mardi, 27 juillet 2010

Ungern-Sternberg, la chevauchée du baron fou

La Mongolie n’a pas oublié le baron von Ungern-Sternberg. Alors que, il y a 90 ans, commençait son extraordinaire épopée, ce reître de légende y est toujours considéré comme un héros national.

ungern.jpgVoici 90 ans, en août 1920 précisément, Roman von Ungern-Sternberg, baron balte et colonel de l’armée Blanche, regroupa les troupes de « sa » division asiatique à proximité de la frontière mongole. Les Rouges avaient remporté bataille sur bataille au cours des mois précédents. Les survivants de l’armée de l’amiral Koltchak, ayant perdu leur chef, se repliaient en désordre sur Vladivostok. Le chef direct d’Ungern, l’ataman (chef politique et militaire cosaque) Grigori Semenov, avait fui à bord de son avion en Mandchourie, où il entendait se placer sous la protection des Japonais qui, depuis la chute de la maison impériale chinoise, dominaient de fait le nord-est de la Chine.

Tandis que les Blancs tentaient maladroitement d’éviter que l’inéluctable défaite ne tourne au désastre, Ungern se saisit de l’occasion pour réaliser le rêve qu’il entretenait depuis de longues années. La conquête de la Mongolie, qui venait d’être envahie par l’armée républicaine chinoise, allait lui fournir la base territoriale indispensable à la réalisation d’une « union des peuples d’Asie, chinois, mongol, tibétain, tatar, turkmène, bouriate, kirghize, kalmouk ». C’est ce qu’il confia à un visiteur, le polonais Ferdinand Ossendowski, qui allait devenir son premier biographe.

Ungern était hanté par l’idée que la race blanche, sous l’influence des juifs notamment, avait perdu toutes ses qualités originelles, et convaincu que seuls les peuples nomades, qu’il entendait lancer à la conquête de l’immense continent eurasiatique, pourraient rendre à l’humanité ses vertus viriles et guerrières. Lui-même s’imaginait en commandant en chef d’une armée innombrable qui, telles les hordes de Gengis Khan, déferlerait jusqu’à Moscou pour y rétablir le régime tsariste après avoir fait remonter sur leur trône de la Cité interdite les empereurs Qing.

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jeudi, 30 novembre 2006

VIENT DE PARAITRE : BARON VON UNGERN STERNBERG

medium_ungern_gd.2.jpgLe baron Ungern est un personnage exceptionnel qui libéra la Mongolie occupée par les troupes chinoises en 1921. Ataman cosaque, le baron Ungern vécut une vie d'aventures. Il fut un héros de la Première Guerre mondiale. Il habitera en Transbaïkalie, puis en Mongolie. Il parcourra la Mandchourie, la Chine, et se mariera avec une princesse chinoise. Sa Division Asiatique de Cavalerie sera la dernière armée à se battre contre les troupes communistes. Passionné par le bouddhisme, il s'entourait de lamas. Il révait de créer une Asie unifiée qui serait en mesure de lutter contre une Europe qu'il jugeait décadente. Après la prise d'Ourga, il s'empressa de remettre sur le trône le Koutouktou, l'équivalent mongol du Dalaï-Lama. Cependant, en ce qui concerne la personnalité du baron Ungern, la légende a souvent remplacé la vérité historique. On a affirmé que le baron était un être cruel, un fou paranoïaque et sanglant, on lui a attribué une pensée proche du paganisme. Maintenant, avec l'analyse de documents récemment sortis des archives ou de témoignages, comme celui de Perchine, nous pouvons avoir une idée beaucoup plus juste de ce qu'il était réellement. En fait, ce n'était pas le baron Ungern qui était fou et sanglant, mais l'époque dans laquelle il vivait. Le baron apparaît, au contraire, comme un individu d'une rare droiture, dénué d'ambitions personnelles, sincère, modéré dans ses actions, cultivé et beaucoup plus humain qu'il ne semble, malgré ses discours enflammés. Avec ce " Qui suis je ? " Ungern, pour la première fois en français, nous pouvons avoir une vision plus juste du caractère et des buts du baron von Ungern Sternberg.

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