jeudi, 03 novembre 2011
Les guerres puniques
La bataille pour la domination en Méditerranée, qui avait si souvent opposé Grecs et Perses, Phéniciens, Étrusques et Carthaginois, s'acheva pour longtemps après les guerres puniques. Désormais Rome se trouvait en quelque sorte seule au monde à gouverner. Mais il y avait bien plus : en cette année 146, qui marquait la fin des conflits, c'était une ville tout entière qui disparaissait dans les flammes, comme jadis Troie sous l'assaut des Grecs. Carthage, l'ancienne colonie de Tyr, fondée, selon la légende, sept siècles auparavant dans le grand mouvement migratoire qui avait conduit tant de peuples d'Orient en Occident, Carthage venait de succomber, et, dans ce saccage, ses archives étaient anéanties, sa belle bibliothèque dévastée et dispersée. Ainsi vécut-elle le sort des vaincus : celui de ne survivre que dans - et selon - la mémoire et la langue des autres.
Sur les trois guerres qui opposèrent Carthage et Rome de 264 à 146, ces guerres dites puniques, du nom latin Poeni par lequel les Romains désignaient leurs rivaux, les sources sont en effet ou grecques ou romaines. C'est d'abord le Grec Polybe qui nous renseigne le plus : arrivé comme otage à Rome en 167 et présent lors du sac de Carthage en 146, il porte un témoignage exceptionnel sur toute la période. Avec lui, l'histoire politique se fait réflexive et universelle - à la mesure de son projet : raconter les étapes de l'unification du monde par la conquête romaine. Il y a aussi Tite-Live, historien latin (64 av.-17 apr. J.-C.), dont nous est parvenu le récit détaillé de la guerre d'Hannibal. Il y a encore Appien d'Alexandrie, qui vécut au IIe siècle de notre ère et dont la narration suit une tradition assez différente de ses prédécesseurs. Entre Polybe et Appien, avant et après, de nombreuses pages furent écrites sur le sujet dans les histoires de Rome ou les histoires universelles, dans les monographies sur l'Afrique ou les biographies d'hommes illustres. Mais de cette abondante littérature ne nous sont parvenus le plus souvent que des fragments ou de simples allusions: : tel est le cas des Annales de Q. Fabius Pictor ou de L. Cincius Alimentus, qui prirent part à la guerre d'Hannibal, des Histoires du Lacédémonien Sosylos d'Élis, qui fut le professeur de grec d'Hannibal, de l'ouvrage de Philinos d'Agrigente, qui vécut lors de la première guerre punique, du Siciliote Silenos de Kalè Aktè, qui fut l'un des compagnons d'armes d'Hannibal, ou enfin de Chairéas, dont on ne connaît que le nom.
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jeudi, 25 août 2011
La campagne d'Hannibal Barca
Crut-il les temps non encore propices ? Homme politique plutôt que général, n'osa-t-il se croire au niveau de l'entreprise ? Je ne saurais le décider — Quoiqu'il en soit, au commencement de l'an 221 il tombe sous le fer d'un assassin, et les officiers de l'armée d'Espagne élisent pour son successeur Hannibal ("Ba'al a favorisé"), le fils aîné d'Hamilcar. Le nouveau général, était bien jeune encore : né en 247, il était à sa 26e année. Mais il avait beaucoup vécu : ses souvenirs d'enfance lui montraient son père combattant en pays étranger, et victorieux sur le mont d'Eirctè ; il avait assisté à la paix conclue avec Catulus ; il avait partagé avec Harmilcar invaincu les amertumes du retour en Afrique, les angoisses et les périls de la guerre Libyque; il avait tout enfant suivi son père dans les camps : à peine adolescent il s'était distingué dans les combats. Leste et robuste, il courait et maniait les armes excellemment ; il était le plus téméraire des écuyers ; il n'avait pas besoin de sommeil ; en vrai soldat, il savourait un bon repas, ou endurait la faim sans peine. Quoi qu'il eût vécu au milieu des camps, il avait reçu la culture habituelle chez les Phéniciens des hautes classes. Il apprit assez de grec, devenu général, et grâce aux leçons de son fidèle Sosilon de Sparte, pour pouvoir écrire ses dépêches dans cette langue.
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lundi, 04 juillet 2011
2 août 216 av. J.-C. : la bataille de Cannes
La bataille de Cannes est une victoire décisive d'Hannibal sur les légions romaines, au cours de la deuxième guerre punique. Le 2 août 216 av. J.-C., le général carthaginois écrase, grâce à une manœuvre géniale qui est depuis 22 siècles toujours étudiée dans les écoles de guerre, les troupes romaines deux fois et demi plus nombreuses, ce qui lui permet de s'établir durablement dans le sud de l'Italie.
À l'aube, Hannibal, ayant envoyé en avant les Baléares et le reste des troupes légères, passa le fleuve, et il plaçait chaque corps, à mesure qu'il avait traversé, dans sa ligne de bataille ; les cavaliers gaulois et espagnols près de la rive, à l'aile gauche, en face de la cavalerie romaine, l'aile droite étant confiée aux cavaliers Numides, et le centre de la ligne solidement tenu par l'infanterie dont les Africains constituaient les deux ailes, tandis qu'entre eux, au milieu, étaient les Gaulois et les Espagnols. Les Africains, on les aurait pris pour des Romains, tant ils portaient des armes prises à la Trébie et surtout à Trasimène. Les Gaulois et les Espagnols avaient de grands boucliers presque de même forme, mais leurs épées étaient inégales et différentes : chez les Gaulois, très longues et sans pointe ; chez l'Espagnol, habitué à frapper de pointe plutôt que de taille, courtes, par là faciles à manier, et pointues. Plus que l'attitude de tous les autres combattants, celle des soldats de ces deux peuples, et par leur taille, et par leur aspect, était terrible. Les Gaulois, au-dessus du nombril, étaient nus ; les Espagnols s'étaient mis en ligne avec des tuniques de lin bordées de pourpre, éblouissantes par leur merveilleuse blancheur. Le nombre total des fantassins alors en ligne était de 40.000, et de 10.000 celui des cavaliers. Les généraux commandant les ailes étaient à gauche Hasdrubal, à droite Maharbal ; le centre, Hannibal lui-même le commanda, avec son frère. Magon. Le soleil, que les adversaires se fussent placés à dessein ou se trouvassent par hasard ainsi, était, fort opportunément, de côté pour les deux lignes, les Romains étant tournés vers le midi, les Carthaginois vers le nord ; mais le vent, - les habitants de la région l'appellent Vulturne - se levant contre les Romains, et leur roulant au visage beaucoup de poussière leur ôtait la vue.
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