jeudi, 01 avril 2010
Rapport parlementaire sur le désarmement, la non-prolifération nucléaires et la sécurité de la France
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mercredi, 27 janvier 2010
Missile nucléaire M51 : 1er tir sous-marin réussi
La France a franchi mercredi une étape essentielle dans la mise au point de son nouveau missile nucléaire M51 avec un premier tir réalisé avec succès depuis un sous-marin, Le Terrible, qu'il doit équiper opérationnellement dès cette année.
Il s'agissait du quatrième tir d'essai de ce missile mer-sol balistique stratégique, les trois premiers ayant été réalisés depuis des installations terrestres, en novembre 2008, juin 2007 et novembre 2006.
Celui-ci "a été réalisé à 9h25, depuis la baie d'Audierne (Finistère)", au sud de la pointe de Penmarc'h, et "s'est déroulé comme prévu", a-t-il précisé. Des zones maritime et aérienne avaient été "réservées" temporairement à cet effet.
Interrogé par l'AFP, le général Christian Baptiste, porte-parole adjoint du ministère de la Défense, s'est refusé à indiquer dans quelle direction avait été effectué ce tir et si d'autres essais étaient prévus. Le troisième tir visait l'Atlantique nord.
Mardi dernier, François Auque, le PDG d'EADS Astrium, maître d'oeuvre du programme M51, avait simplement déclaré que le déroulement du programme M51 était "conforme au calendrier, dans le respect des coûts et des délais".
Ce missile est destiné aux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de nouvelle génération, à commencer par Le Terrible, lancé en mars et qui en recevra 16 exemplaires.
D'une hauteur de 12 mètres et d'un poids maximal de 56 tonnes avec ses 6 têtes nucléaires, le M51 disposera, par rapport aux M45 actuels, d'une portée sensiblement accrue (de l'ordre de 8.000 km contre 6.000 km) et d'une précision améliorée.
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vendredi, 09 octobre 2009
Parapluie ou hara-kiri ? – la présence nucléaire américaine en Europe, par Hajnalka VINCZE
Bien trop souvent, on est tenté d'assimiler la présence nucléaire américaine en Europe à sa seule dimension tangible. A savoir le stationnement de quelques centaines de bombes US sur le sol de cinq pays du continent européen, dans le cadre de l'OTAN et de son soi-disant « partage nucléaire ». Et on a tort de le faire.
Certes, la présence d'armes nucléaires sur leur territoire comporte, pour les citoyens européens, de multiples risques. Nombre d'entre eux sont similaires aux risques et dangers auxquels s'exposent les populations de tous les pays « dotés », c'est-à-dire disposant d'un arsenal atomique. Dont l'utilité et la désirabilité peuvent être sujets à débat. Notamment pour savoir si les risques valent la peine d'être pris, au service d'une stratégie politico-militaire de défense nationale (ou, au contraire, doivent être refusés dans la perspective de la paix universelle et du désarmement total). Chacun tranchera selon ses convictions, sa vision du monde, sa perception et hiérarchisation des dangers, et cetera. Peu nous importe ici. Car, dans ce cas précis, cette question ne se pose même pas. Et ce, grâce à l'autre dimension du « partage » nucléaire de l'OTAN, qui est éminemment révélatrice des relations transatlantiques. Tandis que pour les puissances nucléaires le débat peut porter sur l'articulation du nucléaire avec la stratégie (importance accordée, ou pas, à la dissuasion), ici, par contre, le nucléaire (américain), et le mythe du parapluie protecteur qui va avec, sert de prétexte pour justifier l'absence de stratégie (européenne). Ainsi que de paravent commode pour que les gouvernements du vieux continent restent, in fine, à la remorque des Etats-Unis - quitte à devenir complices d'une stratégie nucléaire dans l'élaboration et la mise en œuvre de laquelle ils ne peuvent même pas rêver d'avoir un tant soit peu leur mot à dire. Hélas, ils s'estiment déjà heureux quand ils sont, plus ou moins correctement et plus ou moins après coup, informés sur le sujet.
