mardi, 28 juillet 2009

Robert Gates en Irak pour parler... ventes d'armes et sécurité

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, est arrivé ce mardi en Irak où il doit s'entretenir avec des responsables irakiens de questions de sécurité et de ventes d'armes.

IRAK.jpgRobert Gates, dont c'est la 10e visite en Irak, a déclaré aux militaires américains sur la base aérienne de Tallil, qu'il était impressionné par les changements sur le terrain.

Il a affirmé que la situation était "incroyablement différente" de celle qui prévalait lors de sa première visite en Irak en tant que secrétaire à la Défense, en décembre 2006, au plus fort des affrontements intercommunautaires qui ont causé la mort de dizaines de milliers d'Irakiens.

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dimanche, 24 février 2008

Attaqué, le PKK appelle les jeunes Kurdes à des représailles sur le sol turc

b2a6f1052d164e591b4890bbde67aa7b.jpgLes rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont appelé dimanche 24 février les jeunes Kurdes de Turquie à lancer des actions violentes dans les grandes villes en réaction au lancement par l'armée turque d'une opération terrestre contre les rebelles retranchés dans le nord de l'Irak. "Dans les grandes villes, les jeunes Kurdes doivent donner une réponse [à cette offensive]. La guérilla du Kurdistan, ce n'est pas 7 000 ou 10 000 personnes, ce sont des centaines de milliers de personnes", a déclaré le chef de l'aile militaire du PKK Bahoz Erdal.

"Si [l'Etat turc] veut nous détruire, nos jeunes doivent rendre la vie dans les grandes métropoles insupportable. (...) Les jeunes Kurdes doivent se réunir par groupes de deux pour brûler chaque soir des centaines de voitures", a notamment suggéré Erdal, considéré comme le porte-voix du PKK. Le dirigeant a appelé les jeunes Kurdes à "empoisonner la vie" des habitants des grandes agglomérations turques. "Nous ne sommes pas contre le peuple turc mais telle est la logique de la guerre", s'est justifié Erdal dans un communiqué, établissant des parallèles avec la résistance des Irakiens à la présence des forces américaines dans leur pays.

Samedi, un porte-parole du PKK, Ahmad Danis avait déjà menacé Ankara de représailles. "Si la Turquie poursuit ses attaques, nous mènerons des opérations de guérilla dans les villes turques, sans viser les populations civiles", avait alors affirmé ce porte-parole.

Depuis jeudi, l'armée turque mène une opération terrestre dans le nord de l'Irak pour en déloger les rebelles du PKK. L'offensive s'est encore intensifiée samedi. Au moins 79 rebelles kurdes et sept soldats turcs ont été tués jusque là, selon l'armée turque.

Source du texte : LE MONDE.FR

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mardi, 30 octobre 2007

Cinq questions posées par une intervention turque

dc96860d99412f2e57d5e5308fd3c2fb.jpgL’imbroglio turco-kurde pose de délicats problèmes de principe que passe en revue l’ancien Premier ministre russe Evgueni Primakov. Lequel ne cache pas sa perplexité.

Première question. Une éventuelle action militaire turque – dont les conséquences seraient indéniablement négatives – aurait pour but d’écraser le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit, qui mène des opérations contre la Turquie. Le Premier ministre turc, M. Erdogan, évoquant l’opération dirigée contre les rebelles kurdes, a déclaré qu’aucune des éventuelles répercussions d’une intrusion de son pays en Irak ne l’arrêterait : “Quel que soit le prix à payer, nous le paierons." Peut-on dès lors reconnaître le droit de la Turquie à mener, au-delà de ses frontières, des actions militaires contre des forces qui emploient des méthodes terroristes ?

Deuxième question. Durant de nombreuses années, Ankara a conduit une politique d’assimilation de la population kurde. Les Kurdes étaient même appelés “Turcs des montagnes”, une formule qui niait leur spécificité. A l’heure actuelle, la politique à leur égard a changé, mais les événements ­montrent que cela ne suffit pas à mettre un terme à leur volonté d’autodétermination. Ankara se prononce contre toute forme d’autonomie des Kurdes, défendant le principe d’intégrité territoriale de la Turquie, mais aussi le caractère unitaire de l’Etat turc. L’un des arguments mis en avant est le danger d’encourager les Kurdes au séparatisme si l’autonomie leur était accordée. Face à ces oppositions, faut-il soutenir Ankara dans son attitude sur la question kurde ? Peut-être serait-il possible de prendre parti pour l’intégrité territoriale de la Turquie tout en se prononçant pour le droit des Kurdes de Turquie à l’autodétermination ?

