vendredi, 29 janvier 2010

Universités britanniques et islam radical

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mercredi, 15 octobre 2008

Canada : L’armée recrute à la mosquée

Les Forces canadiennes feront une rare apparition dans une mosquée de la Colombie-Britannique ce soir. L’objectif est de susciter de l’intérêt chez les musulmans pour une carrière dans l’armée. Mais ce n’est pas tout le monde à la mosquée Burnaby Al-Salaam qui se réjouit de cette journée portes ouvertes.

can2.jpgPour certains membres, une institution religieuse ne devrait pas être utilisée pour présenter l’armée canadienne. D’autres ne sont pas chauds à l’idée que la mosquée accueille un organisme qui est impliqué dans une mission de combat en Afghanistan où des musulmans sont tués.

Un porte-parole des Forces canadiennes a déclaré que l’événement ne vise pas à justifier la guerre ou une carrière militaire.

Le lieutenant-commandant Kris Phillips du Conseil canadien de la Défense nationale, Bureau des affaires publiques, a déclaré que la communauté musulmane canadienne, comme les femmes et les Autochtones, est sous-représentée dans les Forces. Et les séances d’information sont conçues pour fournir aux minorités une information directe et non filtrée.

Une autre réunion devait avoir lieu hier soir dans un centre communautaire autochtone de Vancouver.

Parmi les panélistes qui répondront aux questions ce soir, on compte le sous-lieutenant Wafa Dabbagh, une officier de marine et la première femme à porter le hijab dans l’armée canadienne.

L’événement a toutefois fait sourciller, et même choqué, certains membres de la mosquée.

L’étudiant Toshio Rahman a dit que c’est inapproprié pour les Forces canadiennes de recruter dans une mosquée.

"Quand il s’agit de quelque chose comme les forces armées, la marine, ou tout ce qui a à voir avec les questions de sécurité, je ne pense pas que c’est un bon endroit", a déclaré M. Rahman, 23 ans.

"Cela va l’encontre des idéaux de l’islam, en ce sens que nous sommes une religion pacifique [sic] ,  et nous essayons ... à ce stade, de définir notre image dans le monde, et je ne pense pas qu’une image de violence ou une représentation de violence à la mosquée soit appropriée".

M. Rahman s’est dit opposé au rôle du Canada dans la mission de l’OTAN en Afghanistan. La perspective d’adhérer à une organisation militaire dont les troupes se battent dans un pays musulman est anathème pour de nombreux musulmans canadiens, a-t-il ajouté.

"Je ne suis pas d’accord avec les raisons pour lesquelles nous sommes allés en Afghanistan. Si c’était véritablement une mission de maintien de la paix, je serais d’accord. L’Afghanistan est beaucoup plus compliqué et je pense que la seule raison pour laquelle nous sommes allés là-bas c’est les États-Unis", a dit M. Rahman.

"J’ai entendu dire que les deux recruteurs sont musulmans. Je respecte ce qu’ils font. Je ne suis pas d’accord avec ce qu’ils font. Je ne pense pas que cela aiderait d’avoir des soldats musulmans canadiens en Afghanistan".

Toutefois, le directeur de la jeunesse de la mosquée, Imaad Ali, a déclaré que de nombreux jeunes musulmans sont intrigués par une carrière dans l’armée.

M. Ali, qui a contribué à l’organisation de l’événement, a déclaré qu’il aimerait voir plus de musulmans dans l’armée. La plupart des personnes qui ont exprimé leur opposition à l’événement, a-t-il dit, sont des professionnels éduqués. "Ils perçoivent l’armée comme un potentiel d’aller à la guerre et de se battre".

M. Ali a dit qu’il est en désaccord, ajoutant qu’il y a aussi un aspect patriotique à se joindre à l’armée. Beaucoup de ses contemporains, dit-il, "ne savent pas d’où est venue la démocratie, et que les gens ont dû se battre et sacrifier leur vie pour la gagner".

Les Forces canadiennes ont environ 200 musulmans, a dit M. Ali, alors que les militaires ne pouvaient pas confirmer ces statistiques.

Source du texte : MILITARY WORLD

mardi, 26 août 2008

Les janissaires, fer de lance de la conquête ottomane

janissaire.jpgC'est est sans doute dans la deuxième moitié du XIVe siècle que furent fondés les janissaires. Pour partie esclaves de la maison d'Osman, ils constituèrent une troupe d'élite, instrument de pouvoir majeur de la dynastie ottomane. Tout en restant fidèles à cette dernière, les janissaires n'hésitèrent pas à intervenir avec force dans la vie politique de l'Empire – jusqu'à obtenir l'abdication de certains sultans – pour défendre leurs intérêts matériels face à un État souvent mauvais payeur. Nicolas Vatin évoque pour nous l'histoire de ce corps si particulier, du temps de sa splendeur au soulèvement de 1826 qui précipita sa disparition.

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mardi, 08 juillet 2008

Royaume Uni : Sharia Law could have UK role

LordPhillip.jpgSHARIA law could play a role in some parts of the legal system, the most senior judge in England and Wales said today.

The Lord Chief Justice, Lord Phillips of Worth Matravers, emphatically ruled out the possibility of sharia courts sitting in this country or deciding penalties but explained comments made by the Archbishop of Canterbury Dr Rowan Williams.

But in a speech at the East London Muslim Centre in Whitechapel he said there was no reason why sharia principles could not be used in “mediation or other forms of alternative dispute resolution”.

Sharia – a set of principles governing the way that many Muslims believe one should live one’s life – suffered from “widespread misunderstanding” by the rest of the world, he added.

Lord Phillips said : “There is no reason why sharia principles, or any other religious code, should not be the basis for mediation or other forms of alternative dispute resolution.

“It must be recognised, however, that any sanctions for a failure to comply with the agreed terms of mediation would be drawn from the laws of England and Wales.”

The Lord Chief Justice told his audience that severe physical punishments such as flogging, stoning and the cutting off of hands would not be acceptable.

He added : “There can be no question of such courts sitting in this country, or such sanctions being applied here.

“So far as the law is concerned, those who live in this country are governed by English and Welsh law and subject to the jurisdiction of the English and Welsh courts.”

The judge said the Archbishop of Canterbury, Dr Rowan Williams, had been misunderstood when it was reported in February that he said British Muslims could be governed by sharia law.

Dr Williams suggested that sharia could play a role in “aspects of marital law, the regulation of financial transactions and authorised structures of mediation and conflict resolution”.

The Lord Chief Justice said today : “It was not very radical to advocate embracing sharia law in the context of family disputes, for example, and our system already goes a long way towards accommodating the Archbishop’s suggestion.

“It is possible in this country for those who are entering into a contractual agreement to agree that the agreement shall be governed by a law other than English law.”

Source du texte : WALES ON LINE.CO.UK

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mardi, 17 juin 2008

L'Islam n'est pas seulement une religion. C'est un système complet.

 

JIHAD.jpgThe following is adapted from Dr. Peter Hammond's book : Slavery, Terrorism and Islam : The Historical Roots and Contemporary Threat :

Islam is not a religion nor is it a cult. It is a complete system.

Islam has religious, legal, political, economic and military components. The religious component is a beard for all the other components. Islamization occurs when there are sufficient Muslims in a country to agitate for their so-called "religious rights".

When politically correct and culturally diverse societies agree to "the reasonable" Muslim demands for their "religious rights", they also get the other components under the table. Here's how it works (percentages source CIA : The World Fact Book - 2007).

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vendredi, 23 mai 2008

Les prisons françaises sont remplies de musulmans

1341449442.jpgAfter passing a bulletproof window, El Alaoui Talibi trudges through half a dozen heavy, locked doors to reach the Muslim faithful to whom she ministers in the women's cellblock of the Lille-Sequedin Detention Center in far northern France. 

It took her years to earn this access, said El Alaoui Talibi, one of only four Muslim holy women allowed to work in French prisons. "Everyone has the same prejudices and negative image of Muslims and Islam," said Moroccan-born El Alaoui Talibi, 47, the mother of seven children. "When some guards see you, they see an Arab ; they see you the same as if you were a prisoner."

This prison is majority Muslim -- as is virtually every house of incarceration in France. About 60 to 70% of all inmates in the country's prison system are Muslim, according to Muslim leaders, sociologists and researchers, though Muslims make up only about 12% of the country's population.

