mardi, 02 mars 2010
Un livre unique sur la famine-génocide ukrainienne de 1932-33
"HOLODOMOR. La Grande Famine en Ukraine 1932-1933" est le septième volume de la série "La Pologne et l'Ukraine pendant les années 1930 et 1940" .
Ce nouveau volume contient plus de 230 documents d'archives non-publiés jusqu'à ce jour : du matériel provenant des Services de Renseignement polonais, de la police et des administrations locales de la Pologne d'avant-guerre. Il y a aussi des lettres de diplomates traitant de l'Holodomor, des directives et des protocoles d'interrogatoire.
Les spécialistes croient que les documents reflètent la situation réelle en Ukraine pendant l'Holodomor et donneront au lecteur une idée de l'échelle réelle de la tragédie du peuple ukrainien.
La plupart des documents figurant dans ce livre sont publiés pour la première fois.
L'auteur du livre, Dr Jerzy Bednarek, de l'Institut du Souvenir National, expliqué à Radio Svoboda (radio financée par le Congrès des Etats-Unis : Radio Free Europe / Radio Liberty) pourquoi ce livre est unique : "Les documents publiés viennent de l'OGPU soviétique, devenu le NKVD. Un point intéressant ici est que beaucoup de documents d'archives proviennent d'agents de renseignement attachés aux bureaux diplomatiques étrangers et travaillant dans les régions englouties par la famine. Les services de sécurité soviétique prenaient soin de s'assurer qu'aucune information sur la famine ne puisse atteindre l'Occident. Dans une certaine mesure ils ont réussi. Les documents sont la preuve directe que les autorités soviétiques ont essayé à tout prix de garder le secret et fait de la rétention d'informations au sujet de l'Holodomor".
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mardi, 30 octobre 2007
Génocide arménien : la difficulté de trouver une position pour Washington
Il y a 92 ans, le "jeune régime turc" ordonnait l’exécution de leaders et intellectuels arméniens, et les soldats turcs forcèrent la population arménienne à traverser le désert, où plus d’un million d’entre eux mourra de privations ou par baïonnette en essayant de se rebeller.
Cette horreur aida Raphaël Lemkin, un juif polonais, à inventer le terme "génocide", qui se définit non pas par l’extermination d’un groupe entier de population, mais plutôt par un effort constant de détruire ce groupe. Lemkin voulait que le terme –et le point de droit international qui s’en dégagea- dépasse la notion ethnique pour s’appliquer plus largement à un groupe. Sinon, il craignait que le monde attendit la disparition d’un groupe entier de population pour réagir.
Mais ce mois-ci à Washington, ces faits historiques – qui concernent des évènements survenus sur un autre continent le siècle dernier – suscitent une controverse parmi nos hommes politiques, comme s’ils s’étaient déroulés récemment et sur notre sol. L’enjeu, évidemment, est de savoir si la Chambre des Représentants doit offenser la Turquie en votant une résolution condamnant le "génocide arménien" de 1915.
Tous les protagonistes jouent le rôle qu’ils jouent depuis des décennies. Le général turc Yasar Buyukanit a averti que si la Chambre votait un tel texte, "nos liens militaires avec les Etats-Unis ne seront jamais plus les mêmes". Ayant reconnu le génocide lors de la campagne présidentielle, le Président Bush a cependant suivi les positions de ses prédécesseurs au bureau ovale, utilisant l’euphémisme de "souffrance tragique" subie par les arméniens, et expliquant aux diplomates et militaires qu’une telle résolution endommagerait sérieusement la relation indispensable des USA avec la Turquie. Au Congrès, les représentants de quartiers peuplés d’arméniens soutiennent le projet de résolution quand ceux qui sont proches du Président ou du Pentagone ne le font pas. La pression officielle a conduit un certain nombre de supporters du projet à se retirer.
Un élément change pourtant par rapport à ce que nous connaissons depuis des décennies : les menaces turques ont plus de crédibilité aujourd’hui que dans le passé. C’est vrai en particulier à cause de la guerre en Irak et de l’importance stratégique prise par la Turquie vis-à-vis de Washington. Près de 70% des avions américains transitent par la Turquie, ainsi que le tiers du carburant utilisé par les troupes US. Cela dit, même si la Turquie réagit négativement sur le court-terme, la reconnaissance du génocide est une bonne chose, et ce pour 4 raisons.
D’abord, elle dit la vérité, et les Etats-Unis seraient le 24ème pays à reconnaître ce fait officiellement. En pesant contre la résolution, George W. Bush n’a pas hésité à contredire les faits. Une administration qui a montré si peu de considération pour la vérité demande donc ouvertement au Congrès de la rejoindre dans son déni d’honnêteté. Il aurait été inconcevable que lorsque les Etats-Unis se sont alliés à l’Allemagne de l’Ouest contre l’URSS, Washington n’ait pas condamné l’holocauste.