Troisième question. L’intégrité territoriale de l’Irak est déjà en jeu. La majorité de la population veut un Etat unitaire, ainsi que tous les pays voisins. Par ailleurs, on sait très bien que les Kurdes d’Irak ont passé des décennies à lutter pour leur autodétermination nationale. Jusqu’à l’intervention américaine, en 2003, la solution qui prévalait était celle d’un renforcement de l’autonomie des Kurdes au sein de l’Irak. Aujourd’hui, la balance penche vers la création d’un Etat kurde indépendant qui pourrait accueillir, outre les Kurdes d’Irak, ceux de Turquie, ­d’Iran et de Syrie. Selon diverses statistiques, ces quatre pays abriteraient 20 millions à 30 millions de Kurdes. Alors, malgré toute l'importance que l’on accorde à la préservation de l’intégrité territoriale de l’Irak, ­est-il justifié de rejeter les aspirations du peuple kurde et de l’empêcher de créer son propre Etat ?

Quatrième question. La commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants du Congrès américain a voté une résolution qui reconnaît le génocide perpétré par l’Empire ottoman contre les Arméniens. La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et le ministre de la Défense Robert Gates ont lancé un appel commun à ne pas proposer cette résolution au vote. George W. Bush lui-même a appelé à ce qu’elle ne soit pas adoptée. Cette décision, qui a soulevé l’indignation des Turcs, semble bien avoir levé l’obstacle qui empêchait Erdogan de mettre en pratique ses menaces d’entrer en territoire irakien. Que penser des résolutions parlementaires qui jugent le passé sans se préoccuper de rechercher la réconciliation des peuples pour le présent et dans l’avenir ?

Enfin, une cinquième question. Environ 70 % de tout ce dont ont besoin les troupes américaines d’occupation en Irak transite par la Turquie. C’est sans doute l’une des raisons de la grande inquiétude des Etats-Unis vis-à-vis de la tournure prise par les événements. Des émissaires américains se sont rendus à Ankara, mais cela n’a pas permis de résoudre le problème de l’intrusion des troupes turques en Irak. Il est possible que cela pousse Washington à annoncer un plan de retrait de ses troupes d’Irak. Mais est-ce une raison pour soutenir les actions des Turcs ? 

Pour être honnête, j’avoue ne pas trop savoir quoi répondre à toutes ces questions.

 

Source du texte : COURRIER INTERNATIONAL

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lundi, 22 octobre 2007

La Turquie sur le sentier de la guerre

b83e98fe83a98d0be7568bb9fdd555a2.jpgAprès les violents combats qui ont opposé rebelles du PKK et soldats turcs à la frontière entre l'Irak et la Turquie, le premier ministre Erdogan a convoqué une réunion de crise à Ankara.

Une étape supplémentaire vient d'être franchie dans l'escalade militaire à la frontière turco-irakienne. Ce week-end, l'armée turque a enregistré de très lourdes pertes : au moins 12 engagés ont trouvé la mort au cours des combats qui se déroulent dans les montagnes de la province d'Hakkari à proximité de l'Irak et de l'Iran. C'est le plasticage d'un pont au passage d'un convoi militaire qui a provoqué la mort des soldats, selon les chaînes de télévision. 32 rebelles ont également été tués, assure l'état-major. En marge des heurts, l'explosion d'une mine sur une route du Sud-Est a fait 17 blessés parmi les passagers d'un minibus qui se rendaient à une cérémonie de mariage. Et, dimanche soir, l'incertitude régnait sur le sort de soldats portés disparus. 

Un porte-parole du mouvement séparatiste, à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan irakien, a affirmé que plusieurs d'entre eux avaient été pris en otages dans la nuit de samedi à dimanche. Mais Vecdi Gönül, le ministre de la Défense, a démenti cet enlèvement. Ce nouveau pic de violence attribué au PKK place le gouvernement, accusé de faiblesse par l'opinion publique, dans une situation de plus en plus délicate. 