Écrit par SG (Webmaster) dans > Armes et armement, > États-Unis, > Europe, > Nucléaire, > Otan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, bombes, b52, otan, tnp, munss |
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lundi, 05 octobre 2009
Bombe atomique en Algérie : le dossier du 2ème site secret déterré
Dans le domaine de l'armement nucléaire, l'Algérie doit être classée dans les pays « à risque » du point de vue de la prolifération. C'est là l'une des principales conclusions de Bruno Tertrais. Cet expert français, spécialiste des questions internationales, travaille depuis plus d'une décennie sur le dossier nucléaire. Il vient de publier un livre-événement : « Le marché noir de la bombe ». Un long chapitre y est réservé au projet de la bombe atomique algérienne. Analyse :
Le dossier du projet algérien de fabrication d'une bombe atomique refait surface. C'est l'expert français de renommée internationale, Bruno Tertrais, qui vient de briser le silence sur ce sujet. A travers son nouvel ouvrage « Le marché noir de la bombe » qu'il vient de publier chez Buchet-Chastel, cet expert démontre que l'Algérie reste encore un pays suspect en ce qui concerne l'armement nucléaire. Au terme d'une recherche approfondie sur la question, Bruno Tertrais est formel. « L'Algérie est un autre candidat possible au statut de puissance nucléaire. Ses capacités dans ce domaine sont peu connues, mais pourtant bien réelles », écrit-il dans le long chapitre qu'il réserve dans son livre au projet algérien. « Le programme secret conduit par l'armée algérienne n'a été découvert que très tard », rappelle-t-il, avant de donner ces détails précis : « En 1991, l'Agence internationale pour l'énergie atomique savait que l'Algérie s'était dotée d'un petit réacteur de fabrication argentine, et qui était entré en service deux ans auparavant. Ce réacteur à eau légère dénommé « Nour » (lumière) de faible puissance (un mégawatt thermique), était surveillé et ne comportait pas de risque de prolifération. Mais ce que l'Agence ne savait pas, c'est que l'armée algérienne avait signé, en 1983, un accord avec la Chine pour la fourniture d'une installation beaucoup plus importante. Un réacteur de quinze mégawatts thermiques, dénommé es-Salam (paix) avait été construit à la fin des années 1980, dans le secret le plus total, sur le site d'Aïn Oussera, dans le désert du Sahara, à deux cent cinquante kilomètres au sud de la capitale. Il n'a été découvert qu'en 1991 par les satellites américains. Utilisant l'eau lourde comme fluide modérateur, il se prêterait assez facilement à une utilisation militaire : il pourrait permettre, à partir d'uranium naturel, de produire en un an assez de plutonium de la qualité nécessaire pour une bombe ». S'appuyant sur le témoignage d'un ancien ministre en fonction à l'époque, qui n'avait pas été tenu au courant du programme nucléaire de son pays, l'auteur souligne : « cela ne fait aucun doute : les militaires voulaient disposer d'une 'option nucléaire' ».
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jeudi, 02 avril 2009
Vincent Nouzille : L'espionnage de la France par les Américains
Écrit par SG (Webmaster) dans > Espionnage, surveillance, > États-Unis, > France, > Vidéo Belli | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cia, espionnage, nucléaire, otan |
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jeudi, 26 mars 2009
Selon le Pentagone, Le développement militaire de Pékin menace l'équilibre régional
Le développement militaire de la Chine dans les domaines nucléaire, spatial et cybernétique, menace l'équilibre régional en Asie, selon un rapport du Pentagone, qui a souhaité mercredi "plus de dialogue" et de "transparence" sur les questions de défense entre Washington et Pékin.
"Les forces armées (chinoises) continuent de concevoir et de mettre en service des technologies perturbatrices, notamment dans les domaines nucléaire, spatial et de la cybernétique, qui changent les équilibres militaires régionaux et ont des implications au-delà de la zone Asie-Pacifique", selon le rapport annuel du département américain de la Défense sur la puissance militaire de la Chine.
