dimanche, 23 novembre 2008

Le "storytelling" de guerre ou l'art de formater les GI's (1/2)

« Des éclats de verre et des débris de meubles brisés jonchent le sol de la pièce. Par une brèche percée dans l'un des murs, on aperçoit la ville, la circulation sur le pont qui enjambe le fleuve, les moineaux qui se dispersent dans la brume... Une musique arabe et les voix des marchands remontent d'une rue commerçante en contrebas. À côté de moi, le commandant Paul Tyrrell scrute avec son télémètre laser les hauteurs de la ville de l'autre côté du fleuve. C'est lui qui est chargé de déclencher les frappes aériennes. Le sergent Donald Prado informe Tyrrell qu'une tour de bureaux à 800 mètres à l'ouest est occupée par l'ennemi.

URBN.jpgGuerre virtuelle à Bagdad

« Dans huit minutes, les soldats de la coalition vont traverser le pont pour donner l'assaut. Prado demande par radio à l'armée de l'air de lâcher un écran de fumée pour les couvrir. Il a vu aussi des tireurs isolés sur le toit d'un hôpital au nord, mais il rappelle au commandant qu'il est interdit en temps normal de tirer sur des bâtiments civils. Tyrrell aperçoit alors un détail qui a échappé à Prado : trois des antennes radio sur le toit sont des pylônes tactiques, ce qui prouve que les insurgés utilisent l'hôpital comme base de communications. "Voilà une cible de choix !" s'écrie-t-il. Il demande qu'on largue sur l'hôpital une bombe à fragmentation "de faible létalité" – pour limiter le nombre de victimes. La tour de bureaux recevra, elle, la charge maximale, une bombe de 1.000 livres guidée par GPS. Quelques secondes plus tard, les missiles s'écrasent contre leur cible dans une parfaite synchronie. Des nuages de fumée et de poussière s'élèvent des deux édifices, puis viennent les cris et les sirènes d'ambulance.

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