dimanche, 13 juillet 2008

Attentat du Drakkar : l'Elysée défend la Syrie

La présidence française rejette les critiques sur la présence de Bachar el-Assad au défilé du 14 juillet, et estime que c'est l'Iran qui a commandité l'attentat qui a coûté la vie à 58 soldats français il y a 25 ans.

La présidence française a rejeté dimanche les critiques exprimées par d'anciens Casques bleus contre la présence du président syrien Bachar el-Assad au défilé du 14 juillet à Paris, au motif que son pays serait derrière l'attentat du Drakkar en 1983 au Liban, dans lequel avaient péri 58 soldats français et qui est depuis régulièrement imputé à la Syrie.

L'Elysée a ainsi qualifié dimanche d' "erreur historique" le fait d'imputer à Damas cet attentat. "Le Drakkar, ce n'était pas la Syrie. La Syrie, c'était l'attentat contre l'ambassadeur de France au Liban Louis Delamare en 1981. Le Drakkar, c'était l'Iran et le Hezbollah", a déclaré à la presse une source élyséenne. "C'est une polémique qui n'a absolument pas lieu d'être", estime-t-on à la présidence de la République.

"Nous ressentons un malaise. L'ombre du Drakkar va planer sur le 14-Juillet. Il faut certes tourner la page, mais ce n'est pas facile. C'est un peu tôt. Pour nos camarades morts là-bas, on ne peut pas dire que c'est bien", avait souligné plus tôt Jean-Luc Hemar, président de l'Association des anciens militaires du camp d'Idron (AAMCI). "Faire défiler une promotion de l'École militaire interarmes qui porte le nom de Lieutenant Antoine de la Bâtie, une des victimes du Drakkar, devant le président syrien, nous sommes contre", avait-il ajouté.

A l'aube du dimanche 23 octobre 1983 à Beyrouth, le bâtiment de huit étages du Drakkar où dorment 73 soldats français de la force multinationale d'interposition, est soufflé par l'explosion d'un camion piégé qui s'était engouffré dans les sous-sols. Moins de trois minutes plus tôt, une première explosion a détruit le bâtiment du quartier-général américain, près de l'aéroport, tuant 239 Marines.

L'attentat contre les Français est revendiqué par un "mouvement islamique" inconnu. Nombre d'observateurs y ont vu la main de la Syrie, mais aucune preuve de l'implication des services secrets de Damas n'a jamais été produite.

 

Source du texte : FIGARO.FR

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jeudi, 26 juin 2008

Bachar el-Assad invité du 14 Juillet : les Casques bleus protestent

Drakkar.jpgLa présence du président syrien au défilé du 14 juillet est "une atteinte à la mémoire" des soldats français tués en 1983 dans l'attentat du Drakkar au Liban, estime le président de l'association internationale des soldats de la paix.

Le président de l'association internationale des soldats de la paix (Casques bleus), Laurent Attar-Bayrou a déclaré mercredi 25 juin sur France Inter que la présence du président syrien Bachar al-Assad au défilé militaire du 14 juillet constituerait "un scandale" et "une atteinte à la mémoire" des soldats français, tués en 1983 dans l'attentat du Drakkar, à Beyrouth au Liban. Le ministre de la Défense insiste en revanche sur la nécessité de faire revenir la Syrie dans "le jeu diplomatique".

"Quand même, au Liban la France a perdu des hommes, les 58 parachutistes qui sont morts à Drakkar plus tous les morts pendant les années 80", souligne Laurent Attar-Bayrou, qui faisait à l'époque partie du contingent français de Casques bleus au Liban.

"Clairement il a été déterminé que la Syrie était commanditaire, fournisseur en armes, en moyens du hezbollah", poursuit Laurent Attar-Bayrou, alors qu'il n'y a "jamais eu de repentance de ce pays".

"Et maintenant nous allons donner les honneurs, faire défiler nos troupes devant le représentant de ce pays. C'est pour nous un scandale, une atteinte à la mémoire de ces jeunes et de ceux qui ont contribué au rayonnement de la France et à la paix au Liban", dénonce Laurent Attar-Bayrou.

Selon lui, "on demande de la morale, il faut déjà commencer par la respecter et respecter ceux qui ont servi au péril de leur vie".

Le 23 octobre 1983, 58 soldats français de la force multinationale d'interposition avait été tués, dans un attentat au camion piégé contre l'immeuble du poste français Drakkar. L'attentat avait été revendiqué par le Jihad islamique.

Le ministre de la défense Hervé Morin (Nouveau centre) a répondu mercredi qu'il comprenait "humainement" la réaction des casques bleus mais qu'il était nécessaire de faire revenir la Syrie dans "le jeu diplomatique".

"Tout cela je le comprends humainement, personnellement", a déclaré Hervé Morin sur Canal+. "Mais s'il fallait que les relations d'Etat à Etat, que les relations diplomatiques ne soient liées qu'aux moments de drames, d'incompréhensions, de malheurs, on ne changerait jamais les relations diplomatiques entre pays". Avec ce genre de "raisonnement on continuerait à être l'ennemi de l'Allemagne".

"On connaît le passé de Bachar al-Assad, on sait quelle a été l'influence de la Syrie sur toute une série d'évènements dans cette partie du monde, mais de là à ne pas tenter de faire en sorte que la Syrie puisse revenir dans le jeu diplomatique...", a poursuivi Hervé Morin.

Le ministre de la Défense a souligné que le président syrien assisterait au défilé du 14 juillet dans le cadre "non pas d'une invitation à la Syrie mais d'une invitation à l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement" participant au sommet constitutif de l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet à Paris.

"L'invité d'honneur du 14 juillet ce n'est pas Bachar Al-Assad c'est Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies", a-t-il insisté.

Source du texte : NOUVEL OBS.COM

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