mardi, 17 juin 2008

L'Islam n'est pas seulement une religion. C'est un système complet.

 

JIHAD.jpgThe following is adapted from Dr. Peter Hammond's book : Slavery, Terrorism and Islam : The Historical Roots and Contemporary Threat :

Islam is not a religion nor is it a cult. It is a complete system.

Islam has religious, legal, political, economic and military components. The religious component is a beard for all the other components. Islamization occurs when there are sufficient Muslims in a country to agitate for their so-called "religious rights".

When politically correct and culturally diverse societies agree to "the reasonable" Muslim demands for their "religious rights", they also get the other components under the table. Here's how it works (percentages source CIA : The World Fact Book - 2007).

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mercredi, 19 décembre 2007

Maroc : quels musulmans sommes-nous ?

26c743019c6be9dab04a4e1f93cedc76.gifDes chiffres, des chiffres. Trois chercheurs reconnus ont uni leurs efforts pour décrypter clairement, simplement, chiffres à l'appui, les liens très complexes des Marocains avec l'islam. Pratiques, croyances, comportements... tout est passé au peigne fin. La vérité des chiffres, largement inédite, offre une nouvelle lecture de nos mœurs, nos jugements et nos traditions. Le détail anecdotique (combien parmi nous ont un exemplaire du Coran et combien l'ont appris par cœur), les réflexes de “culture” (combien approuvent la mixité dans les écoles, les plages, etc.), les opinions bien arrêtées (combien admettent l'ingérence de la religion en politique), les questions de société (voile, jeûne), les sujets d'actualité (combien sommes-nous à “sympathiser” avec le jihad, à appeler au takfir, à approuver encore la polygamie), etc. Toutes vos questions auront des réponses en chiffres et en lettres, dans un document inédit dont TelQuel publie, en exclusivité, les meilleurs passages.

 

87% ont le Coran chez eux

S'agissant de la lecture (du texte coranique), ils sont 5,6% à le lire tous les jours, 28,1% à le faire de temps à autre et 58,9% à ne jamais l'avoir fait. Seuls 1,4% des enquêtés mémorisent la totalité du Coran, 5,6% en mémorisent quelques ahzab et 82,1% en mémorisent seulement quelques sourates. 11% de la population déclarent n'en rien mémoriser. Le fait scolaire se révèle un élément de distinction au sujet de cette mémorisation. L'âge aussi. Le taux de ceux qui n'ont rien

mémorisé du Coran est de 6,8% des personnes scolarisées contre 22,9% de non scolarisées chez les 18-24 ans, alors que chez les 60 ans et plus, le taux de non-mémorisation est de 16,7% chez les personnes non scolarisées contre 0% chez les scolarisées d'entre elles.

 

60% ne considèrent pas comme musulman quelqu'un qui ne fait pas le ramadan

Nous savons que, par rapport à la pratique du jeûne, le degré de tolérance est faible. On accepte plus facilement une personne qui ne fait pas la prière qu'une personne qui casse le jeûne : 59,9% des enquêtés ne considèrent pas comme musulman quelqu'un qui ne fait pas le jeûne contre 27,9% qui pensent le contraire. Quelle attitude observer à l'égard d'une personne qui ne jeûne pas ? Ils sont 44,1% à considérer que cette personne doit être punie jusqu'à ce qu'elle reprenne le droit chemin, 40,8% à trouver qu'il s'agit d'une question privée et qu'on est libre de ne pas jeûner et 14,2% à penser qu'il faut jeûner par conformisme. Par ailleurs, 82,7% des enquêtés ne sont pas d'accord pour que les cafés et les restaurants restent ouverts la journée pendant le mois de ramadan, pour les musulmans ne pratiquant pas le jeûne. S'agissant de leur ouverture pour des non musulmans, le taux des “non tolérants” baisse (41,7%). 

(…) Le rapport particulier au jeûne du ramadan transparaît à propos du degré de tolérance envers sa propre progéniture. Si moins de 1% des femmes consentiraient à préparer le repas à leurs enfants non jeûneurs et seulement 11% accepteraient qu'ils le préparent eux-mêmes à la maison pendant le mois de ramadan, 70% d'entre elles refusent toute idée de complicité active ou passive avec leurs propres enfants. 

