jeudi, 21 mai 2009

Russia Today : ABM in Europe is a future problem

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mercredi, 05 novembre 2008

Déploiement de missiles à Kaliningrad

Le président russe, Dmitri Medvedev, a salué l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, mercredi 5 novembre, tout en accusant les Etats-Unis d'être responsables de la guerre en Géorgie et de la crise financière internationale. Il a aussi annoncé le déploiement de missiles pour "neutraliser" le bouclier antimissile américain.

MED.jpgLa guerre russo-géorgienne a été "la conséquence de la politique de l'administration américaine, qui est égoïste, incapable d'accepter la critique et qui préfère les décisions unilatérales", a déclaré M. Medvedev, dans son premier discours à la nation, deux mois après le conflit entre Moscou et Tbilissi. "Nous ne reculerons pas dans le Caucase", a-t-il insisté.

Le président russe estime que Washington a profité de cette guerre pour "imposer plus vite encore à l'Europe le système de défense antimissile américain". Il a prévenu de son intention de déployer des missiles Iskander dans la région de Kaliningrad (Ouest), enclave russe entourée de pays de l'UE, afin de "neutraliser" les éléments du bouclier qui seront installés en Europe. "Depuis la même région, on va brouiller les nouveaux éléments du système de défense antimissile que les Etats-Unis ont l'intention de déployer" en Pologne et en République tchèque, a-t-il ajouté.

Le président russe a ensuite dénoncé les "erreurs dans le domaine financier" et "l'absence du sens de la mesure" à l'origine, selon lui, de la crise financière mondiale. "En gonflant la bulle financière pour stimuler leur croissance, les Etats-Unis ne se sont pas donné la peine de coordonner leurs efforts avec d'autres participants des marchés et ont ignoré tout sens élémentaire de la mesure", juge-t-il.

"Les Etats-Unis n'ont pas écouté les mises en garde de la part de leurs partenaires, y compris les nôtres, et ils ont par conséquent nui à leurs intérêts et aux intérêts des autres, a-t-il estimé. Nous devons réformer radicalement les systèmes politique et économique. La Russie, quoi qu'il arrive, va insister sur ce point."

A l'issue de cette charge particulièrement violente, le président russe a dit espérer que la "nouvelle administration américaine" optera pour de "bonnes relations" avec la Russie.

Source du texte : LE MONDE.FR

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mardi, 08 juillet 2008

Bouclier antimissile : Prague signe un accord avec les USA

 bouclier-antimissile-carte.jpg

Malgré une opinion hostile, le gouvernement tchèque doit adopter mardi un traité prévoyant le déploiement d'un radar sur son territoire.

Tandis que Varsovie continue de jouer la carte de l'intransigeance avec Washington, le gouvernement de Prague, malgré une opinion publique très hostile au déploiement du bouclier américain, va de l'avant : le traité prévoyant l'installation d'un radar, destiné à être couplé avec une rampe de tir antimissile en Pologne voisine, sera signé cet après-midi par le ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, et la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice.

ABM.jpgLes sondages montrent régulièrement que deux tiers des Tchèques sont contre. Les mouvements pacifistes, qui ont multiplié les actions ces derniers mois, avec défilés, grèves de la faim et occupation du terrain militaire alloué au radar, ont d'ailleurs prévu de manifester pour l'occasion. Mais pour le premier ministre libéral Mirek Topolanek, dont les sentiments proaméricains sont aussi forts que ses réserves vis-à-vis de l'Europe, il s'agit d'un "vrai choix stratégique". Rien ne garantit, cependant, que le traité obtiendra les voix requises pour la ratification par les deux chambres du Parlement.

Pendant, ce temps, Varsovie continue de négocier. Le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, devait rencontrer lundi Condoleezza Rice à Washington. Jugeant "insuffisantes" les réponses américaines à ses préoccupations sur les menaces pour la sécurité de son pays qu'engendrerait ce bouclier, le premier ministre polonais, Donald Tusk, avait réclamé, vendredi dernier, la présence permanente en Pologne de systèmes de défense antiaérienne de type Patriot. "Nous n'avons rien rejeté, a souligné lundi Radoslaw Sikorski. La preuve, c'est la poursuite des pourparlers. Nous voulons continuer jusqu'à un dénouement heureux. Il s'agit de renforcer notre sécurité. Nous devons penser à nos intérêts".