On a continent where immigrants and the children of immigrants are disproportionately represented in almost every prison system, the French figures are the most marked, according to researchers, criminologists and Muslim leaders.

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lundi, 07 avril 2008

La justice néerlandaise autorise Geert Wilders à exprimer librement ses idées anti-islam

238266049.jpgLe tribunal de La Haye (Pays-Bas) a estimé lundi que le député d'extrême-droite Geert Wilders était libre d'exprimer ses idées anti-islam dans son film "Fitna", au nom de la liberté d'expression indispensable à tout homme politique.

Dans son avis, le tribunal a expliqué que le point de vue exprimé dans "Fitna" n'enfreignait pas la loi interdisant l'encouragement à la haine ou la violence. 

En tant que député, Geert Wilders "doit pouvoir - parfois dans des termes crus - exprimer ses opinions", a estimé le tribunal. "Dans ce contexte, il ne peut être dit que les propos de Wilders - même s'ils sont provocateurs - sont un encouragement à la haine ou la violence à l'égard des musulmans".

Le film de Geert Wilders associe des extraits du Coran, des propos d'intégristes et des images d'actes terroristes attribués à des islamistes, comme les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Il a entraîné de nombreuses manifestations d'opposition dans les pays musulmans. 

La Fédération islamique des Pays-Bas avait retiré la pétition qu'elle avait initialement adressée à la justice pour exiger son interdiction. Elle avait en revanche demandé au tribunal de La Haye d'empêcher Geert Wilders de faire des déclarations jugées insultantes envers les musulmans "par écrit, dans un film ou de vive voix" et de l'obliger à présenter des excuses pour ses précédentes déclarations, notamment celles où il comparait "Fitna" à "Mein Kampf" d'Adolf Hitler. Ce qu'il a refusé.

Geert Wilders a salué la décision du tribunal. "J'ai toujours pensé que, dans le contexte du débat politique actuel, je devais pouvoir dire ce que je pense, c'est-à-dire que je vois le danger et la menace de l'Islam pour notre pays et l'Occident", a-t-il déclaré à l'Associated Press. "En tant qu'homme politique, on doit pouvoir dire ce que l'on pense".

Source du texte : LA TRIBUNE.FR

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mardi, 25 mars 2008

Afghanistan : envoi de soldats français supplémentaires

1701243024.jpgLe ministre de la Défense Hervé Morin a expliqué mardi que l'envoi de nouveaux soldats français en Afghanistan serait décidé par Nicolas Sarkozy au vu des discussions du sommet de l'OTAN début avril, tandis que son homologue des Affaires étrangères Bernard Kouchner confirmait un renforcement des troupes, l'inconnue portant selon lui sur le nombre de militaires concernés.

"On voit très bien que le contrôle militaire ne suffit pas, qu'il faut un plan global pour l'Afghanistan, et c'est de ça dont le président de la République va discuter à Bucarest (au sommet de l'OTAN NDLR)", a déclaré M. Morin sur LCI. "C'est à partir des réponses qui seront apportées à cette démarche globale que le président de la République décidera, ou non, de mettre des forces complémentaires". 

Bernard Kouchner a pour sa part indiqué que "le chiffre sera précisé par le président de la République, mais il a dit très clairement que oui, nous augmenterions le nombre de nos soldats".

"La France a toujours dit qu'elle renforcerait ses troupes mais qu'il faut pour cela une réflexion, alors là véritablement stratégique, c'est-à-dire parler ensemble, tous ceux qui sont là-bas, parler de notre manière d'aborder, d'être avec, d'aider le peuple afghan", a-t-il ajouté sur Europe-1. 

Le "Times" avait annoncé le 22 mars que Nicolas Sarkozy devrait annoncer dans la semaine au premier ministre britannique Gordon Brown, l'envoi de 1.000 soldats supplémentaires en Afghanistan. 

Actuellement, 1.300 soldats français sont stationnés en Afghanistan dans le cadre de la mission de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN.

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vendredi, 21 mars 2008

La capitale européenne sera musulmane dans 20 ans.

Aujourd'hui, un tiers de la population est musulmane et les jeunes générations sont plus pratiquantes.

La capitale européenne sera musulmane dans vingt ans. C'est du moins ce qu'affirme une étude publiée la semaine dernière dans le quotidien La Libre Belgique. Près d'un tiers de la population de Bruxelles étant déjà musulmane, indique Olivier Servais, sociologue à l'Université catholique de Louvain, les pratiquants de l'islam devraient, en raison de leur forte natalité, être majoritaires "dans 15 ou 20 ans". Depuis 2001, Mohamed est, chaque année, et de loin, le premier prénom donné aux garçons nés à Bruxelles.

"Il faut relativiser ces chiffres, insiste Mahfoud Romdhani, député socialiste et vice-président du Parlement francophone bruxellois. Les immigrés de pays musulmans ne sont pas tous musulmans ! Moi-même, je suis de culture musulmane, mais agnostique." Olivier Servais se veut d'ailleurs prudent sur les projections à long terme, Bruxelles subissant des flux de population importants en tant que capitale de l'Union européenne.

Reste, constate La Libre Belgique, que "si leurs parents n'étaient guère pratiquants", pour faciliter l'intégration dans leur pays d'accueil, "les jeunes marquent un retour important vers le fait religieux". Quelque 75 % des musulmans s'estiment aujourd'hui pratiquants. Auteur d'Infiltrée parmi les islamistes radicaux*, la journaliste flamande Hind Fraihi va plus loin : "Les jeunes sont de plus en plus radicalisés, affirme-t-elle. Ils rejettent les valeurs occidentales, même leurs parents s'en inquiètent. À Bruxelles, il existe des îlots, comme Molenbeek, où l'on a parfois du mal à se croire en Belgique…"

Du bazar Tafoukte à la bijouterie Mohammed, les musiques du Maghreb envoûtent le passant. Encombrée de seaux en plastique multicolores, de chaussures de sport et de caftans chatoyants, la ruelle piétonnière du Prado conduit à la mairie de Molenbeek, le quartier marocain de Bruxelles. Presque toutes les femmes sont voilées et les commerçants parlent arabe. "On se sent mieux, ici, qu'en France ou en Espagne, assure Akim, gérant d'un magasin de vêtements. Peut-être parce qu'on est une grande communauté. C'est comme au pays !"

Il y a quelques années, raconte Philippe Moureaux, le bourgmestre PS de Molenbeek, "des musulmans sont venus me trouver : ils voulaient que je sois le “président” de leur nouvelle mosquée…". C'est dire si cet ancien ministre, pourtant agnostique, est bien vu par le "gros tiers" de musulmans parmi ses 83 000 administrés. Création d'un Conseil consultatif des mosquées doté d'allocations de la mairie, ouverture d'un abattoir municipal pendant la fête du sacrifice, présentation d'une liste électorale comprenant une majorité de musulmans… "Ce sont des gestes de respect qui m'ont valu la confiance de cette communauté, explique le bourgmestre. On a été très loin, certains disent trop loin. Mais pour moi, la seule solution, c'est l'ouverture."

Selon Alain Escada, président de l'association Belgique et chrétienté, "on va d'abandon en abandon". "De plus en plus de cantines introduisent des menus halal aux dépens des chrétiens, déplore-t-il. Les autorités ne font plus leur travail : les politiques, qui, avec une vision à court terme, sont prêts à tout pour séduire un nouvel électorat, mais aussi le clergé, qui met les musulmans et les chrétiens sur un pied d'égalité, alors que c'est loin d'être réciproque : voyez cet archevêque assassiné récemment en Irak !"

Pour l'instant, "l'essentiel de l'islam belge est paisible et familial, souligne Olivier Servais, mais un jour il y aura peut-être une revendication claire d'islam. Je n'exclus pas des explosions sociales." Des partis communautaristes, redoute-t-il, pourraient capitaliser sur le taux de chômage très élevé à Bruxelles (plus de 20 % de la population), qui frappe notamment la population musulmane. Jean-François Bastin, un Belge de 65 ans coiffé d'un turban à carreaux et la barbe teinte au henné, s'appelle aujourd'hui Abdullah Abu Abdulaziz Bastin. Converti à l'islam, il a fondé en 2004 le Parti des jeunes musulmans. Abdullah ne serre pas la main des femmes. "C'est tromper Allah, lâche-t-il. C'est aussi tromper celle à qui l'on donne la main, en lui faisant croire que vous êtes égaux. Mais je vous fais un grand sourire !" s'empresse-t-il d'ajouter.

