mercredi, 07 juillet 2010

1961-1969 : La guerre secrète des États-Unis contre de Gaulle

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samedi, 05 avril 2008

Pour une politique de défense au cœur des équilibres euro-atlantiques

"Il y a l’OTAN. Qu’est-ce que l’OTAN ? C’est la somme des Américains, de l’Europe et de quelques accessoires. Mais ce n’est pas la défense de l’Europe par l’Europe, c’est la défense de l’Europe par les Américains. Il faut une autre OTAN. Il faut d’abord créer une Europe qui ait sa défense, que cette Europe soit alliée à l’Amérique".

Charles De Gaulle, 1961
 

A la veille du sommet atlantique de Bucarest (2-4 avril 2008) et à l’avant-veille des soixante années de l’Alliance atlantique, en 2009, le possible "retour" de la France dans les structures militaires intégrées de l’OTAN (participation pleine et entière serait plus juste) alimente débats et discussions dans le "monde de la défense". Si la chose est parfois présentée comme un débat franco-français, les enjeux ont une dimension européenne et transatlantique : comment organiser les relations entre l’Union européenne et l’OTAN ? Comment permettre l’émergence d’une défense européenne tout en préservant et renouvelant l’alliance entre les "Occidentaux de l’Ancien Monde" et les "Occidentaux du Nouveau Monde" (De Gaulle) ?

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samedi, 15 décembre 2007

Le sionisme vu par le général De Gaulle


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jeudi, 30 août 2007

Décès de Pierre Messmer : légionnaire du gaullisme

7b891ea0c40198815e8696f2e79dbc2f.jpgPremier ministre de 1972 à 1974, Pierre Messmer, mort hier à 91 ans, était un gaulliste de la première heure, une figure de la France libre et un des plus ardents défenseurs de l'oeuvre du fondateur de la Ve République.

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lundi, 29 janvier 2007

De Gaulle : théoricien et chef de guerre

Avant le général et le président de la République, il y eut un de Gaulle colonel de chars et théoricien de la guerre de mouvement. Officier réformateur, ses écrits sur la spécialisation des cadres et l’emploi tactique des blindés le placent dans la catégorie des Guderian, Fuller, Toukhatchevski. En première ligne depuis la tourelle de son tank, les six semaines de la bataille de France lui offriront de démontrer la validité de ses théories, par Blitzkrieg interposé.

medium_General_de_Gaulle.jpgDu discours prononcé par le général de Gaulle à la radio de Londres le 18 juin 1940, les manuels d’histoire ont pour habitude de retenir l’appel vibrant et solitaire à la résistance nationale, par dixit, "tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis". On sait les circonstances de son allocution  – la veille, le gouvernement français, "Ce gouvernement, alléguant de la défaite de nos armées", a demandé l’armistice à l’Allemagne après six semaines d’une retraite tournée à la débâcle – ainsi que sa portée sur la suite des événements. Moins connues en revanche sont les explications que le futur chef de la France Libre donne de la défaite, au paragraphe suivant :

"Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. (…) Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là".

De tels propos, si lucides quant aux causes du désastre, ne doivent pas surprendre de la part du seul général français demeuré victorieux du 10 mai au 17 juin 1940, date de son embarquement secret pour Londres.

Tout au long des années trente, l’officier, chargé de cours à l’École de Saint-Cyr et diplômé de l’École supérieure de guerre, avait tenté d’alerter par ses écrits les plus hautes instances du danger encouru si la République persistait à ne pas vouloir moderniser son armée, en termes de matériel comme d’emploi des forces. En 1938, il était revenu à la charge avec la publication de La France et son armée, essai d’histoire et de prospective militaire dans lequel il analysait la nouvelle donne stratégique (l’emploi combiné des chars, "moteurs combattants", et de l’aviation dans une guerre rendue à l’offensive) et insistait sur l’erreur tragique que constituait à ses yeux le repli défensif derrière la ligne Maginot, inefficace et ruineuse, quand l’armée française réclamait une mécanisation toujours plus grande de ses moyens. À l’époque, il n’y avait eu que le président du Conseil Paul Reynaud pour prêter une oreille attentive à ses mises en garde. Effet de surprise + puissance de feu + capacité de pénétration : la guerre-éclair livrée par le tandem Panzer / Luftwaffe devait vérifier par l’exemple la justesse de ses préconisations.

Redécouvert au début de la Première Guerre mondiale, le blindage apparut rapidement aux ingénieurs, associé au moteur et au canon, comme l’innovation technique capable de relancer l’offensive, par sa mobilité et sa faculté à percer les lignes ennemies. De tous les belligérants, les pays de l’Entente prirent les premiers la mesure de la nouvelle arme. Le "père des chars", le général Estienne, initiateur de l’artillerie montée, résume la mission de l’arme blindée : "Au char la mission de conquérir. Le char est une arme indépendante de l’infanterie. (…) Les chars et l’aviation se complètent admirablement". Utilisés en masse à l’été 1918, les "tanks" ("réservoir", du nom de code attribué au projet par les Britanniques) confirmèrent les succès initiaux enregistrés l’année précédente, en enfonçant en plusieurs points des défenses allemandes jugées jusqu’alors infranchissables. Incontestablement, l’action conjointe des chars d’assaut et de l’aviation de bombardement contribua pour beaucoup à accélérer la victoire finale de l’Entente.