"L'armée chinoise met également au point des capacités de longue portée dont les implications dépassent Taiwan", qui "pourraient permettre à la Chine de déployer ses forces pour garantir un accès à ses ressources ou pour faire valoir ses revendications territoriales", écrit le Pentagone.
Dans la foulée de la publication du rapport, un porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell a appelé de ses vœux "un dialogue militaire plus robuste" et "plus de contacts" avec la Chine, dont il a déploré le "manque de transparence" en matière de défense.
"Plus nous dialoguons, plus nous avons de chances de comprendre nos intentions respectives, et ainsi de réduire ou d'éliminer de possibles malentendus", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
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jeudi, 24 janvier 2008
Terrorisme nucléaire : les 3 scénarios qui font frémir
À compter de cette année, le budget militaire américain comportera des moyens destinés à la défense contre le terrorisme nucléaire. Il s'agit de garantir une surveillance efficace des matières radioactives aux États-Unis et à l'étranger, ainsi que de la planification et de l'organisation d'opérations visant à localiser et à neutraliser les groupes terroristes cherchant à se procurer l'arme nucléaire.
Ce problème se pose également à la Russie. "Les installations nucléaires et les entrepôts de stockage de matières radioactives doivent être bien protégés contre n'importe quelles actions criminelles", a indiqué le président russe lors de l'une des dernières réunions du bureau du Conseil d'Etat en 2007. Selon M. Poutine, la Russie a déjà accumulé plus de 70 millions de tonnes de déchets radioactifs solides et l'infrastructure destinée à leur retraitement n'est pas assez développée.
Le terrorisme nucléaire revêt 3 formes possibles :
- l'utilisation de têtes nucléaires pour frapper des objectifs précis,
- l'organisation d'actes terroristes dirigés contres des installations nucléaires, par exemple, des réacteurs,
- et enfin l'utilisation de matériaux radioactifs comme arme radiologique.
Aujourd'hui, les arsenaux nucléaires de 8 pays - États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Chine, Inde, Pakistan et Israël - atteignent au total 12.100 charges nucléaires en service. En comptant les charges de rechange et les stocks, ces pays disposent de plus de 27.000 têtes nucléaires. Selon des données récemment publiées, la Russie dépasserait les États-Unis en la matière : 5.682 et 5.521 ogives nucléaires respectivement. Parmi elles, on compte 5.021 têtes stratégiques du côté américain, contre seulement 3.352 du côté russe. Ce qui donne respectivement 2.330 têtes tactiques pour Moscou et 500 pour Washington. Les arsenaux britannique, français et chinois sont sensiblement moins fournis : respectivement 185, 348 et 130 charges nucléaires en service.
Des doutes quant à l'intégrité des têtes nucléaires russes sont fréquemment formulés en Occident. Ces craintes sont, dans une certaine mesure, fondées. Au milieu des années 80, certaines unités des Forces armées de l'URSS étaient encore littéralement truffées d'armes nucléaires. Les "entrepôts de stockage" se comptaient par milliers, même s'ils étaient équipés de moyens de défense et de sécurité efficaces. A la fin des années 1980, alors que les frontières nationales de l'URSS commençaient à s'embraser, la direction des Forces armées, pour beaucoup de son initiative personnelle, entama le rapatriement des têtes nucléaires en Russie. En décembre 1991, il ne restait aucune ogive nucléaire sur les territoires des ex-républiques soviétiques, à l'exception de l'Ukraine. Par la suite, des convois "nucléaires" quittèrent l'Ukraine, puis les pays du Traité de Varsovie.
Toutes ces têtes nucléaires furent déployées dans les arsenaux de la 12e direction principale du ministère de la Défense. Au milieu des années 90, la concentration dans ces arsenaux de charges provenant d'entrepôts de petites unités de l'armée russe prit également fin. Les entrepôts actuels bénéficient d'une défense de haut niveau et sont capables de résister à une frappe nucléaire, même directe. Pour autant qu'on le sache, dans les autres pays également les entrepôts de stockage de charges spéciales sont très bien défendus contre toute tentative d'accès non autorisé.
