mardi, 15 septembre 2009
Les forces russes arraisonneront les navires géorgiens pénétrant dans les eaux territoriales de l'Abkhazie
Les forces russes arraisonneront les navires géorgiens pénétrant dans les eaux territoriales de l'Abkhazie, une région rebelle de Géorgie dont Moscou a reconnu l'indépendance, a indiqué mardi un haut responsable des gardes-frontières russes. "Si la frontière est transgressée, nous agirons en conformité avec la loi, nous arraisonnerons, nous prendrons les mesures qui s'imposent", a déclaré le chef-adjoint des gardes-frontières, le général Viktor Troufanov, précisant cependant que les navires ne seraient pas "détruits".
"Nous ferons tout pour assurer la sécurité russe, la sécurité de l'Etat abkhaze. Nous avons reçu l'ordre, et nous y obéirons", a-t-il ajouté. Le président de la région séparatiste d'Abkhazie, Sergueï Bagapch, avait ordonné fin septembre à sa marine de détruire les bateaux géorgiens "violant son espace maritime" en réponse à un "acte de piraterie" de Tbilissi.
Il faisait référence à un navire battant pavillon panaméen, transportant du pétrole de Turquie destiné à l'Abkhazie, qui avait été arraisonné fin août par les forces géorgiennes, suscitant la colère des Russes et des Abkhazes.
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lundi, 30 mars 2009
Guerre de l'information : téléfilm russe concernant le conflit du Caucase "Олимпиус Инферно"
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jeudi, 14 août 2008
La route de l’Ossétie du Sud passe par le Kosovo
La tragédie que vivent aujourd’hui Géorgiens et Ossètes du Sud est à l’aune du drame yougoslave et des bouleversements territoriaux qu’il a entraînés.
Que s’est-il passé dans le palais présidentiel de Tbilissi le soir du 7 août, lorsque Mikhaïl Saakachvili décida d’en finir avec les "séparatistes" de Tskhinvali ? Le président géorgien s’est-il lancé à corps perdu dans une aventure dont il n’envisageait pas les conséquences ? Avait-il pris la mesure des terribles dégâts collatéraux que des bombardements nocturnes provoqueraient au sein de la population civile, élargissant encore le fossé entre Ossètes et Géorgiens ? Serait-il tombé, comme le laissent entendre certains, dans un piège délibérément tendu par Moscou : on lui aurait laissé entendre que la Russie était excédée par l’extrémisme des dirigeants de Tsinkhvali qui multipliaient les affrontements avec les forces géorgiennes de sécurité ?
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samedi, 10 mai 2008
Russie, les impasses d'une mémoire blessée : complexe post-impérial et perspective altereuropéenne
Que reste-il de notre victoire ?
Russie-Occident : le malentendu
par Natalia Narotchnitskaia
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A l'occasion de la sortie de son livre, vous pourrez rencontrer l'auteur à la Librairie du Globe mercredi 14 mai à partir de 19h30 (entrée libre).
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Dans un contexte de tensions et d’incompréhension croissantes entre une Russie renaissante et un Occident américanocentré, les éditions des Syrtes ont été bien inspirées de publier un petit essai qui tombe à pic.
Celui-ci est l’œuvre de Natalia Alexeevna Narotchnitskaia, une des figures de proue de la mouvance patriotique russe et, de ce fait, porte parole de bon nombre de ses compatriotes (1).
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vendredi, 09 mai 2008
Parade militaire russe du 9 mai 2008
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jeudi, 08 mai 2008
Abkhazie-Géorgie : la possibilité d'une guerre
Le conflit entre la Géorgie et l'Abkhazie, qui n'a pour l'instant pas abouti à un affrontement armé, a déjà donné lieu à de multiples prévisions plus ou moins osées quant à son dénouement. Les plus radicales vont jusqu'à évoquer un conflit nucléaire entre la Russie et l'OTAN.
En nous gardant de faire des prédictions aussi osées, essayons tout de même de tracer les grandes lignes des différents scénarios et dénouements les plus probables du conflit abkhazo-géorgien.
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mercredi, 30 avril 2008
La Russie renforce sa présence militaire en Abkhazie
La Russie annonce le renforcement de ses troupes de maintien de la paix en Abkhazie, région sécessionniste de Géorgie, où elle accuse Tbilissi de préparer une attaque afin de restaurer son autorité.
La Géorgie a démenti les allégations de Moscou mais la décision russe marque une nouvelle étape dans la poussée de tension entre les deux voisins à propos des régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.
"Cette décision a été prise après l'examen d'informations émanant des zones de conflit, qui montrent que la tension augmente en raison de mesures de déstabilisation menées par le camp géorgien", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
"Les mesures de renforcement (du contingent de maintien de la paix) ont été prises dans le seul but de d'empêcher tout nouveau bain de sang dans le Sud-Caucase", a-t-il ajouté.
En réaction, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, qui accuse les forces russes de soutenir les séparatistes, a convoqué une session exceptionnelle du Conseil national de sécurité.
"Nous considérons (la décision russe) comme complètement irresponsable (...) Nous pensons que cette décision, s'ils la prennent, déstabilisera profondément cette région", a déclaré le Premier ministre géorgien, Lado Gourguenidze, à l'issue du Conseil.
L'Union européenne et la France ont quant à elles lancé un appel au calme.
"Ces derniers jours, nous observons un regain de tension (...) qui n'aide personne", a déclaré une porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, qui devait s'entretenir mardi à Luxembourg avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
A Paris, la porte-parole du quai d'Orsay, Pascale Andréani, a appelé les deux parties à "éviter toutes actions ou provocations qui pourraient conduire à une escalade (de la violence)".
Selon Moscou, la Géorgie a massé 1.500 soldats et policiers en amont de la vallée de la Kodori, une enclave toujours contrôlée par Tbilissi au coeur de l'Abkhazie sécessionniste, accusation formellement rejetée par les autorités géorgiennes.
"Nous n'avons pas du tout de forces (du ministère de la Défense) dans la vallée de la Kodori même si des forces du ministère de l'Intérieur y sont présentes (...) pour garantir la sécurité de la population locale", a déclaré Batu Kutelia, le vice-ministre géorgien de la Défense.
Source du texte : LA TRIBUNE.FR
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mardi, 01 avril 2008
La France opposée à l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie dans l'OTAN
"Nous sommes opposés à l'entrée de la Géorgie de et de l'Ukraine" dans l'Alliance atlantique, a confirmé mardi le Premier ministre français François Fillon, à la veille de l'ouverture sommet de l'OTAN à Bucarest.
"Nous sommes opposés à l'entrée de la Géorgie et de l'Ukraine, parce que nous pensons que ce n'est pas la bonne réponse à l'équilibre des rapports de puissances en Europe, et entre l'Europe et la Russie", a expliqué M. Fillon, sur France-Inter. "Nous voulons avoir un dialogue avec la Russie", a-t-il ajouté.
En conséquence, "la France ne va pas donner son feu vert à l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie" lors de ce sommet, a prévenu le Premier ministre, confirmant que l'avis de la France sur la question "est différent de celui des Etats-Unis".
Les Etats-Unis, le Canada et les pays d'Europe de l'Est membres de l'OTAN soutiennent les deux anciennes républiques soviétiques, qui demandent l'octroi d'un plan d'action pour l'adhésion (MAP), préalable à une future adhésion. Mais ce projet suscite des craintes en Europe de l'ouest, en particulier parce qu'il risquerait de tendre à nouveau les relations avec la Russie, farouchement hostile à l'expansion de l'OTAN vers l'Est.