 

57% désapprouvent la mixité dans les plages

La mixité est approuvée par 50,7% des répondants lors des mariages alors que 40,9% la rejettent. Néanmoins les comportements sont plus souples : dans la pratique, 67,1% des répondants assistent à des cérémonies mixtes. On peut parler, à cet égard, d'un léger décalage entre l'idéal - la séparation des sexes - et le comportement qui serait davantage orienté par des contraintes sociales et familiales. Par ailleurs, la mixité à l'école est largement approuvée (77,2%). C'est la plage, un espace où le corps, notamment celui de la femme, poserait problème, qui constitue un lieu où la mixité acquiert un sens particulier. Il y a 57,4% des répondants qui désapprouvent la mixité sur les plages. On peut conclure que l'attitude à l'égard de la mixité n'est pas absolue, et qu'elle varie selon les lieux et les contextes.

 

16% souhaitent adhérer à une association religieuse

Parmi les personnes interrogées, 7% sont membres d'une association de la société civile. Pour avoir une idée sur les prédispositions des répondants, nous leur avons demandé de choisir le type d'association auquel ils souhaiteraient adhérer. Les réponses montrent que 43% rejettent toute adhésion future à une association, 24% optent pour les associations de bienfaisance, 16,5% pour les associations religieuses et 11,3% pour les associations des droits de l'homme.

 

9 sur 10 croient aux jnoun et au mauvais œil

Les répondants croient à 90,9% au mauvais œil et à plus de 85% aux jnoun et à la magie noire (s'hour). Ils sont 70,7% à croire au tqaf et 37,6% à la voyance. Ces variations seraient liées au degré d'autorité des croyances elles-mêmes. Celles qui sont relatives aux jnoun, à la magie noire et au mauvais œil sont consacrées à la fois par les croyances orthodoxes et par les traditions locales, alors que le tqaf et la voyance ne relèvent que des traditions locales. Il y a des croyances qui sont l'objet d'une adhésion plus forte, que les gens soient instruits ou pas. Des taux élevés sont observés chez les répondants ayant un niveau d’études supérieures : plus de 77% croient aux jnoun, au mauvais œil et à la magie noire. Il faut noter par ailleurs que les pratiques rituelles et les croyances ne coïncident pas forcément : 67% des répondants font la prière alors que 91% croient aux jnoun.

 

34% considèrent la télévision comme la première source d'information religieuse

L’identification des sources d'information religieuses permet d'apprécier le degré et la nature des connaissances dans le domaine religieux. Certaines agences religieuses traditionnelles jouent encore un rôle dans la diffusion de la connaissance religieuse. Ainsi, la principale source en la matière est représentée par les imams des mosquées pour 24,7% des enquêtés et par les prédicateurs pour 5,8%. Sur ce plan, le poids des zaouias et des associations religieuses est quasi inexistant (moins de 1%). La famille et les parents, assez présents lorsqu'il s'agit des pratiques rituelles comme la prière et le port du hijab, n'ont plus qu'un rôle secondaire au niveau des connaissances religieuses (11,4%). Par contre, la part accordée à l'apport des amis s'élève à 23,7%. Cependant, le changement le plus remarquable par rapport au dispositif traditionnel consiste dans l'avènement de la télévision qui constitue la source première de l'information religieuse pour plus du tiers des répondants (34,5%). Parmi ceux-ci, 61,2% citent des chaînes arabes orientales spécialisées en matière religieuse, 47% des chaînes marocaines, et 24,1% des chaînes arabes orientales généralistes. Les autres nouveaux supports, comme la cassette audio (11,9%), le DVD (6,1%) et l'Internet (1,7%), sont peu utilisés.

 

84ac93bc56f8244a46b60469dec4ef5d.jpg83% approuvent le port du voile

Quand on pose directement la question de savoir quelle attitude avoir à l'égard du port du hijab, la part des répondants qui l'approuvent atteint 83,2%, dont 64,9% pour des raisons religieuses et 17,2% pour des raisons non religieuses (pudeur, respect). Cependant, approuver le port du hijab est une chose, mais en faire une obligation pour la femme musulmane en est une autre. En effet, 75% des répondants trouvent qu'une femme peut être considérée comme musulmane sans porter le hijab, alors que 9,9% pensent le contraire.

