. Les mouvements de biens et de personnes ont presque cessé. L'approvisionnement en électricité et en eau, perturbé par l'attaque des forces de défense israéliennes sur les principales centrales électriques, est irrégulier et insignifiant. Les infrastructures civiles ont été affectées. Gaza demeure aujourd'hui dépendante de sources extérieures pour son approvisionnement alimentaire et commercial. Les conditions sanitaires se dégradent alors que l'accès à l'eau potable est insuffisant. Avec une économie palestinienne en chute libre continue, il faut s'attendre à une détérioration plus poussée des conditions sanitaires.
 
Imaginez : vous êtes une mère ou un père de Gaza, vivant sur une superficie inférieure au quart du grand Londres (1,620 km²) avec une population de la taille de Leeds (1,49 million d'habitants). Vous ne pouvez pas quitter ce territoire, ni importer ou exporter de produits. Vos enfants vivent dans la peur continue de la violence. La pénurie de l'essentiel, dont l'eau, augmente la propagation des maladies contagieuses et renforce encore les problèmes de la vie quotidienne. Chaque jour, jusqu'à 185 obus d'artillerie frappent votre territoire. Chaque nuit, vous assistez à des tirs de roquette aveugles sur Israël par des groupes militants. Vous savez que lorsque les représailles viendront, vous et votre famille ne serez pas épargnés par leurs effets.
 
Maintenant, imaginez que vous vivez en Israël, chaque nuit, des roquettes tombent. Des groupes armés minent votre pays, votre vie quotidienne et votre existence. Nous pensons qu'il n'est de l'intérêt d'aucune des parties que la violence prévale à Gaza ou en Cisjordanie, situées au carrefour de toutes les grandes cultures et religions du monde. Pour aider à désamorcer la bombe à retardement à Gaza, nous avons besoin d'une action sur trois fronts : humanitaire, économique et politique. En premier lieu, les civils et les infrastructures civiles doivent être protégés par toutes les parties. Nous demandons au gouvernement israélien, en tant que puissance occupante, à l'Autorité palestinienne, et à tous les groupes armés à s'acquitter de leurs responsabilités au regard du droit international.
 
Une cessation des hostilités doit s'accompagner de la liberté de mouvement pour les civils et les travailleurs humanitaires. Pour la population de Gaza, la perception d'être piégée, confinée, de vivre en cage est intolérable et alimente encore le désespoir. L'accord sur le mouvement et l'accès du 15 novembre 2005 doit maintenant être pleinement mis en oeuvre.
 
La liberté de mouvement est aussi essentielle pour permettre aux personnels humanitaires d'atteindre ceux dans le besoin à Gaza et en Cisjordanie. Le passage de Karni, le principal point de passage entre Israël et Gaza, doit être transformé en zone de non-conflit, une zone protégée, ouverte aux flux de produits essentiels pour la population palestinienne. Une tierce partie indépendante pourrait être désignée pour surveiller cette zone pour répondre aux attentes d'Israël en matière de sécurité. La majorité de la population de Gaza dépendant de l'aide extérieure pour sa survie de base, restreindre l'accès humanitaire devient une question de vie ou de mort. Sur le front économique, nous demandons à Israël de libérer les 500 millions de dollars environ de revenus des impôts et droits de douane qu'il retient.
 
Ces fonds sont indispensables pour répondre de toute urgence aux besoins humanitaires et économiques. Mais l'argent seul n'est pas la réponse bien sûr, pas plus que des « plâtres humanitaires sur une plaie ouverte ». À la fin, seuls un retour au processus de paix et une solution durable, avec deux États, peuvent apporter l'espoir et la guérison dans cette région troublée. Le besoin est urgent. Le moment est maintenant. C'est une question de solidarité et une question de sécurité pour nous tous.
 
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Par Jan Egeland et Jan Eliasson [Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence ; ministre des Affaires étrangères de la Suède et ancien secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires (1992-1994)].
 