Source du texte : LA TRIBUNE.FR
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vendredi, 21 décembre 2007
Edouard Chevardnadze : l'antagonisme Gorbatchev-Eltsine a été fatal à l'URSS
L'ancien chef de la diplomatie soviétique livre à RIA Novosti son sentiment sur la transition historique URSS-CEI ainsi que sur la campagne présidentielle en cours en Géorgie.
A la veille de l'anniversaire de la signature des accords sur la dissolution de l'URSS et la fondation de la CEI (Communauté des Etats indépendants), M. Chevardnadze a reçu dans sa résidence de Krtsanissi le chef de la représentation de RIA Novosti en Géorgie Bessik Pipia.
Q : Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata (Kazakhstan), 8 républiques soviétiques rejoignirent la Russie, la Biélorussie et l'Ukraine en signant la Déclaration mettant fin à l'existence de l'URSS et donnant naissance à la CEI. Comment en était-on arrivé là? Estimez-vous que le processus de transformation de l'Union soviétique en CEI était inévitable et pourquoi ?
R : A la fin des années 80, tout indiquait que l'Union soviétique était vouée à la désintégration. L'éclatement de l'URSS fut précipité, entre autres, par l'antagonisme entre Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine. Le premier se prononçait naturellement pour une Union soviétique en tant qu'Etat unique, mais Boris Eltsine était déjà devenu président de la Russie (Il devient le 29 mai 1990 président du Soviet suprême de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR), puis président de la RSFSR (premier président russe) le 10 juillet suivant, ndlr.). Peut-être Eltsine était-il lui aussi pour le maintien de l'Union soviétique, mais les deux hommes se haïssaient. Nous autres, c'est-à-dire leur proche entourage, avions essayé de les réconcilier et de mettre fin à leur joutes verbales. Mais en vain.
Ensuite, le processus fut accéléré par le putsch contre Mikhaïl Gorbatchev, plus précisément contre le président de l'URSS. J'avais démissionné avant ces événements. Au ministère des Affaires étrangères, dont j'avais assumé la direction, environ 30% des employés étaient agents du KGB. Selon leurs renseignements, une contre-révolution était en préparation. J'avais parlé à certains d'entre eux, sans réussir à persuader personne. Alors, en signe de protestation, je présentai ma démission.
J'avais dit à l'époque : "J'ai à faire la déclaration la plus courte de toute ma vie. La dictature approche, personne ne sait quelle sera cette dictature ni qui sera le dictateur, qui arrivera (au pouvoir) ni ce qu'il adviendra de la perestroïka, de la démocratie, etc.". On m'avait demandé de rester, mais j'avais quitté la salle, j'étais monté en voiture et j'étais rentré chez moi.
A peu près un mois et demi plus tard, Mikhaïl Gorbatchev arriva à Foros (Crimée) pour s'y reposer. Mais, à mon avis, il fit d'abord escale à Minsk où il déclara aux dirigeants locaux que la menace de la dictature était réelle et demanda aux partisans de la perestroïka de faire preuve de prudence et d'empêcher l'instauration de cette dictature.
Puis il y eut le putsch du GKTchP (Comité d'Etat pour la situation d'urgence), et les rapports entre les présidents de l'URSS et de la Russie s'envenimèrent encore plus. Il était impossible d'arrêter la désintégration de l'Etat.
Q : La Géorgie a adhéré à la CEI deux ans après la fondation de la communauté. Lui a-t-on forcé la main ou était-ce une décision volontaire ?
R : Je n'aspirais pas à adhérer à la CEI, je ne brûlais pas d'envie de le faire. Après avoir lu les statuts de la communauté, j'avais constaté que cette organisation ne pourrait remplacer l'Union soviétique. Mais Boris Eltsine insista beaucoup, il me téléphona plusieurs fois. Je n'étais pas contre, mais la Géorgie avait déjà un parlement, dont 30 à 40% des députés étaient opposés à l'adhésion à la CEI qu'ils associaient à l'Union soviétique.
Environ deux ans après, au cours d'un séjour à Moscou, j'avais rencontré Boris Eltsine et lui avais déclaré être disposé à rejoindre la CEI, malgré les contradictions qui existaient au parlement. La tragédie de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud était criante, et j'estimais que le règlement de ce problème dépendrait de la Russie.
Q : Ces problèmes ont été gelés pour plusieurs années, mais le troisième président géorgien Mikhaïl Saakachvili a récemment déclaré qu'il réussirait en quelques mois à faire revenir l'Ossétie du Sud sous juridiction de la Géorgie.
R : Je ne sais pas trop quoi dire. L'ancien ministre de la Défense, (alors) son ami, l'avait également déclaré. Ils n'y sont pas parvenus. En ces temps de campagne présidentielle (en Géorgie, ndlr.), les candidats distribuent généreusement des promesses à droite et à gauche. Il a promis de reprendre également Soukhoumi (capitale de l'Abkhazie, ndlr.), mais ce n'est pas si simple. Rien ne se fera sans la Russie. Si l'on arrive à s'entendre avec Moscou, si l'on trouve des variantes admissibles pour la Géorgie comme pour l'Abkhazie et la Russie, alors on pourra résoudre ce problème.
Je me suis entretenu maintes fois avec Vladimir Poutine. Je suis certain qu'il est possible de s'entendre avec lui, malgré les relations actuelles très complexes entre la Russie et la Géorgie. M. Poutine est un homme de parole.
Un jour, je reçus un coup de fil de Vladimir Poutine qui se reposait à Sotchi. Il m'invita à le rejoindre, pour me reposer à mon tour et pour parler affaires. J'acceptai. Il me proposa de rétablir le secteur abkhaze du chemin de fer, afin que les trains puissent rallier Bakou, Erevan, et même la Turquie. Je ne fis aucune objection, mais lui demandai à mon tour d'assurer le retour des réfugiés dans le district de Gali. A l'époque soviétique, il comptait 80.000 habitants, pour l'essentiel, des Géorgiens. Riche en thé, en agrumes et en noix, ce district nourrissait, pour ainsi dire, presque la moitié de l'Abkhazie.
Vladimir Poutine décrocha le téléphone et appela le général russe qui assumait le commandement des forces de paix. "Des habitants du district de Gali résident dans les districts mingréliens, dit-il. Donne l'ordre de réunir ces gens et de les rapatrier dans le district de Gali. J'ai donné ma parole au président géorgien, par conséquent, je vérifierai dans quelques jours comment tu auras accompli cet ordre". Il était impossible de réunir tout le monde, mais 50 à 60.000 réfugiés retournèrent dans le district de Gali.
Q : Revenons à l'Union soviétique. Qu'en pensez-vous, est-il possible de recréer quelque chose de semblable ?
R : C'est exclu. Tous les Etats sont devenus indépendants, et pas seulement la Géorgie. Par exemple, il est douteux que le Kazakhstan renonce à son indépendance: c'est un pays très riche possédant tous les éléments du tableau de Mendeleïev. D'ailleurs, Noursoultan Nazarbaïev s'est proclamé président à vie.
Q : La CEI a-t-elle un avenir ?
R : Oui, si cette organisation se met à vraiment fonctionner, si elle influe réellement sur la situation dans l'espace de la CEI. C'est possible.
Q : Passons maintenant de l'URSS et de la CEI à la Géorgie indépendante. Différents bruits circulent à propos de votre démission du poste de président géorgien. Les uns disent que Mikhaïl Saakachvili est votre disciple, que vous lui avez transmis le pouvoir au moyen de la "révolution des roses", d'autres affirment que vous manquiez de forces et de moyens pour venir à bout des manifestants, d'autres encore estiment que Moscou vous a contraint à le faire. Qu'en est-il en réalité ?
