lundi, 24 janvier 2011

La mutuelle Unéo référencée par le ministère de la Défense

La mutuelle Unéo vient de remporter l’appel public à la concurrence lancé le 21 septembre dernier par le ministère de la Défense et des Anciens combattants.

drapeau soldat.jpgÀ compter du 1er janvier 2011, elle assurera ainsi pour une durée de 7 ans la couverture santé de l’ensemble des militaires du Ministère et de leurs familles.

La couverture prévoyance sera quant à elle assurée par les partenaires d’Unéo dans la réponse à l’appel à la concurrence : l’Association Générale de Prévoyance des Militaires (AGPM) et le Groupement Militaire de Prévoyance des Armées (GMPA).

La mutuelle Unéo est née en octobre 2008 de la fusion de l’activité santé de la Caisse Nationale du Gendarme (CNG), de la Mutuelle Nationale Militaire (MNM) et de la Mutuelle de l’Armée de l’Air (MAA) devenues des mutuelles d'accompagnement social.

Unéo protège plus de 1.300.000 personnes issues de la communauté militaire.

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jeudi, 27 mai 2010

La rigueur budgétaire pourrait coûter jusqu'à 4,8 milliards d'euros sur trois ans à la Défense

Anticipant les coupes que va lui demander Matignon, la Défense étudie trois scénarios pour son prochain budget 2011-2013. Au pire, il faudrait économiser 4,8 milliards d'euros. Au mieux, entre 2 et 3 milliards. La question des effectifs refait surface.

Gouverner, c'est prévoir. C'est en application de la célèbre maxime que la Défense étudie actuellement plusieurs scénarios pour son prochain budget triennal 2011-2013, en prévision des coupes claires que va exiger Matignon au titre de l'effort général pour la réduction des déficits publics. Il y a deux semaines, François Fillon a en effet annoncé un gel des dépenses de l'Etat sur la période (« zéro valeur » dans le jargon technocratique), pour éponger la hausse de la charge de la dette.

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lundi, 08 mars 2010

Nouveau site sur les questions de soutien et de logistique

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dimanche, 21 février 2010

La Russie livrera des missiles antimissiles à l'Iran

La Russie entend respecter ses engagements et livrer à l'Iran le système de défense antimissiles S-300 commandé par Téhéran, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Sergeï Riabkov, cité par l'agence Interfax.

Moscou avait indiqué mercredi que la livraison avait été reporté pour des raisons techniques.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, reçu lundi au Kremlin, a invité le président russe Dmitri Medvedev à renoncer à cette vente qui pourrait permettre à Téhéran de faire face à des frappes ciblées contre ses installations nucléaires.

"Il existe un contrat pour fournir ce système à l'Iran et nous le remplirons. Les retards sont dus à des problèmes techniques", a déclaré Sergeï Riabkov.

Ce dernier s'est élevé contre les tentatives de politiser les exportations d'armes russes vers l'Iran.

"Il est absolument incorrect de mettre l'accent sur la question de la fourniture de S-300 et d'en faire un problème majeur, sans parler du fait de la lier aux discussions visant à rétablir la confiance sur le caractère purement pacifique du programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

 

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mardi, 29 décembre 2009

La Russie doit développer ses "armes offensives" pour faire face au bouclier antimissile américain

La Russie doit développer ses "armes offensives" pour faire face au bouclier antimissile américain, a déclaré aujourd'hui le Premier ministre russe Vladimir Poutine, cité par les agences russes.

"Pour garder l'équilibre sans développer un système de défense antimissile comme le font les Etats-Unis, nous devons développer les systèmes offensifs", a déclaré M. Poutine, en déplacement à Vladivostok (Extrême-Orient russe) cité par l'agence Interfax.

"Avec un "parapluie", nos partenaires se sentiront en sécurité et feront tout ce qu'ils voudront, l'équilibre sera brisé et il y aura plus d'agressivité dans la politique et dans l'économie", a-t-il poursuivi, selon l'agence Itar-Tass.

"Si nous voulons procéder à des échanges d'informations, les Etats-Unis doivent nous passer l'ensemble des informations concernant leur bouclier antimissile, et nous, à notre tour, nous sommes prêts à leur transmettre toutes celles relatives à nos armements offensifs", a précisé V. Poutine.

Les Etats-Unis ont annoncé le 17 septembre qu'ils renonçaient à un projet de bouclier antimissile en Europe de l'Est élaboré à l'époque du président George W. Bush et que Moscou considérait comme une menace contre sa sécurité.