Ensuite, plus le temps passe, plus l’ampleur de l’éventuel conflit augmente dans le cadre d’une relation bénéfique avec la Turquie. Beaucoup de dirigeants américains (et même d’officiels turcs) admettent en privé souhaiter que les Etats-Unis aient reconnu le génocide il y a des années. Les survivants arméniens sont en train de disparaître, mais leurs descendants continuent le combat. Le dynamisme et la volonté de la diaspora arménienne augmentent au lieu de diminuer.
De plus, l’apport américain à la Turquie est beaucoup plus important que l’inverse. En effet, les USA ont fait entrer la Turquie dans l’OTAN, financent son armée et soutiennent sa candidature à l’entrée dans l’Union Européenne. Washington a récompensé la Turquie en lui décernant le titre de "nation la plus favorisée", résultat d’un volume d’échanges de 7 milliards de dollars annuels, et de 2 milliards d’IDE américains. Seuls Israël et l’Egypte dépassent la Turquie dans le montant de l’aide américaine.
Enfin, et malgré toute l’aide fournie par Ankara lors de l’invasion américaine en Irak, la Turquie a rejeté la demande américaine d’utiliser certaines de ses bases pour lancer cette invasion, et a également ignoré les protestations américaines en massant 60.000 soldats à la frontière irakienne en prévision d’une probable attaque du Kurdistan irakien. Autrement dit, alors que la Turquie invoque la résolution sur le génocide pour ignorer les demandes américaines, on voit bien qu’elle a un long passé dans la négation des requêtes de Washington quand cela l’arrange.
Pour revenir en 1915, quand Henry Morgenthau, alors ambassadeur américain en Turquie, protesta face aux atrocités commises contre le peuple arménien auprès du Ministre turc de l’Intérieur, celui-ci fut surpris : "Pourquoi êtes-vous si intéressés par les arméniens ? Nous traitons correctement les américains". Alors qu’il est indispensable de s’assurer que la Turquie continue à "traiter correctement les américains", une relation stable et constructive pour le XXIème siècle ne peut être basée sur un mensonge.
Samantha POWER
TIME MAGAZINE (26 oct 2007)
Traduction : Benjamin LALANNE
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lundi, 03 septembre 2007
Le génocide arménien, un tabou israélien
Une organisation juive américaine a décidé de reconnaître le génocide arménien. Ehoud Olmert a désavoué cette prise de position pour préserver ses bonnes relations avec la Turquie.
Écrit par SG (Webmaster) dans > États-Unis, > Europe, > Israël, > Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Génocide, Israël, Turquie, Arménie, lobby juif |
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dimanche, 22 octobre 2006
L'Europe, le génocide arménien et la Turquie
Le génocide arménien fait de nouveau la une des journaux. Il y a à cela deux raisons. La première est l'attribution du prix Nobel de littérature au romancier turc Orhan Pamuk qui a failli se retrouver récemment en prison pour avoir reconnu en public le génocide arménien de 1915. D'après la loi turque, c'est un crime de haute trahison. La solidarité internationale a sauvé l'écrivain mais la pression exercée par les autorités turques a produit son effet. De toute façon, lorsque Pamuk est arrivé après ce scandale international à Moscou pour présenter son nouveau roman traduit en russe, il a refusé net de répondre aux questions des journalistes liées au génocide arménien. Humainement, cela se comprend : l'écrivain voulait revenir à Istanbul, sa ville natale qui a servi de cadre à tous ses livres.
Ainsi, par sa décision le Comité Nobel a provoqué en Turquie des sentiments ambigus : ce n'est pas tous les ans qu'un prix aussi prestigieux est décerné à un Turc pour "haute trahison".
Deuxième raison, le retentissement, encore plus important, de la loi adoptée dernièrement par la chambre basse du parlement français. C'est une sorte de reflet dans le miroir de la loi turque sur le génocide arménien. A Istanbul, reconnaître le génocide coûte la prison, alors que la loi française punit sa négation d'une peine de privation de liberté.
L'apparition d'une telle loi en France n'a pas pour origine un événement international mais s'explique plutôt par la conjoncture électorale intérieure. Il est donc douteux qu'elle puisse être avalisée par la chambre haute et, a plus forte raison, signée par le président de la république. D'autre part, le génocide arménien a déjà été reconnu officiellement et de façon incontestable par la loi de 2001. A la même époque à peu près où le parlement français votait la nouvelle loi, Jaques Chirac déposait, en Arménie, une gerbe de fleur au pied du monument aux victimes du génocide.
A noter que la date officielle du génocide arménien (1915) est purement conventionnelle. Des pogroms arméniens avaient eu lieu aussi à des époques antérieures. Autrement dit, l'explication turque selon laquelle ces événements n'étaient que les aléas du temps de guerre ne supporte aucune critique sérieuse. Enfin, les Turcs n'ont pas égorgé seulement des Arméniens mais aussi des Grecs, des Serbes et d'autres chrétiens.
Le rappel en Europe du souvenir du génocide arménien a soulevé en Turquie une vague d'indignation impressionnante.