Lui-même clame que les sourires, que certains politiques font aux musulmans ne sont qu'une "instrumentalisation grossière : Il y en a assez de cette sorte de néocolonialisme, s'emporte-t-il. Ils prétendent qu'ils vont nous défendre, et ensuite ils interdisent le foulard à l'école !". Aux dernières élections municipales, le PJM, qui ne se présentait que dans deux quartiers de Bruxelles, a rassemblé moins de 5.000 voix. "Nous pourrions prendre appui sur cette étude pour exiger plus de mosquées visibles, des appels à la prière, des cimetières, des écoles, des maisons de retraite…, s'emballe le converti. Moi je dis aux musulmans : “Perdez cet esprit de colonisé ! Les colons se sont fait bouter hors d'Algérie, c'est peut-être ce qui se passera ici.”» Les immigrés, conclut-il, en ont assez fait, et «même trop» pour s'intégrer : «c'est désormais à la Belgique de s'adapter".

Source du texte : FIGARO.FR

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vendredi, 22 février 2008

Kosovo : la solidarité musulmane va-t-elle fonctionner ?

a3edc7acb04ee0080aac4a5aed436c92.jpgLa liste des pays prêts à reconnaître le Kosovo indépendant s'accroît progressivement. Mais de nombreux pays, dont des Etats arabes et musulmans, hésitent encore, bien que Washington les pousse à faire preuve de solidarité avec les musulmans du Kosovo. Quelle en est la cause ?

Au cours d'un point de presse qui a suivi la proclamation de l'indépendance du Kosovo, le sous-secrétaire d'Etat américain pour les affaires politiques Nicholas Burns a salué la reconnaissance de cette démarche par l'Organisation de la conférence islamique (OCI) et donc par les gouvernements des Etats faisant partie de cette structure : "Nous considérons comme très positif le fait qu'un Etat musulman, un Etat à majorité musulmane, ait été créé aujourd'hui".

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mercredi, 20 février 2008

Réflexions sur la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo

9db75d435c7481c9ddffc8e57a332199.jpgLa question se pose : faut-il ou ne faut-il pas reconnaître l’indépendance du Kosovo ? En d’autres termes, peut-on reconnaître le droit d’une population, disposant d’un parlement infra-étatique, à proclamer son indépendance, si la majorité de ses représentants sont en faveur d’une telle démarche ?

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dimanche, 27 janvier 2008

Islamistes radicaux : parcours

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  • Les jeunes issus de l'immigration

Les auteurs de l'attentat contre des touristes commis à Marrakech au Maroc, en 1994, sont des jeunes venus de la cité des 4 000 à La Courneuve (en région parisienne). Ils se sont radicalisés sous l'influence d'un Marocain travaillant en France comme enseignant de collège, Abdellah Ziyad. Redouane Hammadi (né en 1970, pas spécialement religieux) est parti à Peshawar en mai 1992, avec Abdelkrim Afkir. Il a participé ensuite en France à une série de hold-up, puis s'est rendu au Maroc, avec Stéphane Aït Iddir né en 1975, fils de harki, pour perpétrer l'attentat. En 1995, c'est le groupe de Khaled Kelkal, né en France et réislamisé en prison, qui a commis une série d'attentats meurtriers : contre le TGV (26 août 1995), à la station de métro Maison-Blanche et dans le RER au musée d'Orsay (17 octobre). Khaled Kelkal a été tué le 28 septembre 1995 par la police. Le groupe était composé de jeunes venus surtout de la banlieue lyonnaise.

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mercredi, 19 décembre 2007

Télévision : Al Andalus, l'Espagne et le temps des califes

ab64ba9b7f7cfa8235c236640b566a81.jpgDébarquant en Espagne en 711, Abd-al-Rahmân prend le pouvoir à Cordoue en 756. L'émirat Al Andalus se distingue par son autonomie à l'intérieur de l'islam et par son rayonnement dans le monde méditerranéen. A l'époque du califat de Cordoue, fondé en 939, la ville est une puissante métropole culturelle. Mais des Berbères s'emparent de la cité au XIe siècle et détruisent le palais d'Abd-al-Rahmân, emblème du califat.

L'Espagne musulmane est alors divisée en plusieurs taïfas, dont émergent les royaumes de Grenade et de Séville, où la culture et la science continuent de se développer dans le respect de la pluralité des religions. Les taïfas du Nord se placent sous protection des chrétiens et le pape Alexandre exige que les musulmans soient chassés de la péninsule ibérique. Mais ce n'est pas le fondamentalisme chrétien qui met un terme à la tolérance religieuse. Les premières attaques viennent de musulmans défavorisés et fanatiques, qui jalousent la réussite des juifs séfarades.

 

Ce soir sur Arte

20h40

Durée : 115 mn

Rediffusions :    23 décembre à 23h35

                            25 décembre à 09h55

 

 

3b02a66c27d13af39f61920498566e9d.jpgA voir également sur Arte

le 23 décembre à 20h40 : LE CID

Avec Charlton Heston et Sophia Loren, une adaptation fidèle des aventures du célèbre héros de l’Espagne médiévale, déchiré entre l’amour et l’honneur. Une superproduction flamboyante.

Pour venger l’honneur de son père, don Diègue, publiquement insulté, Rodrigue tue don Gormas, le père de celle qu’il aime, Chimène. Celle-ci crie vengeance et promet au comte Ordonez de l’épouser s’il tue Rodrigue. Mais ce dernier est sauvé par un émir arabe à qui, jadis, il avait laissé la vie sauve. Devenu en Castille le héros du roi Ferdinand dans le combat de la Reconquista menée contre les Maures, celui que l’on surnomme désormais El Cid – le “chef”, le “seigneur”, en dialecte arabo-andalou – demande la main de Chimène, qui la lui refuse et se retire dans un couvent… 

 

Code d’honneur

Dans l’Espagne du XIe siècle, le Cid, personnage héroïque aux vertus morales exceptionnelles, doit sacrifier son amour et son bonheur futur pour venger l’honneur de son père. Intrigues de pouvoir, fourberie et lâcheté le disputent au courage et au dévouement du héros tragique, dont le code d’honneur sans faille dicte le comportement chevaleresque. Dans cette fresque historique à grand spectacle, Anthony Mann adapte fidèlement l’histoire du Cid sans lésiner sur les moyens : décors gigantesques, scènes de bataille grandioses, tout concourt à faire de cette superproduction une épopée intemporelle.

 

Film d’Anthony Mann

Scénario : Fredric M. Frank, Philip Yordan

Avec : Charlton Heston (Rodrigue, le Cid), Sophia Loren (Chimène), Raf Vallone (le comte Ordonez), Geneviève Page (la princesse Urraca), Hurd Hatfield (Arias), Ralph Truman (le roi Ferdinand), John Fraser (le prince Alfonso), Herbert Lom (Ben Yussuf), Michael Hordern (don Diègue), Andrew Cruickshank (le comte Gormas)

Image : Robert Krasler

Musique : Miklos Rozsa

Production : Samuel Bronston Productions, The Rank Organisation Films Productions, Dear Film Produzione

ARTE/ZDF, États-Unis/Italie, 1961, 2h52mn, VF

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Maroc : quels musulmans sommes-nous ?

26c743019c6be9dab04a4e1f93cedc76.gifDes chiffres, des chiffres. Trois chercheurs reconnus ont uni leurs efforts pour décrypter clairement, simplement, chiffres à l'appui, les liens très complexes des Marocains avec l'islam. Pratiques, croyances, comportements... tout est passé au peigne fin. La vérité des chiffres, largement inédite, offre une nouvelle lecture de nos mœurs, nos jugements et nos traditions. Le détail anecdotique (combien parmi nous ont un exemplaire du Coran et combien l'ont appris par cœur), les réflexes de “culture” (combien approuvent la mixité dans les écoles, les plages, etc.), les opinions bien arrêtées (combien admettent l'ingérence de la religion en politique), les questions de société (voile, jeûne), les sujets d'actualité (combien sommes-nous à “sympathiser” avec le jihad, à appeler au takfir, à approuver encore la polygamie), etc. Toutes vos questions auront des réponses en chiffres et en lettres, dans un document inédit dont TelQuel publie, en exclusivité, les meilleurs passages.

