dimanche, 25 octobre 2009

Le Héros et les "péchés du guerrier"

Il existe, bien entendu, toutes sortes de héros, toutes sortes d'héroïsmes, et notre époque n'a pas été la dernière à reconnaître que certaines vertus pacifiques, et même des vertus de patience et d'humilité, peuvent être vécues héroïquement. Il n'en reste pas moins que, dans une conception plus traditionnelle ou plus classique, et qui reste bien vivante aujourd'hui, les valeurs héroïques sont très largement des valeurs guerrières. Le héros des grandes épopées, le héros des chansons de geste, le héros des récits d'aventure ou de science-fiction, se veut exemplaire par l'usage qu'il fait de sa force, par les exploits qu'il accomplit, par les actions hors norme qu'il réalise grâce à sa volonté et à son courage, comme à ses capacités physiques.

Tyr.jpgDans ce qu'il est convenu d'appeler le système indo-européen des trois fonctions, le héros se rattache donc très clairement à la seconde fonction, la fonction guerrière.

Rappelons que l'on doit à Georges Dumézil d'avoir été l'un des premiers à mettre en lumière, à partir de 1938, que la conception globale de l'univers à laquelle ont adhéré les peuples indo-européens , pendant une longue période de leur histoire, ou plutôt de leur protohistoire, s'ordonnait à une idéologie fondée sur la tripartition fonctionnelle, idéologie qui semble bien leur être propre. Ce système des trois fonctions est d'abord, on vient de le dire, un système idéologique, un système d'interprétation systématique qui n'a que d'éventuels prolongements dans la division réelle de la société (en castes ou en classes sociales).

Lire la suite

Écrit par SG (Webmaster) dans > Textes de réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : héros, indo-europeen, dumezil | | |  Facebook | |  Imprimer |

dimanche, 28 mai 2006

Heur et malheur du guerrier

medium_heur_et_malheur_du_guerrier.2.jpg

Heur et malheur du guerrier s'attache à caractériser la deuxième fonction. La force, et naturellement l'usage de la force dans les combats, n'a pas bénéficié d'une systématisation aussi complète que la souveraineté religieuse et juridique, soit par manque de réflexion de la part des théologiens responsables de l'idéologie, soit que les évènements aient contrarié la théorie. Mais la comparaison peut dégager de multiples aspects, dont des réseaux de correspondances précises et complexes entre l'Inde (le plus souvent indo-iraniens) et Rome ou le monde germanique attestent l'antiquité.

Dans une première partie, G. Dumézil analyse les rapports entre le dieu védique Indra et le roi latin Tullus Hostilius. C'est en effet le propre du monde romain de présenter une histoire des origines entièrement mythologique.

Dans la suite du livre, à travers d'autres exemples empruntés aussi bien aux mondes germanique et scandinave qu'aux domaines indien, grec et romain, l'auteur complète la figure du guerrier; il met en relief les périls de l'exploit, la souillure qu'il sécrète parfois, l'outrance et les péchés qu'il favorise. Il s'attache enfin à étudier le personnel de la fonction guerrière et les moments de la carrière héroïque.

Écrit par SG (Webmaster) dans > Livres-Revues, > Mythologies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, dumézil, guerrier, antiquité, mythologie | | |  Facebook | |  Imprimer |