mercredi, 07 septembre 2011
Le fardeau de l'hoplite : casque, jambarts, cuirasse et lance
Le casque
Le type de couvre-chef en faveur dans toute la Grèce à la grande époque de la guerre des hoplites (700-500 av. J.-C.) était le casque dit "corinthien". A la différence des casques de fantassin utilisés dans les armées occidentales au XXème siècle, un casque d'hoplite en bronze couvrait à la fois la tête et la majeure partie du cou, descendant à l'arrière jusqu'à la clavicule. Dans sa forme ultime et la plus élégante, les montants pour les joues et les protège-nez s'étendaient vers l'avant à tel point qu'ils se rejoignaient presque au centre du visage, aboutissant ainsi à y enserrer les yeux, le nez et même la bouche. En théorie, le bronze massif procurait la protection nécessaire contre les coups de lance au visage et à la tête et préservait la mâchoire des coups de côté comme des coups de face. Pourtant, ce casque a dû être un accessoire très inconfortable et difficile à porter. La difficulté évidente était qu'il gênait pour voir et pour entendre (il n'y avait pas d'ouverture pour les oreilles). Il ne serait pas surprenant que la formation et la tactique de guerre de la phalange elles-mêmes — la formation en masse, la charge, le heurt et la poussée finale — aient eu leur origine, au moins pour une part, dans le manque de communication directe entre les soldats et leur chef. Les duels, les escarmouches, les attaques éclair étaient hors de question avec un tel couvre-chef, et l'isolement créé par le casque exigeait que chaque individu cherche à se lier étroitement avec ses pairs.
Quand bien même l'hoplite n'aurait presque pas pu voir ou entendre avec son casque, il n'y avait guère de problème pour localiser l'ennemi ou de danger à ne pas voir sur les côtés aussi longtemps que la cohésion de la phalange en formation demeurait intacte. Par conséquent, ce que nous entendons en fait de sons dans la phalange consiste en général en chants avec accompagnement de flûte, ou en hurlements. Les ordres d'avancer ou de reculer étaient donnés par des coups de trompette. L'ordre que le général thébain Epaminondas est censé avoir donné à la bataille de Leuctres, en 371, dans le feu du combat : "Un pas en avant !" ne fut sans doute pas, si c'est vrai, entendu par beaucoup, à moins qu'il ne portât le casque dit "béotien" qui laissait le visage entièrement à découvert.
Écrit par SG (Webmaster) dans > Antiquité, > Armes et armement, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hoplite, sparte, tyrtée, phalange, thucydide, xénophon, casque |
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