mercredi, 28 décembre 2011

Pro Patria mori : mourir pour la Patrie (partie 2/2)

REX ET PATRIA

Guillaume de Nogaret avait, à plusieurs reprises, affirmé qu'il était prêt à mourir pro rege et patria. Il fut même, en une occasion, plus précis, disant "par son serment de fidélité, il était astreint à défendre son Seigneur le Roi... ainsi que sa patria, le royaume de France."

theatrum belli,roi,patrie,eglise,sacrifice,pro patria mori,chevalierCe que voulait dire Nogaret est évident : en tant que miles, chevalier, il devait défendre son suzerain et, en tant que membre du corps politique de la France, il était obligé - comme tous les autres Français - de défendre ce corps même, la patria. Qu'en tant que chrétien il soit aussi tenu de défendre l'Église fut aussi répété par Nogaret mainte et mainte fois ; mais ce point est moins important ici. La formule pro rege et patria, "pour le roi et la patrie", a survécu jusqu'aux Temps modernes ; normalement, on ne devait pas avoir le sentiment - au XXe siècle aussi peu qu'au XIIIe siècle - qu'en fait deux strates différentes se recouvraient et que deux obligations différentes coïncidaient, l'une féodale, l'autre publique. Après tout, le seigneur féodal était, en même temps, chef du corps politique, et quelle différence cela faisait-il qu'un homme donnât sa vie pour la "tête" ou pour les "membres", ou pour "la tête et les membres" ensemble ? Il serait difficile de dire exactement où devait passer la ligne de démarcation – et, pourtant, la possibilité d’un conflit d’obligations n’était certainement pas écartée.

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