Barack Obama a décidé de troquer ce projet, qui était centré sur une menace de tirs de missiles iraniens de longue portée, contre un système protégeant plutôt contre des missiles de courte et moyenne portée.

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mercredi, 25 novembre 2009

Pentagone : le plus grand propriétaire immobilier du monde

Un "portefeuille global de propriétés immobilières", consistant en 539.000 immeubles et autres structures répartis en 5579 sites militaires : c'est ce que possède le Pentagone, le plus grand propriétaire immobilier du monde. Avec cette statistique s'ouvre  le dernier inventaire des bases militaires (Base Structure Report 2009), publié par le Département de la défense. La crise économique ne le touche pas : le président Obama vient juste d'autoriser une augmentation ultérieure  du budget de base du Pentagone, qui dans l'année 2010 (qui a commencé le 1er octobre dernier) est porté à plus de 680 milliards de dollars, dont 130 pour les guerres en Irak et Afghanistan, qui seront sûrement augmentés.  S'y ajoutent 113 milliards  pour les militaires au repos et d'autres dépenses de caractère militaire, qui portent le total à environ un quart du budget fédéral.

Plus d'un cinquième des propriétés immobilières du Pentagone se trouve à l'étranger, dans 716 bases et installations distribuées dans 38 pays, dont 12 européens. Dans l'inventaire officiel ne figurent pas cependant d'autres bases en Europe, comme celles au Kosovo (Bonsdeel) et en Roumanie. En Italie, le pentagone possède 1430 bâtiments, pour une superficie totale de 830.000 m2, plus à peu près autant en location ou concession. Ils sont distribués en 42 sites principaux, à quoi s'ajoutent 41 sites plus petits portant ainsi le total à plus de 80. Les sites des forces armées américaines en Italie sont bien moins nombreux qu'en Allemagne (235).  Ils sont cependant en train de prendre une importance croissante dans le "réalignement" stratégique effectué par le Pentagone, qui redéploie actuellement ses propres forces de l'Europe centrale et septentrionale vers le sud et l'est, pour les projeter plus efficacement au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie centrale.


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mardi, 10 novembre 2009

"Armées d'aujourd'hui" de novembre 2009

armées d'aujourd'hui.jpg

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mardi, 06 octobre 2009

Décret n° 2009-1177 du 5 octobre 2009 relatif aux attributions du chef d'état-major des armées et des chefs d'état-major d'armée

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vendredi, 20 mars 2009

Le statut militaire des gendarmes fragilisé ?

L'Inspection générale de l'administration (IGA) met en garde sur un risque de "fragilisation" du statut militaire des gendarmes, qui y sont très attachés, dans un rapport consacré aux conséquences financières du rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur.

gendarme.jpg"La proximité professionnelle des gendarmes avec les policiers civils" et "la banalisation des procédures entre les deux administrations ne peut que conduire à terme au constat de l'inutilité de deux statuts différents", écrivent les auteurs du rapport auquel l'AFP a eu accès vendredi.

Depuis le 1er janvier, les 100.000 gendarmes, militaires, sont passés de la tutelle du ministère de la Défense à celle de l'Intérieur rejoignant sous la même autorité les 120.000 policiers, de statut civil.

Le rapport évoque, dans ses conclusions, le risque de voir les gendarmes réclamer les mêmes avantages que les policiers et que leur statut militaire se trouve "fragilisé" du fait des conséquences de cette fusion.

Le ministère de l'Intérieur, interrogé par l'AFP, a qualifié de "farfelues" les conclusions du rapport et souligné qu'elles "n'engagent que leurs auteurs". Le statut militaire des gendarmes, auxquels il tiennent, "est et sera préservé" dans le cadre de cette intégration, a-t-on ajouté au ministère.

Le rapport a été commandé à l'IGA en 2008 par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, pour étudier les "conséquences en matière financière du transfert de la gendarmerie" au ministère de l'Intérieur.

Dans ce document remis fin décembre à Mme Alliot-Marie, une série de mesures est préconisée pour que cette fusion se fasse dans un souci de bonne gestion recommandant notamment des mutualisations de moyens police/gendarmerie.