Le référendum, qui se déroulait dimanche en Turquie, sur une réforme constitutionnelle prévoyant l'élection du président de la République au suffrage universel a été totalement éclipsé. 

Le oui l'a emporté à 72 %, sur la base de deux tiers des bulletins dépouillés. Dans la soirée, le premier ministre a convoqué en urgence les généraux et plusieurs de ses ministres afin de décider d'une possible riposte. "Nous déciderons après cette réunion quel genre de mesures nous adopterons", a annoncé Recep Tayyip Erdogan. Il a laissé entendre qu'une réplique immédiate n'était pas à l'ordre du jour : "Nous agirons dans le calme." Ces derniers affrontements interviennent quatre jours après le feu vert donné par le Parlement turc au lancement d'une opération transfrontalière. Le chef du gouvernement avait alors déclaré qu'il espérait ne pas avoir à se servir de cette autorisation, valable un an.

 

8eeead85e1795693b07db520345baea2.jpgMise en garde irakienne

Mais Rusen Cakir, journaliste au quotidien Vatan et fin connaisseur de la question kurde, soulignait que cette motion pouvait "tout aussi bien être une arme à même d'affaiblir cette organisation (le PKK, NDLR) que se retourner comme un boomerang contre ses initiateurs".

Prédisant de nouvelles attaques des séparatistes kurdes qui forceraient le gouvernement à y recourir. Quelques heures après l'annonce des pertes dans les rangs de l'armée, l'extrême droite appelait à la vengeance au cours de rassemblements organisés dans plusieurs grandes villes. Dans le centre d'Istanbul, un millier de manifestants ont scandé des slogans haineux. "Nous allons attaquer le Parlement ! Nous allons pendre le PKK", hurlait une foule jeune, bras levé, index et petit doigt tendus pour faire le signe des Loups gris, une milice ultranationaliste. 

À la frontière turco-irakienne, l'armée poursuivait sa traque contre le PKK, soutenue par des hélicoptères de combat et l'artillerie lourde. "63 cibles en coordination avec les mouvements de troupes" étaient visées, selon un communiqué de l'état-major. 

Face aux menaces d'intervention de l'armée turque, les autorités irakiennes ont multiplié les mises en garde. "Nous n'allons pas nous laisser prendre dans la guerre entre le PKK et les Turcs, mais si la région du Kurdistan est visée, nous défendrons la population", a prévenu Massoud Barzani, le président de la zone kurde. Quant au président irakien, Jalal Talabani, un des leaders historiques du mouvement kurde en Irak, il a demandé au PKK de déposer les armes ou de quitter le territoire irakien, lors d'une conférence de presse à Erbil. Mais il a également précisé qu'il ne livrerait "jamais" les chefs du PKK à Ankara. Une réponse aux récentes déclarations de M. Erdogan. Vendredi, le premier ministre avait mis les cartes sur la table pour éviter une opération militaire : "Ce qui nous satisferait, c'est la fermeture de tous les camps du PKK, y compris leurs camps d'entraînement, et la livraison de leurs chefs terroristes." La Turquie demande depuis des mois à Washington et à Bagdad d'arrêter les cadres du mouvement séparatiste, qui organisent la guérilla depuis leurs bases arrières dans les monts Qandil, de l'autre côté de la frontière, sans jamais obtenir le moindre résultat.

Source du texte : FIGARO.FR

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vendredi, 19 octobre 2007

L'armée turque au bord du bourbier irakien

0d8a43efc1b6d14c71fd307c23684e74.jpgLa menace brandie par Ankara de frapper les rebelles kurdes retranchés dans le Kurdistan irakien va à l'encontre de la stratégie américaine de stabilisation de l'Irak. S'agit-il d'une manœuvre destinée à bloquer le vote américain sur le génocide arménien ? Et la question kurde, dans tout ça ? La presse turque s'interroge. 