 

28% pensent que la religion doit guider la vie politique

L’une des questions a été formulée comme suit : “A votre avis, la religion doit-elle guider la vie personnelle seulement ou la vie politique aussi ?”. Selon 26,3% des répondants, la religion doit être limitée à la vie personnelle et 28,9% pensent qu’elle doit guider la vie politique. Cependant, ce qui est remarquable, c'est le taux élevé des répondants qui ne savent pas quelle position prendre (44,8%). Sur le rapport entre la religion et la politique, les résultats obtenus sont proches des précédents : il y a 24,9% des répondants qui trouvent que la religion devient dangereuse quand elle se mêle de politique et 26,1% pensent le contraire. Dans ce cas aussi, le taux des répondants sans opinion est élevé (48,8%). Mais lorsque la question concerne directement les acteurs et les organisations politiques, alors le taux des répondants voulant séparer la religion et la politique augmente. En effet, 41,5% pensent que les hommes politiques ne doivent pas se mêler de la religion et 18,1% pensent le contraire. D'un autre côté, 35,4% pensent que les spécialistes du religieux (oulémas, prédicateurs…) ne doivent pas traiter de politique et 25,2% pensent le contraire. Concernant particulièrement le prêche du vendredi, 33,4% pensent qu'il doit éviter les questions politiques alors que 32% pensent le contraire. L'opinion des répondants est relativement plus tranchée lorsqu'il s'agit de partis politiques qui se présentent comme religieux : 47,6% sont contre ce type de parti politique, 10,3% y sont favorables et 39,6% n'ont pas d'opinions. Nous avons aussi demandé aux enquêtés de classer par ordre de préférence trois qualités de l'homme politique. Ils sont 46,1% à classer l'honnêteté (ma'qul) en premier, 37% à le faire pour la piété, et 14,4% pour l'efficacité.

 

40% refusent toute interaction entre juifs marocains et musulmans marocains

Les attitudes à l'égard des Marocains juifs sont examinées à partir d'une série d'indicateurs. Traditionnellement, maints sanctuaires sont visités par des Marocains juifs et musulmans. Tout récemment, les pèlerinages de Marocains juifs de la diaspora (résidant en Europe, au Canada, aux USA et en Israël) ont donné une nouvelle impulsion aux fêtes célébrées en l'honneur de saints juifs. On peut dire que le contexte officiel est favorable pour ce genre de pèlerinage. 40,0% des répondants sont au courant de l'existence de ce type de sanctuaires. La question d'interdire les cultes juifs ne se pose pas, la tolérance est plus facile à afficher lorsque chacun prie dans son sanctuaire ; mais dans notre cas, il s'agit de cultes interconfessionnels. Il y a 41,6% des enquêtés qui pensent qu'il faut interdire ces cultes et 19,2% pensent qu'il faut les maintenir. Par ailleurs, 45,6% des répondants n'approuvent pas que des chaînes de télévision marocaines retransmettent ces cérémonies et fêtes, alors qu'ils sont 24,1% à l'approuver. Nous constatons donc que 40% au moins des répondants désapprouvent toute interaction entre juifs marocains et musulmans marocains, ceux-ci ne doivent partager ni un sanctuaire, ni un rituel, ni le petit écran. Chacun devant pratiquer séparément sa religion et ses coutumes

 

44% sont favorables à la polygamie

L’attitude à l'égard de la polygamie illustre les différences entre les jeunes et les vieux quant aux valeurs à références religieuses. Si 44,4% de la population est favorable à la polygamie, cette proportion est de 36,9% chez la tranche d'âge 18-24 ans et de 60% chez les 60 ans et plus. La proportion des enquêtés favorables à la polygamie est proportionnelle à leur âge : plus les personnes avancent en âge, plus le taux de celles d'entre elles qui sont favorables à la polygamie augmente. L'opinion favorable à la polygamie se trouve également plus confirmée chez les catégories scolarisées de la population que chez les catégories non scolarisées : 38,1% de scolarisés contre 32,9% de non scolarisés chez les 18-24 ans, 70,3% de scolarisés contre 56,5% de non scolarisés chez les 60 ans et plus.

