mardi, 29 décembre 2009
La Russie doit développer ses "armes offensives" pour faire face au bouclier antimissile américain
La Russie doit développer ses "armes offensives" pour faire face au bouclier antimissile américain, a déclaré aujourd'hui le Premier ministre russe Vladimir Poutine, cité par les agences russes.
"Pour garder l'équilibre sans développer un système de défense antimissile comme le font les Etats-Unis, nous devons développer les systèmes offensifs", a déclaré M. Poutine, en déplacement à Vladivostok (Extrême-Orient russe) cité par l'agence Interfax.
"Avec un "parapluie", nos partenaires se sentiront en sécurité et feront tout ce qu'ils voudront, l'équilibre sera brisé et il y aura plus d'agressivité dans la politique et dans l'économie", a-t-il poursuivi, selon l'agence Itar-Tass.
"Si nous voulons procéder à des échanges d'informations, les Etats-Unis doivent nous passer l'ensemble des informations concernant leur bouclier antimissile, et nous, à notre tour, nous sommes prêts à leur transmettre toutes celles relatives à nos armements offensifs", a précisé V. Poutine.
Les Etats-Unis ont annoncé le 17 septembre qu'ils renonçaient à un projet de bouclier antimissile en Europe de l'Est élaboré à l'époque du président George W. Bush et que Moscou considérait comme une menace contre sa sécurité.
Barack Obama a décidé de troquer ce projet, qui était centré sur une menace de tirs de missiles iraniens de longue portée, contre un système protégeant plutôt contre des missiles de courte et moyenne portée.
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samedi, 05 décembre 2009
Le bouclier

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mercredi, 22 avril 2009
Le dessous des cartes : Le bouclier antimissile
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lundi, 26 mars 2007
L’épreuve de l’hoplite : les armes et l’armure (II)
Le bouclier
L’élément le plus important dans l’armement défensif était le bouclier, un morceau de bois arrondi, concave, d’environ un mètre de diamètre, sa taille exacte dépendant un peu de la longueur et de la force du bras de celui qui le portait. L’épaisseur et le type de bois dur employé, et donc le poids réel du bouclier ne sont pas véritablement connus puisque la plupart des pièces centrales en bois ont disparu depuis longtemps, mais on a estimé ce poids à 7 kilos environ. Bien que ce fût une charge considérable à porter pour l’hoplite en arme, sa supériorité sur les modèles antérieurs en cuir de bœuf des âges obscurs était la protection plus grande contre les coups de lance et d’épée classiques qui donnait au guerrier la possibilité d’approcher davantage son ennemi. A l’origine, le bouclier était peut-être cerclé d’une bande de bronze sur le bord externe afin d’éviter que les bords ne pourrissent ou ne volent en éclats, mais au Vè s. av. J.-C., les références littéraires et les spécimens archéologiques suggèrent que, comme le vieux bouclier homérique, la majeure partie de la face était recouverte d’une mince feuille de bronze ayant souvent la forme d’un blason reconnaissable. Cela n’ajoutait guère à la capacité de protection du bouclier mais si le poli du bronze pouvait éblouir, ou même effrayer l’adversaire, cela rendait encore plus féroce l’ardeur de celui qui le portait.
Les spécialistes font grand cas des prises distinctes pour le bras et la main dans le bouclier, qui pour la première fois répartissaient le poids sur l’ensemble du bras gauche au lieu de le concentrer seulement sur la main et le poignet. Ces innovations permettaient de tenir un objet si incommode sans elles pendant la durée de la bataille. Pourtant, l’on oublie en général que ce maniement présentait de sérieux inconvénients pour les hommes sur le terrain. Les mouvements de tout le corps étaient compromis puisqu’il fallait tenir le bras gauche, le plus maladroit et le plus faible pour la plupart des hommes, raide et levé en saillie à la hauteur de la ceinture, le coude plié et l’avant-bras tout droit, parallèle au sol, la main fortement crispée sur la poignée. Si l’hoplite se courbait ou glissait, le bord inférieur du bouclier devait racler le sol, ce qui arrivait vraisemblablement lorsque la taille de l’hoplite ne dépassait guère 1,66 m environ. L’équilibre était aussi en cause, et il était difficile de s’accroupir ou même de se pencher. L’on ne pouvait plus manier aisément le bouclier une fois que la bataille avait commencé. Parce que l’on avait besoin du bras tout entier pour soutenir son poids élevé, l’on ne pouvait trouver qu’avec difficulté le bon angle d’écartement par rapport au corps, et sa forme suggère qu’il a peut-être été conçu, en réalité, dans une large mesure pour pousser. L’on ne pouvait placer le bouclier sous aucun angle qui permît de protéger le côté droit de l’homme, et nous entendons parler de phalanges entières prises sans rien pouvoir faire par une attaque de flanc sur leur extrémité droite où la dernière file de soldats n’avait absolument aucune protection sur son côté dépourvu de boucliers.