Mais c'est bien la défense concrète des installations nucléaires qui inspire la plus grande inquiétude, d'autant que cela concerne déjà plusieurs dizaines de pays. Il s'agit bien sûr des centrales nucléaires, des réacteurs industriels et de recherche, des entreprises de production, de traitement et de recyclage du combustible nucléaire, ainsi que des installations d'extraction et d'enrichissement de minerai d'uranium.
En cas d'explosion d'une tête nucléaire de puissance moyenne, la principale caractéristique de la frappe sera la contamination radioactive à long terme des environs, sur plusieurs kilomètres carrés. Alors qu'en cas d'explosion d'un réacteur ou d'un entrepôt de combustible usagé, la surface contaminée pourrait atteindre plusieurs centaines de kilomètres carrés. Pire encore, l'explosion d'une usine d'enrichissement d'uranium ou d'un réacteur destiné à la production de matières nucléaires pourrait entraîner une contamination de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Et sur ce point la menace du terrorisme nucléaire est aujourd'hui parfaitement réelle.
"L'une des plus sérieuses menaces aujourd'hui est représentée par la tendance chez les (groupes) terroristes à s'emparer de matières radioactives et à accéder aux technologies nucléaires", a récemment déclaré le directeur du FSB (Service fédéral de sécurité) Nikolaï Patrouchev. De l'avis de nombreux experts, un certain nombre d'installations de stockage d'uranium hautement enrichi et de plutonium à usage militaire sont aujourd'hui encore insuffisamment protégées contre d'éventuelles actions terroristes, et ce, tant en Russie qu'aux États-Unis, sans même parler des autres pays. Il faut savoir que fabriquer un engin explosif avec de l'uranium-235 est bien plus facile qu'avec du plutonium-240. Quant à l'uranium issu des réacteurs de centrales, tout comme le combustible nucléaire usé provenant des sous-marins, ils ne peuvent être utilisés pour confectionner une arme nucléaire classique. C'est pourquoi il est aujourd'hui question d'explosifs nucléaires primitifs, que l'on désigne sous le nom de "bombes sales". La réaction en chaîne reste impossible en cas de déclenchement d'une bombe de ce type, mais sa seule explosion physique peut provoquer une vaste contamination radioactive.
Les actions entreprises afin de se parer contre toute tentative de groupes extrémistes de se procurer de l'uranium hautement enrichi et du plutonium à usage militaire constituent le dernier rempart contre l'incarnation dans la réalité du cauchemar du terrorisme nucléaire.
En se référant à des données de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le général de police Andreï Novikov, directeur du Centre antiterroriste de la CEI, avance qu'entre janvier 1993 et décembre 2006, 1.080 cas de commerce illégal, de disparition, d'utilisation ou de détention illégales de matières nucléaires ou radioactives ont été relevés. "Depuis 2002, le nombre de cas de contrebande de matières radioactives pouvant servir à la préparation de "bombes sales" a doublé en Europe".
On s'attend dans les prochaines années à une possible intensification de l'activité terroriste dans la région d'Asie centrale, où d'importantes réserves de minerai d'uranium sont concentrées sur les territoires du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan.
Selon les experts russes, le système actuel de barrières contre le terrorisme nucléaire dépasse aujourd'hui les possibilités des groupes terroristes. Cependant, l'efficacité de la lutte contre le terrorisme nucléaire ne peut se fonder uniquement sur des réponses impulsives ou sur les succès épisodiques des services spéciaux. Seul un système complexe de mesures permettra au monde d'échapper à cette menace.
Pour la communauté internationale et en premier lieu pour les pays nucléaires, l'élaboration et la mise en place d'un tel système est une tâche de tout premier ordre.
Source du texte : RIA NOVOSTI
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mardi, 22 janvier 2008
Russie : des frappes nucléaires préventives sont possibles
La Russie est prête si nécessaire à faire un usage préventif de la force militaire, et le cas échéant de l'arme nucléaire, afin de défendre sa souveraineté et celle de ses alliés, a déclaré samedi le chef d'état-major général des forces armées russes, le général Iouri Balouïevski.