Les États-Unis ont le projet d'implanter en Europe centrale, à l'horizon 2011-2013, deux éléments du bouclier antimissile destiné à protéger leur territoire contre d'éventuelles attaques de pays comme l'Iran : 10 missiles intercepteurs, qu'ils aimeraient déployer près de Slupsk, dans le nord de la Pologne, et une station radar en République tchèque. Les négociations avec les deux pays ont commencé en mai 2007.

Mais devant les difficultés à conclure un accord avec Varsovie, Washington vient d'entamer des discussions avec la Lituanie, pour voir si Vilnius pourrait prendre le relais. De quoi exaspérer encore un peu plus les Russes… Car ce que Washington voit comme un rempart contre les "États voyous" est considéré par Moscou comme une menace à sa propre défense nationale. Emboîtant le pas à son prédécesseur, Vladimir Poutine, le nouveau maître du Kremlin, Dmitri Medvedev, a exprimé lundi, à l'issue d'une rencontre avec George Bush au Japon, en marge du sommet du G8, de "sérieuses inquiétudes". Quant au possible déploiement du bouclier en Lituanie, ex-république soviétique, aux portes de la Russie, il est pour Moscou "absolument inacceptable".

Source du texte : FIGARO.FR

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jeudi, 03 avril 2008

Washington demande l'accès à la défense antimissile de Moscou

La proposition de Washington d'admettre des officiers russes dans les futures bases ABM en République tchèque et en Pologne serait accompagnée d'une condition, à savoir l'accès de spécialistes américains aux ouvrages russes de défense antimissile, notamment ceux situés près de Moscou, indique jeudi le quotidien Vremia novosteï, citant une source bien informée dans la capitale russe.

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jeudi, 25 octobre 2007

ABM : Prague ne veut pas de troupes russes en République tchèque

Mardi 23 octobre, le ministre américain de la Défense Robert Gates a choqué les dirigeants tchèques dans le cadre des négociations sur le très controversé projet de bouclier antimissile.

5f7168baad138860f1966df06e428adf.gifIl a proposé d'intégrer des soldats russes à la garnison en poste à la station radar que les Etats-Unis prévoient d'implanter dans l'ouest de la Bohême, une idée inenvisageable en République tchèque. Selon Petr Kambersky, "c'est comme si une singularité de l'histoire tchèque qui avait pris la porte en 1989 revenait maintenant par la fenêtre. (...) On ne peut exclure une véritable collaboration entre Russes et Américains en cas d'aggravation du danger iranien. Il semble aujourd'hui que Robert Gates ait tenté une manœuvre ingénieuse, tout comme Vladimir Poutine lorsqu'il a proposé aux Américains d'utiliser une station radar russe en Azerbaïdjan. Cela sonne bien, fait les gros titres des journaux, mais n'a aucune conséquence pratique."

Sources du texte :  HOSPODARSKE NOVINY / COURRIER INTERNATIONAL

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lundi, 18 juin 2007

Feu vert tacite de l'Otan au bouclier américain

Réunis hier à Bruxelles, les ministres de la Défense de l'Otan ont appuyé le projet de bouclier antimissile américain.

À l'issue de la réunion des ministres de la Défense de l'Otan, qui s'est achevée hier, à Bruxelles, l'Europe se retrouve dans le collimateur de trois projets de défense antimissile : le bouclier américain défendu par Washington, son complément Otan, et un système de radars russes, basé en Azerbaïdjan. Malgré l'opposition de Vladimir Poutine, le projet américain de bouclier antimissile, à construire en Pologne et en République tchèque, reste sur la table. D'après Robert Gates, le secrétaire d'État à la Défense, les négociations entre Washington, Prague et Varsovie, se poursuivent, avec l'accord tacite de l'Alliance atlantique. À Bruxelles, aucun des ministres de l'Otan n'a proposé de « geler » le projet américain, comme l'exige Moscou. « Nous estimons qu'il s'agit avant tout d'une affaire bilatérale entre Washington et certains pays de l'Est », explique-t-on côté français. Malgré les protestations du Parti social démocrate, l'Allemagne s'est également montrée discrète.