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vendredi, 09 janvier 2009

Il faut redonner son nom à l' "École de Guerre"

La scène se passe à Paris, un matin du mois de juin 2008 dans les salons d’une grande entreprise du CAC 40. Notre groupe de la 15e promotion du Collège Interarmées de Défense (C.I.D.) est en visite d’information. Nous sommes accueillis par le directeur général, le directeur des ressources humaines et des cadres supérieurs français et étrangers. Mes camarades me regardent avec amusement essayer de présenter le C.I.D. à nos hôtes. Par défi et par curiosité, je ne prononce pas le nom historique de l’école. Après de fastidieuses explications sur le parcours professionnel d’un officier en 2e partie de carrière, le programme de la scolarité, le directeur général me demande soudain s’il ne s’agit pas tout simplement de "l’Ecole de Guerre". A ma réponse affirmative, tous les visages s’éclairent, l’incompréhension dédaigneuse qui s’installait dans les regards s’estompe et les questions fusent. Encore une fois, je mesure avec étonnement l’effet de ce simple nom sur des générations d’hommes et de femmes, français et étrangers assez éloignés du monde militaire. Je crâne fièrement jusqu’à ce qu’une stagiaire innocente mais cruelle me demande s’il s’agit d’une annexe de l’École de guerre économique installée dans le 7e arrondissement de Paris.

logo_CID.jpgCette anecdote authentique nous incite à nous demander si l’appellation "C.I.D." est réellement adaptée pour désigner l’institution qui forme chaque année les futurs chefs militaires ? N’est-il pas légitime et utile de restaurer le nom "Ecole de Guerre" sous une forme ou sous une autre ? Des enjeux de fond se révèlent derrière ce qui ressemble de prime abord à une modeste question de forme.

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jeudi, 10 juillet 2008

Entre l'Elysée et l'armée, la crise s'envenime

14 juillet.jpg"C'est la plus grave crise depuis la guerre d'Algérie", assure un militaire qui a vécu ces événements, notamment le putsch des généraux contre De Gaulle. La rupture entre l'armée française et son chef constitutionnel, le président Nicolas Sarkozy, parait consommée. Le malaise persistant entre le chef de l'Etat et les militaires, qui avaient pourtant voté en masse pour lui, est en train de se transformer en crise ouverte. Depuis la publication en juin du nouveau Livre blanc de la Défense, le mécontentement gronde dans les rangs des troupes.

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mercredi, 18 juin 2008

Livre blanc sur la défense : une espérance déçue

armée.jpgUn groupe d'officiers généraux et supérieurs des 3 armées terre, air, mer , tenu à l'anonymat, commente le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale présenté le 17 juin par le président de la République.

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lundi, 16 juin 2008

Armée française : 54.000 hommes en moins

soldats.jpg

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, dont Nicolas Sarkozy devait présenter les grandes lignes, mardi matin 17 juin, devant quelque 3.000 militaires rassemblés à la porte de Versailles, s'articule autour de 5 grandes fonctions stratégiques – la connaissance et l'anticipation, la prévention, la dissuasion, la protection et l'intervention –, dont la première, qui se concrétisera par un doublement des crédits en faveur du renseignement, est la plus novatrice.

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samedi, 05 avril 2008

Pour une politique de défense au cœur des équilibres euro-atlantiques

"Il y a l’OTAN. Qu’est-ce que l’OTAN ? C’est la somme des Américains, de l’Europe et de quelques accessoires. Mais ce n’est pas la défense de l’Europe par l’Europe, c’est la défense de l’Europe par les Américains. Il faut une autre OTAN. Il faut d’abord créer une Europe qui ait sa défense, que cette Europe soit alliée à l’Amérique".

Charles De Gaulle, 1961
 

A la veille du sommet atlantique de Bucarest (2-4 avril 2008) et à l’avant-veille des soixante années de l’Alliance atlantique, en 2009, le possible "retour" de la France dans les structures militaires intégrées de l’OTAN (participation pleine et entière serait plus juste) alimente débats et discussions dans le "monde de la défense". Si la chose est parfois présentée comme un débat franco-français, les enjeux ont une dimension européenne et transatlantique : comment organiser les relations entre l’Union européenne et l’OTAN ? Comment permettre l’émergence d’une défense européenne tout en préservant et renouvelant l’alliance entre les "Occidentaux de l’Ancien Monde" et les "Occidentaux du Nouveau Monde" (De Gaulle) ?