 

87% ont le Coran chez eux

S'agissant de la lecture (du texte coranique), ils sont 5,6% à le lire tous les jours, 28,1% à le faire de temps à autre et 58,9% à ne jamais l'avoir fait. Seuls 1,4% des enquêtés mémorisent la totalité du Coran, 5,6% en mémorisent quelques ahzab et 82,1% en mémorisent seulement quelques sourates. 11% de la population déclarent n'en rien mémoriser. Le fait scolaire se révèle un élément de distinction au sujet de cette mémorisation. L'âge aussi. Le taux de ceux qui n'ont rien

mémorisé du Coran est de 6,8% des personnes scolarisées contre 22,9% de non scolarisées chez les 18-24 ans, alors que chez les 60 ans et plus, le taux de non-mémorisation est de 16,7% chez les personnes non scolarisées contre 0% chez les scolarisées d'entre elles.

 

60% ne considèrent pas comme musulman quelqu'un qui ne fait pas le ramadan

Nous savons que, par rapport à la pratique du jeûne, le degré de tolérance est faible. On accepte plus facilement une personne qui ne fait pas la prière qu'une personne qui casse le jeûne : 59,9% des enquêtés ne considèrent pas comme musulman quelqu'un qui ne fait pas le jeûne contre 27,9% qui pensent le contraire. Quelle attitude observer à l'égard d'une personne qui ne jeûne pas ? Ils sont 44,1% à considérer que cette personne doit être punie jusqu'à ce qu'elle reprenne le droit chemin, 40,8% à trouver qu'il s'agit d'une question privée et qu'on est libre de ne pas jeûner et 14,2% à penser qu'il faut jeûner par conformisme. Par ailleurs, 82,7% des enquêtés ne sont pas d'accord pour que les cafés et les restaurants restent ouverts la journée pendant le mois de ramadan, pour les musulmans ne pratiquant pas le jeûne. S'agissant de leur ouverture pour des non musulmans, le taux des “non tolérants” baisse (41,7%). 

(…) Le rapport particulier au jeûne du ramadan transparaît à propos du degré de tolérance envers sa propre progéniture. Si moins de 1% des femmes consentiraient à préparer le repas à leurs enfants non jeûneurs et seulement 11% accepteraient qu'ils le préparent eux-mêmes à la maison pendant le mois de ramadan, 70% d'entre elles refusent toute idée de complicité active ou passive avec leurs propres enfants. 

 

57% désapprouvent la mixité dans les plages

La mixité est approuvée par 50,7% des répondants lors des mariages alors que 40,9% la rejettent. Néanmoins les comportements sont plus souples : dans la pratique, 67,1% des répondants assistent à des cérémonies mixtes. On peut parler, à cet égard, d'un léger décalage entre l'idéal - la séparation des sexes - et le comportement qui serait davantage orienté par des contraintes sociales et familiales. Par ailleurs, la mixité à l'école est largement approuvée (77,2%). C'est la plage, un espace où le corps, notamment celui de la femme, poserait problème, qui constitue un lieu où la mixité acquiert un sens particulier. Il y a 57,4% des répondants qui désapprouvent la mixité sur les plages. On peut conclure que l'attitude à l'égard de la mixité n'est pas absolue, et qu'elle varie selon les lieux et les contextes.

 

16% souhaitent adhérer à une association religieuse

Parmi les personnes interrogées, 7% sont membres d'une association de la société civile. Pour avoir une idée sur les prédispositions des répondants, nous leur avons demandé de choisir le type d'association auquel ils souhaiteraient adhérer. Les réponses montrent que 43% rejettent toute adhésion future à une association, 24% optent pour les associations de bienfaisance, 16,5% pour les associations religieuses et 11,3% pour les associations des droits de l'homme.

 

9 sur 10 croient aux jnoun et au mauvais œil

Les répondants croient à 90,9% au mauvais œil et à plus de 85% aux jnoun et à la magie noire (s'hour). Ils sont 70,7% à croire au tqaf et 37,6% à la voyance. Ces variations seraient liées au degré d'autorité des croyances elles-mêmes. Celles qui sont relatives aux jnoun, à la magie noire et au mauvais œil sont consacrées à la fois par les croyances orthodoxes et par les traditions locales, alors que le tqaf et la voyance ne relèvent que des traditions locales. Il y a des croyances qui sont l'objet d'une adhésion plus forte, que les gens soient instruits ou pas. Des taux élevés sont observés chez les répondants ayant un niveau d’études supérieures : plus de 77% croient aux jnoun, au mauvais œil et à la magie noire. Il faut noter par ailleurs que les pratiques rituelles et les croyances ne coïncident pas forcément : 67% des répondants font la prière alors que 91% croient aux jnoun.

 

34% considèrent la télévision comme la première source d'information religieuse

L’identification des sources d'information religieuses permet d'apprécier le degré et la nature des connaissances dans le domaine religieux. Certaines agences religieuses traditionnelles jouent encore un rôle dans la diffusion de la connaissance religieuse. Ainsi, la principale source en la matière est représentée par les imams des mosquées pour 24,7% des enquêtés et par les prédicateurs pour 5,8%. Sur ce plan, le poids des zaouias et des associations religieuses est quasi inexistant (moins de 1%). La famille et les parents, assez présents lorsqu'il s'agit des pratiques rituelles comme la prière et le port du hijab, n'ont plus qu'un rôle secondaire au niveau des connaissances religieuses (11,4%). Par contre, la part accordée à l'apport des amis s'élève à 23,7%. Cependant, le changement le plus remarquable par rapport au dispositif traditionnel consiste dans l'avènement de la télévision qui constitue la source première de l'information religieuse pour plus du tiers des répondants (34,5%). Parmi ceux-ci, 61,2% citent des chaînes arabes orientales spécialisées en matière religieuse, 47% des chaînes marocaines, et 24,1% des chaînes arabes orientales généralistes. Les autres nouveaux supports, comme la cassette audio (11,9%), le DVD (6,1%) et l'Internet (1,7%), sont peu utilisés.

 

84ac93bc56f8244a46b60469dec4ef5d.jpg83% approuvent le port du voile

Quand on pose directement la question de savoir quelle attitude avoir à l'égard du port du hijab, la part des répondants qui l'approuvent atteint 83,2%, dont 64,9% pour des raisons religieuses et 17,2% pour des raisons non religieuses (pudeur, respect). Cependant, approuver le port du hijab est une chose, mais en faire une obligation pour la femme musulmane en est une autre. En effet, 75% des répondants trouvent qu'une femme peut être considérée comme musulmane sans porter le hijab, alors que 9,9% pensent le contraire.

 

28% pensent que la religion doit guider la vie politique

L’une des questions a été formulée comme suit : “A votre avis, la religion doit-elle guider la vie personnelle seulement ou la vie politique aussi ?”. Selon 26,3% des répondants, la religion doit être limitée à la vie personnelle et 28,9% pensent qu’elle doit guider la vie politique. Cependant, ce qui est remarquable, c'est le taux élevé des répondants qui ne savent pas quelle position prendre (44,8%). Sur le rapport entre la religion et la politique, les résultats obtenus sont proches des précédents : il y a 24,9% des répondants qui trouvent que la religion devient dangereuse quand elle se mêle de politique et 26,1% pensent le contraire. Dans ce cas aussi, le taux des répondants sans opinion est élevé (48,8%). Mais lorsque la question concerne directement les acteurs et les organisations politiques, alors le taux des répondants voulant séparer la religion et la politique augmente. En effet, 41,5% pensent que les hommes politiques ne doivent pas se mêler de la religion et 18,1% pensent le contraire. D'un autre côté, 35,4% pensent que les spécialistes du religieux (oulémas, prédicateurs…) ne doivent pas traiter de politique et 25,2% pensent le contraire. Concernant particulièrement le prêche du vendredi, 33,4% pensent qu'il doit éviter les questions politiques alors que 32% pensent le contraire. L'opinion des répondants est relativement plus tranchée lorsqu'il s'agit de partis politiques qui se présentent comme religieux : 47,6% sont contre ce type de parti politique, 10,3% y sont favorables et 39,6% n'ont pas d'opinions. Nous avons aussi demandé aux enquêtés de classer par ordre de préférence trois qualités de l'homme politique. Ils sont 46,1% à classer l'honnêteté (ma'qul) en premier, 37% à le faire pour la piété, et 14,4% pour l'efficacité.