Défense mutuelle

Loin de bloquer le projet américain, l'Alliance atlantique a franchi une étape importante en donnant son feu vert officiel, jeudi soir, à une étude de faisabilité sur la construction d'un système de défense antimissile propre à l'Otan. Ce bouclier allié serait complémentaire du bouclier américain, auquel il serait relié. Il protégerait les pays du flanc sud-est de l'Alliance, notamment la Turquie, la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie, qui exigent le même niveau de protection que leurs alliés tchèques ou polonais. Au titre de la défense mutuelle, l'Otan leur doit cette protection. L'Alliance planche sur un projet de défense antimissile depuis 2002. En 2006, un rapport de 10 000 pages avait conclu à l'existence d'une menace balistique sur le Vieux Continent et à la nécessité de protéger les populations et les troupes en opération.

Les Alliés n'y avaient pas donné suite, estimant trop élevé le coût d'un bouclier protégeant les 26 pays alliés. La perspective de partager le fardeau financier avec les États-Unis a remis ce projet au goût du jour. Les résultats de la nouvelle étude sont attendus pour février 2008. Ils seront soumis aux dirigeants de l'Alliance à leur prochain sommet, en avril, à Bucarest. En attendant, la proposition russe, lancée par Vladimir Poutine au G8, de faire profiter le sud de l'Europe de son système de radars, basé en Azerbaïdjan, reste, elle aussi, sur la table. «  Nos experts vont évaluer l'offre russe », a indiqué Robert Gates, à Bruxelles. « Nous considérons le radar azerbaïdjanais comme un outil supplémentaire de notre projet », a ajouté le secrétaire à la Défense, refusant de considérer l'offre russe comme une alternative à l'installation du bouclier antimissile américain en Europe de l'Est.

Dans ce dossier ultrasensible, les États-Unis s'efforcent de ménager les susceptibilités des Russes. À Bruxelles, ils ont réussi à éviter l'affrontement, sans modifier leur position. Mais l'Europe, elle, se retrouve sous le coup de trois projets de bouclier antimissile.

Source du texte : FIGARO.FR 

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Mise au pied du mur par les Américains et l'Otan à Bruxelles sur le thème du bouclier antimissile, la Russie a riposté à Vienne en menaçant de sortir du traité sur les armes conventionnelles en Europe.

C'est par un lourd silence que Moscou a accueilli hier le soutien apporté par l'Otan au projet de bouclier antimissiles américain en Europe centrale. La question n'a même pas été abordée lors de la rencontre qui a réuni le secrétaire à la Défense américain Robert Gates et son homologue Anatoli Serdioukov, en marge d'une réunion de l'Alliance atlantique.

Était-ce que les Russes étaient trop furieux pour s'exprimer ou qu'ils espéraient encore infléchir les Américains lors de la rencontre qui doit se tenir entre Vladimir Poutine et George W. Bush dans la résidence familiale des Bush à Kennenbunkport les 1er et 2 juillet prochains ? Ou simplement qu'en raison d'un processus de décision très centralisé au Kremlin, le ministre Serdioukov, pas vraiment politique, a préféré s'abstenir ? « J'avoue que j'ai été un peu étonné, je ne sais pas trop comment interpréter (ce silence), pour être honnête », a rapporté Gates.

Jeudi, un porte-parole du Kremlin avait seulement émis le souhait « que l'ensemble du processus en Europe orientale soit gelé le temps que nous voyions pleinement si l'initiative de Poutine est acceptée ou non ». Un ton très en deçà de la virulence avec laquelle le président russe était monté au créneau avant le G8, en déclarant au Figaro que la Russie envisageait de « pointer des missiles sur des cibles en Europe » si le bouclier antimissiles venait à se mettre en place. Poutine avait ensuite sorti de sa manche une contre-proposition suggérant de remplacer le dispositif prévu par les Américains en Europe centrale par l'utilisation d'une base radars louée par la Russie en Azerbaïdjan. Bien qu'habile diplomatiquement, la ligne de Bush, qui consiste à maintenir son projet initial tout en ouvrant des négociations avec les Russes sur « une capacité additionnelle » ne peut vraiment satisfaire la Russie, crispée sur ses réflexes soviétiques et une mentalité de forteresse encerclée qui croît au rythme de la montée de l'influence américaine à ses frontières.