Quelques une des références fréquentes à l’incommodité du bouclier de l’hoplite méritent d’être examinées : « les choses entre nous deux, Xénophon, ne sont pas égales », se plaignait Sotéridas, un dissident des Dix Mille, « tu te prélasses sur un cheval, et moi je peine durement à porter mon bouclier » (Anab. III, 4, 47-48). Les quelques vaillants Platéens qui les premiers choisirent de rompre le siège des Spartiates en 429, pendant la guerre du Péloponnèse, sortirent munis seulement d’armes offensives et suivis de près par d’autres qui apportaient leur bouclier. Apparemment, ils savaient que si un homme devait porter les deux types d’armement, il avait peu de chance de s’échapper (Thucydide III, 22, 3). Il n’y a ici aucune mention de la cuirasse, mais ils durent considérer comme excessif même le poids de la lance et du bouclier. Nous pouvons comprendre pourquoi dans la comédie d’Aristophane Les Nuées (987-999), le Raisonnement Juste remarque que la jeunesse de son époque ne pouvait porter son bouclier qu’en levant les cuisses. En d’autres termes, ces jeunes gens mous n’étaient pas à la hauteur des exigences rigoureuses de l’ancienne norme de l’hoplite qui supposait que les hommes gardent la position de bataille, à la hauteur de la poitrine, qui est plus difficile à tenir. L’aphorisme de date inconnue et souvent cité de la mère spartiate exhortant son fils à revenir de la bataille avec ou sur son bouclier révèle également la fixité et l’incommodité intrinsèques du bouclier. L’on avait toujours, quoiqu’on la réprimât, une tendance naturelle à se débarrasser de lui, bien que sa taille hors du commun et sa forme de cratère fissent qu’il pouvait se doubler d’une manière idéale d’une civière pour le cadavre au cas où l’hoplite périssait. Il n’y a rien d’étonnant, dans ces conditions, si les Spartiates ont puni les soldats dont on avait remarqué le relâchement dans le service en les faisant rester debout, tenant leur bouclier en position. Le simple port de la panoplie, sans les duretés de la bataille, était considéré comme une peine suffisante.
En vérité, l’effort nécessaire ne serait-ce que pour garder sur soi l’équipement était si grand que, lorsque les hoplites s’épuisaient ou perdaient leur formation serrée, ils laissaient tomber instinctivement leur bouclier. Le fameux bouclier d’Aristomène que Pausanias déclare avoir vu des centaines d’années plus tard à Lébadée était censé avoir été perdu par le héros légendaire pendant les guerres de Messénie. Deux siècles plus tard, le général spartiate Brasidas, au moment de débarquer sur le rivage de Pylos pour y défier la garnison athénienne, fut accablé de coups puis « il tomba lui-même dans l’avant du navire, tandis que son bouclier lui glissait du bras dans la mer. » (Thucydide, IV, 12, 1). De même, le général thébain Epaminondas perdit son bouclier lorsqu’il fut blessé à Mantinée. Transporté, conscient, hors de la bataille, il demanda si son serviteur était parvenu à emporter aussi son bouclier hors de la mêlée (Diodore XV, 87, 6). Le vent soufflant sur le défilé de Créüse arracha beaucoup de boucliers du bras des hoplites spartiates qui essayaient de se frayer un chemin en le traversant (Xénophon, Hell. V, 4, 18). Cette difficulté à conserver son bouclier est sans doute ce qu’avait à l’esprit Epaminondas quand il remarquait que les Thébains ne pouvaient maintenir leur puissance s’ils n’étaient pas capables de tenir serrées les prises de leur bouclier (Plutarque Mor. 193 E 18). Des héros comme Brasidas, Epaminondas et Aristomène ainsi que les spartiates dans leur marche, à la différence des poètes, « perdaient » leur bouclier plutôt que ne le « jetaient ». Mais quelle que soit la vérité, nous savons que leurs poids et leur configuration incommode faisaient des boucliers un embarras constant.