 

39% acceptent la cohabitation entre croyants et non-croyants

Juridiquement, la nationalité marocaine a un caractère laïc. Mais tel n'est pas le cas lorsqu'il s'agit des représentations dominantes de la nation marocaine fondées sur l'islam. A ce sujet, 41% des répondants approuvent l'idée que la nation marocaine soit composée de Marocains de différentes confessions religieuses, musulmane, judaïque et chrétienne. La cohabitation de croyants et de non-croyants dans un même pays serait plus difficile à admettre. Toutefois, 38,8% des répondants pensent qu'une telle situation est acceptable. Théoriquement, l'hypothèse que toute relation religieuse, matrimoniale et commerciale, avec l'Autre soit bannie, n'est pas exclue.

 

21% des jeunes approuvent les mouvements jihadistes

À la question : “Etes-vous d'accord ou non avec les mouvements jihadistes ?”, les réponses des enquêtés sont partagées et les taux de réponses “ne sait pas” et “sans opinion” sont très élevés : 17,6% de la population répondent par “oui”, 28,9% par “non”, 32,2% par “ne sait pas” et 20,8% sont sans opinion. Cette même distribution des opinions se retrouve également au niveau des catégories d'âge. Mais là aussi, l'accord est proportionnel à l'âge des enquêtés. Plus on est jeune, plus on est d'accord avec les mouvements jihadistes. Ainsi sont d'accord ces 21,8% des 18-24 ans contre 9,7% des 60 ans et plus. Peut-on conclure que les jeunes sont plus jihadistes que les moins jeunes ? Il n'est pas sûr que l'on puisse le faire. Si l'on aborde la question sous l'angle des enquêtés qui affichent leur désaccord avec ces mouvements, on constate également que plus on descend dans la hiérarchie des âges et plus ce désaccord s'amplifie : 31,4% chez les 18-24 ans contre 20% chez les 60 ans et plus.

 

66% se sentent plus proches d'un musulman afghan que d'un chrétien palestinien

à propos d'une question qui demande à la population de l'enquête de désigner, sur la base d'un critère religieux, la personne la plus proche de soi : un musulman afghan, un chrétien palestinien ou un juif marocain. Les réponses à cette question font ressortir que 66,3% des Marocains se considèrent plus proches d'un musulman afghan que d'un juif marocain (12,9%) ou d'un chrétien palestinien (6,3%). Les plus âgés d'entre eux sont les plus catégoriques à cet égard : 82,1% des 60 ans et plus s'identifient à un musulman afghan, 6,9% à un juif marocain et seulement 2,1% à un chrétien palestinien contre successivement 52,9%, 16,7% et 12,3% chez les 18-24 ans. Les plus jeunes se déclarent proches d'un juif marocain dans une proportion plus élevée que les générations plus âgées. Ce sentiment décline également ici avec l'avancée en âge.

 

91% sont favorables à l'usage du haut-parleur pour appeler à la prière de l'aube

Seuls 25,5% des enquêtés disent s'acquitter à l'heure de la prière de l'aube de façon régulière et 41,6% disent s'en acquitter à l'heure de temps en temps. Les plus âgés d'entre eux sont les plus pratiquants et la pratique régulière augmente avec l'avancée en âge. Pourtant la quasi-majorité de la population enquêtée (91,3% de la population), incluant les pratiquants irréguliers et aussi une grande partie des non-pratiquants (ils sont 59,9% chez les 18-24 ans), sont d'accord pour l'usage du haut-parleur pour appeler à la prière de l'aube. Même les jeunes de 18-24 ans se disent à 88,1% d'accord pour l'utilisation du haut-parleur dans ce sens alors que les pratiquants réguliers de la prière de l'aube à l'heure ne représentent que 9,8% de cette catégorie d'âge. Chez les 60 ans et plus, ils sont 96,3% à être d'accord pour un tel usage, mais pour ce qui est de cette catégorie, contrairement aux jeunes, la pratique régulière de la prière de l'aube est conséquente puisqu'elle est de l'ordre de 57,6%.

 

87% des femmes refusent l'avortement par conviction religieuse

Les femmes sont à 89% pour la contraception, soit dix points de plus que les hommes. Sur les 11% (des femmes) qui y sont opposées, 71% le sont pour des raisons religieuses et 25% pour des raisons de santé. Par rapport à l'échantillon global, 3% seulement des femmes sont contre la contraception pour des raisons religieuses. Les résultats sont totalement inversés lorsqu'il s'est agi de l'IVG (ndlr : interruption volontaire de la grossesse, plus communément appelée avortement), 94% des femmes y sont opposées, presque autant que les hommes. 87% des femmes y sont opposées uniquement pour des raisons religieuses et 7% associent dans la même réponse questions de santé et questions de religion. La différenciation entre la contraception et l'IVG montre bien qu'il y a un effort d'interprétation de l'interdit religieux, qui aligne les femmes marocaines sur des positions théologiques communes à plusieurs religions, y compris chez les chrétiens.