Le nouveau tapage à Istanbul pose une foule de questions. La plus importante est de savoir si cela vaut la peine d'admettre au sein de l'Union européenne un pays qui refuse de reconnaître qu'il a commis un crime affreux dans le passé et de faire son mea-culpa. L'estime et le respect de l'Allemagne n'ont fait que grandir lorsqu'elle a dit honnêtement toute la vérité sur l'Holocauste. Qu'est-ce qui empêche la Turquie d'en faire autant?
De la décision qui sera prononcée sur l'admission de la Turquie à l'UE dépend, à mon avis, sans exagérer, la survie de la civilisation européenne au XXIe siècle. La vieille civilisation européenne se lézarde déjà sous l'effet de l'affluence excessive des immigrants. Elle ajoute une teinte culturelle supplémentaire à l'image de l'Europe mais les Européens perdent en même temps bien davantage chaque année en se dissolvant dans la masse du carnaval des étrangers. Comme l'Europe n'arrive pas à bien s'entendre avec les immigrants qui ont déjà pris racine sur le continent, que deviendra-t-elle si ses portes s'ouvrent toutes grandes devant la Turquie? Les idéalistes rêveurs voient l'Europe gagnante, mais les réalistes doivent réfléchir au lieu de rêver.
Il y a aussi l'aspect religieux dont l'Europe s'efforce de se défaire par tous les moyens. Cependant, irremplaçable dans la vie quotidienne, le politiquement correct est nuisible dans une analyse sérieuse. Voir la vie en rose, c'est déformer délibérément la réalité et, par conséquent, se condamner à prendre des décisions erronées.
On peut user à volonté de la langue d'Esope pour éviter d'articuler à haute voix ce "terme incommode" d'islam. Mais si l'on tient à vivre et à survivre dans le monde réel, il vaut mieux relire les vieux journaux pour y repérer les noms des terroristes et apprendre qui les a formés, qui ils priaient, qui les a financés. C'est alors qu'on pourra mettre en place une bonne défense pour soi-même et pour ses enfants.
Pourquoi le christianisme reconnaît-il ses anciennes erreurs, se repent-il et demande-t-il pardon? Pourquoi l'islam ne veut-il pas en faire autant? Selon la juste expression du père orthodoxe Kouraïev, au lieu d'entrer dans l'avenir en repensant et en réévaluant le passé, l'islam, au contraire, saisit la moindre occasion de lancer de temps à autre de courtes "batailles hargneuses". Aujourd'hui, cela peut être le problème du hijab, demain le scandale des caricatures, après-demain une fausse interprétation, pas même d'un terme, mais d'une très ancienne citation utilisée par Benoît XVI. Ce sont toujours les chrétiens qui deviennent victimes de chacune de ces "batailles hargneuses". On les agresse. Souvent, on les tue.
Rien d'étonnant à ce que le directeur d'un opéra allemand ait annulé récemment un concert dont le programme comportait un motif musulman, de peur que cela puisse provoquer l'ire des islamistes fanatiques. Angela Merkel a eu beau intervenir contre l'annulation du spectacle. La peur s'est installée dans la vieille Europe.
Certes, ce n'est pas un fait que tous les musulmans ont à coeur ces "batailles hargneuses" dont le but est évident : rassembler le monde musulman sur une base parfaitement évidente. Et ce n'est pas non plus un fait que tout admirateur du prophète Mohamed est un terroriste. Mais c'est un fait irréfutable que l'islam pose au XXIe siècle des problèmes sérieux au reste du monde.
Certains estiment que ce ne sont que des problèmes de croissance qui n'ont rien à voir avec le sens de la doctrine musulmane. J'espère qu'il en est ainsi. Mais dans ce cas, avant d'inviter chez soi un tel hôte, il serait raisonnable d'attendre que "l'agressivité juvénile" passe.
D'autres s'emploient à expliquer l'extrémisme islamique par l'absence de délicatesse souvent constatée dans le comportement de représentants de l'autre religion par rapport aux musulmans. Cela arrive, c'est vrai. Seulement il faut faire la différence entre l'indélicatesse traduisant un mal évident et le droit de dire la vérité, y compris à un musulman. Et le musulman est tenu d'apprendre à apprécier la liberté d'expression et de respecter l'opinion de son interlocuteur. Autrement, pour votre malheur, il pourra vous dire et vous faire tout ce qu'il voudra, et pas vous. On quitte le politiquement correct pour tomber dans l'absurde.
D'autres encore pensent que le problème réside dans l'inégalité sociale. Ce point de vue a le droit de cité. Eh bien, cela veut dire qu'il faut aider les voisins, non pas aggraver l'inégalité sociale mais la faire disparaître par tous les moyens raisonnables et, je tiens à le souligner, évolutifs.
Ce qu'il faut se garder de faire, c'est d'ouvrir toutes grandes les portes de la maison européenne au premier venu. Le moment est mal choisi.
Piotr ROMANOV
Source du texte : RIA NOVOSTI
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