 

40% refusent toute interaction entre juifs marocains et musulmans marocains

Les attitudes à l'égard des Marocains juifs sont examinées à partir d'une série d'indicateurs. Traditionnellement, maints sanctuaires sont visités par des Marocains juifs et musulmans. Tout récemment, les pèlerinages de Marocains juifs de la diaspora (résidant en Europe, au Canada, aux USA et en Israël) ont donné une nouvelle impulsion aux fêtes célébrées en l'honneur de saints juifs. On peut dire que le contexte officiel est favorable pour ce genre de pèlerinage. 40,0% des répondants sont au courant de l'existence de ce type de sanctuaires. La question d'interdire les cultes juifs ne se pose pas, la tolérance est plus facile à afficher lorsque chacun prie dans son sanctuaire ; mais dans notre cas, il s'agit de cultes interconfessionnels. Il y a 41,6% des enquêtés qui pensent qu'il faut interdire ces cultes et 19,2% pensent qu'il faut les maintenir. Par ailleurs, 45,6% des répondants n'approuvent pas que des chaînes de télévision marocaines retransmettent ces cérémonies et fêtes, alors qu'ils sont 24,1% à l'approuver. Nous constatons donc que 40% au moins des répondants désapprouvent toute interaction entre juifs marocains et musulmans marocains, ceux-ci ne doivent partager ni un sanctuaire, ni un rituel, ni le petit écran. Chacun devant pratiquer séparément sa religion et ses coutumes

 

44% sont favorables à la polygamie

L’attitude à l'égard de la polygamie illustre les différences entre les jeunes et les vieux quant aux valeurs à références religieuses. Si 44,4% de la population est favorable à la polygamie, cette proportion est de 36,9% chez la tranche d'âge 18-24 ans et de 60% chez les 60 ans et plus. La proportion des enquêtés favorables à la polygamie est proportionnelle à leur âge : plus les personnes avancent en âge, plus le taux de celles d'entre elles qui sont favorables à la polygamie augmente. L'opinion favorable à la polygamie se trouve également plus confirmée chez les catégories scolarisées de la population que chez les catégories non scolarisées : 38,1% de scolarisés contre 32,9% de non scolarisés chez les 18-24 ans, 70,3% de scolarisés contre 56,5% de non scolarisés chez les 60 ans et plus.

 

39% acceptent la cohabitation entre croyants et non-croyants

Juridiquement, la nationalité marocaine a un caractère laïc. Mais tel n'est pas le cas lorsqu'il s'agit des représentations dominantes de la nation marocaine fondées sur l'islam. A ce sujet, 41% des répondants approuvent l'idée que la nation marocaine soit composée de Marocains de différentes confessions religieuses, musulmane, judaïque et chrétienne. La cohabitation de croyants et de non-croyants dans un même pays serait plus difficile à admettre. Toutefois, 38,8% des répondants pensent qu'une telle situation est acceptable. Théoriquement, l'hypothèse que toute relation religieuse, matrimoniale et commerciale, avec l'Autre soit bannie, n'est pas exclue.

 

21% des jeunes approuvent les mouvements jihadistes

À la question : “Etes-vous d'accord ou non avec les mouvements jihadistes ?”, les réponses des enquêtés sont partagées et les taux de réponses “ne sait pas” et “sans opinion” sont très élevés : 17,6% de la population répondent par “oui”, 28,9% par “non”, 32,2% par “ne sait pas” et 20,8% sont sans opinion. Cette même distribution des opinions se retrouve également au niveau des catégories d'âge. Mais là aussi, l'accord est proportionnel à l'âge des enquêtés. Plus on est jeune, plus on est d'accord avec les mouvements jihadistes. Ainsi sont d'accord ces 21,8% des 18-24 ans contre 9,7% des 60 ans et plus. Peut-on conclure que les jeunes sont plus jihadistes que les moins jeunes ? Il n'est pas sûr que l'on puisse le faire. Si l'on aborde la question sous l'angle des enquêtés qui affichent leur désaccord avec ces mouvements, on constate également que plus on descend dans la hiérarchie des âges et plus ce désaccord s'amplifie : 31,4% chez les 18-24 ans contre 20% chez les 60 ans et plus.

 

66% se sentent plus proches d'un musulman afghan que d'un chrétien palestinien

à propos d'une question qui demande à la population de l'enquête de désigner, sur la base d'un critère religieux, la personne la plus proche de soi : un musulman afghan, un chrétien palestinien ou un juif marocain. Les réponses à cette question font ressortir que 66,3% des Marocains se considèrent plus proches d'un musulman afghan que d'un juif marocain (12,9%) ou d'un chrétien palestinien (6,3%). Les plus âgés d'entre eux sont les plus catégoriques à cet égard : 82,1% des 60 ans et plus s'identifient à un musulman afghan, 6,9% à un juif marocain et seulement 2,1% à un chrétien palestinien contre successivement 52,9%, 16,7% et 12,3% chez les 18-24 ans. Les plus jeunes se déclarent proches d'un juif marocain dans une proportion plus élevée que les générations plus âgées. Ce sentiment décline également ici avec l'avancée en âge.

 

91% sont favorables à l'usage du haut-parleur pour appeler à la prière de l'aube

Seuls 25,5% des enquêtés disent s'acquitter à l'heure de la prière de l'aube de façon régulière et 41,6% disent s'en acquitter à l'heure de temps en temps. Les plus âgés d'entre eux sont les plus pratiquants et la pratique régulière augmente avec l'avancée en âge. Pourtant la quasi-majorité de la population enquêtée (91,3% de la population), incluant les pratiquants irréguliers et aussi une grande partie des non-pratiquants (ils sont 59,9% chez les 18-24 ans), sont d'accord pour l'usage du haut-parleur pour appeler à la prière de l'aube. Même les jeunes de 18-24 ans se disent à 88,1% d'accord pour l'utilisation du haut-parleur dans ce sens alors que les pratiquants réguliers de la prière de l'aube à l'heure ne représentent que 9,8% de cette catégorie d'âge. Chez les 60 ans et plus, ils sont 96,3% à être d'accord pour un tel usage, mais pour ce qui est de cette catégorie, contrairement aux jeunes, la pratique régulière de la prière de l'aube est conséquente puisqu'elle est de l'ordre de 57,6%.

 

87% des femmes refusent l'avortement par conviction religieuse

Les femmes sont à 89% pour la contraception, soit dix points de plus que les hommes. Sur les 11% (des femmes) qui y sont opposées, 71% le sont pour des raisons religieuses et 25% pour des raisons de santé. Par rapport à l'échantillon global, 3% seulement des femmes sont contre la contraception pour des raisons religieuses. Les résultats sont totalement inversés lorsqu'il s'est agi de l'IVG (ndlr : interruption volontaire de la grossesse, plus communément appelée avortement), 94% des femmes y sont opposées, presque autant que les hommes. 87% des femmes y sont opposées uniquement pour des raisons religieuses et 7% associent dans la même réponse questions de santé et questions de religion. La différenciation entre la contraception et l'IVG montre bien qu'il y a un effort d'interprétation de l'interdit religieux, qui aligne les femmes marocaines sur des positions théologiques communes à plusieurs religions, y compris chez les chrétiens.

 

32% rejettent le crédit bancaire pour raisons religieuses

Ils sont 45% de la population enquêtée à envisager de contracter un crédit bancaire avec intérêt, en cas de besoin, 37,5% d'entre eux rejettent l'idée de le contracter et 22% qui ne savent pas quoi faire. Mais le rejet du crédit bancaire n'a pas que des raisons religieuses. Bien au contraire, l'argument religieux n'apparaît que chez une minorité de ceux qui n'envisagent pas de prendre de crédit bancaire lorsqu'ils ont besoin d'argent. 65,8% des enquêtés avancent des raisons non religieuses à leur rejet du crédit bancaire contre seulement 32,6% qui évoquent une raison religieuse.

 

84% désapprouvent le takfir

Un Marocain a t-il le droit de déclarer un autre Marocain impie (kafir) ? Seuls 4,4% de la population enquêtée répondent par “oui” contre 84,3% de “non”, avec 8,8% de “ne sait pas” et 2,4% de “sans opinion”. Le taux du “oui” augmente lorsqu'on descend dans la hiérarchie des âges et le taux du “non” augmente modestement lorsqu'on avance en âge : 5,1% des 18-24 ans contre 2,1% des 60 ans et plus répondent par “oui” contre respectivement 83,3% et 86,2% de “non”.

