dimanche, 10 février 2008
Le conflit : tel est l'ordre du monde

La philosophie présocratique, organisée fondamentalement autour de l'acceptation de la vie, de ses lois, et plus généralement autour de l'idée d'harmonie avec la nature et le cosmos, plaçait le conflit comme principe créateur et le constituait comme pôle de toute une conception-du-monde. Ainsi firent aussi toutes les civilisations païennes, au premier rang desquelles celle de l'Inde : là, comme l'ont montré Jean Varenne, Alain Daniélou et Louis Dumont, la notion de conflit innerve la philosophie de la vie.
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mardi, 15 mai 2007
Le Japon veut en finir avec le pacifisme
Pour la première fois depuis la fin de la guerre, le Japon a ouvert la voie à une révision historique de la Constitution pacifiste du pays, en entérinant la législation nécessaire à l'organisation d'un référendum national sur ce sujet controversé.
Chantier prioritaire du Premier ministre conservateur Shinzo Abe, la loi de référendum a été adoptée par la majorité de droite au Sénat. Elle avait déjà été approuvée par la Chambre des députés le mois dernier. Selon M. Abe, la Constitution actuelle, qui a juste 60 ans, "ne répond plus aux changements importants survenus dans la politique étrangère et de défense" du Japon depuis 1945.
Le chef de gouvernement le plus jeune de l'après-guerre a l'intention de faire de la révision constitutionnelle son cheval de bataille pour les élections sénatoriales de juillet prochain qui pourraient décider de son sort.
Promulguée en novembre 1946, la Loi fondamentale a pris effet le 3 mai 1947, alors que l'Archipel, vaincu, était sous occupation américaine. Le numéro deux du gouvernement, Yasuhisa Shiozaki, s'est félicité de ce vote sans précédent, soulignant que jusqu'à présent le Japon "n'avait jamais fixé les modalités d'une révision constitutionnelle".
En l'absence de consensus au sein de la classe politique, la coalition de droite au pouvoir a dû imposer la loi de référendum (qui abaisse notamment à 18 ans le droit de vote, normalement fixé à 20 ans, pour ce scrutin). Ce passage en force a été vivement critiqué par les partis de l'opposition, le Parti démocrate du Japon (PDJ, centriste) déplorant le "refus de dialogue" de M. Abe.
"On ne peut pas changer la Constitution si une majorité de Japonais s'y oppose", a protesté le chef du Parti communiste Kazuo Shii.
Quelque 200 militants de gauche se sont rassemblés lundi devant la Diète aux cris de "Non à une révision constitutionnelle néfaste !"
La loi sur le référendum ne prendra effet que dans trois ans, ce qui repousse au moins jusqu'à 2010 tout éventuel amendement constitutionnel.
En outre, deux autres obstacles majeurs demeurent :
- Le premier est l'adoption du projet de réforme constitutionnelle par les "deux tiers au moins des membres de chaque assemblée" (Chambre des députés et Sénat), comme le stipule l'article 96 de la Constitution. Or si le Parti libéral-démocrate (PLD) de M. Abe dispose d'une écrasante majorité à la Chambre des députés, il n'a que 12 sièges d'avance au Sénat. Dès lors, le PLD n'a d'autre choix que de s'entendre avec le PDJ, lequel, tout en étant favorable à la réforme, n'entend pas faciliter la tâche de M. Abe.
- Enfin, dernier obstacle, et non le moindre, il faudra qu'une majorité de la population approuve le projet de révision constitutionnelle par référendum.
Tous les sondages montrent que si les Japonais sont majoritairement favorables à la réforme, ils ne veulent pas de l'abandon du pacifisme.
Un écrasante majorité juge "inutile" de réviser l'article 9, clé de voûte du pacifisme, auquel elle reste très attachée. L'article 9 bannit le recours à toute force militaire, y compris dans un cadre collectif, sauf en cas de légitime défense. Il interdit théoriquement le maintien d'une armée, ce qui n'a pas empêché le Japon de se doter de forces parmi les mieux équipées du monde, appelées par euphémisme "Forces d'auto-défense" (FAD).
Pour la droite, cette clause controversée est aujourd'hui une entrave aux ambitions internationales de Tokyo, notamment en ce qui concerne sa participation aux opérations de maintien de la paix.
Mais la mise au rencart du pacifisme inquiète les voisins du Japon, Chinois et Coréens, qui ont subi l'occupation japonaise et disent craindre la résurgence du militarisme nippon.