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jeudi, 07 février 2008

Hervé Morin : "Nous ne baisserons pas l'effort de Défense"

e93a03673e3fe2a01b624696c38ffe86.jpg247f84c14288eaa1c82a5e931777cb48.jpgLe Figaro Magazine - Alors que le livre blanc sur la défense et la sécurité insiste sur les nouvelles menaces, est-il raisonnable de faire des économies sur le poste défense ?
Hervé Morin - Personne ne parle d'économies sur le volume global des crédits affectés à la défense et, d'ailleurs, il n'y en a pas dans le budget 2008. Aujourd'hui, le monde est probablement plus dangereux qu'il ne l'était il y a quinze ans. Nous devons considérer la menace terroriste, capable de frapper le cœur de nos cités ; le risque de prolifération nucléaire ; les conséquences du réchauffement climatique et les désordres qu'il amènera sur toutes les zones côtières, puisqu'on estime que cela entraînera le déplacement de plusieurs centaines de millions de personnes ; la course à l'énergie dans un contexte de raréfaction et de besoins toujours croissants, compte tenu de l'arrivée de 2,5 milliards supplémentaires d'habitants avec des fortes perspectives de croissance - la Chine, l'Inde, le Brésil, etc. De plus, il faut réapprendre à défendre nos richesses. Nous vivons dans un continent prospère, représentant 8 % de la population mondiale, 25 % de la production mondiale et une capacité de production agricole qui peut attiser beaucoup de convoitises. Tout cela ne peut pas nous conduire à baisser l'effort de défense. Toute la difficulté consiste à assumer de nouvelles missions, liées aux nouveaux risques, avec les moyens qui sont les nôtres, compte tenu de notre déficit budgétaire. Nous devons faire des économies sur l'organisation du ministère, et cela passe par l'interarmisation, la mutualisation des services, la réorganisation territoriale. 

L'histoire montre qu'à chaque fois que la contrainte budgétaire ou les raisonnements comptables l'ont emporté sur les nécessités de défense, la facture à payer a été très lourde...
On ne sacrifiera jamais la sécurité nationale aux contraintes financières. Ne m'imaginez pas dans un tel rôle, ce serait insultant ! Si nous maintenons notre effort de défense, nous serons l'un des pays développés dans lequel il est le plus significatif, à peu près autant que la Grande-Bretagne et plus que l'Allemagne. L'effort qu'effectue la France - 37 milliards d'euros affectés à la mission défense - nous permet de rester l'une des principales puissances mondiales avec une capacité militaire globale. Cela donne à la France une force diplomatique considérable. 

Le livre blanc prend acte que la France et l'Europe dépendront technologiquement des Etats-Unis. N'y a-t-il pas un risque à cela ?
Nous avons l'impératif absolu de maintenir une base industrielle et technologique française et européenne. Là, nous rencontrons une difficulté majeure, car dans cette affaire nous sommes très seuls : 70 % de la recherche communautaire sont effectués par la France et le Royaume-Uni, à 35 % chacun - et cette base industrielle et technologique, chacun l'a développée de façon très nationale. En France, l'effort de recherche et développement a baissé de 40 % depuis 1990 : vous imaginez les conséquences sur notre propre souveraineté... De plus, l'écart en R & D qui existe entre la France, l'Europe et les Etats-Unis risque de porter atteinte au fleuron industriel et technologique que représente l'industrie de défense. 

Les militaires craignent de faire les frais du concept de sécurité nationale. Le livre blanc est-il de nature à les rassurer ?
Le concept de sécurité nationale consiste à considérer qu'il y a un continuum entre défense et sécurité intérieure, c'est une réalité d'aujourd'hui. Un exemple : la question du renseignement concerne à la fois la défense et la sécurité intérieure, il est donc logique que nous abordions la totalité de la problématique. 

Il est, à ce propos, envisagé d'affecter aux armées une nouvelle fonction : "connaissance et anticipation". Etions-nous faibles en matière de renseignement ?
Non, mais dans un monde instable, où des crises peuvent survenir à tout moment, la France doit pouvoir connaître en permanence ce qui se passe sur la surface de la planète, afin d'anticiper un certain nombre de décisions, qu'elles soient politiques ou militaires. Grâce à l'observation satellitaire, grâce aussi au renseignement humain, à une coordination du renseignement entre les démocraties, à l'échelle européenne et mondiale. 

L'une des grandes craintes qui traverse le corps militaire est de perdre la capacité de projection de forces à l'extérieur. Quelle sera la doctrine du livre blanc sur ce point ?
La France est passée du tout nucléaire au tout projection, avec une conséquence qui a été la professionnalisation des armées. Aujourd'hui, il nous faut conserver une capacité de projection - c'est-à-dire d'intervention - importante, parce qu'il y va de la crédibilité de notre politique étrangère, de la sécurité de nos ressortissants, de nos intérêts stratégiques, de la défense de nos voies d'approvisionnement. Il faut cependant la mettre en adéquation avec nos nouveaux besoins, comme celui de la connaissance et de l'anticipation. On a une nouvelle articulation à trouver entre le renseignement, l'anticipation, la connaissance, la projection, en sachant que tout cela s'effectue avec la contrainte financière que représente le maintien de notre dissuasion, soit 20 à 25 % de l'effort d'équipement.