"Le gouvernement turc peut désormais envoyer à tout moment l'armée dans le nord de l'Irak", écrit Güngör Mengi dans Vatan. En effet, mercredi 18 octobre, le Parlement turc a donné à une écrasante majorité son feu vert à une intervention dans le Kurdistan irakien. "Cette décision ne signifie pas nécessairement que nous allons immédiatement entrer en guerre. Ce vote, qui traduit la détermination d'Ankara, devrait avoir un effet dissuasif ; plutôt que d'annoncer la guerre, il peut avant tout être un signe en faveur de la paix. Il n'y qu'à voir ceux qui, dans le nord de l'Irak se donnaient, il y a peu de temps encore, des allures de faucons et qui ont soudainement, dans le contexte de la réaction turque, adopté un discours beaucoup plus conciliant. Quant aux Américains, qui ne voient pas d'un bon œil pareille intervention, mais qui n'ont pas hésité à envahir l'Irak au prétexte de la 'lutte contre le terrorisme', que diraient-ils si des terroristes d'Al-Qaida, basés dans des camps au Mexique, traversaient la frontière pour attaquer le Texas avant de retourner dans leurs bases ?" poursuit le quotidien proche de la gauche libérale. 

Ce vote a aussi une portée à long terme, car "la Turquie a pris un engagement qui garantit son honneur national. Toute nouvelle attaque entraînera désormais une réaction forte. Toutefois, à moins d'une provocation majeure, il ne faut pas s'attendre à une action militaire d'envergure avant la rencontre prévue le mois prochain entre le Premier ministre Erdogan et le président américain George W. Bush." 

Les relations bilatérales turco-américaines sont au cœur de la nouvelle stratégie turque. Taha Akyol, dans Milliyet, voit déjà les effets indirects mais concrets de ce vote dans le fait qu'aux Etats-Unis le projet de loi arménien [sur la reconnaissance du génocide adopté le 10 octobre par une commission du Congrès américain] vient d'être mis au placard sans être envoyé en séance plénière de la Chambre des représentants. Le vote du Parlement turc se révèle donc déjà tout à fait payant. 

Hasan Cemal, dans le même quotidien Milliyet, est toutefois plus circonspect quant aux bénéfices d'une possible intervention turque en Irak. "Imaginons que nous ayons traversé la frontière avec tanks et canons et que nous occupions tout le nord de l'Irak. Cela signifierait-il que la question kurde ne se pose plus ? Imaginons encore que nous avons écrasé le PKK mais aussi mis un terme au processus de création d'un Etat kurde mené par Barzani et Talabani dans le Kurdistan irakien. La question kurde, telle qu'elle se pose chez nous, serait-elle alors résolue ? Bien sûr que non ! C'est parce qu'il y a une question kurde qu'il y a le PKK, la violence et le terrorisme. Le PKK n'est que la conséquence. Que ferez-vous donc avec la question kurde lorsque vous en aurez fini avec le PKK ? Tant qu'on ne cherchera pas une réponse, forcément multiple et complexe, à cette question, il sera très difficile de sortir la Turquie de l'impasse dans laquelle elle se trouve aujourd'hui."

Source du texte : COURRIER INTERNATIONAL

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Une opération armée turque en Irak portera atteinte aux intérêts russes

Si l'armée turque lance une opération dans le Nord de l'Irak, un nouveau pôle d'instabilité apparaîtra aux frontières de la Russie, estime Léonid Ivachov, président de l'Académie russe des problèmes géopolitiques. 

Lundi dernier, le gouvernement turc a demandé au parlement l'autorisation d'effectuer, en Irak du Nord, une opération contre les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui luttent les armes à la main pour l'indépendance des Kurdes. Il arrive souvent que les combattants du PKK franchissent la frontière pour attaquer les territoires sud-est de la Turquie. Ces deux dernières semaines, les affrontements dans cette région ont fait 30 morts parmi les militaires turcs. Au total 40.000 personnes ont péri dans ce conflit qui se poursuit depuis 1984. 

"Qu'obtiendra la Russie en cas d'opération militaire turque ? Nous obtiendrons à nos frontières une vaste zone d'instabilité, de risques et de défis qu'il nous sera très difficile de maîtriser", a affirmé M. Ivachov. 

"Nous subissons déjà les effets de l'instabilité dans cette région", a-t-il ajouté. 

D'après lui, cette opération "affectera les territoires du Caucase et de la Caspienne, ce qui ne tardera pas à perturber le fonctionnement des pipelines". 

Selon les experts russes, l'opération militaire de la Turquie contre les combattants kurdes est pratiquement inévitable. M. Ivachov est persuadé qu'elle répond aux intérêts des Etats-Unis. 

"L'attaque de la Turquie contre les Kurdes est tout à fait probable : elle servira à détourner l'attention de la communauté mondiale des actions actuelles des Etats-Unis en Irak", estime l'expert. 

