dimanche, 18 mars 2012
Impérialisme et droit international : le point de vue de Carl Schmitt (1/2)
Le thème de l’impérialisme est intrinsèquement associé au droit international dans la pensée de Carl Schmitt (1) , en raison de la conception politique - "décisionniste" puis, après 1933, "d’ordre concret" - du droit que prône le "juriste engagé" (2) à l’aune de son nationalisme. Cet impérialisme, de manière significative, constante et partiale, est toujours un impérialisme étranger sur ou contre l’Allemagne - il n’est jamais question d’"impérialisme allemand"... Non content d’analyser et de dénoncer les formes modernes de domination, contrôle et intervention développées par les puissances occidentales (notamment les États-Unis, ou encore la France en Rhénanie) pour asseoir leur hégémonie, le juriste voit dans l’impérialisme (anti-allemand) des vainqueurs de 1918 le facteur principal expliquant l’évolution discriminatoire et universaliste du droit des gens, du Traité de Versailles et du pacte de la SDN au pacte Briand-Kellog et au Jugement de Nuremberg. Ce droit, dirigé contre le Reich et mis au service de la garantie du statu quo, sert de justification au système "Weimar-Genève-Versailles" (3) instauré après 1918-1919, puis, par analogie, au système Bonn-Nuremberg-Potsdam établi après 1945-1949, double institution en droit international et en droit interne de "l’impérialisme occidental" puis de "l’impérialisme Est/Ouest" contre l’Allemagne "véritable" ("prussienne") - le libéralisme allemand étant dénoncé comme l’intercesseur de la domination étrangère quand le nationalisme allemand est présenté comme un mouvement de "résistance" (4).
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Impérialisme et droit international : le point de vue de Carl Schmitt (2/2)
L’Évolution universaliste et discriminatoire du droit international, stade suprême de l’impérialisme
Après 1918, les Alliés, principalement la France, entendent conserver une paix durement gagnée par l’établissement d’un réseau d’alliances collectives et, via la SDN, d’un système international de garanties, d’obligations et de sanctions qui discrimine l’agresseur.
Ce pacifisme officialisé, tourné contre toute révision qui s’appuierait sur la force armée, Carl Schmitt et la droite allemande le dénoncent comme un pacifisme de vainqueurs, un impérialisme masqué. La lutte contre cet impérialisme passe donc par la mise en cause radicale des institutions universalistes - et vice-versa - car ces institutions, placées au service des grandes puissances, sont des instruments de légitimation du statu quo, puis, après 1938 - à cette date, l’ordre établi à Versailles a disparu -, des instruments de légitimation de la guerre collective que les démocraties occidentales menacent de livrer à l’Italie fasciste et à l’Allemagne nationale-socialiste. La critique adressée à la SDN, à la CPJI (29) ou au système de sécurité collective et de prohibition de l’agression est ainsi une attaque dirigée contre les puissances de l’Ouest qui, en prônant la paix et en proscrivant la guerre, défendent en réalité le statut juridique issu des diktat de 1919-1920, conforme à leurs propres intérêts. Elle marque aussi la récusation d’une utilisation des concepts de droit et de paix qui disqualifie l’Allemagne et qui légitime la domination de la France, de la Grande-Bretagne ou des États-Unis, car le "règne du droit" invoqué par Paris, Londres ou Washington n’est en fin de compte qu’une validation des traités en vigueur ou bien le règne des puissances qui savent en appeler à ce droit, qui le définissent, l’interprètent et l’appliquent.
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vendredi, 27 janvier 2012
L'intervention américaine dans la guerre de 1914-1918
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mardi, 30 août 2011
USA vs EUROPE : la soumission du "troisième cercle" (1/2)
À l'orée du XXe siècle, les États-Unis se trouvent en bonne position pour accéder à la domination mondiale.

Les deux premiers cercles sont sous leur coupe. Les limites de leur territoire légal (premier cercle) ne sauraient être remises en cause. Leur emprise sur l'Amérique latine (deuxième cercle) est d'autant plus solide que, hormis la frange défavorisée des populations concernées, personne au niveau international ne la conteste sérieusement. L'exploitation éhontée de cette partie du monde par les Espagnols et les Portugais, le mépris dont ils firent preuve envers les premiers habitants, l'irresponsabilité des aristocraties locales pendant et après les révolutions du début du XIXe siècle contribuèrent à livrer le continent au voisin du nord. Chaos économique et politique, luttes fratricides, imprévoyance firent de l'Amérique latine débarrassée de ses anciens colonisateurs une proie facile. Le modèle jeffersonien qui imprègne la plupart des constitutions nationales, le bicamérisme, le pouvoir exécutif fort, tout cela calqué sur les États-Unis, facilite la pénétration yankee. Surtout, les divers pays ont conservé une aristocratie foncière que les Américains ne mettront pas longtemps à convaincre que leur intérêt bien compris croise celui de la finance nord-américaine. Se partageant le pouvoir et les bénéfices, oligarchies locales et magnats nord-américains n'ont plus, à l'aube du XXe siècle, qu'à maintenir les choses en l'état.
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USA vs EUROPE : la soumission du "troisième cercle" (2è partie)
Vers l'écroulement européen
L'effondrement de 1929 montre à quel point le système économique mondial constituait déjà une arme redoutable dont les États-Unis allaient faire un instrument de conquête planétaire.
Au lendemain du premier conflit, les créances américaines sur l'Europe sont énormes. La suprématie des États-Unis se traduit par un doublement de leurs échanges financiers de 1919 à 1930. La crise du système monétaire international, en 1930, puis son éclatement, dès 1933, font naître une guerre monétaire par la spéculation sur les changes. Les années 1914-1918 ont apporté aux États-Unis, il est vrai, une prospérité sans précédent. "Dès 1915, écrit André Kaspi, lorsque les belligérants ont compris que le conflit ne serait pas aussi court qu'ils l'espéraient, les États-Unis constituent un réservoir de matières premières, de produits alimentaires, de munitions. Les industriels, les agriculteurs, les commerçants américains se réjouissent de vendre des vivres, c'est-à-dire du blé, de la viande, du sucre, des produits industriels, comme le fer, l'acier, des moteurs, sans oublier le coton et des médicaments. Grâce à leur neutralité qui ne leur interdit pas de commercer avec les combattants." Les milieux financiers ne sont pas oubliés puisque "à partir de janvier 1915 des banques privées, en tête desquelles le groupe Morgan, prêtent de l'argent aux Français et aux Britanniques. De là à déduire que les milieux d'affaires ont influencé le président Wilson... Mais ils n'avaient pas besoin de la participation des États-Unis à la guerre pour engranger de fabuleux profits." Réaliste et sûr de son fait, le même président Wilson déclare qu'à la fin de la guerre les puissances alliées seraient entre les mains des États-Unis.
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