"Nous ne comptons attaquer personne, mais nous souhaitons que nos partenaires se tiennent pour dit qu'afin de défendre notre souveraineté et l'intégrité territoriale de la Russie et de ses alliés, nous utiliserons les forces armées, éventuellement de manière préventive. Ceci comprend l'usage de l'arme nucléaire, dans les cas prévus par la doctrine militaire russe", a-t-il déclaré lors d'une conférence intitulée "Sécurité nationale de la Russie à l'étape actuelle".
"La force militaire peut et doit être employée afin de démontrer la détermination de nos hauts dirigeants à défendre les intérêts de la Russie, et doit être, dans le pire des cas, utilisée massivement quand tous les autres moyens sont sans effet",a-t-il indiqué.
Selon M. Balouïevski, l'histoire et l'expérience montrent qu'une militarisation excessive de la société, en l'absence de guerre, sape les fondements de son existence.
"La transition actuelle de la Russie vers un nouveau contexte économique constitue un défi sérieux, plus économique que militaire, pour les forces armées. A notre époque, le programme de construction militaire doit être coordonné grâce à une planification financière à différents niveaux afin d'assurer la sécurité. Telle est le nouvel enjeu du commandement des forces armées", a conclu M. Balouïevski.
Source du texte : RIA NOVOSTI
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samedi, 06 janvier 2007
Cette peste radionucléidique qui erre de par le monde
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déjà recensé dans le monde plus d'un million de sources radioactives dangereuses. Comme si celles-ci voulaient rivaliser avec les naturelles que sont les fleuves, les ruisseaux et les fontaines. Elles sont déjà parvenues à ce que dans la conscience des gens le terme "source" soit perçu non pas comme une félicité de tous les instants, mais comme un principe funeste. Il est opportun ici de reprendre les paroles sacramentelles du politique américain Donald Hodel qui avait dit à propos des réalisations atomiques mondiales : "Nous allons tous, lunatiques que nous sommes, vers la catastrophe". Il semble bien qu'il en soit ainsi, mais le coupable c'est non pas l'atome, mais les gens. C'est nous qui l'avons fissionné, "domestiqué", contraint à nous servir. Aussi est-ce à nous, morale oblige, d'assumer la responsabilité qui en découle. Mais les événements montrent que ce n'est pas encore ce que nous faisons et que pour cette raison, de temps à autre, des incidents comme l'"affaire du polonium" en Grande-Bretagne viendront nous frapper de stupéfaction.
Monsieur Litvinenko est mort, mais son nom et son "affaire" continuent de défrayer la chronique. Par exemple, l'AIEA, mandatée par l'ONU pour observer à la loupe "la vie nucléaire" des Etats, a annoncé qu'elle n'était pas en mesure de contrôler la circulation des radio-isotopes, ce domaine n'étant pas de son ressort. Comment donc une lacune aussi grave a-t-elle pu se produire? Parmi les tâches affectées il y en a une qui consiste à empêcher que des matériaux radioactifs ne se baladent de par le monde. L'homme de la rue a été surpris en apprenant que cette organisation ne contrôlait que les matériaux nucléaires, c'est-à-dire ceux qui sont utilisés pour fabriquer une bombe atomique classique. La bombe "sale", celle à laquelle rêvent les terroristes, elle est hors contrôle.
L'AIEA ne fait qu'enregistrer les cas de trafic de radionucléides que les pays lui communiquent de bon gré. Or, personne ne voudrait se faire attribuer des mauvais points. En attendant, les radio-isotopes et autres nucléides sont tellement répandus dans le monde que maintenant il ne sera pas aisé de les soumettre à un contrôle rigoureux. Les sources radioactives largement utilisées dans les différents domaines de l'activité humaine - médecine, métallurgie, agriculture, industries minière et constructions mécaniques - tendent à devenir des foyers plus dangereux que les sites nucléaires soumis à une surveillance beaucoup plus stricte.
