mardi, 18 mai 2010

Séminaire CESM "Défense antimissile balistique et contribution navale : quels enjeux ?" (7 juin 2010)

Un peu oubliée après les attentats du 11 septembre, la défense anti-missile balistique (DAMB)redevient d'actualité avec les essais de missiles menés en 2009 par la Corée du Nord et l'Iran. Face à l'accroissement des capacités balistiques de nombreuses nations, un récent rapport parlementaire envisage la DAMB comme un élément important pour la protection des intérêts et du territoire français. D'ailleurs, le président de la République avait souligné en mars 2008, que « des capacités de défense antimissile contre une frappe limitée pourraient être un complément utile à la dissuasion nucléaire, sans s'y substituer ».

CESM Défense antimissile.pngPour protéger leur territoire, les Etats-Unis disposent de deux sites anti-missiles (Californie et Alaska). Ils ont récemment abandonné l'option d'un troisième site européen pour se recentrer sur les menaces les plus probables, c'est-à-dire les vecteurs de portée inférieure à 3000 kilomètres. À cette fin et outre les moyens basés à terre et opérant dans l'atmosphère, ils développent une défense « embarquée » sur les navires de l'US Navy, principalement articulée autour du système Aegis et du missile d'interception exo-atmosphérique SM3. Les capacités de l'US Navy permettent de protéger des forces projetées mais aussi d'assurer la défense d'infrastructures et de populations sur le territoire de pays alliés ou amis.

Le projet de L'OTAN vise la défense des forces contre les missiles d'une portée maximale de 3000 km, au travers du développement des capteurs et des intercepteurs de « basse couche » et d'un système de commandement et de contrôle. Cette première étape doit servir de support au déploiement d'une future capacité antimissile de territoire.

Alors que l'Espagne, la Norvège et les Pays-Bas ont opté pour la solution Aegis américaine, la France a choisi de pouvoir disposer d'une capacité d'alerte avancée et de moyens initiaux de défense antimissile de théâtre interopérables avec ses alliés. L'Aster Block1 (version terrestre) ne disposera que d'une capacité limitée à l'interception de missiles « rustiques » de courte portée (600 km).

S'il était décidé de développer les capacités françaises, notamment en lien avec la démarche de l'OTAN, plusieurs solutions seraient envisageables, selon que l'on privilégierait la défense de théâtre ou l'extension à la défense de territoire.

Ainsi, une nouvelle version Aster Block2 endo-atmosphérique pourrait équiper les batteries terrestres et les frégates anti-aériennes Horizon. Cette capacité s'appuierait sur les qualités des navires qui peuvent se déployer sans contrainte dans tout le domaine maritime afin de rallier les positions les plus favorables à l'exécution de la mission.

En cas d'extension au traitement de menaces à longue portée, dans une logique de défense du territoire national, la voie de l'interception exo-atmosphérique devrait être étudiée, en lien avec la doctrine de dissuasion française et l'initiative américaine en Europe.

Enfin, le principe même d'une DAMB pose l'éternelle question du choix entre glaive et bouclier. La place de la DAMB dans la palette des autres moyens dont dispose la France (renseignement, dissuasion, prévention, stratégie de contre forces, rétorsion) mérite donc d'être examinée, notamment pour ne pas céder à un effet de mode.

Le Centre d'enseignement supérieur de la Marine organise un séminaire sur ce thème le 7 juin 2010 après-midi. Une première partie présentera un panorama politico-stratégique de la menace, une deuxième cherchera à préciser les perspectives de la DAMB dans le système de défense et, notamment, les missions qu'il serait possible de confier à la Marine.

Inscription obligatoire : cesm.etudes@marine.defense.gouv.fr

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Écrit par SG (Webmaster) dans > Armées, > Armes et armement, > Événements, > France | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cesm, antimissile, marine nationale | | |  Facebook | |  Imprimer |