 

32% rejettent le crédit bancaire pour raisons religieuses

Ils sont 45% de la population enquêtée à envisager de contracter un crédit bancaire avec intérêt, en cas de besoin, 37,5% d'entre eux rejettent l'idée de le contracter et 22% qui ne savent pas quoi faire. Mais le rejet du crédit bancaire n'a pas que des raisons religieuses. Bien au contraire, l'argument religieux n'apparaît que chez une minorité de ceux qui n'envisagent pas de prendre de crédit bancaire lorsqu'ils ont besoin d'argent. 65,8% des enquêtés avancent des raisons non religieuses à leur rejet du crédit bancaire contre seulement 32,6% qui évoquent une raison religieuse.

 

84% désapprouvent le takfir

Un Marocain a t-il le droit de déclarer un autre Marocain impie (kafir) ? Seuls 4,4% de la population enquêtée répondent par “oui” contre 84,3% de “non”, avec 8,8% de “ne sait pas” et 2,4% de “sans opinion”. Le taux du “oui” augmente lorsqu'on descend dans la hiérarchie des âges et le taux du “non” augmente modestement lorsqu'on avance en âge : 5,1% des 18-24 ans contre 2,1% des 60 ans et plus répondent par “oui” contre respectivement 83,3% et 86,2% de “non”.

 

75% refusent qu'un musulman change de religion

Lorsqu'on évoque avec les enquêtés l'hypothèse de la présence d'étrangers non musulmans et du besoin de garder ouverts les restaurants, les refus sont moins spectaculaires mais restent très élevés pour un pays qui aspire à accueillir 10 millions de touristes et à servir de terre d'asile pour les nouveaux retraités européens en quête de soleil. Une femme sur deux leur refuse le privilège de se restaurer dans des lieux publics, alors que seul un homme sur trois partage cet avis. 

On peut dire globalement que, sur les questions relatives à la tolérance, les femmes s'avèrent moins tolérantes que les hommes ; elles sont 75,5% à ne pas concevoir le mariage de leur proche avec une fiancée de confession israélite contre 67,5% des hommes. Les femmes sont aussi plus nombreuses à ne pas accepter l'idée qu'un musulman change de religion 77,5% (72,9% pour les hommes).

 

80% sont contre la présence des imams femmes

La majorité des femmes ont une opinion arrêtée sur la question de la guidance de la prière par une femme : 84,5% d'entre elles sont contre une telle pratique, presque autant que les hommes ! 80% des femmes ont par ailleurs une opinion sur le costume islamique masculin, 50% d'entre elles pensent que les hommes n'ont pas d'obligation dans ce domaine. Elles sont 91% à avoir une opinion sur le costume dit autorisé pour les femmes et 63% d'entre elles à penser qu'il est obligatoire, un peu moins que les hommes qui partagent le même avis à hauteur de 69%. Sur la question du hijab, toutes les femmes interrogées se sont prononcées : elles sont 84% à penser qu'il est souhaitable de le mettre et 8% à se déclarer opposées à son port.

 

28% considèrent ceux qui ne font pas la prière comme non musulmans

Près des deux tiers des enquêtés (65,7%) pratiquent régulièrement la prière, 8% prient mais de manière irrégulière, 11,7% ont cessé de prier et 14,6% ne l'ont jamais fait. Les pratiquants qui se rendent régulièrement à la mosquée sont de 5,9 % (5,7 % pour la prière de l'aube). A défaut d'enquêtes antérieures, aucune comparaison dans le temps, en termes de régression ou de progression, ne peut être faite. Dans tous les cas, la place que la prière occupe dans la définition du musulman est une question controversée. A cet égard, certains docteurs tiennent la prière pour une condition nécessaire, d'autres estiment que celui qui ne fait pas la prière reste quand même un musulman, mais un musulman désobéissant ('açi) ou incomplet (naqeç). Dans notre enquête, 54,8% des répondants trouvent qu'une personne qui ne fait pas la prière peut être considérée comme musulmane et 28% pensent le contraire. Ceux qui recourent aux catégories de musulman “désobéissant” ou “incomplet” sont faiblement représentés (1,4%).