 

75% refusent qu'un musulman change de religion

Lorsqu'on évoque avec les enquêtés l'hypothèse de la présence d'étrangers non musulmans et du besoin de garder ouverts les restaurants, les refus sont moins spectaculaires mais restent très élevés pour un pays qui aspire à accueillir 10 millions de touristes et à servir de terre d'asile pour les nouveaux retraités européens en quête de soleil. Une femme sur deux leur refuse le privilège de se restaurer dans des lieux publics, alors que seul un homme sur trois partage cet avis. 

On peut dire globalement que, sur les questions relatives à la tolérance, les femmes s'avèrent moins tolérantes que les hommes ; elles sont 75,5% à ne pas concevoir le mariage de leur proche avec une fiancée de confession israélite contre 67,5% des hommes. Les femmes sont aussi plus nombreuses à ne pas accepter l'idée qu'un musulman change de religion 77,5% (72,9% pour les hommes).

 

80% sont contre la présence des imams femmes

La majorité des femmes ont une opinion arrêtée sur la question de la guidance de la prière par une femme : 84,5% d'entre elles sont contre une telle pratique, presque autant que les hommes ! 80% des femmes ont par ailleurs une opinion sur le costume islamique masculin, 50% d'entre elles pensent que les hommes n'ont pas d'obligation dans ce domaine. Elles sont 91% à avoir une opinion sur le costume dit autorisé pour les femmes et 63% d'entre elles à penser qu'il est obligatoire, un peu moins que les hommes qui partagent le même avis à hauteur de 69%. Sur la question du hijab, toutes les femmes interrogées se sont prononcées : elles sont 84% à penser qu'il est souhaitable de le mettre et 8% à se déclarer opposées à son port.

 

28% considèrent ceux qui ne font pas la prière comme non musulmans

Près des deux tiers des enquêtés (65,7%) pratiquent régulièrement la prière, 8% prient mais de manière irrégulière, 11,7% ont cessé de prier et 14,6% ne l'ont jamais fait. Les pratiquants qui se rendent régulièrement à la mosquée sont de 5,9 % (5,7 % pour la prière de l'aube). A défaut d'enquêtes antérieures, aucune comparaison dans le temps, en termes de régression ou de progression, ne peut être faite. Dans tous les cas, la place que la prière occupe dans la définition du musulman est une question controversée. A cet égard, certains docteurs tiennent la prière pour une condition nécessaire, d'autres estiment que celui qui ne fait pas la prière reste quand même un musulman, mais un musulman désobéissant ('açi) ou incomplet (naqeç). Dans notre enquête, 54,8% des répondants trouvent qu'une personne qui ne fait pas la prière peut être considérée comme musulmane et 28% pensent le contraire. Ceux qui recourent aux catégories de musulman “désobéissant” ou “incomplet” sont faiblement représentés (1,4%).

 

66% pensent que dans l'islam, il y a solution à tout

La majorité des Marocains considèrent la religion musulmane comme une religion supérieure, valable en tout temps et en tout lieu. Les musulmans, qu'ils soient théologiens ou adeptes, ont toujours donné cette définition à l'islam.

(…) 66% des enquêtés pensent que dans l'islam, il y a solution à tout, contre seulement 5,8% qui pensent le contraire, alors que 20,9% des enquêtés déclarent ne pas savoir et 6,9% n'ont pas d'opinion. Et, s'il y a dans l'islam une solution à tout, alors ce serait dans quel domaine au juste ? La réponse est : 99,3% pour les relations sociales (mou'amalât), à 95,7% pour la santé et la médecine, à 91,7% pour l'économie, à 88% pour la politique et à 77,7% pour la technologie.

 

D'abord musulmans, ensuite Marocains, arabes, etc.

L’identité musulmane est l'identité dominante de notre population. La majorité des Marocains se définissent d'abord comme musulmans, puis comme Marocains. Les identités arabe, berbère et africaine viennent successivement en troisième, quatrième et cinquième positions.

(...) Pour toutes les catégories d'âges, la hiérarchie de ces composantes est la même : musulmane, marocaine, arabe, berbère et africaine. Elle est ainsi pour les jeunes comme pour les générations âgées mais dans des proportions différentes. L'identité musulmane est placée au premier rang par 66,9% des 60 ans et plus et par seulement 49,8% chez les 18-24ans. 15,7% de cette dernière population l'ont même classée en troisième position comme l'ont fait 6,9% des 60 ans et plus. En revanche, l'identité marocaine est classée au premier rang par 32,1% des 18-24 et par 22,1% des 60 ans et plus. L'identité arabe est placée en tête des identités par 7,8% de la population des 18-24 ans et, fait très frappant, par 0,7% des 60 ans et plus. Au final, l'identité musulmane est très affirmée par les vieux comme par les jeunes. L'identité marocaine est plus marquée chez cette dernière catégorie que chez la tranche d'âge la plus avancée.

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mardi, 04 décembre 2007

La guerre de civilisation islamique contre la Modernité occidentale

edc2d0e3a8a2703d017845de4d48a236.jpgA la différence de l’Occident, l’islam, dans sa grande diversité ethnolinguistique, juridico-religieuse et politique, conserve les éléments de sa Tradition propre. Dans la Tradition islamique indiscutée, les deux aires géographiques sont à considérer : la Maison de l’islam et le monde des Infidèles. Soit encore, la géographie de la Vérité et la géographie des erreurs. Tant que la "Vérité" n’aura pas triomphé des erreurs, les deux mondes seront en guerre. C’est la raison pour laquelle la tradition islamique nomme le monde des Infidèles, la Maison de la Guerre. 

L'objectif de la Tradition islamique est alors double : consolider la géographie soumise (islam signifie soumission) et élargir au reste de la Terre la soumission. Le Coran contient un certain nombre de références et d'occurrences portant sur la nécessité de mener un combat chez les Infidèles d'une part, à l'intérieur de Soi d'autre part. La guerre sainte ou guerre légale est bien une obligation pour l'ensemble de la communauté musulmane au moins jusqu'au moment où, à défaut d'être convertis, les Infidèles paieront un impôt spécifique faisant d'eux des tributaires. Un bon musulman se conforme donc à l'obligation de guerre sainte, aussi bien à l'intérieur de lui-même, qu'à l'extérieur, en portant le glaive contre les Infidèles. Un bon gouvernement est celui qui, d'une part aide le musulman à être musulman (dans la Maison de l'Islam), d'autre part, contribue à faire reculer les limites de la Maison de l'Islam. 

La doctrine classique de l'Islam affirme donc très clairement que l'action armée visant au triomphe de la Vérité, même tempérée, n'en est pas moins obligatoire. Avec les États non musulmans, seules des trêves temporaires sont possibles ; en aucun cas des traités de paix définitifs. Le droit international classique conçu par les nations chrétiennes et repris par la civilisation occidentale moderne est donc illégitime au regard de la Tradition islamique comme le sont les gouvernements musulmans impies qui s'y conforment en ayant abandonné tout effort d'expansion de l'Islam. 

Ce qui est très caractéristique de la civilisation islamique, est qu'elle ne reconnaît au pouvoir temporel qu'une très faible légitimité. Sans cesse remis en cause, le pouvoir temporel doit prouver qu'il agit conformément à la Tradition. S'il ne le fait pas, les hadiths et les versets du Coran sont là, très nombreux, qui autoriseront la révolte contre le souverain et son assassinat. En Islam classique, rien n'a été rendu à César. Ce qui est considéré comme despotique, donc illégitime, est ce qui s'écarte de la Charia. Et c'est précisément parce que l'Islam est une civilisation encore authentiquement traditionnelle que la légitimité politique s'y définit du dedans de la légitimité religieuse. L'insurgé, le juste devient l'ombre de Dieu sur Terre, autorisé à éliminer le Prince impie. 

L'illégitimité du pouvoir, c'est bien le problème principal que traîne l'Islam depuis des siècles et qui explique l'essentiel des soubresauts sanglants de l'histoire du monde musulman : la fracture sunnites/chiites, les éruptions mahdistes continuelles, les assassinats incessants de califes et de sultans, les sectes apocalyptiques rétives à tout pouvoir califat.... 

