mercredi, 28 décembre 2011

Pro Patria mori : mourir pour la Patrie (partie 2/2)

REX ET PATRIA

Guillaume de Nogaret avait, à plusieurs reprises, affirmé qu'il était prêt à mourir pro rege et patria. Il fut même, en une occasion, plus précis, disant "par son serment de fidélité, il était astreint à défendre son Seigneur le Roi... ainsi que sa patria, le royaume de France."

theatrum belli,roi,patrie,eglise,sacrifice,pro patria mori,chevalierCe que voulait dire Nogaret est évident : en tant que miles, chevalier, il devait défendre son suzerain et, en tant que membre du corps politique de la France, il était obligé - comme tous les autres Français - de défendre ce corps même, la patria. Qu'en tant que chrétien il soit aussi tenu de défendre l'Église fut aussi répété par Nogaret mainte et mainte fois ; mais ce point est moins important ici. La formule pro rege et patria, "pour le roi et la patrie", a survécu jusqu'aux Temps modernes ; normalement, on ne devait pas avoir le sentiment - au XXe siècle aussi peu qu'au XIIIe siècle - qu'en fait deux strates différentes se recouvraient et que deux obligations différentes coïncidaient, l'une féodale, l'autre publique. Après tout, le seigneur féodal était, en même temps, chef du corps politique, et quelle différence cela faisait-il qu'un homme donnât sa vie pour la "tête" ou pour les "membres", ou pour "la tête et les membres" ensemble ? Il serait difficile de dire exactement où devait passer la ligne de démarcation – et, pourtant, la possibilité d’un conflit d’obligations n’était certainement pas écartée.

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samedi, 05 février 2011

La conquète franque

Notre historiographie, qui est essentiellement méditerranéenne, remarque inversement fort peu les transformations beaucoup plus graves qui affectaient à la même époque le nord de la Gaule et qui y portaient au premier plan le peuple des Francs. Jusque vers le milieu du Ve siècle, leur intervention dans l'histoire de la Gaule avait revêtu deux aspects : une poussée locale vers l'ouest en Belgique et en Rhénanie, la fourniture de cadres d'une haute valeur aux armées romaines. Après 451, les Francs, et plus spécialement la tribu que gouvernent les rois mérovingiens, deviennent les principaux partenaires de l'armée de campagne de Gaule. Le plus souvent, ils sont ses auxiliaires : c'est ainsi que leur roi Childéric combat, au service des maîtres de la milice, Aegidius et Paul, contre les Wisigoths qui voulaient franchir la Loire ou contre les Saxons qui voulaient la remonter. Parfois ils sont ses adversaires : c'est ce qui se produisit sous le fils de Childéric, Clovis, à partir de 486.

255b10635345b48a2ecbb9b3263be80c.jpgLe déroulement des faits est très mal connu. On entrevoit que Childéric mourut à Tournai en 481 (sa tombe y fut retrouvée par hasard en 1653), puis que Clovis, en l'an V de son règne, vainquit Syagrius, fils et successeur d'Aegidius, enleva son quartier général, qui était à Soissons, et étendit sans doute, par là même, sa domination jusqu'à la Loire. Ce qui restait de l'armée "romaine" dut passer à son service, et lui-même fixa bientôt à Paris le centre de son pouvoir. L'élimination des rois francs concurrents de sa dynastie lui causa probablement plus de soucis : Grégoire de Tours, au siècle suivant, a des récits pittoresques et cruels sur la liquidation de ceux qui avaient leurs bases à Cologne, à Cambrai et au Mans. Mais la chronologie de tous ces événements est très embrouillée, et leur succession même se laisse mal reconnaître. Plutôt que de se perdre dans ces controverses érudites, il vaut mieux réfléchir sur la portée des faits les mieux établis.

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Écrit par SG (Webmaster) dans > Europe, > France, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : francs, conquète, gaule, wisigoths, eglise, clovis, gallo-romains | | |  Facebook | |  Imprimer |