 

66% pensent que dans l'islam, il y a solution à tout

La majorité des Marocains considèrent la religion musulmane comme une religion supérieure, valable en tout temps et en tout lieu. Les musulmans, qu'ils soient théologiens ou adeptes, ont toujours donné cette définition à l'islam.

(…) 66% des enquêtés pensent que dans l'islam, il y a solution à tout, contre seulement 5,8% qui pensent le contraire, alors que 20,9% des enquêtés déclarent ne pas savoir et 6,9% n'ont pas d'opinion. Et, s'il y a dans l'islam une solution à tout, alors ce serait dans quel domaine au juste ? La réponse est : 99,3% pour les relations sociales (mou'amalât), à 95,7% pour la santé et la médecine, à 91,7% pour l'économie, à 88% pour la politique et à 77,7% pour la technologie.

 

D'abord musulmans, ensuite Marocains, arabes, etc.

L’identité musulmane est l'identité dominante de notre population. La majorité des Marocains se définissent d'abord comme musulmans, puis comme Marocains. Les identités arabe, berbère et africaine viennent successivement en troisième, quatrième et cinquième positions.

(...) Pour toutes les catégories d'âges, la hiérarchie de ces composantes est la même : musulmane, marocaine, arabe, berbère et africaine. Elle est ainsi pour les jeunes comme pour les générations âgées mais dans des proportions différentes. L'identité musulmane est placée au premier rang par 66,9% des 60 ans et plus et par seulement 49,8% chez les 18-24ans. 15,7% de cette dernière population l'ont même classée en troisième position comme l'ont fait 6,9% des 60 ans et plus. En revanche, l'identité marocaine est classée au premier rang par 32,1% des 18-24 et par 22,1% des 60 ans et plus. L'identité arabe est placée en tête des identités par 7,8% de la population des 18-24 ans et, fait très frappant, par 0,7% des 60 ans et plus. Au final, l'identité musulmane est très affirmée par les vieux comme par les jeunes. L'identité marocaine est plus marquée chez cette dernière catégorie que chez la tranche d'âge la plus avancée.

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mardi, 08 août 2006

les Israéliens poussent chrétiens et musulmans à une guerre civile

medium_liban_8.jpg BEYROUTH, 5 août

RIA Novosti.

De nombreux Libanais sont convaincus qu'en dirigeant ses frappes aériennes contre des régions majoritairement chrétiennes, Israël souhaite déclencher une guerre civile dans le pays du Cèdre.

Après le début, il y a trois semaines et demie, de l'agression israélienne - ici on ne l'appelle pas autrement - contre le Liban, les chrétiens libanais vivaient dans la peur. En regardant détruire méthodiquement les quartiers chiites à Beyrouth, au Liban-Sud et dans la vallée de la Békaa, ils craignaient que ne vienne leur tour.

Et voilà, vendredi matin, que l'aviation israélienne a bombardé cinq ponts dans la région des villes chrétiennes Jounyeh, Byblos et Batroun situées au nord de Beyrouth, en faisant cinq morts et dix-neuf blessés et en coupant la dernière route reliant le pays à la Syrie voisine.

Mais, bizarrement, les frappes portées sur le nord du Liban n'ont pas ajouté à la peur, et les gens s'en sentent même libérés. "Nous n'avons plus peur. Tout est clair maintenant: Israël veut mettre aux prises chrétiens et musulmans pour déclencher une guerre civile dans le pays", estime Nabil, peintre originaire de Bikfaya, petite ville chrétienne située dans les montagnes du Kesrouan, interrogé par RIA Novosti.

Selon Nabil, la politique n'étant pas sa tasse de thé, il n'avait jamais eu envie d'en parler. Mais aujourd'hui, quand on voit "tuer des enfants, des femmes et de la beauté" au Liban, il ne peut plus garder le silence. "J'adore cet endroit, près du Casino du Liban, où un pont élégant est perché au-dessus d'une vallée pittoresque. J'ai été là-bas tout récemment pour faire une étude, j'y voyais des visages heureux, et j'étais heureux moi-même", se souvient l'artiste.

