samedi, 05 juillet 2008

Guerre : l'offensive aéroportée (1/3)

 

Contrairement à ce qu’un examen superficiel pourrait laisser croire, la télévision n’est pas qu’un instrument démoniaque de domination des masses servant à abrutir le bon peuple grâce à des "shows" infantiles, orientant ses choix politiques par la diffusion d’informations partielles et/ou partiales tout en permettant à des annonceurs de rémunérer grassement le "temps de cerveau disponible" mis à leur disposition par les grands réseaux. C’est (un peu) cela, mais ce n’est pas (encore) que cela.

fallschirmjager.jpgAinsi, outre le délassement que peut procurer le visionnage occasionnel d’œuvres de fiction (films ou séries) de qualité, la télévision est aussi un support de choix pour la diffusion de documentaires qui ont traits aux problématiques militaires. L’immense majorité de ces derniers sont dans le registre historique et nous permettent de revivre, par les images d’archives ou les reconstitutions, les grandes batailles, leurs tenants et aboutissants. Bien sûr, il y a dans cette profusion des œuvres de qualité très inégales, ces variations tenant autant au talent du réalisateur qu’à ses engagements politiques : un conflit "polémique", et encore relativement frais dans les esprits (Algérie, Moyen-Orient), aura évidemment plus de chances de subir un traitement orienté dans un sens qui ne fera pas honneur à la vocation "historique", dans l’acceptation la plus noble de ce terme, du documentaire. Ce parti-pris est parfois affiché, ce qui honore alors son auteur, parfois non. Dans tous les cas, et c’est une règle générale lorsqu’on allume son poste, le citoyen doit savoir en permanence faire preuve d’esprit critique et ne pas gober tout ce qu’on lui présente comme vérités absolues. Devant la télévision, ni dénigrement systématique, ni contemplation béate, mais simplement une prudence de bon aloi…

En tout état de cause, si ces documentaires abordent en filigrane les questions stratégiques et tactiques des guerres ou des batailles qu’ils présentent (là encore, avec un bonheur variable), les émissions spécifiquement dédiées à ce type de problématiques sont rarissimes. Raison de plus pour présenter la série réalisées par l’anglais Gordon Stevens intitulée  "Guerre, mode d’emploi" (oui, je sais, le titre gaulois est assez nul…).

La démarche de Stevens est simple : prendre un concept stratégique ou tactique (la contre-offensive, le blocus, la guerre de guérilla, le siège, le débarquement amphibie, etc.…), et l’analyser à la lumière d’exemples historiques. Ainsi, ce sont généralement deux grandes batailles qui servent à illustrer la théorie qui est de plus séquencée en différentes phases ou exigences censées aboutir à la réussite, ou pas, de la manœuvre décrite. Durant l’argumentaire, des experts militaires anglais et américains interviennent pour commenter le tout. Le résultat final est à la fois divertissant, instructif et suffisamment didactique pour intéresser le néophyte. Ces documentaires sont à l’évidence une excellente introduction à une approche plus théorique de l’histoire militaire et, pour cela, ils méritent le coup d’œil.

Alors, bien sûr, il s’agit là d’œuvres de vulgarisation, avec les qualités, mais aussi les défauts que cela implique : le professionnel de la chose comme l’amateur chevronné trouveront parfois matière à tiquer devant telle formulation, tel raccourci, tel oubli. Les lignes d’opérations décrites, par exemple, sont parfois critiquables. De même, le commentaire a la fâcheuse tendance à s’emmêler les pinceaux entre les niveaux "stratégiques" et "tactiques". Mais ces petites imperfections, qui existent bel et bien, ne sont pas rédhibitoires au vu du produit fini. De fait, ces films peuvent servir à éveiller des vocations en incitant le spectateur à vouloir aller plus loin dans l’étude du fait militaire. Rien que pour cela, ils sont utiles et font pardonner leurs petits défauts.

La chaîne Histoire diffuse, de loin en loin, les documentaires de Gordon Stevens. Peu sont malheureusement disponibles sur le Net. Celui que je vous propose aujourd’hui a trait à l’offensive aéroportée : à travers les exemples de l’opération Market Garden et de Junction City, avec un détour par l’invasion de la Crète, il revient sur l’assaut par la troisième dimension.

Source du texte : THÉATRE DES OPÉRATIONS




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mercredi, 19 septembre 2007

Télévision, ce soir 20h45 sur W9 : les commandos parachutistes

Hugues, Gérald et Ludovic appartiennent au Groupement Commando Parachutiste, 200 militaires surentraînés qui forment un des corps d’élite de l’armée française.