Nous avons les moyens de faire des projections légères, d'autres plus lourdes. Que prévoit le livre blanc ?
Il y a la projection de puissance liée à des opérations militaires majeures, comme l'Afghanistan, et des projections qui sont des opérations de stabilisation, où la présence sur le terrain suffit à apporter la stabilité nécessaire, par exemple au Tchad ou en Centrafrique. Nous pourrions réfléchir, même si ce n'est pas facile, à une adaptation de nos équipements pour ces deux types de mission. 

Justement, quels sont les projets d'équipement avalisés par le livre blanc ?
Il faut attendre les arbitrages du président de la République sur les conclusions définitives du livre blanc. A la lecture du rapport d'étape, l'effort de dissuasion sera vraisemblablement maintenu et les équipements nécessaires au renseignement bénéficieront d'un fort soutien. 

Le président de la République et vous-même avez dit que l'armée n'a pas vocation à faire de l'aménagement du territoire. Il n'en reste pas moins que la révision générale des politiques publiques (RGPP) devrait impliquer une nouvelle cartographie des implantations de la défense. Après la carte judiciaire de Rachida Dati, la carte militaire d'Hervé Morin ?
Il faut d'abord que le livre blanc soit rendu public, que nous rendions les arbitrages sur les crédits affectés à la défense, que nous décidions des scénarios de crise que nous privilégions, et que nous déterminions les équipements et les régiments dont nous avons besoin pour remplir les missions que l'on a affectées aux armées. La réorganisation du ministère est nécessaire. Le chef d'état-major des armées a été mandaté pour faire en sorte que la réflexion capacitaire ne se fasse pas en fonction des armées - terre, mer et air -, mais en fonction des besoins de notre défense. Nous devrons également adapter le soutien et l'administration générale. On peut avec cela espérer gagner entre 1 et 1,5 milliard d'euros par an, qui sont autant de marges de manœuvre pour l'amélioration des conditions du personnel et l'équipement des forces. Par exemple, il faut qu'un hélicoptère Puma de l'armée de terre puisse être réparé par un mécanicien de l'armée de l'air, ce qui n'est pas le cas actuellement. Tout cela conduira à des réorganisations territoriales. Il faudra, par exemple, que l'on rapproche les régiments des camps d'entraînement ou d'une base aérienne d'où ils peuvent être projetés. C'est nécessaire. Toutes les réorganisations territoriales feront l'objet de mesures d'accompagnement en concertation avec les élus locaux.

On dit que cela pourrait représenter une réduction d'effectifs comprise entre 35 000 et 50 000 personnes...
L'objectif qu'a fixé le gouvernement, c'est le non-remplacement d'un agent de l'Etat sur deux partant à la retraite. Cela devrait concerner 30 000 personnes sur une durée de cinq ans. A mon poste, je dois penser deux fois à l'avenir de nos enfants : une première fois en ne cédant rien sur notre sécurité nationale et notre capacité planétaire ; une seconde fois en contribuant à l'effort de restaurer nos finances publiques. Pour un peuple, il y a deux manières de perdre sa souveraineté : le désarmement et le surendettement !

Source du texte : FIGARO.FR

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jeudi, 17 janvier 2008

Le ministère de la Défense pourrait supprimer entre 20.000 et 50.000 postes

3e9086afdf766a45faaf25fd15e7379c.jpgLe ministère de la Défense pourrait terminer la prochaine loi de programmation militaire avec 50.000 postes en moins, selon les scénarios à l'étude au cabinet du ministre, Hervé Morin. Même si aucune décision n'a encore été prise, chacun s'attend en effet à une diminution drastique des effectifs. Lors de ses voeux aux armées la semaine dernière, Nicolas Sarkozy a rappelé que la Défense était appelée à fournir un "effort exemplaire". Le but : dégager les économies nécessaires au financement des programmes d'armement dans un contexte budgétaire tendu.

Le ministère de la Défense emploie actuellement 426.000 personnes, dont un peu moins de 80.000 civils. En toute logique, le futur format des armées devrait découler des conclusions, attendues en mars ou avril, de la commission du Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale. Mais la préparation de la prochaine loi de programmation impose au ministère d'anticiper. A ce titre, trois scénarios ont été élaborés : le premier porte sur 20.000 suppressions de postes, le second 30.000, et le dernier 50.000.