Car Muhammad est mort sans laisser de Fils. Or, à la différence de Jésus-Christ, il était un chef à la fois religieux et politique. Il a donné à l'Orient une légitimité religieuse, mais il n'a pas légué de légitimité politique. 

Aujourd'hui, la Tradition islamique est en guerre contre la Modernité occidentale plutôt que contre la civilisation traditionnelle occidentale, laquelle dort du sommeil d'un volcan. 

La guerre porte d'abord contre l'occidentalisation du monde musulman. Ceux que nous appelons des musulmans modérés sont, en réalité, les personnes qui ont quitté, à des degrés divers, la Tradition islamique pour se rapprocher de la modernité occidentale. "L'islam modéré", c'est en fait le monde musulman occidentalisé, c'est-à-dire modernisé, au sens occidental. Et celui que nous appelons islamiste, parce qu'il est de l'intérêt commun des Occidentaux, comme des régimes musulmans modernisateurs de le différencier de l'autre, est en fait un musulman authentique, c'est à dire un croyant enraciné dans la Tradition islamique. "Les islamistes s'en tiennent à la doctrine classique, à la tradition historique ainsi qu'aux textes eux-mêmes, au Coran bien sûr et la Sunna, sur lesquels s'est formé le premier sens du djihad (...) mon hypothèse est qu'ils sont parfaitement orthodoxes", écrit en ce sens l'islamologue Bruno Étienne. 

Cette guerre de la Tradition islamique contre les erreurs intérieures (l'occidentalisation, mais aussi pour les traditionalistes sunnites, l'hérésie chiite), est évidemment complétée d'une guerre contre les intrusions non islamiques dans la Maison de l'Islam : le sionisme, les occupations militaires américaines en Arabie Saoudite il y a encore deux ans, celles en Irak aujourd'hui. Car si les gouvernements musulmans ont le devoir de faire accepter des prêcheurs musulmans dans la Maison des Infidèles (ou Maison de la Guerre), ils leur est en revanche formellement interdit d'accepter l'implantation en terre d'Islam de populations qui ne seraient pas converties ou n'auraient pas été rendues tributaires. 

27c055de00ed7a80d785d995e8824221.jpgSelon la Tradition islamique encore, les trêves avec les Infidèles sont temporairement acceptables, mais dès que le rapport de force le permet, la guerre doit reprendre. La période de la Guerre froide en donne une illustration récente. Nombreux sont les mouvements islamistes qui ont profité durant l'ère de la bipolarité soviéto-américaine de l'appui logistique des services secrets américains parce qu'ils combattaient la progression russe dans la périphérie musulmane de l'U.R.S.S. et parce que les partis communistes et nationalistes arabes menaçaient fortement de laïciser les sociétés arabo-islamiques. Plusieurs pays occidentaux dont les États-Unis et la Grande. Bretagne, Israël avec le Hamas face à l'Autorité Palestinienne de Yasser Arafat, mais aussi de nombreux pays musulmans, ont manipulé les mouvances islamistes, suivant des logiques de court terme, en se servant d'elles pour frapper un adversaire, un voisin. C'est grâce à ces appuis étatiques que les réseaux islamistes ont pu développer une importante logistique armée et financière. Mais les islamistes eux savaient qu'ils étaient alliés avec des gens qui ne croyaient à rien d'autre qu'à des intérêts de court terme ; ils n'oublièrent pas la lutte qu'ils menaient sur le long terme. 

Depuis des siècles, siège au coeur de la Tradition islamique une logique de déstabilisation des pouvoirs temporels musulmans. Ceux qui, en Islam, agissent au nom de Dieu peuvent s'appuyer sur une argumentation solide fournie par la Tradition la plus orthodoxe. Ils ne font que se conformer à l'obligation de djihad ; ils sont donc les véritables héros de la Tradition islamique, ceux dont les noms, bien plus que les chefs d'États musulmans, resteront dans la mémoire longue de l'histoire islamique. 

L'orientaliste Bernard Lewis fait ainsi remarquer à propos de la fameuse secte des Assassins que les Ismaéliens la considérait comme un corps d'élite dans la guerre contre les ennemis de l'Islam. Les meurtriers issus de cette secte qui assassinaient les "oppresseurs et les usurpateurs" recevaient le nom de fedayin (celui qui se dévoue) et gagnaient la félicité éternelle immédiate, sans intercession auprès de Muhammad, comme les kamikazes musulmans aujourd'hui sont réputés intégrer le Paradis à l'instant précis où ils quittent la vie temporelle. 

L'islam agit donc depuis des siècles en guerre asymétrique contre les pouvoirs temporels musulmans. Et cette logique asymétrique est parfaitement intériorisée dans la Tradition islamique, qui sait qu'il lui suffira de disposer toujours, face à des États et des gouvernements temporels puissants, de quelques poignées de fedayins capables d'offrir leur vie en sacrifice. 

La pratique du terrorisme par attentat à la bombe n'est pas une spécificité islamique. Dans les années 1970, les bombes qui explosaient et tuaient des civils, étaient surtout le fait des mouvements radicaux de gauche, en Occident comme chez les Palestiniens laïques (dont les chefs étaient souvent chrétiens), ou des partis marxistes d’Asie. Il serait donc réducteur de faire du terrorisme un phénomène islamique. Le terrorisme est un phénomène très ancien mais dont la montée en puissance correspond à celle de la guerre moderne, à la guerre révolutionnaire, à la guerre des masses, celle qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, fait plus de victimes civiles qu'elle ne terrasse de guerriers. La guerre des bombes.

Pas plus, la logique sacrificielle des kamikazes porteurs de bombes n'est-elle une spécificité de la civilisation islamique. Le suicide comme action de guerre se retrouve dans l'ensemble des civilisations traditionnelles orientales. Les kamikazes japonais en ont donné l'exemple et l'écrivain Mishima en a livré l'esthétique. 

La civilisation moderne d'Occident, de plus en plus étrangère à la logique traditionnelle de l'ascèse et du sacrifice héroïque, ne retient du kamikaze que l'effroyable résultat du geste dans un bus transportant des enfants et des femmes, ou dans un avion venant frapper une tour peuplée de trois mille personnes. 

En réalité, dans ces gestes spectaculaires et meurtriers, il y a deux dimensions qu'il convient de distinguer et d'examiner séparément. 

Il y a tout d'abord quelque chose d'authentiquement traditionnel, le don de sa vie qui est un acte héroïque.

Dans la vision traditionnelle du monde, toute réalité est en effet un symbole et toute action un rite, et il en va de même pour la guerre. La guerre peut revêtir alors un caractère sacré et la guerre sainte se confondre avec la voie de Dieu. Dans la Tradition islamique, les deux guerres saintes distinguées, la petite, menée contre l'ennemi extérieur l'Infidèle, et la grande, menée contre les ennemis que l'homme porte en lui. Dans l'ascèse guerrière de la Tradition islamique, la petite guerre sainte est un moyen pour le musulman de réaliser la grande guerre sainte, celle du chemin personnel vers le Paradis d'Allah. On lit dans le Coran que "la vie de ce monde n'est qu'un jeu et une frivolité" (Coran XLVII, 38). Comme l'avait déjà remarqué le traditionaliste européen Julius Evola dans sa Révolte contre le monde moderne, le Coran est "la formulation islamique de la doctrine héroïque de toutes les civilisations authentiquement traditionnelles".

Je me souviens moi de que j'avais entendu de la bouche d'un Libanais chiite, à propos des Israéliens, lors d'un passage dans le sud du Liban : "Nous voyons leurs avions et leurs chars, mais nous ne voyons pas leurs héros. Nous, nous n'avons ni avion ni char, mais les portraits de nos héros tapissent le bord de nos routes." (1) 

La Tradition islamique accorde beaucoup d'importance au shahid, c'est à dire le témoin de la foi ou martyr, comme en attestent des commentaires coraniques et des hadiths. Dans le chiisme, la mort volontaire et violente du kamikaze fait office de purification et lui assure une arrivée immédiate au Paradis d'Allah. Dès lors, le shahid est délivré de tout péché par son rite sacrificiel et n'a pas besoin de l'intercession de Muhammad. 

La Tradition islamique s'articule aussi, comme toute Tradition et par opposition avec la Modernité occidentale, à la polarité Homme/ Femme. La négation de la différence entre les hommes et les femmes est l'une des raisons qui dressent violemment la Tradition islamique contre l'Occident moderne. 