A son avis, la Turquie est "l'un des acteurs du jeu qui a pour but de déstabiliser la situation au Grand et au Moyen-Orient". 

La Turquie "réagit actuellement à la situation qui s'est créée en Irak lui-même et qui se traduit par l'affaiblissement du régime politique irakien et la séparation du Kurdistan, pour le moment en qualité de région autonome", a assuré le président de l'Académie des problèmes géopolitiques. "Inutile de dire que ces processus sont encouragés par les Etats-Unis qui agissent selon le principe "diviser pour régner", a-t-il conclu. 

A son tour, le président de l'Institut du Proche-Orient Evguéni Satanovski est également persuadé que l'opération de la Turquie en Irak est inévitable. Selon lui, ce sera une opération militaire très sérieuse menée à grand renfort d'artillerie, d'aviation et de troupes terrestres". 

"Nous ignorons combien de temps prendra cette opération. Mais d'ores et déjà on peut dire qu'elle sera dévastatrice pour le Kurdistan irakien", a supposé M. Satanovski. 

D'après lui, ni le président, ni le parlement, ni le parti au pouvoir en Turquie ne veulent se quereller avec les généraux. 

"Si à un moment où le pays se trouve menacé (et la Turquie est réellement menacée par le Kurdistan irakien), le gouvernement refuse de soutenir l'armée, celle-ci se trouvera un autre gouvernement", a affirmé M. Satanovski. 

Certes, estime le président de l'Institut du Proche-Orient, cette tournure des événements ne manquera pas d'envenimer les relations entre la Turquie et les Etats-Unis. 

"Mais si le parlement turc met les intérêts américains au-dessus de la sécurité du pays (c'est-à-dire s'il refuse de soutenir la proposition d'intervenir en Irak), la Turquie aura un autre parlement", a poursuivi M. Satanovski. "Les parlementaires et les ministres turcs le comprennent parfaitement", a-t-il constaté.

Source du texte : RIA NOVOSTI

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mercredi, 10 octobre 2007

La Turquie prête à poursuivre les rebelles kurdes jusqu'en Irak

863c58efcf75cfa8711cf0c0883c8d84.jpgLe Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a donné mardi son feu vert à une éventuelle incursion militaire dans le nord de l'Irak contre les rebelles séparatistes kurdes.

"L'ordre a été donné pour que tout type de mesure soit pris, y compris, si nécessaire, une opération transfrontalière", ont déclaré les services du Premier ministre au terme d'une réunion à un haut niveau qui a fait suite à une série d'attaques rebelles.

Le gouvernement turc est soumis à une forte pression de l'armée et des partis d'opposition pour réagir aux opérations des séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont tué dimanche 13 soldats turcs dans la province de Sirnak, à proximité de la frontière irakienne.

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière de ces douze dernières années. Deux autres soldats ont été tués lundi. La semaine précédente, des rebelles du PKK avaient déjà tué douze personnes.

Les médias turcs ont accordé une large couverture à ces raids du PKK, ajoutant à l'émotion de la population sur cette question particulièrement sensible.

ACCORD DE COOPÉRATION IRAKO-TURC

On estime que 3.000 combattants du PKK utilisent le nord de l'Irak, où la communauté kurde bénéficie d'un régime de semi-autonomie, comme base arrière de leurs opérations menées en territoire turc.

Fin septembre, la Turquie et l'Irak ont signé un accord de coopération antiterroriste visant le PKK. Il prévoit notamment un renforcement de la mise en commun des informations des services de renseignement mais n'autorise pas les troupes turques à franchir la frontière pour pourchasser les séparatistes kurdes.

Washington, qui exhorte Ankara à ne pas intervenir militairement dans le nord de l'Irak de peur d'une déstabilisation supplémentaire du pays, a réagi par une nouvelle mise en garde.

"S'ils ont un problème, ils(ndlr, la Turquie et l'Irak) doivent œuvrer à le résoudre ensemble et je ne suis pas certain que les incursions unilatérales constituent la voie à suivre, la voie pour résoudre cette question", a dit le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.

La Turquie, dont l'armée est la deuxième force militaire des pays de l'Otan, a déjà conduit récemment des raids limités dans le nord de l'Irak, dit-on de source proche de la sécurité. En juin, le gouvernement irakien avait officiellement protesté contre des "bombardements intensifs" par l'armée turque.