R : Moscou n'y est pour rien.
Q : Pourquoi Igor Ivanov, le ministre russe des Affaires étrangères de l'époque, s'était-il alors rendu en Géorgie ?
R : Igor Ivanov était arrivé en tant qu'ami. Avant notre rencontre, il avait contacté l'opposition. Mais il ne pouvait rien faire pour moi. Il m'avait demandé un avion pour partir pour Batoumi, et de là pour Moscou. Sa mission s'était arrêtée là.
J'étais en train de prononcer un discours à la tribune du parlement lorsque les conspirateurs Saakachvili, Jvania et autres ont fait irruption. J'ai vu dans la salle des gens armés de fusils d'assaut, de pistolets, de couteaux, de matraques...
Q : Où étaient donc les roses ?
R : Il n'y avait pas de roses, je ne sais pas pourquoi cette révolution fut baptisée la "révolution des roses". Je n'ai vu aucune rose.
Naturellement, en voyant cette menace, mes gardes du corps me conduisirent dans la cour où je vis, d'un côté, des partisans de l'opposition et, de l'autre, mes partisans, au total, environ 2.500 personnes. On me dit de tenir ferme, que 100.000 personnes se rassembleraient le lendemain en vue de me manifester leur soutien.
Je qualifiai la situation de tentative de coup d'Etat et décrétai l'état d'urgence. Je montai dans ma voiture et rentrai chez moi. En route, je raisonnais comme suit : "Certes, je peux le faire, puisque je reste président et commandant en chef, et que l'armée doit obéir aux ordres du commandant en chef. L'armée a des canons, des chars, elle n'est pas très grande, mais assez bien équipée. Naturellement, l'armée vaincra. Mais il y aura des morts d'un côté comme de l'autre. En tant que président de la Géorgie, je me dis que si des gens meurent, leur appartenance à tel ou tel camp a-t-elle la moindre importance ?"
De la voiture, j'appelai la chancellerie et ordonnai l'annulation de l'état d'urgence. A la maison, ma femme me dit : "Qu'est-ce que tu veux faire? Je sais parfaitement ce qu'est l'état d'urgence. C'est un bain de sang que tu veux ?" Je lui répliquai qu'il n'y aurait aucune effusion de sang, mais que le lendemain je ne serais plus président, que j'allais présenter ma démission. Mon fils me téléphona de Paris, il travaille à l'UNESCO. "Papa, est-ce que du sang sera versé ?" demanda-t-il. Je lui dis qu'il n'y aurait pas d'effusion de sang. Ensuite, j'invitai les conspirateurs Jvania et Saakachvili et leur dis : vous savez ce qui s'est produit hier. Que fait-on maintenant ?
Jvania me dit que la démission du président serait l'issue la moins douloureuse. "Puisque nous sommes vos élèves, nous ne pouvons pas vous le proposer", dit-il. "Alors, nous perdons inutilement du temps, répliquai-je. J'ai pris hier ma décision : dès aujourd'hui, je ne suis plus président. Si mes conseils peuvent vous être utiles, je suis à votre disposition".
Ensuite, des élections eurent lieu, et Jvania devint premier ministre, avant d'être assassiné.
Q : S'agit-il d'un meurtre ou d'une intoxication au monoxyde de carbone ?
R : C'est un meurtre. D'abord, on a déclaré qu'il s'était intoxiqué au monoxyde de carbone, mais les experts géorgiens et américains n'ont pas confirmé cette version.
Je ne sais pas où il a été assassiné ni dans quelles circonstances.
Q : Comment expliquez-vous les événements qui se sont produits début novembre à Tbilissi ?
R : Le peuple est affamé. Je sais que les Russes ne sont pas tous riches, qu'il y a des problèmes dans certaines régions. Mais la Russie n'est pas affamée, d'ailleurs, le mérite en revient à Vladimir Poutine. C'est un homme instruit et intelligent, il a assuré une vie décente au peuple russe. Chez nous, le peuple endure la misère et la famine...
Q : Quelle est votre évaluation de la réaction des autorités ?
R : Lorsqu'on a appris que la population allait se rassembler à Tbilissi, le président aurait dû le même jour descendre dans la rue et parler au peuple. S'il avait promis la moitié de ce qu'il promet aujourd'hui, même un tiers, la foule se serait dispersée. Rien ne se serait produit.
Quant à la fermeture de la chaîne de télévision Imedi, c'est de la barbarie, personne ne traite ainsi la télévision dans aucun pays. Est-ce que la télévision américaine ne répand que des louanges à l'adresse de George W. Bush? Il fait l'objet de critiques acerbes. Cependant, les chaînes de télévision n'ont pas été fermées aux Etats-Unis ni, d'ailleurs, dans aucun autre pays.
Q : Quel est le rapport des forces pour l'élection présidentielle en Géorgie ? Quel candidat, à votre avis, pourrait apporter le plus aux citoyens du pays ?
R : Je n'exclus pas que le peuple réélise Mikhaïl Saakachvili. Mais il se peut que l'opposition ne s'y résigne pas, il y a parmi ses opposants des personnalités fortes qui jouissent d'un soutien populaire important. Si Saakachvili échoue, nul ne sait comment il se conduira. Je crains de nouveaux troubles et une nouvelle menace de guerre civile.
Q : Que pouvez-vous dire au sujet de Badri Patarkatsichvili ?
R : Badri est arrivé en Géorgie grâce à moi. Il était recherché, de même que Boris Berezovski.
J'avais entretenu des contacts avec Badri. Plus précisément, notre ambassade en Russie entretenait des contacts avec lui. Si la chaîne de télévision russe ORT, dont il était directeur commercial, préparait une émission négative à l'égard de la Géorgie, il suffisait de téléphoner à Badri pour que cette émission soit annulée.
A propos, j'ai dit un jour à Vladimir Poutine: nous avons délivré un passeport géorgien et autorisé à résider à Tbilissi un homme que vous recherchez. Berezovski? a demandé Poutine. Non, Badri Patarkatsichvili, lui ai-je répondu. Ah, Badri, a-t-il dit. Badri n'est pas mal, Badri est un homme bien.
Badri se présente aussi à la présidence géorgienne. J'ai d'ailleurs dit que si j'étais président, je le nommerais premier ministre. Il est très intelligent, il sait compter l'argent, il s'est beaucoup occupé d'actions caritatives, et a dépensé beaucoup pour cela. Chez nous, il jouit d'un grand respect, et même d'une grande affection.
Mais il ne se trouve pas actuellement à Tbilissi. On lui a mis des affaires sur le dos, à juste titre ou non, je ne saurais le dire.
Q : Permettez-moi de vous poser une question sur l'élection présidentielle en Russie. Quelle est votre attitude par rapport au fait que le nom du futur président soit presque connu ?
R : A mon avis, il est très important que Vladimir Poutine reste, d'une manière ou d'une autre, le premier personnage, car il est soutenu par la majorité parlementaire et jouit du respect du peuple. Dmitri Medvedev est moins connu du peuple que Vladimir Poutine. Par conséquent, si Vladimir Poutine devient premier ministre, il sera, en fait, le premier personnage. Quant à Medvedev, j'ai entendu dire qu'il était un homme cultivé et instruit, mais je ne le connais pas personnellement.
Q : Ya-t-il une recette pour l'amélioration des rapports entre la Géorgie et la Russie ?