Récemment, quand des spécialistes ont effectué des tests pour reproduire ce qui fut exigé des soldats sur le plan physique à Marathon, ils ont découverts que leurs sujets des temps modernes pour ces expériences avaient la plus grande difficulté à tenir le bouclier à la hauteur de la poitrine :
« Il est important de noter que courir la distance prescrite avec le bouclier à la hauteur de la poitrine demandait en moyenne à chaque sujet une dépense d’énergie en augmentation de 28%... L’expérience montra aussi que le poids et la taille du bouclier étaient des facteurs critiques. Le bouclier de l’hoplite, qui paraît avoir pesé 7 kilos environ, ne pouvait être transporté que d’une manière isométrique, et la dépense d’énergie considérable requise limite nettement la distance pendant laquelle les troupes pouvaient soutenir un gros effort. » (Donlan et Thompson 1976, p 341).
Même avec des prises pour la main et pour le bras, la seule manière pour le fantassin antique d’arriver à tenir ce bouclier plus de quelques minutes dans une bataille était de le faire reposer de temps en temps sur l’épaule gauche. C’était possible à cause de l’extrême concavité du bouclier, forme qui permettait au soldat qu’un « bouclier immense » couvre « ses genoux, sa poitrine, son corps » (Tyrtée II, 23-24). Le rebord du bouclier faisait quasiment un angle droit, avec pour résultat un véritable cratère plutôt qu’une forme plate. S’il est vrai qu’une forme en cratère si exceptionnelle aidait à détourner les coups et offrait en plus une protection pour l’avant-bras, elle permettait au poids élevé du bouclier de reposer sur l’épaule. D’autres types de bouclier de moindre taille et de poids plus faible, par exemple le macédonien, le romain et le perse, étaient dépourvus de cette concavité radicale, peut-être parce que le besoin de soulager le bras n’existait pas.
Une fois que les deux armées s’étaient heurtées, il s’ensuivait en général une compétition de poussée, et nous pouvons donc imaginer que l’hoplite faisait reposer naturellement tout le poids du bouclier sur son épaule gauche tandis qu’il s’appuyait sur les hommes devant lui. Peut-être cette concavité, d’une conception si nouvelle, constituait-elle la véritable révolution en matière d’armement, et non pas les prises pour le bras et la main comme on l’affirme plus souvent. Elle permettait qu’un élément d’équipement d’une envergure disproportionnée fût porté même par un homme de petit gabarit (70 kg) et lui permettait de trouver la surface idéale pour donner un axe à sa force parmi les dos des hommes qui étaient devant lui. Après Homère, comme nous devions nous y attendre, le bouclier d’infanterie fut décrit comme creux (cf. Tyrtée). Thucydide (VII, 82, 3) remarquait que les prisonniers athéniens en Sicile furent contraints de remplir avec leur argent « quatre boucliers retournés », image difficile à comprendre à moins de se rappeler la forme distinctive du bouclier de l’hoplite. Nous lisons dans Euripide (Tr. 1190-1200) que le guerrier irrite sa barbe avec le bord de son bouclier, autre détail qui suggère que le rebord reposait sur son épaule juste sous le côté de la mâchoire. A la vérité, un bouclier d’hoplite argien presque complètement restauré du Musée du Vatican confirme qu’un homme pouvait en suspendre le bord intérieur sur son épaule gauche. Nous voyons souvent cette posture sur les peintures de vases où des hommes paraissaient faire reposer leur bouclier sur leur épaule à la fois quand ils ont immobiles et quand ils combattent. Souvent aussi, un hoplite accroupi se protège d’un coup venu d’en haut en tenant son bouclier à l’horizontale, le rebord reposant sur son épaule enfoncé sous le menton. On peut retrouver une meilleure représentation sur un relief funéraire attique de la fin du Vè s. L’on y voit un hoplite, qui a sans doute son bouclier sur l’épaule, avec les deux mains occupées : il donne une poignée de main avec la droite tandis qu’il tient sa lance avec la gauche. Cette importante fonction du bord du bouclier de l’hoplite peut aussi expliquer sa disparition plus tard, à l’époque hellénistique, à la fin du IVè et aux IIIè et IIè siècles, quand les fantassins suspendaient leur bouclier, plus petit, à leur cou afin de prendre avec les deux mains la sarisse, ou pique, qui était beaucoup plus longue et plus lourde. La courroie autour du cou et le poids moindre ne requéraient pas que l’in soutînt le bouclier avec l’épaule, et il n’est donc pas surprenant que le tacticien d’époque tardive Asclépiodote ait pu décrire le modèle macédonien comme « pas très incurvé ».
