dimanche, 24 avril 2011

La militarisation de l’Alliance atlantique

Si les relations avec les grands États de l'Amérique latine posaient de délicats problèmes, on peut bien augurer des difficultés rencontrées par Washington vis-à-vis des alliés européens, lorsque fut mise en pratique l'organisation d'une défense militaire commune, notamment au printemps 1948.

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Les Etats-Unis devaient en effet constituer un ensemble militaire cohérent, dont ils auraient le contrôle, avec des partenaires aussi différents que la Grande-Bretagne, leader du Commonwealth, ami et rival de toujours, la France, éternel trublion en Europe et fausse vieille puissance, l'Allemagne, État divisé, vaincu, susceptible d'écarts dangereux dans son souci de renaître, l'Italie, chaotique, incertaine et misérable, l'Espagne, dictature également misérable, sans oublier les "petits États" du Benelux et les périphéries du nord (Scandinavie) ou de la Méditerranée (Grèce, Turquie). Comment faire marcher tout ce monde d'un même pas ? Comment aussi éviter des engagements excessifs vis-à-vis d'États européens alors sans grandes forces militaires réelles, donc très demandeurs de garanties de sécurité face à Moscou, et pourtant déterminés à se considérer comme de réels partenaires, avec leur capacité de manœuvrer et de s'autodéterminer à partir de leurs objectifs propres ? Fallait-il faire de l'Europe une troisième force comme le suggérait Kennan ? Mais avec quel leader européen ? Vue de Washington, la création d'une communauté de défense États-Unis-Europe occidentale renfermait bien des pièges, tout en étant indispensable.

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