R : Tout dépend des dirigeants. Je pense non pas au futur président Dmitri Medvedev, mais à Vladimir Poutine, ainsi qu'à celui qui sera élu en Géorgie.
Il leur faudra avancer l'un au-devant de l'autre, et le premier pas doit être fait par le président géorgien. Mais si Vladimir Poutine prend l'initiative, ce sera tout à son honneur, et tout le monde y verra un signe de magnanimité.
Source de l'entretien : RIA NOVOSTI
Écrit par SG (Webmaster) dans > Entretiens, > Points de vue, > Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Russie, CEI, Gorbatchev, Eltsine |
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jeudi, 06 décembre 2007
Kosovo : l'UE et l'OTAN prendront la relève de l'ONU
La Russie bloquant les décisions des Nations Unies, le question du statut du Kosovo sortira du cadre de l'ONU et devra être prise en charge par l'UE et l'OTAN, estime Charles A. Kupchan, expert du Conseil des relations étrangères (CFR), un organisme américain indépendant.
"La fermeté de la position de la Russie rend impossible le règlement du statut du Kosovo par le Conseil de sécurité de l'ONU, où toute décision est bloquée. C'est pourquoi, en cas de proclamation unilatérale de l'indépendance, la région sera placée sous la tutelle et la responsabilité de l'Union européenne et de l'OTAN",a indiqué M. Kupchan lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes mercredi.
L'expert n'exclut pas une reprise des violences interethniques dans la région entre la majorité albanaise et la population serbe massée dans le nord de la province de Mitrovica, en admettant également la possibilité d'une partition du Kosovo en cas d'indépendance.
Selon lui, les forces de l'ONU cèderaient la place à des contingents de l'OTAN, qui ont la capacité réelle d'empêcher de nouveaux affrontements interethniques au sein de cette province.
Pour M. Kupchan, la proclamation de l'indépendance de cette région administrée depuis 1999 par l'ONU est inévitable.
Selon les estimations de l'expert, au moins 20 Etats de l'UE sont prêts à reconnaître la souveraineté du Kosovo et la Serbie ne devrait pas engager d'actions militaires.
"Les menaces ne sont que rhétoriques. Certes, aucun dirigeant serbe ne peut se séparer de la sorte du Kosovo, qui est comme Jérusalem pour Israël. Ce serait un suicide politique. Mais en réalité Belgrade est déjà consciente qu'elle a perdu le Kosovo", a déclaré M. Kupchan.
"La reconnaissance internationale du Kosovo constituera une tâche ardue après la mise à l'écart de l'ONU et de ses décisions. Le Kosovo se contentera d'une indépendance de facto, reconnue par l'UE et les Etats-Unis, qui garantiront sa sécurité",a poursuivi le spécialiste.
Le règlement de cette question hors du cadre de l'ONU compliquera selon lui les relations déjà tendues entre la Russie et l'Occident.
"Cela va envenimer la situation. Mais cela ne changera en réalité pas grand-chose, car la Russie et l'Occident sont déjà opposés sur les questions clés, qu'il s'agisse du Kosovo, de l'Iran ou de l'élargissement de l'OTAN", a poursuivi M. Kupchan.
Le 9 décembre prochain à Vienne, les médiateurs internationaux soumettront au Groupe de contact leur rapport sur les résultats des négociations sur le statut du Kosovo entre les délégations de Belgrade et de Pristina. Ensuite, le document sera envoyé au secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies Ban Ki-moon.
Le 19 décembre, le rapport sera examiné au Conseil de sécurité de l'ONU avec la participation du premier ministre serbe Vojislav Kostunica, du chef de la diplomatie serbe Vuk Jeremic et du ministre serbe pour le Kosovo-Metohija Slobodan Samardzic.
Source du texte : RIA NOVOSTI
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jeudi, 25 octobre 2007
L'Europe s'arrête-t-elle à l'Est ?
Un nouveau sommet Russie-UE se tiendra le 26 octobre au Portugal. Il serait erroné de juger de l'état des rapports russo-européens par ces rencontres devenues régulières. Le scénario de ces sommets d'automne est déterminé par le pays hôte qui, selon le principe de la présidence tournante, prend pour six mois les rênes de l'UE.
Quel sera cette fois le scénario proposé par l'UE ? Contrastant avec l'intransigeance de Mme Merkel et sa passion pour la défense des droits de l'homme, le programme du Portugal présage moins de problèmes douloureux pour la Russie et davantage d'occasions de souligner les intérêts communs. Les priorités de Lisbonne - l'amélioration de la compétitivité économique de l'UE dans des domaines comme les affaires, le tourisme et l'enseignement - sont politiquement neutres et, par conséquent, conviennent à la Russie.
Il peut sembler que la conclusion du nouvel accord stratégique régissant les rapports entre la Russie et l'UE (quel que soit son nom définitif) est le problème clé. Il n'y a pas longtemps, on estimait que, puisque l'ancien accord expire en 2007, l'absence de document juridique serait une catastrophe, et que la Pologne qui bloque la conclusion d'un nouvel accord à cause d'un contentieux commercial avec la Russie paralysait les contacts entre les deux parties. Mais, aussi étrange que cela puisse paraître, une issue a été trouvée : l'ancien accord a tout simplement été prorogé. Il s'avère que le potentiel de ce document reste en vigueur, alors qu'un nouvel accord aurait pu être pire, car il aurait pu pâtir de tous les problèmes existant entre les nouveaux membres de l'UE et la Russie, ce qui aurait empêché cette dernière de développer les contacts avec les "vieux" membres de l'Union européenne.
Bref, tout ne dépend pas de ce document et, quoi qu'il en soit, le sommet de Lisbonne se déroulera bien. Mais il est peu probable qu'il aborde les aspects profonds des rapports russo-européens qui ont des origines historiques, psychologiques et mythologiques.
Le fait est qu'à la différence des relations qu'entretient la Russie avec d'autres partenaires internationaux, les rapports avec Bruxelles ne reposent pas seulement (et, peut-être, pas tellement) sur le choix stratégique des élites ou sur la compréhension pragmatique des intérêts à court et à long terme. Ils ont à leur base la proximité culturelle et, c'est là l'essentiel, géographique, de plus d'une vingtaine ou même, si l'on tient compte de la composition multinationale de certains pays, de plus d'une centaine de peuples durant presque 15 siècles.
L'identité géopolitique de l'Europe a une particularité : l'absence de frontière à l'Est. Par exemple, l'appartenance de la Russie moderne (pour l'essentiel, au XIXe siècle) à l'Europe ne suscitait aucun doute, ni aucune objection. A cette époque-là, des dizaines de familles aristocratiques russes, y compris celle de l'empereur, étaient liées par alliance ou directement à toutes les monarchies de l'Europe. La Russie participait alors à part entière au "concert européen", analogue du G8 actuel.
Au milieu du XIXe siècle, c'est justement les intellectuels russes qui, on ne sait pourquoi, avaient inventé et propagé avec obstination l'idée d'une dissemblance irréparable entre les deux voisins naturels du point de vue du territoire et de la civilisation. Comme cela arrive souvent dans l'histoire, une pensée énoncée s'enracina alors solidement dans la conscience tant des Russes que, ce qui est bien pire, de leurs partenaires européens. Depuis, les manipulations de la "frontière est de l'Europe" sont devenues un instrument permanent de pression, principalement psychologique, sur la Russie.