Constat d'échec

La mauvaise humeur russe s'est clairement fait sentir à Vienne hier, où une conférence extraordinaire convoquée par la Russie sur le traité pour les armes conventionnelles (CFE) s'est conclue sur un constat d'échec. Reflétant le climat de tension entre la Russie et les États-Unis, le chef de la délégation russe, Anatoly Antonov a reproché aux pays de l'Otan de « poursuivre leurs remontrances » sans écouter les demandes russes. Le traité CFE dans sa version originale de 1990 « n'est plus viable... », a-t-il dit.

Ces tensions sont implicitement liées au projet de bouclier américain, que la Russie perçoit comme un motif de relance de la course aux armements. Le 31 mai, Vladimir Poutine avait explicitement lié les essais récents réalisés par l'armée russe sur de nouveaux missiles tactiques et stratégiques aux projets antimissiles de Washington, parlant de ces nouvelles armes comme d'une « réponse aux actions unilatérales de nos partenaires ». La diplomatie moscovite, qui exige une modification du CFE signé en 1990 en raison du nouveau contexte stratégique apparu à ses frontières (terrorisme, élargissement de l'Otan), menace de sortir du traité. Mais les pays de l'Alliance attendent de la Russie qu'elle retire au préalable ses troupes des provinces séparatistes des Républiques de Moldavie et de Géorgie, pour bouger sur le CFE. Un vieux sujet de brouille qui vient s'ajouter aux multiples sujets de tension actuels.

Source du texte : FIGARO.FR 

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dimanche, 10 juin 2007

Le bouclier antimissile américain et la menace iranienne

c740fd1580ed2895dbad757e2e81903e.jpgDans un document rendu public le 29 mars 2007 (1), le Département d’Etat américain justifie son plan de déploiement en Europe orientale d’un bouclier antimissile en affirmant que le système actuel de défense antimissile dont dispose l’OTAN "fournit seulement une protection contre les menaces de courte portée, et ne serait pas capable de se défendre contre des missiles de plus longue portée lancés du Moyen-Orient vers l’Europe centrale ou occidentale" (2). Outre la Corée du Nord, le projet américain est censé protéger "la sécurité nationale U.S., et la sécurité des amis et alliés des U.S.A." contre la menace que constitue l’Iran, décrit par le même document comme "l’un des régimes les plus menaçants et les moins responsables du monde" (3). Au début du mois de mars 2007, John Rood, responsable du Bureau of International Security and Non-proliferation au sein du Département d’Etat U.S., a expliqué clairement que le dispositif projeté, dont la construction des installations doit commencer en 2008, est conçu en réponse à la "menace grandissante" des missiles iraniens (4).

Le problème, si l’on peut dire, est que les données techniques existantes sur les différents types de missiles dont dispose la République Islamique d’Iran contredisent les affirmations de la diplomatie américaine.

Nous avons consulté une documentation officielle consacrée aux capacités de l’Iran en matière de missiles balistiques, publiée sous les auspices du Congrès des Etats-Unis en 2004 (5). De par son origine, et parce qu’elle s’appuie principalement sur des sources américaines (et en particulier sur des études menées par la C.I.A.) et britanniques, cette documentation est peu suspecte de minimiser ou de sous-estimer les performances de l’arsenal iranien. Il en ressort que, outre un nombre effectivement important de missiles balistiques dits de courte portée ("short range", c’est-à-dire inférieure à 1.000 kilomètres), parmi lesquels les fameux Scud-B (d’une portée de 300 km) et Scud-C (d’origine nord-coréenne et chinoise, et d’une portée de 500 km), le seul vecteur de longue portée dont dispose l’Iran est le Shahab-3.

Les spécialistes estiment que le Shahab-3 est capable d’atteindre une portée de 1.300 kilomètres, et "pourrait" éventuellement emporter une charge nucléaire (6). Rappelons à ce sujet qu’aucune donnée tangible n’a été apportée à présent à l’appui des allégations américaines selon lesquelles l’Iran chercherait à développer des armes nucléaires.