Mais la première nouvelle que Nabil a entendue en se réveillant vendredi matin était que des avions israéliens venaient de bombarder le pont à proximité du Casino du Liban. "En l'apprenant, j'ai senti avoir perdu quelque chose de très cher, et Israël est apparu à mes yeux comme une bête affamée prête à avaler tout. Je prononce ses paroles, et j'en ai horreur, mais cela est vrai", raconte le peintre avec émotion.medium_Beyrouth.gif

Israël a commencé par les quartiers chiites, mais il se met à bombarder des quartiers chrétiens où il n'y a pas de militants du Hezbollah, où on ne trouve pas un seul chiite. "Moi-même, je n'ai jamais été partisan du Hezbollah. Mais je dis aujourd'hui que ces gens-là se battent sur leurs propres terres, qu'ils défendent leurs maisons, leurs familles, leur Patrie. Cela est sacré pour n'importe quel peuple", insiste Nabil.

La "bête" israélienne ne se calmera qu'après avoir versé du sang des musulmans et des chrétiens, comme cela a été le cas pendant la dernière guerre civile (1975-1990).

"L'armée israélienne n'arrive pas à s'imposer au Liban-Sud, les politiques sont incapables de tenir les promesses données au peuple israélien, et ils procèdent à la tactique de la terreur au Liban et se mettent à tuer des chrétiens", renchérit Odette, une femme de ménage originaire elle aussi de Bikfaya.

La femme est également persuadée que l'Etat hébreu voulait terroriser les chrétiens libanais pour les mettre aux prises avec les musulmans. Israël "serait alors en toute sécurité et observerait calment les événements au Liban", explique-t-elle.

"Mais cela n'aura pas lieu. La guerre civile ne se répétera plus", reprend Nabil, avec conviction. A son avis, les Libanais ne combattront pas les uns contre les autres, qu'on le veuille ou non en Israël. "Nous ne permettrons pas à Tel-Aviv et à Washington de redessiner la carte du Proche-Orient avec notre sang", résume-t-il.

Pavel Davydov

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dimanche, 28 mai 2006

La Reconquista

medium_reconquista.gifEntreprise de récupération par les chrétiens de la Péninsule ibérique conquise par les musulmans entre 711 et 720, la reconquista est d'abord une "idée" mobilisatrice et légitimatrice. Formulée bien avant le mot par les chroniques asturiennes de la fin du IXè siècle, elle est reprise et développée par toutes les chroniques et histoires générales postérieures.

Le mythe d'une "Espagne confiée par Dieu aux Espagnols, perdue à cause de leurs péchés à l'époque des Wisigoths et qui serait un jour restaurée par eux", conditionne fortement l'expansion chrétienne à laquelle il confère ses caractères spécifiques. La guerre contre les musulmans est toujours présentée comme une mission divine et un devoir historique imposés à tous et plus particulièrement aux souverains. Son objectif n'est jamais de chasser et d'éliminer les musulmans, mais de restaurer le pouvoir politique des chrétiens sur tous les habitants de la Péninsule. L'idée que toute la terre appartenait à leurs ancêtres implique que pour les chrétiens l'Hispania constitue leur héritage, qu'ils doivent entièrement récupérer. Elle donne à la frontière son caractère de front provisoire dont la stabilisation ne peut être qu'un arrêt momentané.

La reconquête est aussi une réalité militaire qui connaît plusieurs phases. De 711 à 1031, le rapport de forces est écrasant en faveur de l'islam. Dans les zones montagneuses du Nord et de l'Est de la Péninsule les chrétiens luttent pour leur survie et progressent difficilement jusqu'au Duero, profitant des divisions des musulmans. La colonisation spontanée et anarchique est encouragée et stimulée par les autorités des "Etats" qui émergent et s'affirment avec l'expansion: royaumes d'Iviedo, puis de Léon, et de Pampelune, comtés de la Marche d'Espagne et de Castille.