Toujours selon l'AIEA, on fabrique dans le monde plus de 10.000 instruments et appareils médicaux pour la radiothérapie, 12.000 sources radiographiques industrielles nouvelles. Contre tout entendement, ces choses circulent librement, elles ne sont soumises à aucun contrôle international strict. Le professeur Alexandre Borovoï, du centre de recherche russe "Institut Kourtchatov", ancien consultant de l'AIEA pour la radiation, a raconté combien le monde avait été préoccupé par l'incident tragique qui s'était produit en 1987 dans la ville brésilienne de Goiania. Dans un quartier très pauvre des habitants avaient découvert dans une décharge un récipient contenant un médicament à base de césium 137. Après l'avoir brisé, ils avaient vu une poussière bleuâtre scintillante. Jugeant que le contenu avait beaucoup de valeur et même un pouvoir surnaturel, ces gens avaient appelé voisins et parents pour leur montrer la trouvaille. Finalement, 244 personnes avaient été gravement irradiées et plusieurs centaines d'autres avaient plus ou moins souffert.
D'innombrables problèmes sont suscités dans le monde par les "sources abandonnées" consécutivement à des pertes, des vols ou encore à l'inconscience de propriétaires les ayant jetées après utilisation. Dans le rapport intitulé "La sécurité des sources radioactives" présenté à la Conférence internationale tenue à Vienne en mars 2003, l'AIEA reconnaît que 100 pays n'exercent aucun contrôle sérieux sur ces sources en raison de l'absence d'une structure appropriée. La base d'informations de l'AIEA fait état de 300 cas de trafic illicite de sources radioactives, officiellement enregistrés depuis 1993. Tout ceci recèle un péril potentiel pour la société humaine.
Les faits montrent qu'environ 30% des sources radioactives ne sont pas utilisées à bon escient même dans les pays les plus évolués. Par exemple, aux Etats-Unis on en recense 500.000 sur deux millions. La situation ne se présente pas sous un meilleur jour dans les pays de l'Union européenne. Depuis quinze ans on y a produit 500.000 sources radioactives, dont 110.000 sont utilisées au moment présent. Cependant, un quart d'entre elles ne sont pas exploitées correctement et leur stockage ne fait l'objet d'aucune surveillance fiable.
Dans l'ancienne Union soviétique les matériaux radioactifs étaient tous soumis à un contrôle rigoureux. "A l'Institut Kourtchatov, où j'ai travaillé toute ma vie, afin d'obtenir des radionucléides pour une expérience il fallait posséder une autorisation spéciale et remplir une foule de formulaires, raconte le professeur Borovoï. De multiples vérifications étaient effectuées, nous devions rendre des comptes pour chaque microgramme".
Le système de contrôle actuel n'est plus le même, évidemment, cependant la rigoureuse tradition soviétique du contrôle strict des matériaux radioactifs est toujours présente. "Dans tous les sites les matériaux nucléaires font l'objet d'un contrôle strict, a déclaré à RIA Novosti le directeur général de Rostekhnadzor ( Service fédéral pour la supervision écologique, technologique et atomique), Konstantin Poulikovski. Aucune infraction aux règlements concernant le stockage et le déplacement des matériaux nucléaires, dont le polonium, n'a été enregistrée dans les structures que nous contrôlons".
Cependant, si tout est en ordre en ce qui concerne les matériaux nucléaires, il y a quand même des problèmes avec les radionucléides et les isotopes. Ils sont notamment révélés par l'entreprise "Radon" chargée de contrôler la situation radiologique à Moscou. Selon son directeur général adjoint, Oleg Polski, tous les ans on détecte dans la capitale de 20 à 60 nouvelles sources de pollution radiologique. Le service non stop "Radon" est attentif et strict et c'est grâce à lui que sur le plan radiologique Moscou passe pour être l'une des capitales du monde les plus sécuritaires.