A à l'apogée de la détente, au début des années 1970, les hommes politiques occidentaux avaient manipulé la formule "Europe de Vancouver à Vladivostok" dans le cadre du processus européen (CSCE-OSCE). Lorsque les rapports se détérioraient, l'interprétation territoriale de l'Europe se rétrécissait de nouveau, en s'arrêtant aux frontières de la Communauté économique européenne. La "maison européenne" de Mikhaïl Gorbatchev avait fait renaître pour une brève période la notion extensive de l'Europe en l'étendant au segment européen de l'espace soviétique et postsoviétique. A présent, on peut penser parfois que toute la stratégie d'élargissement de l'UE et la politique de "voisinage" qui en découle poursuivent l'objectif de refréner et de"dompter" psychologiquement la Russie.
Deux courants intellectuels luttent actuellement dans les médias et les milieux académiques. D'une part, on vise à séparer au maximum l'Europe de la Russie, la première ne comprenant que les pays faisant partie de l'UE et de l'OTAN, et de l'autre, on propose la conception d'une "Grande Europe", avec sa projection pratique : la mise en oeuvre du programme des quatre espaces communs.
Et c'est justement de cela dont on discute lors des sommets Russie-UE.
Les tendances économiques et démographiques favorisent objectivement le rapprochement entre la Russie et l'UE. Les deux tiers de la population de la Russie vivent dans sa partie européenne. Ils se considèrent comme des Européens et ont une formation à l'européenne. Pour eux, les pays européens sont plus accessibles physiquement que les régions de Russie situées au-delà de l'Oural. L'Europe représente plus de 50% dans le chiffre d'affaires du commerce extérieur de la Russie (51,6% en 2006). Les pays de l'UE prédominent dans les destinations touristiques des Russes. En 2006, sur environ 6 millions de touristes russes qui se sont rendus à l'étranger, 3,6 millions sont allés en Europe. Le nombre de programmes culturels et éducatifs ayant pour but de faire connaître aux habitants des pays européens et de la Russie les réalités et la vie quotidienne des uns et des autres s'accroît d'une année à l'autre. Les sociétés suggèrent en quelque sorte à leurs dirigeants d'améliorer la qualité des rapports et de les simplifier réellement (cela concerne, avant tout, les visas).
D'autre part, il y a les "émotions historiques" des nouveaux membres de l'UE (Lettonie, Estonie, Pologne), les stéréotypes des champions de la démocratie libérale réunis autour de leur "noyau" (la Grande-Bretagne), et les clichés de la rhétorique "droitdel'hommiste" au sein des institutions européennes quasi-représentatives (par exemple, le problème tchétchène à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe).
Cependant, l'idée des espaces communs, et, en fin de compte, l'idée plus essentielle d'un espace commun de coexistence et de rapprochement réel entre la Russie et l'Europe, n'est pas une fantaisie conjoncturelle. Sa réalisation a déjà connu des précédents dans l'histoire. Pour assurer aujourd'hui son succès, il faut que les hommes politiques comprennent enfin en quoi consiste leur intérêt commun et quels sont les axiomes de la coopération ultérieure.
Andreï BAÏKOV
Chercheur au Centre d'études postsoviétiques du MGUIMO
(Institut des relations internationales de Moscou)
Source du texte : RIA NOVOSTI
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jeudi, 20 septembre 2007
Le pouvoir serbe s'éloigne d'une adhésion à l'Otan
Belgrade et Moscou ont uni leurs forces pour tenter d'empêcher l'indépendance du Kosovo et faire pression sur l'Union européenne.
Pas de doute, la Serbie est bien l'héritière de l'ancienne Yougoslavie. Sous Tito, elle était considérée comme un pont entre l'Est communiste et l'Occident libre. Le communisme et l'URSS se sont effondrés, mais la Serbie continue d'hésiter entre l'Est et l'Ouest, entre Moscou et Washington. En accusant l'Otan de vouloir établir "un État militaire", qui lui serait affilié, au Kosovo, et en affirmant que Belgrade n'a "pas d'intérêt" à rejoindre l'Alliance atlantique, le premier ministre, Vojislav Kostunica, a encore accru le sentiment antioccidental qui se développe en Serbie.
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mercredi, 22 août 2007
Quand l'Eglise orthodoxe russe exploite les slogans communistes

Le projet de "Doctrine russe" né dès 2005 a été débattu lundi dernier au monastère Saint-Daniel, résidence officielle du patriarche Alexis II de Moscou et de toutes les Russies. Le patriarche qui n'a pas participé au débat était représenté par son supposé successeur, le métropolite Cyrille. C'est ce dernier qui a rendu publiques les grandes lignes de la "Doctrine". En voilà un extrait :
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lundi, 20 août 2007
Russie : pour ou contre l'Europe ?
Le processus d'intégration qui se poursuit depuis plus d'un demi-siècle en Europe suscite auprès des Russes un sentiment de rejet difficilement explicable. Quoique les Russes regardent l'Europe d'un œil beaucoup plus favorable que les Etats-Unis ou la Chine, achètent volontiers des produits européens et associent instinctivement l'adjectif "européen" à presque tout ce qui évoque une meilleure qualité de vie, ils tendent à considérer l'Europe comme une association, économiquement faible et politiquement dépendante, de pays qui ont pratiquement perdu leur souveraineté.
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dimanche, 19 août 2007
Des avions russes suivis par 21 chasseurs de l'OTAN
"Lors de ces vols, nous avons remarqué l'approche de 21 chasseurs de l'OTAN, qui nous ont suivi pendant plus de cinq heures", a déclaré le général Pavel Androssov, commandant de l'aviation stratégique russe, à l'agence Interfax.
Il n'a précisé ni quand ni où cela s'est produit. Ces exercices tactiques russes, commencés le 14 août, se sont achevés samedi. Plus de 50 avions russes, dont des bombardiers stratégiques, y ont participé, réalisant plus de 400 heures de vol, a-t-il ajouté.
"Nous avons l'intention d'organiser de tels vols régulièrement, car ils sont à la base de la préparation et de l'entraînement des équipages des bombardiers stratégiques", a conclu le général Androssov.
Le président Vladimir Poutine a annoncé vendredi la reprise immédiate des vols de bombardiers stratégiques, «sur une base permanente», renouant ainsi avec une pratique de la Guerre froide. Cette annonce signifie que la Russie aura de nouveau, mobilisés en tout temps dans les airs, des bombardiers stratégiques capables de transporter des missiles nucléaires.
La Russie a procédé ces derniers mois à plusieurs exercices avec des bombardiers à long rayon d'action, notamment la semaine dernière au large de l'île de Guam.
Source du texte : AFP
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vendredi, 17 août 2007
Les rapports Russie-UE dépendent des résultats des élections ukrainiennes
Les rapports entre l'UE et la Russie pourraient sérieusement se détériorer à quelques semaines des élections législatives russes. Si les forces politiques de l'ancienne coalition orange remportent les élections législatives ukrainiennes du 30 septembre, l'Ukraine lancera immédiatement une nouvelle initiative diplomatique en faveur d'une intégration rapide du pays aux structures de l'UE et de l'OTAN.
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jeudi, 29 mars 2007
Sous-marins russes et de l'OTAN en Arctique : vers une nouvelle chasse mutuelle?
Sans un accident récent à bord du sous-marin britannique Tireless (Infatigable), en mission dans la zone arctique, dans lequel deux marins ont trouvé la mort, écrit l'hebdomadaire, l'opinion n'aurait jamais appris que la Royal Navy et ses alliés américains avaient mené des exercices dans l'Océan arctique. Car aucun pays ne commente les déplacements de ses submersibles.
