lundi, 22 août 2011
Il y 70 ans : L'opération "Barbarossa" (1/2)
Le 22 juin 1941, "le monde retient son souffle", suivant la propre formule de Hitler. 130 ans presque jour pour jour après l'armée des 20 Nations de Napoléon, la Wehrmacht frappe à l'Est et déclenche l'opération Barbarossa. L'attaque se produit en liaison avec les Finlandais et les Roumains, désireux de recouvrer les territoires perdus en 1940. Une des plus grandes batailles de l'Histoire commence. Contrairement à la certitude du haut commandement, cette bataille va dégénérer en lutte d'usure, constituer le tombeau de l'armée allemande et la cause principale de sa chute. Le sort de la Seconde Guerre mondiale et le destin du IIIe Reich vont se jouer à l'Est.
C'est au lendemain de la chute de la France, dès juillet 1940, que Hitler envisage pour l'année même une attaque contre l'Union soviétique. Le projet est écarté par Jodl, pour des raisons logistiques évidentes — le transfert du gros de l'armée allemande à l'Est exigerait au moins quatre mois.
On s'est beaucoup interrogé sur les raisons qui ont pu inciter Hitler, alors que la guerre contre la Grande-Bretagne vient à peine de commencer, à ouvrir un second front, en dépit des assurances qu'il n'avait cessé de formuler jusque-là, et à violer le pacte germano-soviétique.
A priori, l'affaire peut trouver sa source dans Mein Kampf et s'intégrer dans une volonté de domination, non pas mondiale, comme on le prétend parfois, mais européenne.
Après avoir édifié la Grande Allemagne avec l'Anschluss, le démantèlement de la Tchécoslovaquie et de la Pologne, éliminé la menace française, Hitler aurait été tenté d'acquérir à l'Est l'espace vital nécessaire à la survie et au développement du Reich, comme grande puissance.
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Il y a 70 ans : L'opération "Barbarossa" (2/2)
Pendant plus de trois semaines, les divisions de von Bock se trouvent bloquées, pataugeant dans une boue glacée. Le commandement soviétique, le Parti, mettent à profit cette pause inespérée. Plus de 250.000 civils sont mobilisés pour construire des fortifications de campagne. Les grandes forêts de la région de Moscou constituent de remarquables obstacles antichars et canalisent la progression le long d'étroits couloirs faciles à barrer par des mines, des blockhaus, des canons habilement camouflés. Rassuré sur les intentions japonaises par les rapports de Sorge, n'ayant plus à redouter une attaque contre la Sibérie, Joukov peut rappeler 4 divisions et plusieurs brigades blindées de la province maritime.
Il bénéficie encore d'un arrière intact, avec de nombreux aérodromes et un réseau remarquablement dense de routes et de voies ferrées, alors que les Allemands se trouvent immobilisés dans des zones dévastées où l'ennemi a pratiqué la politique de la terre brûlée. L'aviation soviétique, inaugurant de nouveaux matériels, se manifeste avec une vigueur nouvelle et désagréable. Tous les jours, 100 à 120 trains acheminent renforts et approvisionnements pour l'Armée rouge alors que von Bock ne peut disposer que d'une vingtaine de convois au maximum.
A l'OKH ou au quartier général de Bock, une terrible angoisse commence à régner. Le spectre de la Grande Armée se dresse devant les généraux. "Beaucoup, devait dire Blumentritt, commencèrent à relire les Mémoires de Caulaincourt et son sinistre récit de la campagne de 1812. Cet ouvrage eut une profonde influence à ce moment critique de 1941. Je reverrai longtemps Kluge, pataugeant dans la boue entre sa chambre et son bureau, venant contempler les cartes, le livre de Caulaincourt à la main." Après avoir tant insisté auprès du Führer pour attaquer Moscou, il est difficile à Brauchitsch et à Halder de s'avouer vaincus en présence du but. De toute manière, il n'est pas possible de s'arrêter sur les positions atteintes.
Si l'on renonce à l'offensive, il faut se replier sur les lignes de départ du 2 octobre.
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dimanche, 30 novembre 2008
"Stalingrad" (1/6) de Joseph Vilsmaier (1993)
A la fin de l'année 1942, les armées d'Hitler s'avancent très loin en territoire soviétique. Leur objectif principal est Stalingrad. Face à une résistance russe acharnée et victime d'un hiver terrible à laquelle elle n'était pas préparée, la VIe Armée subit de lourdes pertes. Pendant qu'Hitler clame victoire à la radio, ses hommes comprennent que la ville va devenir pour eux un enfer d'acier et de sang. Le film relate la bataille de Stalingrad, vue du côté allemand, en suivant le parcours au front du Lieutenant Hans von Witzland et de ses hommes. L'histoire débute avec leur montée au front, puis les suit dans l'enfer des combats, où ayant perdu la moitié des hommes du peloton et après avoir été placé sous le commandement d'un capitaine sadique, le lieutenant mène ses hommes à travers les steppes gelées. Après leur encerclement par les forces soviétique, le groupe ira des tentatives de rebellions en tentatives de désertion puis, enfin, vers la mort.
Fort de moyens importants (une trentaine d'acteurs, 25.000 figurants, 100 cascadeurs, 22 poids-lourds, 45 camions, 20 camionnettes, 29 omnibus, 50 voitures, 10 traîneaux à moteur, 25 blindés tchèques, 18 blindés finlandais, 6 avions, un train, 8 tonnes d'explosifs, 200.000 munitions d'artillerie, 10.000 costumes), le film est tout d'abord une reconstitution historique impressionnante. Ensuite, il permet de suivre la vie d'hommes simples, de soldats allemands lors de cette bataille. Les combats, bien que présents, représentent une part moindre du film. Ce qui est mis en avant ici, ce sont les hommes, perdus dans la folie de la guerre avec leurs peurs, leurs ignorances, leurs doutes et la révolte qui gronde en eux. L'aspect "guerre", passe parfois au second plan et laisse la place à des dialogues entre soldats portant sur la nostalgie du pays, leur vision de la guerre, leurs tracas quotidiens et leur manière de faire face à l'horreur de la guerre. Ce film est un très beau tableau d'hommes abandonnés loin de chez eux par des dirigeants déconnectés de la réalité du terrain. Le récit et les dialogues ne tombent jamais dans le manichéisme ou l'apitoiement et offrent un regard nouveau et nuancé sur cette terrible bataille, tournant de la Seconde Guerre mondiale.
Écrit par SG (Webmaster) dans > 2ème Guerre Mondiale, > Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stalingrad, guerre, theatrum belli, barbarossa |
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