Dans la Tradition (et ceci est valable dans la plupart des traditions, orientales comme occidentales), le guerrier (héros) et l'ascète sont les deux types fondamentaux de l'archétype masculin, autant que l'amante et la mère le sont le sont pour l’archétype féminin. Il y a deux héroïsmes, l’un actif, masculin, l’autre passif, féminin. L’héroïsme de l’affirmation absolue et l’héroïsme du dévouement absolu. L’islam tente de conserver cette bipartition et l’islamisme vise à la maintenir, parfois en accentuant les traits face à l’assaut de la modernité occidentale, laquelle pousse au contraire les hommes à révéler une part de féminité et les femmes une part de virilité. À cet égard, certains commentateurs font un contresens sur l'interprétation du phénomène des femmes kamikazes dans les rangs du Hamas ou du Hezbollah. Ils croient voir dans la présence de ces femmes, le signe d'une progression vers l'égalité des sexes dans la société islamique. Le contresens est total. Les femmes kamikazes du Levant, qu'elles soient musulmanes ou chrétiennes (car il y eut, dans les armées 1980, au Liban, quelques palestiniennes chrétiennes kamikazes) présentent toutes un trait commun. Leur action sacrificielle s'inscrivit à chaque fois dans le prolongement du sacrifice guerrier d'un mari, d'un frère ou d'un enfant. Nous sommes donc dans l'héroïsme féminin du dévouement absolu, non dans l'héroïsme de l'affirmation. Le cas de la kamikaze palestinienne ou tchétchène est en cela semblable à celui de l'épouse indienne jetant sa vie dans les flammes du bûcher funéraire aryen pour suivre dans l'au-delà l'homme auquel elle s'était donnée, ou à celui de la mère aztèque qu'une mort en cours d'accouchement amenait à l'immortalité céleste, privilège réservé habituellement au seul guerrier mort au champ d'honneur. 

Si l'acte sacrificiel de la mort volontaire est plus traditionnel que spécifiquement islamique, en revanche, ce qui est typiquement oriental dans l'acte de l'attentat suicide, est l'idée que le rachat du sang des siens puisse se faire avec le "sang indifférencié" de ceux du clan adverse. Dans les sociétés sémites, arabe ou juive, la dette de sang est collective. Elle n'est pas personnelle comme dans la Tradition primordiale européenne, sans doute portée à sa quintessence par l'idéal médiéval de la Chevalerie. L'attentat suicide aveugle s'inscrit dans la continuité des actes génocidaires déjà abondamment décrits dans l'Ancien Testament. Un Orient de vengeance où les acteurs principaux se battent en versant, pour l'essentiel, le sang de leurs enfants, de leurs femmes, de leurs parents, de leurs cousins. Orient juif et musulman, Orient sémite. La notion de victime innocente est une notion très occidentale. En Orient, en Asie, la race, le sang, le clan font de vous un coupable. Les kamikazes tuent des enfants juifs pour frapper le gouvernement d'Israël et le sionisme. Israël rase la maison des kamikazes en s'attaquant à leur famille et leurs proches. Lorsqu'un chef du Hamas est visé c'est sa voiture et sa maison, donc sa famille qui indistinctement sont ciblées. 

Logique asymétrique, logique sacrificielle, logique communautaire. Telles sont les trois caractéristiques de cette Tradition islamique qui tente de résister à l'occidentalisation du monde musulman en portant sa guerre en Occident. 

L'enlisement américain en Irak, qui était prévisible ne fait que révéler un peu plus au monde musulman ce qu'il y a de fragile dans la modernité occidentale. L'orgueil musulman est revigoré de cet échec et de ce refus irakien de collaborer avec l'occupant. 

La Tradition islamique sort donc renforcée de cet enlisement américain. Ses rangs grossissent de combattants. Nombreux sont les pays arabes qui, si des élections libres étaient organisées aujourd'hui verraient la victoire, ou l'avancée significative des islamistes. Pour ne pas être occidentalisée, la Tradition islamique est prête à livrer à ses assaillants une guérilla terroriste sans limite ; elle est capable de défier dans ses moindres retranchements la rationalité occidentale en jouant contre elle la stratégie de l'absurde ; par exemple, frapper n'importe quel immeuble d'habitation (logique communautaire), n'importe où (logique asymétrique) en mobilisant suffisamment de kamikazes (logique sacrificielle). 

Si elle voulait économiser les vies de ses enfants, la civilisation occidentale moderne devrait donc mieux d’abandonner à l’Orient ce qui lui appartient en propre, le conflit israélo-palestinien, et la terre d’Irak. Elle ne devrait pas non plus s’acharner à exporter une modernité en terre islamique qui ne fait qu’attiser un peu plus la haine de l’Occident.

 
1. Paroles entendues près du village de Cana en 1996. Dix ans plus tard, à l'été 2006, le Liban connaît des destructions par bombardement de plus grande ampleur encore. On peut imaginer que l'état d'esprit de ces "partisans de Dieu", les soldats du Hezbollah reste le même.

Aymeric CHAUPRADE

Docteur ès sciences politiques

In Géopolitique (constantes et changements dans l'histoire)

Éditions Ellipses (3e édition revue et augmentée), 2007

vendredi, 30 novembre 2007

Islam

L'Islam est né d'un gigantesque Blitzkrieg contre le reste de l'humanité, qui montre bien le degré de respect accordé aux autres civilisations (du reste, le monde entier est divisé, pour les musulmans, en un "territoire de l'islam" et un "territoire de la guerre"). Durant leur grandeur, les Arabes ont imposé à leur périphérie des relations économiques de dominants à dominés. Ils ont enlevé leur grand commerce à l'Inde et à l'Europe, Ils ont dévasté des régions entières de l'Afrique noire et de l'Europe par les rafles d'esclaves. Les politiques fiscales de leurs États privilégiaient leurs propres commerçants aux dépends de ceux des cultures voisines, Si les Arabes avaient découvert l'Amérique – et des aventuriers arabes sont effectivement partis de Lisbonne, en 1124, à la recherche des "limites de l'océan" - ils ne se seraient pas fait faute de l'exploiter aussi cruellement que les Européens l'ont fait plus tard.

David COSANDEY

In Le secret de l'Occident (vers une théorie générale du progrès scientifique)

Champs / Flammarion n°747 2007

 

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mardi, 20 novembre 2007

Afghanistan : à la rencontre des talibans (reportage de France 24)

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lundi, 08 octobre 2007

L'Islam par-dessus les nations

a9cc40509704ce59dcf899fd48126c1d.jpgLa Fitna, c'est la grande dispute de l'islam, sa grande fracture : elle est triple : un islam radical et violent, les qurra ; un islam historique et légitimiste, celui d'Ali ; un islam politique et aristocratique, celui de Muawiya

L'islam qui agit politiquement par lui-même, en dehors des États, c'est l'islamisme, cet idéal politique visant à dépasser les divisions étatiques du monde musulman et instaurer un califat étendant progressivement son empire sur le monde. Cet islam refuse les frontières et les pouvoirs en place. Il peut aller jusqu'à pratiquer le terrorisme et les méthodes les plus sanguinaires, croyant agir au nom de Dieu — quant il n'est pas tout simplement identifiable à la crapulerie régnant par la terreur et l'impôt islamique c'est-à-dire le racket — ; cette légitimité divine auto-proclamée justifie à ses yeux les pires méthodes. 

Les islamologues, parfois emportés par l'enthousiasme du sujet lui accordent les circonstances atténuantes de la misère économique et sociale sur laquelle il recrute. Et pourtant quelles circonstances atténuantes faudrait-il accorder à ceux pour lesquels la vie d'un enfant ou d'une femme ne mérite que la lame du couteau ?  

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mardi, 11 septembre 2007

11 septembre 2001-2006 : Vu du monde arabe

fb150b72de04897d40ecca64516654a9.jpgLes Etats-Unis ont commis de terribles erreurs depuis le 11 septembre 2001, qui expliquent en partie la poussée du terrorisme. Mais même sans l'aveuglement de l'administration Bush, les conditions politiques, sociologiques et culturelles du monde musulman ne pouvaient que favoriser l'émergence d'un mouvement comme Al-Qaïda, explique le quotidien jordanien Al-Ghad.


 

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mardi, 21 août 2007

Territoire de guerre

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