mardi, 27 mars 2012

Les origines du système régimentaire

"Groupe les hommes, Agamemnon, par pays et par clan, pour que le clan serve d’appui au clan, le pays au pays. Si tu agis ainsi et si les Achéens te suivent, tu sauras qui, des chefs et des hommes, est un brave ou un lâche, puisqu’ils iront par groupes à la bataille ; tu sauras enfin si ce sont les dieux qui doivent t’empêcher d’enlever la ville, ou les hommes par lâcheté et ignorance de la guerre". (Iliade. II, 362-368)

 

La cohésion unique en son genre qui existait entre les individus dans une phalange compte pour beaucoup dans la réussite des hoplites grecs qui contraste, en particulier, avec le cas des troupes étrangères. Bien que divisés par des rivalités entre cités, gravement inférieurs en nombre, rassemblés à la hâte et victimes d'une grave trahison, les Grecs attaqués pendant les Guerres Médiques mirent en déroute les envahisseurs orientaux dans presque toutes les batailles terrestres où ils les affrontèrent. Outre la présence des généraux grecs sur le champ de bataille, l'élément clé fut sans doute la camaraderie qui régnait dans les rangs grecs, la confiance qui venait des liens entre les hoplites dans la phalange, ce qui put permettre à Léonidas, à la veille d'un anéantissement certain, quand Xerxès lui dit de rendre les armes, de répliquer simplement au nom de ses hommes : "Viens les prendre". (Plutarque Mor. 225 D 11).

300_battle_at_the_Hot_Gates.jpgLa confiance dans son chef et dans ses armes, et aussi l'amour de la patrie et l'expérience des batailles passées peuvent, ensemble expliquer pourquoi une armée une fois engagée opère avec succès sur le champ de bataille. Mais cela explique-t-il entièrement pourquoi des individus acceptent de soutenir la vue du combat et d'avancer, dans les dernières secondes, contre les lances de l'ennemi ? Beaucoup d'hoplites grecs, il est vrai, ont pu se trouver en état d'ébriété, mais l'usage de la boisson était moins nécessaire pour convaincre un hoplite de charger que pour aider son cœur à supporter cette perspective. Je suggère que les soldats de la cité affrontaient la charge de l'ennemi à cause de leur général et à cause des hommes placés à leurs côtés, de leur volonté de les protéger des coups de pointe de l'ennemi, de la honte qu'ils auraient eu de se conduire en couards devant eux. L'idéal de l'homme brave, à leurs yeux, était le héros du vieux poème de Callinos (I, 20-22) :

"S'il vit, voyant partout croître sa renommée,

Rempart de son pays, mortel égal aux dieux,

On le contemple seul, il vaut seul une armée."

(Traduction de Firmin Didot).

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dimanche, 19 juin 2011

Sparte, l'Etat militaire

Lorsque Platon conçut son Utopie, il s'inspira des institutions réelles d'une communauté hellénique, L'Etat-cité de Sparte qui était la plus grande des grandes puissances de son temps. Si l'on examine les origines du système lacédémonien, on constate que les Spartiates se trouvèrent acculés à la nécessité d'accomplir leur tour de force et de se doter, en vue de cette tâche, de leur "institution originale" parce qu'à une époque antérieure, ils avaient une orientation particulière : les Spartiates, en effet, s'étaient séparés à un certain moment de leur histoire de l'ensemble des Etats-cités helléniques.

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Les Spartiates eurent une réaction toute particulière au danger commun qui menaça toutes les communautés helléniques au VIIIè siècle av. J.-C., lorsque, du fait du cours immédiatement antérieur du développement social, les rendements de surfaces cultivées dans la Grèce péninsulaire et dans l'Archipel, patries de la Société hellénique, se mirent à diminuer, tandis que la population de l'Hellade se multipliait rapidement. La solution "normale" trouvée à ce problème commun de la vie hellénique du VIIIè siècle consista en une nouvelle extension de la surface cultivable totale possédée par les Grecs grâce à la découvete et à la conquête de nouveaux territoires outre-mer. Dans la galaxie des nouvelles cités helléniques qui virent le jour à la suite de ce mouvement général d'expansion outre-mer, il y en avait une, Tarente, qui se réclamait d'une origine spartiate mais, même si cette prétention était conforme au fait historique, son cas fut unique. Tarente fut la seule cité hellénique d'outre-mer qui ait prétendu être une colonie de Sparte, et cette tradition tarentine ne fait que confirmer le fait que dans l'ensemble les Spartiates ont cherché à résoudre à leur manière, et non, comme les autres, par la colonisation d'outre-mer, le problème démographique commun à toutes les cités helléniques du VIIIè siècle.