Source du texte : AFP
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samedi, 16 décembre 2006
Le Japon remet en cause sa doctrine pacifiste
La doctrine pacifiste imposée au Japon par les États-Unis après 1945 et Hiroshima a-t-elle vécu ? Rien n'est moins certain, mais les gesticulations atomiques nord-coréennes et l'apparente impuissance de la Chine à empêcher le dictateur de Pyongyang de se mettre à l'abri d'un parapluie nucléaire, ont amené Tokyo à vouloir muscler sa sécurité. Et à signifier à ses voisins qu'il était maintenant redevenu un acteur politique à part entière en Asie du Nord-Est, là où se joue l'avenir du continent. C'est ainsi que le Sénat nippon, après la Chambre des députés, a décidé hier de créer un ministère de la Défense. Le vote a été très confortable, le principal parti d'opposition s'étant rallié à la majorité de droite.
De fait, soixante ans après l'écrasante défaite du Japon, les 125 millions d'habitants de l'Archipel se sentent projetés dans une spirale d'insécurité, face à la montée en puissance du sumo chinois et au caractère toqué et imprévisible du régime nord-coréen. Le nouveau premier ministre Shinzo Abe avait construit sa popularité en août sur l'idée qu'une frappe préventive japonaise sur la Corée du Nord pouvait être justifiée. Il bouscule aujourd'hui un « tabou » capital de l'après-guerre. L'article 9 de la Constitution nippone stipule que « le peuple japonais renonce pour toujours à la guerre comme un droit souverain ». Face à une Chine qui dépense 165 milliards de dollars pour son armée (le tiers du budget américain de la défense), le Japon, seconde puissance économique mondiale, s'affirme politiquement. Il dépensait 45 milliards de dollars (le cinquième budget mondial de défense) pour une « Force d'autodéfense ». Le voilà doté d'un ministre de la Défense. Son nouveau titulaire s'appelle Fumio Kyuma.
Cette « réforme » s'inscrit dans une perspective politique à moyen terme de M. Abe, qui s'est engagé à « normaliser » la Constitution pacifiste de 1947. Pour l'heure, les soldats japonais n'ont pas le droit de tirer le moindre coup de feu, sinon dans le cadre strictement défini de la légitime défense. La Constitution les empêche de participer à des opérations à l'étranger. Et surtout à des manoeuvres de défense collective. C'est ainsi que la coopération avec la VIIè flotte US avait, jusqu'à 1998, été inexistante.
Défense antimissile
C'est ce qui bascule. Tous les experts le reconnaissent : la collaboration entre forces américaines et japonaises prend une ampleur sans précédent. Pour la première fois depuis 1947, les deux armées apprennent à devenir interactives.
En particulier dans le domaine crucial de la défense antimissile. Les Japonais ont commandé des missiles Aegis, embarqués sur leurs destroyers, et des batteries de Patriots sur terre. Les Américains les ont déjà installés sur leur base d'Okinawa jusqu'à ce que les Japonais soient prêts à utiliser leurs propres matériels. Les États-Unis vont vendre au Japon un système sophistiqué de radar mobile X band, après le matériel fixe installé sur l'île de Honshu. Ce budget d'équipements antimissiles est la priorité du nouveau « ministère de la Défense », il est doté, en 2007, d'un budget spécial d'1,7 milliard de dollars. Le Japon se dote ainsi de tous les moyens d'intercepter et de détruire des engins balistiques qui survoleraient son territoire. En provenance aussi bien de Chine que de Corée du Nord. Une seule question stratégique demeure en suspens : les Japonais devraient-ils intervenir si ces missiles visaient Hawaii ?
Une révision de la Constitution japonaise n'est pas facile à orchestrer. Elle nécessite une majorité des deux tiers au Parlement et l'organisation d'un référendum, alors qu'une large part de l'opinion publique reste marquée par les atrocités et les conséquences de l'aventurisme militaire nippon. En attendant, M. Abe promet une étude en détail de ce que la Constitution de 1947 interdit absolument. Bref quelques nouvelles réinterprétations du texte original.
L'annonce de la création d'un ministère japonais de la Défense ne contribuera pas à apaiser les tensions régionales. C'est lundi prochain que les négociations à six (États-Unis, Chine, Russie, Japon, et les deux Corées) autour de la normalisation éventuelle entre Washington et Pyongyang reprennent. Si M. Abe depuis six semaines a réussi à détendre le climat politique entre Tokyo et Pékin, il fait passer ces jours-ci un message fort aux Chinois : tenez bien en laisse votre petit tyran nord-coréen ou bien le Japon, qui n'a plus de complexes, se donnera tous les moyens de se doter des armes les plus sophistiquées, jusqu'à l'arme atomique...
Source du texte : FIGARO.FR
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mercredi, 19 avril 2006
Honneur et pacifisme

Le pacifisme est un attentat à l'honneur.
L'homme n'a qu'une majesté, qui est de savoir mourir.
Le pacifisme la lui dénie
René Quinton
(Maximes sur la guerre)
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