jeudi, 23 juin 2011
ISRAEL : Aux origines de Tsahal
Les révolutions et les mouvements de libération qui secouent l'Europe au milieu du XIXe siècle font prendre conscience à un certain nombre de rabbins et de philosophes juifs qu'il pourrait être temps de songer à la reconquête de leur terre d'origine, alors sous domination ottomane. Après tout, les patriotes grecs ne sont-ils pas parvenus à s'émanciper de la Sublime Porte ? Afin de vaincre les résistances théologiques des membres les plus pieux de leurs communautés, ces intellectuels ne rattachent pas le concept de création d'une armée juive de libération à la Torah, mais directement à l'histoire juive elle-même. Sous l'impulsion de Moses Hess, de Léo Pinsker, mais surtout de Nathan Birnbaum, inventeur du terme "sionisme", un mouvement laïc de libération nationale du peuple juif émerge progressivement en Europe centrale.
Ce mouvement prône le rassemblement de la Diaspora dans sa patrie historique : Eretz Israel. A la même époque, d'importantes populations musulmanes chassées d'Algérie, mais aussi des Balkans et du Caucase, émigrent en Palestine. C'est le cas notamment des Tcherkesses et des Circassiens, redoutables guerriers exilés du Caucase par les Russes après la chute de l'imam Chamil, à la fin de la rébellion tchétchène de 1841-1859. C'est encore de Russie, mais aussi de Pologne, que proviennent les premiers immigrants Juifs fuyant les pogroms antisémites qui se développent dans l'Empire tsariste à partir de 1881-1882. En 1882, cette première vague d'immigrants juifs (les bilouyim) s'installe en Palestine avec un projet de Constitution incluant entre autres une clause les autorisant explicitement à posséder des armes pour se défendre. La Palestine fait alors partie de l'Empire ottoman. Rattachée à la province de Damas, elle est scindée en trois sandjaks : Acre, Naplouse et Jérusalem. Les routes carrossables sont rares et le télégraphe peu répandu. Aux yeux de la Sublime Porte, cette province rurale, pauvre et arriérée, présente pour seul intérêt sa position géographique qui lui permet de relier la Turquie d'une part à l'Egypte, et d'autre part au sud de la péninsule Arabique. Les Ottomans maintiennent donc quelques garnisons en Palestine. Le reste du pays vit largement en autarcie, soumis au pouvoir discrétionnaire d'une administration locale influencée par les luttes de clans qui sévissent dans la région depuis de nombreux siècles. Mais, plutôt que de rejoindre les quelques milliers de Juifs de souche regroupés dans Jérusalem, Jaffa, Haïfa, Safed et Tibériade, la plupart des nouveaux immigrants préfèrent fonder leurs propres colonies agricoles, loin des villes et de la mainmise ottomane. S'ils ont fui la tyrannie du tsar, ce n'est pas pour retomber sous celle du sultan !
Écrit par SG (Webmaster) dans > Armées, > Israël, > Proche-Orient, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tshal haganah, irgoun, groupe stern, betar, hashomer |
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