Phénomène général en Europe, l’entre-deux-guerres vit nombre de théoriciens plancher à partir d’expériences diverses sur les conditions du prochain conflit. Guderian et Lutz en Allemagne, Douhet et Balbo en Italie, Fuller et Liddell Hart en Grande-Bretagne, Chaffee aux États-Unis et Toukhatchevski en Union soviétique ; tous partisans de la guerre de mouvement, tous arguant de l’impérieuse nécessité d’adapter la stratégie aux nouveaux types d’armement. En France, citons, outre de Gaulle et Estienne, le général Camon (La motorisation de l’armée et la manœuvre stratégique – 1926) et le commandant Deygas (Les chars d’assaut, leur passé, leur avenir – 1937). Les généraux Gamelin et Weygand eux-mêmes, qui se succèderont au poste de généralissime en 1940, soutinrent d’abord l’idée. Weygand : "La guerre de demain sera, plus encore que celle d’hier, une guerre de machinisme". Mais ni la crise économique ni le climat pacifiste ambiant ("la guerre hors-la-loi" proclamait le slogan) ne permirent la réalisation d’un tel programme. Une constante historique veut que le vainqueur triomphant mais épuisé ait tendance à se reposer sur ses lauriers, au contraire du vaincu, dont l’énergie entière se trouve accaparée par le désir de revanche. Le général Estienne (1860-1936) plaidait pour l’autonomie des divisions cuirassées, qu’accompagneraient artillerie et infanterie mécanisées en coordination avec la chasse aérienne. Au lieu de quoi, faute d’un budget et d’une volonté politique réelle, la doctrine militaire française resta inchangée. À l’infanterie reine des batailles d’emporter la décision, les chars de combat disséminés en appui feu en deçà de la ligne Maginot. Pendant ce temps, le matériel continua de se démoder. 

Une idée fausse prétend qu’en 1940 les Allemands l’emportèrent sur l’armée française – la "première armée du monde" disait-on dans les états-majors après le défilé du 14 juillet 1939 – par la supériorité de leurs divisions de Panzer, plus nombreuses, plus rapides, mieux armées. C’est méconnaître l’état véritable des forces en présence au 10 mai. C’est oublier également les difficultés que rencontra Guderian pour asseoir les thèses de la Blitzkrieg dans son propre pays. Les historiens s’accordent aujourd’hui sur le sujet, la faillite de l’armée française ne provint pas tant de l’obsolescence de ses matériels (un effort énorme avait été entrepris dans ce sens depuis 1936) que de l’emploi désordonné et inapproprié qui en fut fait. Les stratégistes français refusaient de voir dans l’arme blindée une arme autonome, capable de faire la différence sur le terrain, aussi, lorsqu’en 1933 fut créée la 1ère Division légère mécanique forte de 200 chars, la première unité de ce type au monde, on ne lui confia pas d’autre rôle que celui de soutien d’artillerie mobile à l’infanterie. Dans un pareil contexte, les conceptions défendues par de Gaulle étaient condamnées à paraître, au mieux avant-gardistes, au pire dangereusement aventureuses auprès de sa hiérarchie.

En 1932, Le fil de l’épée, court traité de stratégie et de morale militaire – où l’on perçoit la double influence du vitalisme nietzschéen et du conservatisme maurrassien sur l’auteur – avait bénéficié de son entrée au Conseil Supérieur de la Défense Nationale à Paris. Il s’y était familiarisé avec les milieux dirigeants, saisissant l’occasion qui lui était offerte pour propager ses théories.

La publication de Vers l’armée de métier en 1934 suscita débat par ses nombreuses audaces. Synthèse de ses écrits antérieurs, Vers l’armée de métier prône la création d’un corps professionnel de 100 000 hommes en lieu et place de l’armée de conscrits, manière de garde prétorienne hautement qualifiée et équipée, rompue au choc et sachant exploiter toutes les vertus de l’initiative (1).  Un remembrement qui n’est pas sans rappeler l’organigramme de la Reichswehr. Ouvrage éminemment polémique donc dans une France républicaine très attachée au service national, s’il néglige les questions des transmissions et de la coordination avec l’aviation, le livre reçut un accueil aussi intéressé que suspicieux des principaux concernés. Léon Blum parla d’armée de pronunciamiento ; Weygand puis Gamelin se déclarèrent très réservés quant à ses propositions et plus encore s’agissant de ses avertissements pour l’avenir. Comme il est dit dans le proverbe, nul n’est prophète en son pays.