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samedi, 05 décembre 2009

Le bouclier

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mercredi, 07 mai 2008

Les batailles de France

L'histoire de France s'est écrite à travers les batailles qu'elle a livrées, souvent sur son territoire et quelquefois sur des champs de batailles en Europe ou même ailleurs. 

1148516068.jpgCertaines sont célèbres, comme Marignan en 1515 (pour la raison que l'on devine), ou encore Austerlitz, qui vit la naissance de la légende de Napoléon et de sa Grande Armée qui allait voler de victoires en victoires jusqu'au désastre de la campagne de Russie, puis de cette ultime bataille de Waterloo.

Des centaines de champs de batailles ont absorbé le sang de centaines de milliers d'hommes tout au long de l'histoire, pour des motifs divers et variés, soif de conquêtes, revendications de couronnes ou de territoires justifiées ou non, querelles de princes, guerres de religions ou alliances à respecter. 

Toutes ces guerres et batailles ont façonné les contours du territoire français pour finalement dessiner ce que l'on appelle aujourd'hui l'hexagone... 

Je vous propose de découvrir ces batailles que j'ai "découpées" en 5 périodes ; celles ci s'arrêtent à la fin du premier Empire, ma passion pour l'histoire, passé cette période, étant moins marquée. 

À raison de 5 à 10 batailles par mois, ce site va évoluer pendant quelques années. Il s'agrémentera également dans le temps de nouvelles rubriques.

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mardi, 15 avril 2008

Chants de la Légion étrangère

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samedi, 23 février 2008

La bataille de l'Allemagne (1/9)


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mardi, 11 décembre 2007

1944 : la bataille de Normandie (1/4)


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1943 : la bataille de Koursk (1/3)


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vendredi, 19 janvier 2007

TABERNA BELLI : l'échoppe guerrière de Theatrum Belli

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mardi, 26 septembre 2006

TITE-LIVE : La bataille du mont Olympe, à la fin de l'été 189 av. J.-C.