Entre 1031 et 1266, la guerre entre chrétiens et musulmans s'intensifie et change de nature. Côté chrétien, l'essor démographique, la supériorité militaire de la cavalerie lourde, le zèle religieux et la soif de butin des combattants, le développement d'une classe qui acquiert les privilèges de la noblesse par le métier des armes, l'intervention en nombre croissant de chevaliers "français", et côté musulman, les rivalités entre les royaumes issus de la dislocation du califat, constituent autant de facteurs qui expliquent l'expansion inéxorables des armées chrétiennes dans la Péninsule. Cette progression est seulement retardée et compromise momentanément par des conflits endémiques entre souverains chrétiens et deux contre-offensives de troupes maghrébines. Les interventions de croisés "français" modifient le caractère de la lutte en ajoutant la haine religieuse à la soif de butin et d'exploits chevaleresques. Face à la Croisade, à laquelle la guerre en Espagne est assimilée par la papauté en 1102, les mouvements maghrébins des Almoravides, puis des Almohades prêchent le djihâd. L'affrontement entre chrétiens et musulmans se transforme en guerre religieuse entre islam et chrétienté.

0c753b3d6dc8bd895a3f7eb3ad3f4ae7.jpgLa reconquête chrétienne progresse considérablement, mais par à-coups avec des spectaculaires avancées, suivies de coups d'arrêt brutaux et de reculs temporaires. Au milieu du XIè siècle, profitant de l'implosion du califat en une vingtaine de royaumes de taïfas, les chrétiens font une percée du Duero à Tolède, conquise par Alphonse VI en 1085. Leur expansion est bloquée par la contre-offensive des Almoravides qui écrasent l'armée chrétienne à Zallâqa en 1086 et refont l'unité d'al-Andalus. Les chrétiens reprennent l'initiative dans la première moitié du XIIè siècle, quand l'empire almoravide se fractionne en une deuxième génération de taïfas; elle est marquée surtout par la conquête, d'une part, de la fertile vallée de l'Ebre par Alphonse Ier le Batailleur qui reprend Saragosse en 1118 et, d'autre part, du bas Tage par Alphonse Enriquez du Portugal.

Les Almohades proclament la guerre sainte, écrasent à Alarcos, en 1195, l'armée d'Alphonse VIII et réunifient al-Andalus. La victoire éclatante des chrétiens "espagnols", unis et mobilisés dans une croisade, à Las Navas de Tolosa en 1212, brise définitivement l'offensive musulmane. Jacques Ier d'Aragon conquiert les Baléares entre 1229 et 1235 et le royaume de Valence en 1238. Ferdinand III prend Cordoue en 1236, Séville en 1248 et Cadiz en 1263. Le royaume de Murcie passe sous protectorat castillan en 1243. Alphonse III du Portugal achève la conquête de l'Algarve en 1242. En 1266, la formidable avancée chrétienne n'a laissé subsiter que l'émirat de Grenade qui ne tombe qu'en 1492.

Par sa durée, des années 720 à 1492, et ses conséquences, la Reconquista constitue un évènement majeur de l'histoire hispanique au Moyen Age, à un moindre degré en Catalogne. Elle a limité la féodalisation et conforté le pouvoir royal auquel l'Eglise est soumise. Elle a aussi permis, soutenu et orienté l'expansion économique en procurant l'or et l'argent et en ouvrant de vastes espaces aux déplacements des troupeaux. Elle a provoqué une hiérarchisation de la société en fonction de critères militaires. Elle a renforcé la puissance de la noblesse qui a imposé ses valeurs et imprimé aux sociétés ibériques une mobilité exceptionnelle, un dynamisme inhabituel, un style de vie particulier et une mentalité différente en orientant l'esprit d'entreprise vers la conquête. Elle a renforcé l'importance des villes et fait de l'Espagnol un conquistador. La Reconquête ne pouvait finir avec la prise de Grenade et l'expulsion des non-chrétiens. Elle trouva son prolongement au Nouveau Monde.

 

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Denis MENJOT

in Dictionnaire du Moyen Age

 

 

 

Pour de plus amples informations sur la Reconquista, vous pouvez vous reporter sur l'ouvrage de Marie-Claude GERBET : L'Espagne au Moyen Age (VIIIè - XVè siècle), édité en 1992 chez Armand Colin, ISBN 2-200-21141-4. Nous ne savons pas si cet ouvrage universitaire a été réédité.

Vous pouvez également consulter l'ouvrage sorti en format poche de Bartolomé Bennassar : Histoire des Espagnols du VIè au XVIIIè siècle, édité chez Perrin, collection Tempus.

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