Voici une autre raison pour laquelle les avantages que présentait le rebord du bouclier sont souvent négligés par les spécialistes : l’accent mis, en général, dans les peintures de vases sur les premiers rangs où l’on portait les premiers coups à l’arme blanche et où le bouclier était le plus souvent tendu en avant de la poitrine pour détourner les divers coups qui arrivaient. L’on ne pouvait le reposer à aucun moment. Dailleurs, l’engagement qui était l’apanage des premiers rangs attirait l’intérêt de l’artiste et il était bien plus facile à représenter que des rangs anonymes de fantassins, les uns sur les autres, en train de pousser et d’appuyer leur bouclier sur les hommes placés devant eux.
Outre son poids et sa forme encombrante, la relative minceur du bouclier était, enfin, un inconvénient, puisque son épaisseur ne dépassait guère deux centimètres et demi à trois centimètres et demi. Comme cela a été le cas pour la cuirasse pendant plus de 25 siècles depuis cette époque, l’on sacrifiait l’épaisseur à l’envergure. Son diamètre de 90 cm requérait qu’il fût mince afin que son poids total restât dans des limites tolérables. Les Grecs savaient que ces pièces centrales, bien qu’elles ne pussent garantir une protection absolue contre tous les coups qui arrivaient, suffisaient, ce qui n’était pas le cas pour les boucliers des siècles passés, pour soutenir la plupart des attaques à la lance et à l’épée, pourvu que ces coups d’estoc et de pointe fussent portés de près, situation où il était difficile de prendre de l’élan. Les histoires d’armes transmises de père en fils, d’armements suspendus au-dessus de la chemise ancestrale, de boucliers vus, des centaines d’années après, en exposition dans des sanctuaires, sont probablement toutes plausibles, puisque la plupart des hoplites n’étaient pas postés en première ligne et ne soumettaient pas leur équipement à ce terrible choc initial où le fer de lance heurtait de plein fouet le bouclier, la cuirasse, le casque et le jambart. En revanche, pour les quelques hommes qui affrontaient la charge de l’ennemi à l’avant de la phalange, il y avait des chances pour que leur bouclier aussi bien que leur lance se fendent ou tombent en morceaux sous l’impact. Nous voyons des boucliers brisés sur des peintures de vases et devrions nous rappeler aussi que c’est un évènement fréquent dans la littérature. La mort prématurée de Brasidas à Amphipolis, en 422, était censée être due au fait que son bouclier n’avait pu détourner un coup de lance. Comme on lui demandait comment il avait reçu sa blessure, il répliqua selon Plutarque : « C’est parce que mon bouclier m’a trahi ». La même image est saisie par Xénophon dans sa description terrifiante de l’après-bataille de Coronée, en 394, où après le heurt des Spartiates et des Thébains, il y a des boucliers réduits en miettes sur le sol autour des corps des morts. Et, dans Le Bouclier de Ménandre, nous nous rappelons l’esclave de Cléostratos, Davos, qui trouve broyé le bouclier de son maître à côté de son cadavre supposé. Il y a enfin des exemples d’armées entières rééquipées après une bataille ou empressées à échanger leur armement contre une nouvelle distribution de matériel, ce qui indique peut-être qu’un nombre non négligeable de boucliers – le seul élément de la panoplie qui ne soit pas entièrement en bronze – ont dû être brisés dans le choc initial.
Victor Davis HANSON
In Le modèle occidental de la guerre
Editions Les Belles Lettres (1990)
ISBN : 2-251 38004-3
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