Nul ne l'ignore, les sous-marins américains "chassaient" les submersibles nucléaires soviétiques. Il est aussi vrai qu'au milieu des années 90, le Pentagone a annoncé que la flotte américaine mettait fin à cette activité, en raison de la fin de la confrontation stratégique globale. Mais on peut supposer que tout "revient à la normale" et que les Etats-Unis engagent activement les Britanniques dans la mise en oeuvre de ce "programme de chasse".
Le Tireless appartient à la classe Trafalgar, projetée pour mener des opérations, entre autres, dans la zone arctique. A la fin de la guerre froide, ces engins ont fait leur apparition aux abords du Proche-Orient. Il est difficile de suivre les déplacements secrets des sous-marins et le journal se contente de reproduire leurs apparitions connues dans l'ordre chronologique. Le 19 mai 2000, dans le détroit de Gibraltar, suite à une panne dans le système de refroidissement de son réacteur, le Tireless a rejeté de l'eau radioactive dans la mer. Il refait ensuite surface en avril 2004, au Pôle-Nord. A l'époque, la publication de ses coordonnées exactes était le résultat d'une action publicitaire. Deux sous-marins nucléaires, l'américain Hampton et le britannique Tireless, se sont rencontrés au Pôle-Nord, à quelques miles l'un de l'autre, afin que leurs équipages puissent jouer au football. Les deux navires ont pris part à des exercices conjoints, c'est la raison pour laquelle leur rendez-vous à la surface avait été prévu à l'avance. On disait également que les exercices militaires n'étaient pas l'unique objectif de leur présence dans les eaux polaires : des groupes de scientifiques à leur bord "étudiaient les indices du réchauffement global". Les chercheurs britanniques s'intéressaient notamment à l'épaisseur de la glace, à ses propriétés physiques et chimiques, à la température et à la composition de l'eau dans la zone attenante au pôle. Pour tout spécialiste, il était clair que ces données pourraient être utilisées lorsque des Trafalgar commenceraient à patrouiller dans cette région de manière permanente.
C'est ce qui s'est produit. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si, comme l'écrit l'hebdomadaire VPK, certains analystes occidentaux ont qualifié ces exercices des forces sous-marines de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis de réponse au tir d'un missile intercontinental réalisé en octobre 2006 depuis le sous-marin nucléaire russe Ekaterinbourg. Le journal affirme que l'US Navy s'est vu assigner pour mission l'évincement, avec l'aide de son allié britannique, des Russes de l'Océan glacial arctique.
Source du texte : RIA NOVOSTI
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mardi, 23 janvier 2007
L'indépendance de la politique étrangère russe : un impératif absolu
Au fur et à mesure que nous surmontons la logique des blocs antagonistes, on voit se rétrécir objectivement le champ de la confrontation dans les relations internationales. La mondialisation des défis aussi bien potentiels que réels qui pèsent sur la sécurité et le développement durable favorise la prise de conscience du fait que seule une réponse solidaire de la communauté internationale aux principaux enjeux du développement peut être véritablement efficace. Résultat : les pratiques hégémoniques se disqualifient, et les vieilles alliances fondées sur des solidarités idéologiques et civilisationnelles perdent de leur valeur.
Or, le monde où nous vivons n'en est pas moins dangereux.
La raison principale de ce fait réside dans les contrecoups de la mondialisation : le déséquilibre croissant du développement engendre des conflits socio-économiques, interethniques et religieux. Le sentiment d'insécurité pousse également à de nouvelles actions musclées unilatérales. La stagnation observée dans le domaine de la non-prolifération accentue la menace de dissémination d'armes de destruction massive.
Les incertitudes qui continuent de planer sur l'ordre mondial à venir s'expliquent en grande partie par l'affaiblissement de la Russie consécutif au démembrement de l'URSS, mais aussi par le syndrome de la "victoire" dans la guerre froide observé en Occident et qui est à l'origine de sa vision du monde en noir et blanc, de son souci de "reidéologiser" et de "remilitariser" les relations internationales.
Il est donc tout à fait logique qu'une série de changements positifs aient suivi le renforcement de la Russie, désormais capable, sur un pied d'égalité avec d'autres grandes puissances, de participer à la formation et à la mise en oeuvre de l'agenda mondial. Sans la Russie et au mépris de ses intérêts, aucun problème international important ne peut être résolu. Pour la première fois depuis une quinzaine d'années, un véritable milieu concurrentiel semble se former sur le marché des idées recherchant un nouvel ordre mondial qui corresponde aux impératifs de notre époque. La situation en Irak et en Afghanistan qui n'en finit pas de se dégrader confirme avec évidence toute la vulnérabilité d'une action musclée unilatérale et d'une tentative en vue de monopoliser le règlement des conflits.
Le système des relations internationales devient de plus en plus déséquilibré. L'esprit de corps et les préjugés idéologiques ne fonctionnent plus, sans que naissent de nouvelles motivations. Dans ce contexte, de nombreux Etats commencent à réviser leurs intérêts.
La formation de nouveaux pôles d'influence et de croissance mondiaux, la répartition plus équilibrée des ressources de développement et de contrôle des richesses naturelles jettent les fondements d'un ordre mondial multipolaire.
Ceux-ci et d'autres facteurs expliquent le passage, qui est en train de se dessiner, à une nouvelle phase du développement mondial. Sa principale différence par rapport à la phase précédente est que le nouvel ordre mondial est défini moins par la rivalité, défaillante, entre les blocs antagonistes que par les réalités contemporaines. Dans cette optique, la prise de conscience de l'égalité de tous les Etats face aux défis du XXIe siècle contribue à l'instauration progressive de principes collectifs et juridiques dans la politique internationale. C'est aussi ce dont témoigne la Revue de la politique étrangère réalisée par le ministère russe des Affaires étrangères sur instruction du président Vladimir Poutine. Cette étude a entièrement confirmé la justesse du choix fait en 2000 en faveur du pragmatisme, de la diplomatie tous azimuts et de la promotion des intérêts nationaux, persévérante mais évitant la confrontation.
Plus tôt que les autres, les Russes ont tiré des enseignements de la guerre froide et renoncé à l'idéologie en faveur du bon sens. D'où leur capacité à regarder sans parti pris les réalités internationales contemporaines et à proposer des solutions originales aux problèmes les plus complexes.
La Russie est ouverte à un dialogue constructif et une coopération équitable avec tous les Etats sans exception. Nous avons établi ou sommes en train d'établir un partenariat stratégique avec nombre de pays, y compris avec nos voisins de la CEI, la Chine, l'Inde, l'Egypte, le Brésil et les pays membres du G8. D'une manière générale, prennent du poids dans le monde les forces qui ont intérêt à voir une Russie puissante et indépendante. Encore que, bien entendu, la notion de puissance et de grandeur d'un Etat diffère de celle utilisée par le passé : elle entend, entre autres, la capacité à jouer en équipe, la disposition à promouvoir un ordre du jour positif sur tout l'éventail des dossiers internationaux, l'aptitude à préserver son identité culturelle et civilisationnelle tout en respectant toute la diversité des cultures et des traditions dans le monde.
Pour la Russie, l'indépendance de sa politique étrangère est un impératif absolu. Dans un monde contemporain de plus en plus mondialisé, rares sont les pays qui peuvent se le permettre. Pour nous, cette question est essentielle, car il s'agit de notre souveraineté. La Russie n'est pas un pays dont la politique, y compris étrangère, puisse être administrée de l'extérieur. Notre objectif n'est pas de "plaire" à tout le monde: tout simplement, nous partons de nos intérêts clairs et pragmatiques. Rappelons que la Russie a cherché à "plaire" par le passé, tout particulièrement sous Nicolas Ier et à la fin de l'époque soviétique: on en connaît bien le résultat.