A Bagdad, le gouvernement irakien a renvoyé à l'accord signé le 28 septembre, soulignant qu'il constituait "le cadre par lequel la sécurité des deux pays pourrait être préservée".

Mais Ankara sait que le gouvernement central de Bagdad a peu d'influence sur le nord à majorité kurde et soupçonne les dirigeant kurdes irakiens de vouloir créer leur propre Etat, une évolution qui ne ferait que renforcer le séparatisme kurde en Turquie.

Le ministre turc de la Défense, Vecdi Gonul, a précisé qu'il reviendrait au parlement d'autoriser une opération militaire de grande envergure - un scénario jugé improbable par la plupart des analystes - mais qu'aucun feu vert des députés ne serait nécessaire pour des opérations au coup par coup.

Source du texte : LE MONDE.FR / REUTERS

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jeudi, 06 septembre 2007

Irak : objectif chaos

cbe9463e9eaf2df50f3683f7b1f71631.jpgDe retour d'Irak, le chercheur Pierre-Jean Luizard décrypte l'implosion du pays et d'une société désespérée alors que la violence fait plus que jamais rage.


 

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mardi, 26 juin 2007

Le spectre de l'état d'urgence resurgit chez les Kurdes turcs

6d6a0ab7ed9e1da3e0cc89032be35b80.jpgL'armée turque a décrété depuis le 9 juin des zones de sécurité dans le Sud-Est pour traquer les rebelles du PKK.

Les garçons  dansent en ronde ; les filles, le foulard blanc traditionnel rejeté en arrière, sautent les bras en l'air et reprennent en chœur les paroles. La jeunesse de Sirnak a pris d'assaut la place principale pour assister au concert organisé par la municipalité : les chanteurs s'y produisent en langue kurde, un droit culturel acquis grâce à l'Union européenne. Mais les festivités sont strictement encadrées : un blindé léger est posté à l'entrée du concert et des policiers en civil se mêlent au public. « Ça grouille de partout, lâche un jeune, la nouveauté c'est qu'ils se promènent avec leur pistolet en évidence à la ceinture. » Derrière la scène, les montagnes qui se dessinent comme des ombres chinoises dans le soleil couchant sont quadrillées par les militaires.

La petite ville du Sud-Est turc, proche de la frontière irakienne, se trouve dans l'une des trois provinces où l'armée a décrété le 9 juin des zones de sécurité pour traquer les rebelles kurdes du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan). Cette mesure spéciale fait resurgir le spectre de l'état d'urgence qui frappa la région aux heures les plus sanglantes de la guerre civile dans les années 1980-1990 qui fit 37 000 morts. Depuis le printemps, la multiplication des attaques contre des soldats, attribuées au PKK, les menaces d'intervention des forces turques dans le nord de l'Irak entretiennent une crainte diffuse dans la population et nourrissent la colère des plus radicaux. Hier, les autorités ont annoncé que six rebelles avaient été tués lors d'accrochages avec des militaires dans l'est du pays ce week-end.

Au-dessus d'un garage de fortune, dans le local du DTP (Parti pour une société démocratique), la vitrine politique du PKK, les anciens ont repris les réflexes des années sombres : l'anonymat est de rigueur dans l'assemblée. « Nous sommes tous des cousins du PKK », lance un homme qui a « un fils dans la montagne ». Ici, tout le monde déplore la détérioration de la situation. Et accuse l'armée d'en être l'unique responsable. « Le PKK ne fait que se défendre, il réagit à la provocation. Pourquoi ne demandez-vous pas le nombre de tués dans ses rangs ? Eux aussi sont des martyrs ! », s'offusque son voisin. Il y a quinze jours, une manifestation a été organisée dans les rues de Sirnak par l'Association des familles de martyrs (le nom donné aux soldats et aux gardiens de village - les supplétifs de l'armée -, morts en combattant les « terroristes ») pour réclamer un déploiement de l'armée dans la région autonome du Kurdistan d'Irak, où est retranchée une partie de la guérilla.