medium_armed_celts.jpgLes Gaulois émigraient en masses des villages et des champs, traînant avec eux-mêmes, leurs femmes et leurs enfants, tout ce qu’ils pouvaient porter et pousser ; ils se dirigeaient vers le mont Olympe pour s’y retrancher, protéges par leurs armes et par le site (…) les Tolostoboges avaient occupé le mont Olympe ; les Tectosages s’étaient séparés d’eux pour gagner une autre montagne, appelée Magaba ; les Trocmes avaient confié femmes et enfants aux Tectosages et décidé, avec les hommes armés, de porter secours aux Tolostoboges. A ce moment, les roitelets des trois peuples s’appelaient Orgiago, Combolomarus et Gaudotus ; ils avaient adopté cette stratégie surtout parce qu’ils pensaient, en tenant les sommets les plus élevés de cette région et en y apportant de quoi subsister aussi longtemps  qu’il faudrait, pouvoir fatiguer et dégoûter l’ennemi : celui-ci n’oserait pas approcher en traversant des endroits aussi escarpés et accidentés ; s’il essayait, une troupe réduite suffirait à l’arrêter ou à le troubler ; enfin, il ne supporterait pas, s’il s’installait au pied de ces montagnes glaciales, le froid et le manque d’aliments. Bien que l’altitude même du lieu les protégeât, les Gaulois entourèrent les sommets sur lesquels ils s’étaient installés d’un fossé et d’autres retranchements. (…) Les Gaulois, sûrs que leurs flancs sont tous deux inaccessibles, envoient quelque 4 000 hommes vers le sud pour occuper une colline qui domine le chemin, à moins d’un mille du camp, et en bloquer l’accès par les armes (…). Le combat s’engage de loin avec les armes de jet ; il est d’abord égal, car les Gaulois sont avantagés par le terrain et les Romains par l’abondance et la variété des projectiles ; mais à mesure que le combat avance, l’égalité cesse : leurs boucliers longs, mais trop étroits pour leur stature, et plats de surcroît, couvraient mal les Gaulois ; ils n’eurent bientôt plus d’armes à par leurs épées, qui ne servaient à rien puisque l’ennemi n’engageait pas le corps à corps ; ils lançaient des pierres (…) sans ajuster ni appuyer le tir, faute d’habitude ; frappés de toutes parts, à l’improviste, de flèches, de balles et de javelots, ils ne savaient que faire, aveuglés par la colère et la peur, et pris au dépourvu par un genre de combat auquel ils sont inaptes. Car si, dans le combat rapproché où l’on reçoit et inflige tour à tour des blessures, la rage les rend courageux, au contraire, quand ils ne peuvent se ruer nulle part dans un assaut aveugle, telles des bêtes transpercées, ils se jettent au hasard contre les leurs. Comme ils combattent nus et que leur peau est grasse et blanche, puisqu’ils ne se déshabillent que pour combattre, leurs blessures étaient mises à nu : ainsi la masse des chairs lassait couler plus de sang, les plaies béantes étaient plus affreuses et la blancheur du corps était plus souillée par le sang noir. Mais les plaies ouvertes ne les émeuvent guère : parfois, quand la blessure est large plus que profonde, ils arrachent la peau autour, pensant augmenter leur gloire. Mais quand une pointe de flèche ou une balle de fronde a pénétré dans la chair et la brûle, sous l’aspect d’une petite blessure, et qu’ils cherchent à arracher ce projectile qui ne vient pas, la medium_romain_au_combat_2.jpghonte et la rage les prennent d’être victimes d’un si minuscule adversaire, et ils se couchent à terre, si bien qu’alors ils gisaient épars ; d’autres se ruaient sur l’ennemi et étaient frappés de toutes parts ; et s’ils arrivaient au contact, l’épée des vélites les transperçait ; ce soldat est armé d’un bouclier de trois pied, porte du côté droit des javelots qu’il lance de loin, et à la ceinture d’un glaive espagnol ; s’il faut combattre au corps à corps, il fait passer les javelots dans la main gauche et tire l’épée. Il restait peu de Gaulois vivants : quand ils se virent battus par l’infanterie légère et menacés par les enseignes des légions, ils fuirent en désordre, rejoignirent le camp déjà rempli de terreur et de panique, comme tout endroit où sont mélangés femmes, enfants et toute la foule des gens inaptes à la guerre. Abandonnées par la déroute des ennemis, les collines accueillirent les Romains vainqueurs.

(…) Les Gaulois, craignant que leurs retranchements ne leur offrissent une protection insuffisante, s’étaient rangés en armes devant la palissade ; ils furent alors écrasés sous les projectiles de toutes espèces ; plus ils étaient nombreux et serrés, moins les tirs manquaient les cibles : en un instant ils sont contraints à rentrer, ne laissant que devant les portes des gardes solides. La foule repoussée dans le camp reçut une grande quantité de projectiles, et les cris mêlés de gémissements des femmes et des enfants révélaient le grand nombre des blessés. Contre ceux qui gardaient les portes, les éléments avancés des légions lancèrent leurs javelots ; ceux-ci ne les blessaient pas, mais les boucliers étaient traversés et fixés les uns aux autres. Les Gaulois ne soutinrent pas plus longtemps l’assaut romain.

Les portes étaient forcées ; sans attendre l’irruption des vainqueurs, les Gaulois s’enfuirent du camp dans toutes les directions (…).

 

Tite-Live (-59 +17)

medium_Tite-Live.jpgFils d'une riche famille, il fait d'abord des études de rhétorique qui l'amènent à s'installer à Rome. Mais il se consacre finalement aux lettres. Malgré ses convictions républicaines, il est très proche d'Auguste qu'il va d'ailleurs aider dans son entreprise de réhabilitation de la grandeur de Rome. En effet, s'il est historien, sa discipline est pour lui un genre littéraire qui doit édifier et idéaliser le passé du monde romain et les vertus du peuple. Dans ses cent quarante-deux livres que composent son Histoire de Rome, dont seuls des fragments nous sont parvenus, Tite-Live offre une fresque moralisatrice et oratoire dont Auguste se servit pour asseoir son pouvoir et renforcer l'unité nationale.

Histoire romaine, XXXVIII, 18-23

Traduction de Richard Adam

Paris, Les Belles Lettres, 1982 

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