Les choses sont bien plus compliquées dans les anciennes républiques soviétiques qui aujourd'hui sont des Etats souverains. Les révolutions locales et la valse des gouvernements se sont soldées par une disparition du contrôle des sources radioactives instauré à l'époque soviétique. Dans un article signé Tom Parfitt paru dans le Times londonien du 3 mars 2004 on pouvait lire : "Avec les stocks d'armes datant de l'époque soviétique, des services de sécurité déficients et des rapports tendus entre le centre et les régions enclines au séparatisme, la Géorgie est devenue une véritable manne pour les chasseurs de substances radioactives". Le quotidien britannique affirmait qu'au moins trois courriers transportant chacun au minimum un kilogramme d'uranium faiblement enrichi y avaient été interceptés. L'un d'eux, qui tentait de franchir la frontière avec l'Arménie, avait même dissimulé une pastille d'uranium dans un sachet de thé.
Intervenant devant la conférence à Vienne, le docteur Abel Gonzales, de l'AIEA, avait raconté qu'en 1995, dans le village estonien de Tammiku toute une famille avait été irradiée à mort après qu'un de ses membres eut placé dans le tiroir de la table de la cuisine un débris de métal radioactif d'origine inconnue découvert dans un champ.
A l'autre bout du monde, en Thaïlande, des ferrailleurs avaient découpé une bombe au cobalt volée, destinée à traiter des maladies cancéreuses, et en avaient extrait le cobalt-60 qui s'y trouvait. Trois d'entre eux sont morts, onze autres ont été fortement irradiés. Les enquêteurs ont mis la main sur deux autres générateurs de rayons gamma, que les ferrailleurs conservaient sur un parking.
Le 12 janvier 2005, dans le port commercial de Mourmansk (nord-ouest de la Russie), le système de détection radiologique s'est déclenché pendant le contrôle douanier subi par un marin du bateau chinois "Yong Tai" (Hong Kong) : ses vêtements avaient été contaminés par l'isotope du césium 137. Les autres objets personnels du marin étaient eux aussi irradiés.
Ceux qui rêvent d'une "bombe sale" auraient été heureux de tomber sur les conteneurs de césium 137 et d'américium 241 égarés par la société portoricaine "GeoExport" à la suite d'une violation de la réglementation concernant le transport. Les terroristes auraient également été ravis d'apprendre en temps opportun que la compagnie américaine Bayou Inspection Services (Louisiane) stockait des conteneurs de radionucléides dans des locaux non verrouillés. Selon la Commission des Etats-Unis pour la réglementation nucléaire, au cours des dix dernières années plus de 1.500 sources radioactives ont été perdues dans le pays, la moitié définitivement. Les exemples ne se comptent plus.
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lundi, 13 novembre 2006
Le monde en voie de nucléarisation rapide
L'Iran, toujours déterminé à développer son programme d'enrichissement d'uranium en installant 3000 centrifugeuses d'ici à mars 2007, donnera une réponse « destructrice » à toute attaque israélienne contre ses sites nucléaires. Cette menace a répondu hier à celle de l'État hébreu, qui avait envisagé l'éventualité d'une « option militaire », faute de pouvoir arrêter, par la négociation, le programme nucléaire militaire iranien. Celui-ci, de fait, se poursuit, la Russie et la Chine s'opposant, au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, à de trop sévères sanctions contre Téhéran. Samedi à Moscou, Ali Larijani, le négociateur iranien sur le nucléaire, a par avance laissé entendre que son pays pourrait rompre tout lien avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), si une ferme résolution était adoptée. De son côté, la Corée du Nord, qui a expulsé les inspecteurs de l'AIEA en décembre 2002 et rejeté le traité de non-prolifération (TNP) en janvier 2003, a procédé à son premier essai nucléaire souterrain le 9 octobre dernier.Nouvelles ambitions égyptiennes
Cette géopolitique de plus en plus complexe bouscule l'ordre ancien établi par le traité de non-prolifération (TNP) qui, en 1970, fixait à cinq le nombre d'États autorisés à posséder le feu nucléaire : les États-Unis, l'URSS, la Chine, la France et la Grande-Bretagne. Il incitait ces pays à s'engager dans un désarmement général et à interdire ce « club atomique » très fermé à de nouveaux membres éventuels.