 

Réflexes des années sombres

Mehmet Düngör, le président de l'association, a épinglé dans son bureau une carte englobant tous les pays turcophones, sur lesquels règnent Gengis Kahn et Attila. Un condensé de la mythologie pantouranique qui exalte la supériorité de la race turque. « Le problème entre les Kurdes et les Turcs n'existe pas, il n'y a que des Turcs unis sous le drapeau turc », déclare-t-il en cliquant sur des photos de bébés éventrés que montre son ordinateur, pour donner du poids à sa démonstration sur « les atrocités commises par le PKK ». Mehmet Düngör, qui jure compter treize « martyrs » dans sa famille, assure que « 20 000 personnes sont venues manifester contre la terreur ».

Une provocation pour le maire de Sirnak, Ahmet Ertak : « Il n'y avait que des gens qui travaillaient pour l'armée, essentiellement des gardiens de village. » Selon cet édile pro-DTP, moustache bonhomme et discours imperturbable malgré l'hélicoptère qui passe devant sa fenêtre, « la peur de la Turquie face à la construction d'un État kurde en Irak » explique la multiplication des opérations.

Si les rangs se resserrent derrière le PKK en période trouble, toute la population est loin de lui apporter un soutien aveugle. Même s'il se trouve peu de volontaires pour le dire. À voix basse, dans un restaurant de grillades, à une heure creuse de l'après-midi, Ahmet et Mahmut  renvoient dos-à-dos les belligérants : « Pour déstabiliser l'AKP (le parti islamo-conservateur au pouvoir), l'armée et les nationalistes ont joué les cartes de Chypre, des Arméniens, du danger islamiste et maintenant celle des Kurdes. Ils sont prêts à créer le chaos pour garder le pouvoir. De son côté, le PKK manipule aussi les gens. C'est comme les fidèles des leaders religieux, on ne conteste pas les décisions. » Un inconnu s'installe à une table à proximité. Fin de la conversation.

À la terrasse du jardin à thé surplombant la vallée, les vieux paysans ont les yeux couleur de miel comme les terres qu'ils ont dû abandonner. « Ils ont remis des mines partout, nous n'osons plus sortir de la ville », se plaint l'un d'eux. Vaches, ânes, oies, les ruelles tortueuses de Sirnak ressemblent à une basse-cour citadine. Dans les années 1990, l'armée a vidé les villages dans les montagnes alentours. Les hommes et les bêtes sont venus se réfugier en ville.

Dès la sortie de Sirnak, les check-points se multiplient. Les flancs des montagnes ont été réquisitionnés : on peut y lire en grandes lettres des slogans comme « La nation est indivisible », ou « Heureux celui qui se dit Turc ». Planté près d'une guérite, un panneau vante le financement par l'Union européenne d'un programme d'aide à la production laitière. « Avec les réformes de l'Europe, nos droits ont augmenté et nous avons peur de tout perdre, l'espoir du changement avec », résume Fikret Kaya, le maire de Tasdelen. Le jeune représentant de ce hameau à quelques encablures de l'Irak s'accroche au printemps européen et repousse la menace d'une guerre régionale contre le Kurdistan irakien : « Les gens de l'ouest de la Turquie (les pro-interventions) doivent comprendre qu'ils sont dans le même bateau que ceux de l'est. S'il y a un trou, nous coulerons tous ensemble. »

Source du texte : FIGARO.FR 

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lundi, 04 juin 2007

L'armée turque envoie des renforts à sa frontière avec l'Irak

La Turquie a entrepris de dépêcher des renforts de troupes et de matériel militaire à sa frontière avec l'Irak alors que le débat fait rage dans le pays sur l'opportunité de lancer une offensive transfrontalière contre les rebelles kurdes.

d060473ae97d61a69ffc7b8ce6fdaf82.jpgL'armée turque a expliqué que le renforcement de son dispositif à la frontière était une mesure habituelle durant la saison estivale destinée à empêcher toute infiltration des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) depuis leurs bases dans le nord de l'Irak.

Depuis des semaines, les chaînes de télévision turques diffusent des images de camions militaires se dirigeant vers la frontière avec le Kurdistan irakien et de trains acheminant des chars et des armes dans la zone.

"Le PKK doit être éliminé en tant que problème entre l'Irak et la Turquie", a déclaré l'envoyé spécial turc en Irak, Oguz Celikkol, lors d'un entretien à la chaîne CNN-Türk. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mardi les Etats-Unis et l'Irak à détruire les bases du PKK dans le nord de l'Irak et n'a pas exclu une opération turque transfrontalière.