Les spéculations relayées par certains experts, d’une part sur le fait que l’Iran travaillerait actuellement à l’amélioration des capacités du Shahab-3 (notamment en termes de portée), d’autre part sur l’existence d’un programme visant à développer des missiles Shahab-4, Shahab 5 et Shahab-6 de plus longue portée, semblent ne reposer sur aucune preuve précise et crédible, ainsi qu’il ressort de la documentation américaine susvisée (7). Quant à l’affirmation selon laquelle le programme spatial iranien, annoncé par Téhéran début 2004 et devant aboutir au lancement d’un satellite, servirait en réalité de camouflage au développement de missiles intercontinentaux, elle n’est pas plus convaincante (8).

On comprend, dans ces conditions, les réactions très défavorables au projet américain, qui se sont fait entendre en Europe et en Russie. "Les arguments américains ne convainquent pas grand monde en Europe", admet le très atlantiste Figaro (9). "La menace balistique iranienne est largement surévaluée et ne peut pas justifier le déploiement des moyens stratégiques du bouclier antimissile américain en Europe", a déclaré le 10 mai dernier à Bruxelles le chef d'État-major général des Forces armées russes, Iouri Balouïevski, qui estime en outre que l’Iran, compte tenu des contraintes technologiques, ne serait pas en mesure de se doter de missiles intercontinentaux avant la fin des années 2030, et au prix d’un effort très important (10).

Quant à Ali Larijani, Secrétaire du Conseil de Sécurité Nationale iranien et principal négociateur international dans le dossier nucléaire, il a récemment souligné que son pays n’a aucune raison de frapper l’Europe, qui est le premier partenaire commercial de l’Iran ; il a employé l’expression de "blague de l’année" à propos de la justification officielle avancée par Washington pour son bouclier antimissile.

 

Pierre-Emmanuel DUPONT

pour Theatrum Belli 

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NOTES : 

(1) Office of the Press Secretary, U.S. Department of State, Missile Defense Assets To Provide Protection in Central Europe, Washington, DC, 29 mars 2007.

(2) Ibid. “Current NATO missile defense efforts provide protection against shorter range threats only, and would not be capable of defending against longer range missiles launched from the Middle East  to Central or Western Europe”.

(3) Ibid. “Not only is the threat from numbers and capabilities of ballistic missiles growing, but the group of countries possessing ballistic missiles includes some of the world’s most threatening and least responsible regimes, such as North Korea and Iran”.

(4) USINFO, 2 mars 2007, European Missile Defense Would Protect Against Mideast Threats.

(5) Congressional Research Service, CRS Report for Congress, Iran’s Ballistic Missile Capabilities, by Andrew Feickert, Library of Congress, 23 août 2004,  fpc.state.gov/documents/organization/39332.pdf.

(6) Ibid., p. 4.

(7) Ibid., pp. 5-6.

(8) Ibid.

(9) Le Figaro.fr, 19 avril 2007.

(10) RIA Novosti, 10 mai 2007.

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ABM : face à l'offre russe, Washington montrera son vrai visage

La réaction des Etats-Unis à l'offre russe sur la défense antimissile conjointe révélera les intentions véritables de Washington, a estimé vendredi le chef du comité international de la Douma (chambre basse du parlement russe), Konstantin Kossatchev.

"Selon la façon dont nos partenaires américains réagiront à cette proposition, on pourra juger s'ils sont réellement préoccupés par les menaces émanant de certaines régions du globe. Etant donné qu'il s'agit de menaces conjointes pour la Russie et les Etats-Unis, l'exploitation en commun du radar de Gabala prend tout son sens",a-t-il estimé dans un entretien accordé à RIA Novosti

En janvier dernier, les Etats-Unis ont demandé à la République tchèque et à la Pologne d'accueillir sur leur sol des éléments du bouclier antimissile américain pour parer à d'éventuelles attaques venant d'Iran ou de Corée du Nord. Moscou qui se sent menacé a exprimé à plusieurs reprises son hostilité au projet malgré les assurances américaines. 

Jeudi, dans le cadre du sommet du G8, les présidents russe et américain se sont mis d'accord pour nouer un dialogue à ce sujet au niveau des experts militaires. Vladimir Poutine a notamment proposé à George W. Bush d'utiliser en commun le radar de Gabala, en Azerbaïdjan. 