Au chapitre qu’il lui consacre dans son anthologie des grands chefs de guerre (2), Frédéric Encel compare l’action militaire de Charles de Gaulle à celle de Heinz Guderian, le père de l’arme blindée allemande, l’un ayant lu l’autre et vice versa selon lui.

medium_col_de_gaulle.jpgEn janvier 1940, le colonel de Gaulle avait encore adressé à quatre-vingt personnalités civiles et militaires un mémorandum intitulé L’Avènement de la force mécanique, où, fort de ses observations tirées de la campagne de Pologne, il revenait sur le besoin de combiner chars et aviation pour faire pièce à l’armée allemande.

Promu général le 24 mai 1940, de Gaulle prit le commandement de la 4ème Division cuirassée de réserve (D.C.R.), une puissante colonne composée de brigades blindées formées par ses soins, près de 200 chars lourds et légers. Le 30, à la tête de la plus importante concentration de chars de toute la bataille de France, il dirigeait l’attaque contre la poche d’Abbeville. Fait rarissime, les Français bénéficièrent pour la circonstance d’un appui aérien conséquent. Insuffisante sur le plan stratégique, l’opération fut un plein succès tactique. Il fallut aux Allemands tout le feu de leur artillerie pour stopper une attaque de toute façon retardatrice.

"Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, disait-il au micro de la BBC, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure". Cette force mécanique, trois ans plus tard les Américains la fourniront aux libérateurs français de la 1ère Armée et de la 2è D.B.

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(1) Notons qu'en 1958, l'idée ne fut pas non plus retenue par les rédacteurs de la Constitution de la Vè République.

(2) L'art de la guerre par l'exemple - Stratèges et batailles, Flammarion, 2000. 

  

Repères chronologiques :

 

  • 1922 : le capitaine de Gaulle est admis à l’École supérieure de guerre.
  • 1924 : parution de La Discorde chez l’ennemi aux Éditions Berger Levrault.
  • 1925 : Charles de Gaulle est détaché à l’état-major du maréchal Pétain, alors vice-président du Conseil supérieur de la Guerre.
  • 1931 : affectation au Secrétariat du Conseil Supérieur de la Défense Nationale à Paris.
  • 1932 : Le fil de l’épée aux Éditions Berger-Levrault.
  • 1934 : Vers l’armée de métier aux Éditions Berger-Levrault.
  • 1937 : Charles de Gaulle est promu colonel.
  • 1938 : La France et son armée aux Éditions Plon.
  • janvier 1940 : tirant les conclusions de la campagne de Pologne, le colonel de Gaulle rédige un mémorandum à l’adresse de ses supérieurs. Son titre : L’Avènement de la force mécanique.
  • 18 mai 1940 : le colonel de Gaulle lance une attaque victorieuse à Montcornet mais doit se replier faute de soutien aérien.
  • 24 mai 1940 : Charles de Gaulle est promu général à titre temporaire et prend le commandement de la 4e Division cuirassée.
  • 30 mai 1940 : le général de Gaulle attaque l’ennemi à Abbeville et le repousse sur la rive droite de la Somme.
  • 1er juin 1940 : promotion au grade de général de brigade à titre temporaire.
  • 5 juin 1940 : nomination au gouvernement au poste de sous-secrétaire d’État à la Guerre.
  • 16 juin 1940 : démission du président du Conseil Paul Reynaud. Charles de Gaulle est évincé du nouveau gouvernement que dirige le maréchal Pétain.
  • 17 juin 1940 : le gouvernement français demande l’armistice à l’Allemagne. Charles de Gaulle embarque clandestinement pour Londres.
  • 18 juin 1940 : Charles de Gaulle prononce son Appel au micro de la BBC.
Laurent SCHANG

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lundi, 14 août 2006

Charles de Gaulle : le théoricien militaire

medium_charles-de-gaulle.2.jpgDiplômé de l’Ecole militaire de Saint-Cyr à l’âge de 21 ans, Charles de Gaulle intègre en 1913 le 33è régiment d’infanterie, alors dirigé par le colonel Philippe Pétain. Il fait preuve d’ardeur et de bravoure au combat au cours de la Grande Guerre ; blessé à plusieurs reprises sur différents fronts, il est capturé à Verdun en 1918 et tente de s’échapper d’Allemagne, en vain.

 

De retour de captivité après l’armistice, il entre à l’Ecole de guerre comme élève avant d’y enseigner, de même qu’à Saint-Cyr. Gravissant régulièrement les échelons de la hiérarchie militaire, remarqué pour son tempérament et son patriotisme farouches, il effectue une période à l’état-major de l’armée du Rhin, puis commande le 19è bataillon de chasseurs où il s’illustre par son sens du commandement.

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