Nous n'avons aucune raison de cacher nos dissensions avec nos partenaires, ni de les dramatiser. Nous avons devant nous un énorme travail conjoint à accomplir. Il s'agit de promouvoir la coopération dans le cadre de l'ONU et du G8, le partenariat Russie-UE et le dialogue au sein du Conseil Russie-OTAN, le règlement des crises et les agendas bilatéraux. Quels en sont les obstacles, à nos yeux?
On a l'impression que certains se voient contraints de trahir leurs principes pour pouvoir coopérer avec la Russie sur un pied d'égalité. Ce n'est pas de notre faute. Mais la politique mondiale en est sérieusement affectée, car on cherche ainsi à maintenir un statu quo où certains Etats sont en position privilégiée dans un système international en pleine évolution. Il n'est pas question là de jalousie ou d'offense. Premièrement, toute ambition au leadership doit s'accompagner d'actes au nom du bien commun. On ne voit pas pour l'instant comment l'unilatéralisme pourrait contribuer à résoudre des problèmes. Il en crée plutôt de nouveaux au lieu de les résoudre, ce qui finit par alimenter les tensions dans les relations internationales.
Deuxièmement, la nature même des défis mondiaux exige une réponse mondiale. Au lieu d'avancer un modèle de comportement collectif, on nous propose une sorte de collectivisation à la soviétique.
Naturellement, les maîtres d'oeuvre de cette collectivisation ne sont guère pressés de déposer leurs armes, au nom du souci d'éviter le pire. Cette logique, nous ne pouvons évidemment pas l'accepter. D'autant plus qu'il y a nombre d'exemples positifs d'efforts réellement collectifs, équitables et multilatéraux qui témoignent en faveur de notre vision à nous de l'époque historique contemporaine. Il suffit de citer les décisions du sommet du G8 de Saint-Pétersbourg concernant la sécurité énergétique et le Proche-Orient. Dans le premier cas, un équilibre juste et vérifié des intérêts des producteurs et des consommateurs d'hydrocarbures a été placé au centre de la politique énergétique mondiale ; dans le second, s'est dégagée une prise de conscience unanime sur le fait que le non-règlement du conflit arabo-israélien dans tous ses aspects était à l'origine des problèmes de la région.
Enfin, la Russie qui connaît des changements sans précédent ne peut tout simplement pas cautionner la politique protectrice visant à conserver le système international dans son état transitoire actuel.
Plus que quiconque nous ne pouvons nous permettre de mettre en danger la confiance qui est en train de s'établir envers notre politique étrangère, confiance qui représente un important facteur de la prévisibilité du développement mondial.
La seule chose que nous revendiquons, c'est la possibilité de participer à des débats argumentés qui soient libres et ouverts, sans que leur issue soit programmée d'avance. En politique, comme dans la vie de tous les jours, il faut absolument savoir écouter et entendre son interlocuteur. Dans nombre de cas, du moins, cela pourrait permettre de sauver des vies humaines et d'économiser les ressources matérielles dilapidées dans le cadre de politiques qu'on ne saurait qualifier de rationnelles. Il ne doit pas y avoir de place pour le fatalisme ni pour le fanatisme, ce dernier étant évident lorsqu'un interlocuteur, comme le disait Winston Churchill, s'obstine à changer le sujet de la conversation.
Nous sommes hostiles au souci de certains pays de nous pousser à reconnaître l'infaillibilité de politiques concrètes qui ont déjà démontré leur inconsistance, y compris auprès de l'électorat desdits pays. La Russie, si elle commet des erreurs, en paie elle-même la facture. On nous pousse parfois à soutenir une politique erronée qui crée des problèmes pour toute la communauté internationale. Nous ne prétendons pas à la vérité en dernier ressort, mais notre politique étrangère ne cesse de démontrer sa pertinence.
Nous espérons que nos partenaires américains n'ont pas encore dit leur dernier mot sur le règlement irakien, car se fait sentir depuis longtemps la nécessité d'engager réellement l'ONU, tous les voisins de l'Irak, notamment l'Iran et la Syrie, ainsi que les principales organisations régionales en faveur d'une véritable réconciliation nationale de tous les Irakiens. Une correction réaliste de la politique menée par la coalition internationale en Irak permettrait de mettre à profit l'objective communauté des intérêts de Washington et de Téhéran dans ce pays. Cela pourrait marquer le début d'une normalisation des relations américano-iraniennes pour réunir des conditions propices au règlement de la situation autour du programme nucléaire iranien. Enfin, cela encouragerait les efforts déployés en vue de régler les problèmes du Proche-Orient et de renforcer le régime de non-prolifération. Ces missions seront impossibles à accomplir si l'on continue à suivre la logique du "match nul".
Ceux qui ont affirmé il y a quatre ans que le chemin de Jérusalem passait par Bagdad sont aujourd'hui introuvables. Presque tous les pays, y compris les membres de la coalition antiirakienne, sont unanimes à reconnaître la nécessité de parvenir à un règlement global du conflit arabo-israélien, ce qui nous ramène aux résultats du sommet de Saint-Pétersbourg. Toute tentative d'éclipser cette réalité fondamentale, y compris en brandissant la carte des contradictions intermusulmanes et interarabes, risque d'avoir des conséquences dévastatrices, voire de provoquer un nouveau face-à-face avec Al-Qaida et les talibans, autrement dit de nous faire revenir à l'époque des attentats terroristes du 11 septembre 2001. La pacification des talibans est prônée par les mêmes forces qui, à l'époque, ont obstinément cherché à réunir des conditions propices à la reconnaissance internationale de leur régime. L'expérience irakienne nous pousse à aborder la politique des sanctions. A une certaine époque, ce sont les sanctions irréfléchies et le souci de leur application au mépris des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU dans le seul but de renverser un régime qui ont abouti à ce que nous avons actuellement en Irak.
En principe, comme étant un des instruments mis à la disposition du Conseil de sécurité de l'ONU, les sanctions peuvent jouer un rôle dans la mesure où elles contribuent au règlement du problème par la voie des négociations. Si les sanctions prévoient une issue musclée, celles-ci ne deviennent que le paravent d'une politique militariste. Toute sanction unilatérale adoptée en dehors du cadre du Conseil de sécurité de l'ONU ne peut que miner les chances de trouver un compromis, repousser les partenaires et corrompre l'unité de la communauté internationale. Dans tous les cas de figure, nous estimons qu'à chaque problème précis on ne peut trouver la réponse que par des efforts multilatéraux persévérants et sans conditions préalables en quête d'un règlement politico-diplomatique.
Et, bien entendu, toute démarche débordant du cadre du droit international, sans parler des violations graves de ses normes fondamentales telles que l'inviolabilité des locaux diplomatiques, est pernicieuse. En agissant suivant le principe du "tout est permis", la réaction est inéluctable, d'où la menace du chaos. Après, pour rappeler la fameuse maxime latine, il sera inutile de chercher à savoir qui est Jupiter et qui est le boeuf.
Les processus d'élargissement de l'OTAN et de l'Union européenne donnent matière à réfléchir. Si ces deux organisations n'ont pas la même nature, les conséquences de la politisation de l'élargissement - car les faits montrent qu'il s'agissait initialement d'un projet politique - sont plutôt du même ordre. L'Union européenne et l'OTAN perdent chacune leur souplesse et leur efficacité dans l'accomplissement de leurs missions fondamentales. Certains pourraient s'en réjouir en y voyant une voie vers l'auto-liquidation de l'OTAN et l'affaiblissement du projet européen. Les deux scénarios sont toutefois contraires aux intérêts de la Russie, disposée non seulement à compter avec les faits, mais aussi à encourager une évolution positive de la coopération paneuropéenne sur la base qui s'est réellement formée. L'ordre quel qu'il soit est meilleur que le chaos.