Pour M. Kossatchev, si les Etats-Unis acceptent la proposition russe, tout en renonçant à leurs projets de déploiement du bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque, le partenariat Moscou-Washington se transformera en une véritable alliance.

"Si les Américains rejettent la proposition russe, quel qu'en soit le prétexte, il sera définitivement clair que le projet est moins dirigé contre l'hypothétique menace émanant de l'Iran et de la Corée du Nord que contre le potentiel nucléaire de la Russie, comme nous l'avons supposé",a relevé le parlementaire. 

L'offre du président russe est "une initiative puissante et ambitieuse", une véritable "percée", peut-être "l'événement de l'année, pour ne pas dire de la décennie", a estimé le député russe. 

"J'espère que les Etats-Unis accepteront l'initiative et qu'ils l'apprécieront à sa juste valeur sans entrer dans de petits détails techniques", a résumé M. Kossatchev.

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lundi, 04 juin 2007

Poutine menace de pointer des missiles vers l'Europe

Le président russe Vladimir Poutine, très offensif à la veille du sommet G8, a menacé de pointer de nouveaux missiles vers l'Europe si les États-Unis y déploient leur bouclier antimissile, comme au bon vieux temps de la guerre froide.

5b466182c33f674fe2150ca1563092db.jpg«Si le potentiel nucléaire américain s'étend sur le territoire européen, nous devrons prendre de nouvelles cibles en Europe», a déclaré le chef de l'État russe dans un entretien avec plusieurs médiaux occidentaux, dont le quotidien italien Corriere della Sera à paraître lundi.

«Il revient à nos militaires de définir ces cibles tout comme de choisir entre missiles balistiques et missiles de croisière», a ajouté le maître du Kremlin, reprenant ainsi au plus niveau des menaces voilées exprimées jusqu'ici par les chefs de l'armée russe.

«Nous voulons rééquilibrer les instruments de défense avec des outils offensifs plus efficaces, mais nous savons que cela risque de relancer une course aux armements, dont nous ne serions cependant pas responsables», a-t-il poursuivi.

Alors que le prochain sommet du G8 à Heiligendamm (Allemagne) approche - il se tiendra de mercredi à vendredi - il ne se passe plus un jour sans que Moscou ne dénonce ce projet de bouclier, qui va transformer l'Europe en «poudrière» et consacre «l'impérialisme» américain, selon M. Poutine.

«Si des composantes stratégiques de l'arsenal américain font leur apparition en Europe près de nos frontières, nous serons obligés de (...) supprimer les menaces potentielles résultant de ce déploiement», a aussi lancé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dimanche sur la chaîne de de télévision Vesti-24.

Joignant le geste à la parole, la Russie a testé le 30 mai un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, en «réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires», a aussitôt clamé M. Poutine, soit en d'autres termes au projet de bouclier américain.

Quinze ans après l'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la Guerre froide, la Russie voit d'un très mauvais œil l'OTAN s'étendre vers l'Est et les bases américaines se multiplier à ses portes, de la Roumanie au Kirghizstan.

«Regardez simplement la carte - (la défense antimissile mondiale américaine) est en train d'être déployée le long du périmètre de la Russie, et aussi, incidemment, de la Chine», a relevé M. Lavrov.

Comme au temps de la guerre froide, lorsque l'URSS et les États-Unis se mesuraient en permanence à l'aune de leur potentiel stratégique, Moscou affirme que ce bouclier accroît les risques d'un conflit nucléaire et ébranle l'équilibre stratégique du monde.

Les Américains, qui veulent installer dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultra-perfectionné en République tchèque dans le cadre de ce projet de bouclier antimissile, affirment sans cesse, quant à eux, que celui-ci n'est pas dirigé contre la Russie, mais contre des États comme l'Iran.

«On nous dit que cette défense sert contre les missiles iraniens, mais aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes», rétorque M. Poutine.

Moscou voudrait que Washington abandonne son projet en faveur d'une politique commune de défense qui inclurait la Russie. Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax, a d'ailleurs appelé dimanche à de nouvelles consultations sur un bouclier antimissile commun OTAN-Russie.

