samedi, 21 mai 2011

Opération Daguet, 20 ans déjà : Interview du général Jacques MANET (6e REG)

"Le 6e REG, tout jeune régiment de génie, n’avait ni la formation, ni l’entraînement opérationnel, ni les matériels pour affronter une armée experte en mines et armes chimiques. Nous nous sommes battus pour l’équipement, les cadres ont tout inventé dans le désert pour préparer les hommes et, finalement, avec le soutien de l’EMAT et de la STAT et aux côtés de nos camarades américains et de leur matériel, nous avons pleinement rempli une mission pour laquelle on nous voyait subir des pertes considérables…"

Déminage Daguet.png

Pierre BAYLE : Quand l’Irak a attaqué le Koweït, il était présenté comme le spécialiste des mines, des obstacles de terrain, des armes NBC, et représentait un adversaire redoutable. Le génie français était-il préparé à l’affronter ?

Colonel Manet.jpg- Général MANET : Quand la guerre du Golfe a éclaté, le 6e Régiment étranger de Génie (6e REG) était tout jeune, six ans à peine depuis sa création en 1984. A cette date, ses hommes n’avaient aucune expérience des mines, sauf une dizaine de cadres qui les avaient connues au Liban. Il avait été constitué en réunissant des légionnaires spécialisés sur les travaux de terrassement dont le 61e Bataillon mixte Génie-Légion et la Compagnie régionale de travaux routiers de la Légion étrangère du camp de Canjuers, ainsi que de cadres provenant du 7ème Régiment du génie : des spécialistes de travaux de chantiers, mais aucune formation de génie d’assaut. De 1984 à 1990, le jeune 6ème REG avait bâti son expérience au Tchad, en Guyane, au Centre-Afrique, à Djibouti, au Pakistan, dans des missions réelles ou de formation – essentiellement du déminage de temps de paix. La priorité était donc de faire l’apprentissage des missions de combat, ce qu’on appelle le génie d’assaut. Les hommes qui défilaient fièrement le 14 juillet 1990 à Paris n’étaient évidemment pas préparés au conflit qui les attendait quelques semaines plus tard…

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