La recherche d'une approche d'ensemble pour résoudre les problèmes de la région euro-atlantique semble la voie la plus prometteuse. Il pourrait s'agir d'une vaste coopération sur tout l'éventail des sujets intéressant la Russie, l'Union européenne et les Etats-Unis. D'autant plus que cette coopération est déjà mise en oeuvre, que ce soit dans le cadre du Conseil de sécurité de l'ONU, du G8, du Quatuor des médiateurs internationaux du conflit au Proche-Orient ou des Six chargés du programme nucléaire iranien. Il est tout particulièrement important de noter qu'un tel format lèverait tous les soupçons réciproques inutiles concernant les agendas bilatéraux existant au sein du nouveau triangle. Il ne fait pas de doutes que cela assainirait sensiblement le climat général dans la région comme dans le monde.
Nous ne souhaitons pas qu'une Russie sûre d'elle-même suscite automatiquement - à défaut d'autres idées - des réactions dans l'esprit de la guerre froide. Je suis convaincu que ni une nouvelle guerre froide ni une "paix froide" ne sont dans l'intérêt de la communauté internationale. Du moins parce qu'on ne fait plus ses choix à huis clos ou dans un petit cercle d'initiés.
On reproche parfois à la Russie de vouloir vivre dans plusieurs dimensions civilisationnelles à la fois. Mais c'est ainsi, au carrefour des civilisations, que la Russie a toujours existé par la force de la géographie et de l'histoire. Notre destin historique traduit un problème fondamental de la diversité culturelle et civilisationnelle du monde qu'on ne peut ignorer et qui doit trouver sa place dans les processus de la mondialisation. C'est au règlement de ce problème réel que la Russie envisage de contribuer sans réserves par son évolution intérieure et par sa politique étrangère prévisible, ouverte et créatrice.
Sergueï LAVROV
Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie
Source du texte : RIA NOVOSTI
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mardi, 09 janvier 2007
LA POLITIQUE EUROPEENNE DE LA RUSSIE
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lundi, 08 janvier 2007
L'eau sera l'atout majeur de la Russie à l'ère post-pétrolière

Selon le "Rapport sur le développement de l'homme" rendu public récemment par le Programme de développement de l'ONU (PNUD), l'accès à l'eau douce doit être reconnu comme un "droit de l'homme". Or, les prévisions n'ont rien de rassurant: d'ici à vingt ans pas moins de 40% des habitants de la planète seront confrontés à une grave pénurie d'eau tandis qu'entre 2025 et 2035 la consommation mondiale d'eau douce sera proche du niveau des ressources disponibles.
Cette situation est annonciatrice d'une crise globale gravissime parce que la concurrence toujours plus âpre liée à l'utilisation des ressources hydrauliques pourrait provoquer des conflits armés, des actes de terrorisme "hydraulique", de véritables guerres. D'ailleurs, 37 affrontements ayant trait à l'eau se sont déjà produits au cours du dernier demi-siècle. Cependant, durant la même période plus de 200 accords interétatiques sur l'utilisation des ressources hydrauliques ont été conclus. Par conséquent, le spectre des "guerres de l'eau" pourrait aisément disparaître si l'humanité réussissait à mettre en place un système raisonnable et sûr de coopération dans le domaine des ressources hydrauliques.
Les Etats ne disposent pas tous, tant s'en faut, de grandes réserves naturelles d'eau. 90% des habitants de la terre vivent dans des pays contraints de partager leurs ressources hydrauliques avec des voisins. Dans ce sens, la Russie se trouve dans une situation avantageuse parce qu'elle est riche en eau douce et occupe la seconde place dans le monde (derrière le Brésil) pour ses réserves naturelles. On recense en territoire russe deux millions et demi de cours d'eau, plus de trois millions de lacs, dont les réserves totales sont estimées à 26.000 kilomètres cubes.
A l'heure qu'il est la Russie utilise pour ses besoins pas plus de 2% de ses réserves d'eau, par conséquent elle pourrait en faire profiter les autres. D'ici à 30-40 ans, en Russie le pétrole pourrait être remplacé par l'eau qui deviendrait ainsi la principale ressource budgétaire.
Bien sûr, il n'est pas question que l'eau devienne un article d'exportation comme le pétrole en qualité de "ressource pure". En matière d'utilisation de l'eau il y a ce que l'on appelle la loi du rendement décroissant. Les dépenses de transport de l'eau en quantités nécessaires à sa consommation industrielle, domestique et agricole augmentent brusquement en franchissant les frontières du bassin de sa source.
Cette forte hausse du coût du transport est justement la première raison qui empêche que l'eau soit commercialisée comme le brut. Par conséquent, à de rares exceptions près les dimensions des marchés de l'eau n'iront pas au-delà de celle d'un bassin. C'est la raison pour laquelle dans les pays où il y aura pénurie d'eau pour y remédier on recourra principalement aux technologies économisatrices d'eau. On pourra aussi cesser la fabrication d'articles aquavores pour privilégier leur importation.
Pour la Russie il sera bien plus rationnel et avantageux de passer aux technologies intensives en matière de rendement, d'économie et de stockage. Ces technologies se développeront activement sur le marché mondial au fur et à mesure de l'aggravation de la pénurie globale. Nous le soulignons, le marché mondial des produits aquavores est un marché de produits et non pas de matières premières. Pour que la Russie y figure en qualité de vendeuse, ses seules réserves naturelles ne suffisent pas, il faut également faire intervenir les productions utilisant de l'eau. La Russie dispose de très grandes possibilités pour bien figurer sur le marché des produits aquavores. Dans ces secteurs on trouve l'électricité, la métallurgie, l'industrie papetière, la chimie des polymères et aussi l'agriculture. Potentiellement la Russie est à même de s'imposer sur ce terrain et de devenir une importante exportatrice des produits en question.
Ces articles ne pourront être proposés que par les pays disposant de ressources hydrauliques excédentaires (Russie, Canada, Brésil, Australie). La restructuration de l'économie mondiale qu'implique le danger de crise de l'eau globale place dans une situation extrêmement favorable les pays riches en eau du moment que la demande et le prix des produits aquavores vont nécessairement croître. Par conséquent les exportateurs de ces articles se retrouveront dans une situation aussi prospère que celle que connaissent actuellement les exportateurs de pétrole. Il est très probable que la fabrication des produits aquavores constituera un volet prédominant de l'économie russe dans l'après-pétrole.
La menace de crise de l'eau globale et la hausse des prix régionaux de l'eau et des prix mondiaux des produits aquavores vont assurément ralentir la consommation d'eau. Maintenant la question est de savoir quelles seront les conséquences économiques, sociales et politiques de cette situation. Si elle sera le résultat d'actions spontanées des forces du développement économique et social, face auxquelles la civilisation sera impuissante, ou bien le fruit d'actions conséquentes, visant à assurer le développement durable de la civilisation dans le contexte d'une pénurie globale d'eau douce.
Viktor DANILOV-DALINIAN
membre correspondant de l'Académie des sciences de Russie
Source du texte : RIA NOVOSTI
Écrit par SG (Webmaster) dans > Points de vue, > Russie, GÉOPOLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Eau, Russie |
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