«Nos conclusions montrent clairement que se défendre contre des menaces qui n'existent pas n'a pas de sens. Il serait bien mieux de reprendre le travail dans le cadre du Conseil OTAN-Russie sur la création d'un grand théâtre de défense antimissile» commun, a-t-il déclaré.

Source du texte : AFP 

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lundi, 26 février 2007

Des intercepteurs frappant au-delà de l'atmosphère

Le système de défense balistique prévu pour l'Europe vise une menace iranienne à longue portée.
 
On a coutume de résumer par une formule la complexité des systèmes de défense antimissiles d'aujourd'hui : il s'agit "d'arrêter une balle avec une balle". Pas simple, donc, comme l'ont montré les nombreux échecs enregistrés aux États-Unis.
 
Le système que Washington projette d'installer en Europe repose sur une dizaine d'intercepteurs basés en Pologne et des radars de détection installés en République tchèque. Il devrait ressembler à celui déjà implanté en Alaska, où entre 3 et 6 lanceurs ont été installés pour contrer une attaque de missiles à longue portée nord-coréens. Ils sont encore en phase de test, le dispositif devant être totalement opérationnel en 2012.
 
Sur quelle technique repose ce dispositif ? Un missile balistique peut être intercepté durant les trois phases de son vol : propulsée, à mi-course ou finale. Durant la première phase d'ascension, le moteur de propulsion développe une signature sur laquelle est basée l'interception. Les Américains envisagent de monter un "laser aéroporté" sur un Boeing 747 modifié. Le missile atteint son apogée au-dessus de l'atmosphère, avant d'entamer sa descente et de reprendre de la vitesse. C'est cette deuxième phase, à "mi-course", que vise le système antimissiles installé en Alaska, celui basé en Europe qui fait polémique aujourd'hui ainsi que le système Aegis, embarqué sur des navires de guerre. Les missiles peuvent enfin être interceptés dans une troisième phase, dite finale, pour laquelle les États-Unis ont deux systèmes principaux : Patriot modernisé et Thaad. Ces différents dispositifs sont plus ou moins adaptés aux divers types de missiles : de portée courte, moyenne ou intercontinentaux. "Multiplier le type d'intercepteurs permet d'accroître les chances de succès, sachant qu'aucun système n'a une probabilité d'interception supérieure à 70 %" explique Bruno Gruselle, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
 
"Véhicule tueur"
 
Le dispositif qui devrait être basé en Pologne repose sur des intercepteurs "exo-atmosphériques", qui vont chercher le missile à mi-course, au-delà de l'atmosphère. Contrairement aux premiers Patriot employés durant la guerre du Golfe en 1991, il ne s'agit pas de détruire le missile ennemi en explosant près de lui mais de le frapper en impact direct (système "hit to kill"). Le missile antimissile comporte deux étages : une partie propulsive et une tête qui se détache. Cette tête devient un "véhicule tueur", qui, grâce à ses moyens radars ou infrarouges, va frapper sa cible. Pas de charge explosive, donc, mais le simple effet de l'énergie cinétique.
 
"Ce système n'est efficace que pour les missiles de plus de 1 500 kilomètres de portée, qui sortent de l'atmosphère", poursuit Bruno Gruselle. C'est l'Iran qui est visé par ce dispositif. Sa trajectoire de tir vers les États-Unis passe par l'Europe, même si son missile le plus performant aujourd'hui, le Shahab-3, ne porte pas à plus de 2 000 kilomètres. C'est donc à une menace de demain que le bouclier américain - pas opérationnel avant cinq ans - s'adresse.
 
"En tout cas, techniquement parlant, ce système antimissiles ne peut être vraiment gênant pour les Russes, poursuit Bruno Gruselle, d'abord parce que la trajectoire de leurs missiles vers les États-Unis passe plus au nord. Et, surtout, dix intercepteurs ne pèsent pas lourd face à 1 500 têtes russes". Moscou serait plus gêné par les radars permettant de surveiller ses essais. Mais là encore, Washington dispose déjà de deux sites radars en Europe, d'ailleurs en cours de modernisation : la base britannique de Flyingdales et celle de Thule, au Groënland.
 
La colère russe se nourrit donc de craintes plus politiques que stratégiques. Des lois de la géopolitique aussi compliquées que celles de la balistique.
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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