Trente-six ans plus tard, l'échec est manifeste sur les deux tableaux. Il existe près de 30 000 ogives nucléaires sur Terre - de quoi la réduire cent fois en poussières d'étoiles. Les « Cinq Grands » n'ont fait aucun effort pour désarmer. De nouvelles puissances nucléaires « renégates » sont apparues, se rebellant contre l'ordre immuable imposé par le TNP. L'Inde et le Pakistan ont fait exploser leur première bombe atomique en 1998, la Corée du Nord et l'Iran s'approchent de cet objectif. Nombre de pays, guère intéressés par l'arme nucléaire et son « pouvoir égalisateur », selon l'expression de Lucien Poirier, théoricien français de la dissuasion, se montrent soucieux de cette évolution et s'interrogent sur leur doctrine stratégique, ne serait-ce que pour protéger leurs intérêts face à des voisins aux ambitions subitement démesurées.
Le Japon, Taïwan et la Corée du Sud veulent se prémunir face à la Corée du Nord, qui a procédé à un essai nucléaire souterrain le 9 octobre dernier. La Turquie s'inquiète des desseins nucléaires iraniens, tandis que six pays arabes ont carrément franchi le pas : le 3 novembre dernier, l'Algérie, l'Égypte, le Maroc, la Tunisie, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite ont annoncé leur intention de se doter d'un programme nucléaire civil. Bien que le droit international les autorise parfaitement à vouloir user de l'atome pour développer leur production nationale d'énergie, beaucoup de circonspection entoure ce regain d'intérêt soudain et collectif pour le nucléaire, qui pourrait dissimuler la volonté de se préparer à contrer, le jour venu, la menace perse avec une « bombe atomique arabe ».
Si l'Égypte et les pays d'Afrique du Nord peuvent justifier leur faim énergétique, l'argument est moins pertinent pour l'Arabie saoudite, assise sur de gigantesques réserves d'hydrocarbures. Mais il n'y a pas que Riyad. Au Caire, le président Hosni Moubarak vient d'annoncer qu'il était temps d'engager « un sérieux débat » autour du nucléaire. L'Égypte, signataire du TNP, avait renoncé en 1986 à un programme nucléaire lancé par le président Nasser dans les années cinquante. La catastrophe nucléaire de Tchernobyl avait refroidi ses intentions. Considérant l'Égypte comme un allié majeur au Moyen-Orient, les États-Unis disent soutenir cette initiative. Il ne fait cependant pas mystère que le pouvoir égyptien s'inquiète des ambitions nucléaires de Téhéran, au même titre qu'Ankara et Riyad. Pour ne rien arranger, les États-Unis soutiennent officiellement les nouvelles ambitions nucléaires civiles égyptiennes, indiennes ou encore brésiliennes, au grand dam de Téhéran, qui y voit la preuve d'une politique de « deux poids, deux mesures » de la part des Occidentaux, prêts à fermer les yeux en faveur de régimes « amis ».
L'échec des organisations internationales
Cette course larvée aux armements nucléaires a depuis longtemps sonné le glas du TNP. D'une manière générale, les mécanismes internationaux de contrôle des armements, imaginés durant la guerre froide, ont failli. Ce constat est valable pour l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont le double mandat était de veiller au respect du TNP et de soutenir les États désireux de développer un programme nucléaire civil.
De par sa nature « duale », à la fois civile et militaire, la technologie nucléaire permet à tout État maîtrisant l'ensemble du cycle de l'atome d'adapter sans trop de problèmes, le jour venu, son programme civil à des desseins militaires. Qualifié d'« énergie du futur », face à l'épuisement annoncé des réserves mondiales de pétrole, instrument de souveraineté nationale plus incontournable que jamais, ouvertement convoité par des groupes terroristes infra-étatiques, le nucléaire porte en soi les germes d'une plus grande instabilité planétaire.
Source du texte : FIGARO.FR
Écrit par SG (Webmaster) dans GÉOPOLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, bombe atomique, AIEA |
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