"Ce sont les ordres de grandeur. Mais il est encore prématuré de conclure lequel des trois scénarios l'emportera", explique-t-on. Si le calendrier des suppressions de postes fait encore débat, la nature des postes visés est connue. Seront concernées en premier chef les fonctions dites de "soutien", c'est-à-dire les fonctions relatives aux tâches administratives comme les achats, la paie, l'entretien... certaines pouvant être externalisées auprès de prestataires privés.

Depuis son arrivée à l'hôtel de Brienne, Hervé Morin martèle en effet que les économies dégagées profiteront aux forces opérationnelles. Ce qui ne signifie pas que les troupes sortiront indemnes des restructurations à venir. Car le ministère travaille aussi activement à une nouvelle "carte" militaire. Trop éloignées ou trop petites, des dizaines d'implantations vont être dissoutes, transférées, ou rattachées à de grandes bases. Le nombre des bases aériennes - un peu plus de 30 actuellement - pourrait diminuer de 5 ou 10 à terme. Nicolas Sarkozy a été clair : la Défense n'a plus vocation à participer à l'aménagement du territoire.

Source du texte : LES ECHOS

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lundi, 29 octobre 2007

Les grands travaux de la défense française

42cb160cb13132d46c99c94bbb85f407.jpgComme en 1972 et 1994, les grandes orientations de la défense et de la sécurité nationale font l'objet d'une large concertation avant d'être synthétisées dans un Livre blanc. L'exercice est en cours et Jean-Claude Mallet, qui supervise pour la seconde fois les travaux, décrypte les changements intervenus dans la philosophie de défense française depuis 14 ans. 

 

LE MONDE : Si l'on admet que la réponse aux crises doit être multinationale, n'est-il pas paradoxal d'envisager la défense uniquement sous l'angle national ? Ne pouvait-on envisager une réponse européenne ?

J.-C. MALLET : Je voudrais dissiper une ambiguïté : quand on parle de "sécurité nationale", cela ne veut pas dire que nous limitons notre vision. La question de passer à une approche de sécurité européenne a été envisagée et débattue, comme avant le Livre blanc de 1994. Mais il nous a semblé qu'il y avait d'abord un besoin d'organiser un débat national. De plus, il était difficile de démarrer un exercice de Livre blanc européen sans savoir si nos partenaires l'auraient soutenu ou encouragé. Mais il a été décidé de mettre en place des mécanismes de concertation avec eux. Nous avons, d'autre part, organisé des auditions publiques auxquelles sont invitées des nombreuses personnalités européennes. Notre but est de dépasser une vision purement française de la politique de défense.

Le Livre blanc de 1994 était très marqué par les années post-guerre froide. Est-ce que les armées sont encore influencées par cet état d'esprit ?
Oui, mais en partie seulement, parce qu'il ne faut pas oublier que depuis, il y a eu la réforme des armées, la professionnalisation et deux lois de programmation, en 1995 et 2006. Il est vrai que le cadre général sur la vision à 15 ans n'a pas été modifié, et que cela manque. La France élabore un Livre blanc à peu près tous les 15 ans, alors que nous aurions besoin d'une actualisation régulière de notre vision prospective. Nous allons probablement suggérer au président de la République qu'il y ait un exercice de cadrage de ce genre tous les 5 ou 6 ans.

La différence essentielle par rapport à 1994 est qu'il s'agit cette fois de défense et de sécurité. Or les militaires soulignent volontiers que la sécurité intérieure, ce n'est pas leur vocation ...
Ce à quoi nous nous intéressons, ce sont les grands risques, qui visent le fonctionnement des pouvoirs publics et de la société française, la protection des citoyens en tant que nation. Voilà ce que recouvre la terminologie de "sécurité nationale", qui recoupe la notion anglaise de national security. L'idée est qu'en évoquant cette notion de "sécurité nationale", on pousse les administrations à dépasser les schémas traditionnels, très verticaux, d'organisation de l'Etat, qui n'incitent pas au décloisonnement. Mais il n'est pas question de diluer la mission de défense des militaires.