Par la voix de son porte-parole Levent Bilman, le ministère turc des Affaires étrangères a exhorté l'Irak mercredi à prendre "les mesures nécessaires pour arrêter les activités des terroristes par tous les moyens". A la question de savoir si les autorités irakiennes avaient été informées de la possibilité d'une opération transfrontalière d'Ankara, M. Bilman a répondu : "Une telle décision est uniquement du ressort de la Turquie. Nous n'avons pas à (en) informer qui que ce soit."

Ce type d'opérations a produit des résultats mitigés par le passé, de nombreux militants se cachant lors des incursions des troupes turques. Selon Ankara, jusqu'à 3.800 rebelles sont basés en Irak et jusqu'à 2.300 opèrent sur le sol turc.

De leur côté, les mouvements kurdes qui dirigent le nord de l'Irak menacent de résister à toute incursion militaire turque.

L'armée turque affirme avoir tué 10 rebelles dans le sud-est de la Turquie depuis lundi. Le conflit qui oppose les forces turques aux séparatistes kurdes depuis 1984 a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts.

Source du texte (30 mai 2007) : NOUVEL OBS.COM 


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mardi, 10 avril 2007

Ankara fustige les Kurdes irakiens

Des déclarations du dirigeant kurde Massoud Barzani ont mis le feu aux poudres. 
 
medium_barzani_et_erdogan.jpgEntre la Turquie et l'Irak, l'escalade verbale a franchi le cap de l'intimidation. « M. Barzani a dépassé les limites, (...) le nord de l'Irak, qui est un voisin, est en train de commettre une erreur, le prix à payer sera très élevé », a menacé, hier le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Ce ton comminatoire répondait aux mises en garde du dirigeant de la région du Kurdistan irakien concernant la ville de Kirkouk, perçues comme une déclaration d'hostilité par Ankara. « La Turquie n'a pas le droit d'intervenir à Kirkouk, et si elle le fait, nous nous mêlerons des problèmes à Diyarbakir et dans les autres villes de Turquie », qui compte une minorité kurde d'environ 15 millions de personnes, a prévenu Massoud Barzani, samedi, sur la chaîne de télévision al-Arabiya. Ces avertissements échangés de part et d'autre de la frontière turco-irakienne illustrent la sensibilité de la question kurde dans la région.
 
Vu de Turquie, « Barzani allume la mèche de la dynamite », résumait hier le quotidien kémaliste turc Cumhuriyet. En déclarant que la ville de Kirkouk avait « une identité kurde, géographiquement et historiquement » et qu'elle faisait « partie du Kurdistan », le président du Kurdistan autonome a touché un sujet sensible à Ankara.
 
Plainte à Washington
 
La riche ville pétrolifère du Nord irakien abrite une petite minorité turkmène qui légitime, aux yeux des autorités turques, leur droit d'ingérence dans la région. Le rattachement de cette cité pluriethnique au Kurdistan, qui doit être décidé par référendum cet automne, est la hantise d'Ankara.
 
Le gouvernement redoute que la constitution d'un État kurde indépendant en Irak n'attise les tentations indépendantistes des Kurdes, côté turc. Quelques heures à peine après les propos du dirigeant irakien, Abdullah Gül, le ministre des Affaires étrangères turc, téléphonait à Condoleezza Rice, le secrétaire d'État américain, pour se plaindre. Le sujet sera au menu, aujourd'hui, du Conseil national turc de sécurité. Les militaires turcs menacent parfois d'intervenir à Kirkouk.
 
Signe avant-coureur que la Turquie a des difficultés à s'imposer dans le jeu diplomatique régional, la conférence ministérielle sur l'Irak, qui doit réunir les pays voisins et les grandes puissances mondiales, se tiendra le mois prochain en Égypte, a annoncé Bagdad samedi. Pourtant, Washington avait proposé Istanbul. Il ne manquait que l'aval du président irakien Talabani, un Kurde. Pour ne rien arranger, les combats entre les forces armées turques et le PKK, le parti séparatiste kurde, ont repris : dix soldats et sept combattants kurdes ont trouvé la mort dans le Sud-Est ce week-end. Ankara accuse l'Irak d'abriter dans les montagnes du nord du pays les troupes du PKK, qui profitent de la fonte des neiges au printemps pour mener des incursions en territoire turc.
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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