Source du texte : LE FIGARO.FR 

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samedi, 05 août 2006

Un Proche-Orient à remodeler?


medium_Nouveau_proche-orient.jpgL’opération militaire US contre l’Irak en avril 2003 nous incite à quelques interprétations quant aux ambitions géopolitiques de cette superpuissance dans la région. Une prospective qui repose, en partie, sur des déclarations officielles quant à la volonté de changer le Proche-Orient, soit en « introduisant la démocratie dans la région afin qu’elle puisse faire tache d’huile », soit en proposant – ou en imposant de nouvelles formes de pouvoir étatique. Il faut donc comprendre que les constructions étatiques actuelles de la région (républiques, royaumes ou « autorités »), ne satisfont plus les exigences militaires ou économiques des États-Unis qui voient en elles des obstacles à leur volonté de contrôle total de l’espace et des hommes. À observer la tournure des événements et les interprétations historiques américaines (le « clash des civilisations »), un remodelage du Proche-Orient s’appuierait sur les spécificités lourdes de la société, les identités ethniques ou religieuses, les frontières des nouvelles entités politiques épousant les contours de l’extension spatiale de ces groupes. 
 
Cliquer sur le lien PDF pour accéder au texte complet.
 
Par Michael F. Davie
Université François-Rabelais, Tours
e-mail : davie@univ-tours.fr

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vendredi, 04 août 2006

Londres craint un éclatement de l'Irak

 medium_irak_juillet_2006.jpg

Dans un télégramme confidentiel, l'ambassadeur britannique à Bagdad évoque le spectre d'une guerre civile suivie d'une division du pays.

 

SUJET TABOU, l'hypothèse d'une partition de l'Irak est abordée sans ambages par William Patey, l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Bagdad. Dans un document confidentiel rendu public hier par la BBC, le diplomate confie ses craintes d'une implosion de l'Irak. «Une guerre civile de faible intensité et une division de fait de l'Irak sont plus probables à ce stade qu'une transition réussie et substantielle vers une démocratie stable», estime-t-il. À en croire l'ambassadeur britannique, l'Irak risque de se diviser en plusieurs entités avec, au nord, un territoire contrôlé par les Kurdes, au sud et au centre, dans les régions riches en réserves pétrolières, une domination chiite, et dans un triangle entourant Bagdad, ville en principe multiethnique et multiconfessionnelle, un bastion sunnite.
«Si nous voulons éviter de tomber dans la guerre civile et l'anarchie, il sera prioritaire d'empêcher les milices chiites comme l'armée du Mahdi de devenir un État dans l'État, à l'instar du Hezbollah au Liban», prévient William Patey. Observateur attentif de l'évolution des mouvements armés chiites en raison de la présence des forces britanniques dans le sud du pays, il estime que ces dernières sont dans l'incapacité de s'opposer seules aux milices. Et de sommer Londres d'associer l'armée irakienne aux opérations.
Spécialiste de la région, William Patey, qui est arrivé en Irak en juin 2005, a exprimé ses analyses détonantes dans le dernier télégramme adressé au premier ministre Tony Blair et au Foreign Office avant son départ de Bagdad. Dans ce texte aux allures de testament, le diplomate dresse un constat pessimiste de l'action du couple américano-britannique en Irak. «On peut mettre en doute l'espoir du président Bush de voir établir en Irak un gouvernement capable de fonctionner et de se défendre tout en étant un allié dans la guerre contre le terrorisme.» Puis il conclut : «La situation n'est pas désespérée», mais l'Irak va demeurer «difficile et en désordre» pour «les cinq à dix années à venir». Selon lui, les «six prochains mois seront cruciaux».
A l'encontre des discours officiels
Ce n'est pas la première fois que des responsables britanniques ou américains en charge du dossier irakien prennent en compte un possible éclatement de l'État irakien. Hostile à une telle solution, l'ancien ambassadeur américain Peter Galbraith, qui conseille aujourd'hui le président du Kurdistan autonome Massoud Barzani, n'exclut pas un éclatement de l'Irak. Mais ces projections sont en général tenues sous le boisseau, car elles vont à l'encontre des discours officiels de George W. Bush, Donald Rumsfeld ou de Tony Blair. À en croire le premier ministre britannique, l'Irak continue à avancer vers la démocratie malgré les difficultés du moment. Une marche semée de cadavres.
Hier, 10 civils ont été tués et 20 blessés dans l'explosion d'une bombe artisanale dans un marché dans le centre de Bagdad. Les corps de 6 personnes assassinées ont été découverts dans le Tigre près de Souhaira, à 60 km au sud-est de la capitale irakienne.
Thierry Oberlé (4 août 2006)
Source : LE FIGARO.FR

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