Ne craignez-vous pas de bouleverser l'organisation des armées françaises par simple vertu du changement ?
Tous les acteurs et commentateurs de la politique de défense française ont estimé indispensable qu'il y ait une sorte de remise à plat, et aussi un temps de réflexion sur ce qu'elle doit être à l'avenir. En particulier parce qu'il risque d'y avoir un décalage croissant entre ce qui est affiché comme missions et ambitions et ce qui relève de la réalité quotidienne et financière. Notre travail est aussi une mise en cohérence entre les ambitions et les moyens. Je précise que nous ne sommes pas une commission de sages qui va rendre un rapport, et advienne que pourra. Nous travaillons pour le président de la République à la définition d'une nouvelle doctrine de défense et de sécurité nationale globale.

Les militaires soulignent que pour avoir une politique de la défense qui réussisse, il faut de la stabilité...
Il est évident que nous ne partons pas de rien. Nous avons la consigne d'examiner toutes les questions sans tabou, mais cela ne veut pas dire que nous n'avons pas de termes de référence. Il s'agit donc de donner à l'armée des assurances sur son avenir, sur les missions qu'elle reçoit du pouvoir politique, sur la relation qu'elle va entretenir avec le pays. Avec une réflexion sur le moyen et long terme, et la prise en compte aussi précise que possible de la dimension financière de cette politique de défense. A partir du moment où on annonce une remise à plat pour favoriser une nouvelle cohérence, il est normal qu'il y ait un peu d'inquiétude. Mais il y a aussi une espérance et une attente. Que peuvent attendre les Français de leur outil de défense ? Que nos capacités permettent d'anticiper les risques auxquels la population peut être confrontée, et que la réaction des forces armées ou de sécurité publique soit à la hauteur de l'investissement du pays.

Vous avez souhaité que la stratégie de défense soit "compréhensible". En quoi ne l'est-elle pas, et quels sont les tabous que vous voulez surmonter ?
Dans toute organisation humaine, très vite, le langage se rigidifie, devient un langage codé pour spécialistes. L'emploi de ce vocabulaire, ou de cette doctrine, échappe ainsi à la sphère de compréhension générale de notre société, laquelle va avoir du mal à en percevoir la pertinence et la légitimité. Il faut que nous ayons un langage simple et clair pour nos concitoyens, parce que c'est nécessaire pour conforter la relation entre les armées et le pays. La politique de défense et de sécurité nationale doit reposer sur des concepts accessibles à tous.

Quand on parle aux militaires du lien armée-nation, ils sont un peu surpris, parce que pour eux, il n'y a pas tellement de difficultés à ce sujet...
Il n'est pas inutile, après la professionnalisation, de se poser la question de la relation entre la défense, la politique de sécurité nationale et la société. Il faut trouver les moyens de conforter et d'assurer l'adhésion du pays à cette politique de défense. Cela rejoint les questions de communication : quelle est la stratégie de communication des pouvoirs publics en cas de crise majeure ? Chacun a pu remarquer à quel point les Britanniques ont réagi de manière extraordinairement positive et forte au moment des attentats de Londres : cette capacité à "encaisser" de manière collective est un exemple à suivre. 

ba07f90937dfc5080ba57cea6e13b597.jpgFaudra-t-il décider si l'armée française doit cesser d'être dimensionnée pour des combats majeurs, pour se concentrer sur des forces moins nombreuses et plus rapidement déployables ?
Nous aurons ce débat, comme nous l'avons eu en 1994. A l'époque, nous étions au pic des opérations de maintien de la paix. La question était de savoir s'il fallait s'orienter vers un modèle d'armée plus léger, une sorte de super-gendarmerie internationale. Ce modèle a été écarté en 1994. Aujourd'hui, il est assez évident que nos sociétés se sentent vulnérables face à toutes sortes de risques, notamment à cause du terrorisme. La définition des moyens de la défense devra tenir compte de cette évolution du contexte international.

Le risque du terrorisme sur le territoire national n'est pas un défi pour les forces armées, c'est une question de renseignement, de forces de police...
En effet, mais le Livre blanc ne s'intéresse pas uniquement aux forces armées au sens classique. Nous devons prendre en compte l'ensemble des données, sur le plan de la prévention et de la réaction. Cela ne veut pas dire que le métier militaire va être profondément chamboulé par cette perspective, mais qu'il faut mieux définir le rôle des armées s'agissant de la protection des populations.

Le Livre blanc doit contribuer à élaborer une nouvelle stratégie européenne de sécurité. Or celle de 2003, une fois réalisée, n'a pas servi à grand-chose...
La différence est que nous aurons un autre traité européen. C'est une opportunité importante pour un rebond de la politique européenne de défense et de sécurité dans le courant de l'année 2008. Il est vrai que l'espace européen s'est élargi, et qu'il faut réfléchir à la stratégie qui conduit nos forces armées à intervenir à l'extérieur. C'est un élément fondamental du travail sur le lien entre l'armée et la nation : comment obtenir l'adhésion du pays, et comment avoir les mécanismes démocratiques qui suscitent cette adhésion ?

Votre commission discutera-t-elle de l'éventuel retour de la France dans la structure intégrée de l'OTAN ?
Elle doit pouvoir en débattre. L'objectif qui a été fixé par le président de la République, c'est que la France devait mener de front la relance de l'Union européenne en matière de défense et la rénovation de sa relation avec l'Alliance atlantique. Tout le monde se focalise sur la question de l'OTAN, mais ma priorité, c'est de voir comment la relance de l'Europe de la défense peut être réalisée, et ensuite d'envisager un rapport décomplexé avec l'OTAN, qui peut éventuellement déboucher sur un rapprochement.

Comment relancer la politique européenne de défense avec des pays européens qui ne veulent faire aucun effort, en tout cas sur le plan budgétaire ?
Nous n'entraînerons pas nos partenaires dans cette relance de l'Europe de la défense si la France ne continue pas elle-même à faire un effort significatif. Après le non au traité européen, nos partenaires ont eu le sentiment que la France n'était plus aussi présente sur le terrain de l'Europe de la défense. Cela ne veut pas dire que tous soient prêts à se rallier à une "Europe-puissance", mais ils ne comprendraient pas que nous ne soyons pas au premier rang. Il faut que nos partenaires aient envie de consacrer les moyens nécessaires à la défense européenne. Elle a besoin de la volonté des Etats, mais elle ne se décrète pas, elle se fait en marchant.

Source du texte : LE MONDE.FR

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mardi, 18 septembre 2007

Europe : pour une défense "autonome"... sous l'oeil de Washington

François Fillon, interrogé lundi sur les rapports entre la France et l'Otan, a jugé que l'Europe devrait "à long terme (...) assumer la responsabilité de sa défense" pour être vraiment "autonome".

e4325f2772a3335f1d5c1087686158ad.jpg"Elle doit le faire en bonne intelligence avec les Etats-Unis qui sont nos alliés", a-t-il ajouté devant des journalistes en marge d'une visite aux armées à Angoulême.

"C'est un débat qui est ouvert", a-t-il déclaré, avant d'estimer qu'après des décennies passées sous la protection de l'Otan, "certains pays européens en ont tiré la conclusion qu'il n'y avait plus de raisons de faire des efforts en matière de défense". 

Or pour François Fillon, "un grand continent comme l'Europe (...) doit rechercher avant tout l'autonomie de décision, et donc l'autonomie en matière de sécurité".

"Si l'Europe veut montrer le chemin en matière d'éthique de la mondialisation, si l'Europe veut s'interposer dans le choc de civilisations que certains redoutent", elle doit "construire sa capacité de défense", a-t-il poursuivi. 

"L'Europe a un message différent de celui des autres continents", a-t-il ensuite exposé dans une brève allocution à la mairie d'Angoulême : "Comment le faire entendre si l'on n'est pas respecté ?".

"Il est essentiel",a-t-il souligné, "que la France continue de montrer le chemin à l'Europe" vers "un projet de défense autonome".

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait appelé le 11 septembre à cesser de "chipoter et barguigner" sur la relation de la France avec l'Otan, laissant entendre que Paris devrait accroître sa participation à l'Alliance atlantique.

Source du texte : LE MONDE.FR 

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mardi, 11 septembre 2007

Défense : l'Europe distancée sur le "spatial militaire"

7cb43b756cdcacc3361319623d76afda.jpgAlors que les États-Unis disposent de quelque 200 satellites de défense, les Européens n'en alignent pas plus de 20.

 


 

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lundi, 10 septembre 2007

Hervé Morin : "Le monde entier se réarme... sauf l'Europe"

d2f2afde31ed39b2b26e4057b9bbb7c7.jpgLa cinquième université de la défense s'ouvre aujourd'hui, alors que la commission du livre blanc a été installée par Nicolas Sarkozy.

Le grand rendez-vous annuel de la "communauté défense" se tient dans un contexte de grand chambardement stratégique, avec le lancement, il y a dix jours, du livre blanc. La 5e université de la défense, qui s'ouvre aujourd'hui à Toulouse, se trouve donc placée sous un double signe : celui de l'espace militaire, thème naturel dans la grande ville de l'aéronautique, et celui de la remise à plat de la politique de défense et de sécurité française.

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