Les GCP font partie du commandement des opérations spéciales et sont les premiers à être parachutés sur une zone de conflit. Six mois par an, ils partent loin de leur famille, qui doivent organiser leur vie sans eux. Leurs missions sont longues et dangereuses et leur absence difficile à vivre pour leur entourage. Comment allier vie de famille et missions à haut risque ?

"Enquête d’action" les a suivis au cours de leur entraînement, avec leur famille, au moment de leur départ et pendant leur mission en Afghanistan et en Côte d'Ivoire.
 

DATES DE REDIFFUSION DU REPORTAGE

  • lundi 01 octobre à 23h20
  • samedi 29 septembre à 15h00
  • dimanche 23 septembre à 16h00

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mercredi, 12 septembre 2007

Les commandos de l'Axe à l'assaut de l'Europe

828a621a8f22bb4aede8ecf6671ccc00.jpg1er novembre 1918, côte dalmate. Nuit noire. Les sentinelles du port autrichien de Pola ne soupçonnent pas la présence, au large, du navire italien, silencieux et immobile. Sur le pont du destroyer, deux hommes, Paolucci et Rosetti, vérifient une dernière fois leurs charges de trinitrotoluène — un puissant explosif — puis se glissent dans les eaux sombres. Après un long effort — les appareils respiratoires n'existent pas encore — les deux nageurs parviennent à pénétrer dans le port, sans être détectés. Puis, ils reprennent quelques instants leur souffle et plongent en apnée entre les bâtiments à l'ancre. Ils parviennent à fixer leurs charges sur la coque du cuirassé Viribus Unitis, l'un des fleurons de la flotte austro-hongroise. Enfin ils s'éloignent en silence. Quelques minutes plus tard une énorme explosion retentit et déchire la coque du navire, qui coule rapidement. Aussitôt, c'est le branle-bas sur le port. Les sirènes hurlent, les projecteurs illuminent la rade, les sentinelles courent en tous sens à la recherche des saboteurs.

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lundi, 28 mai 2007

Les parachutistes

31f2a07d40445e01a3c87706fbed12f9.jpgLe premier saut, c'est un rendez-vous que le jeune soldat a avec lui-même. Il va se trouver confronté avec sa propre vérité. Au résultat de cet examen, il sera classé parmi les hommes ou parmi les autres. Le premier saut, c'est une affaire intime. Il sautera ou ne sautera pas, et personne n'y pourra rien. Sans doute un coup de pied miséricordieux viendra-t-il compenser opportunément un éventuel mouvement de recul, mais le jeune soldat sait que s'il ne veut vraiment pas sauter, on ne pourra pas l'y contraindre.

Son choix est libre. Dès son incorporation, on lui a demandé s'il était volontaire. Peut-être a-t-il réservé sa réponse. On le lui redemandera plusieurs fois dans le cours de ses classes. Et cette question lui sera enfin posée à la veille du départ pour l'école de saut. Cette fois, il lui faut répondre par oui ou par non. Il peut parfaitement décommander le rendez-vous, nul ne lui en tiendra rigueur. Il peut refuser l'occasion de découvrir sa valeur intime. Il se fondra dans la masse asexuée de tous ceux qui ne savent pas s'ils sont vraiment des hommes. Mais s'il accepte l'épreuve, s'il monte dans l'avion, il sait alors qu'il se joue à quitte ou double.

Il a la hantise du « Go ! ».

« Son honneur se joue à la portière. Il est hanté par la défaillance nerveuse, involontaire, par la peur de se "dégonfler". Au stage de saut, cette obsession le mine, le survolte. La veille du premier saut, voire de n'importe quel saut, la psychose du "Go" (autour de laquelle se greffe la hantise du tibia cassé, de la voilure déchirée, du parachute mal plié et rebelle à l'ouverture ou de la torsade) le ronge. J'ai vu de grands gaillards, qui devaient s'illustrer dans les mechtas, ne pouvoir s'empêcher, la veille de leur premier saut, de pleurer et d'écrire à leur fiancée ou à leur mère, les yeux rougis, des lettres bouleversantes d'émotion... [...] "Il n'y a que les bâtards qui se dégonflent." Cette phrase est du lieutenant commandant ma promotion haranguant ses élèves, la veille du premier saut de stage. »

C'est dans cette disposition d'esprit que le jeune soldat arrive à la base-école de saut. Là, dans la mesure où l'intérêt de l'armée est de breveter le plus grand nombre de parachutistes possible, on pourrait croire que l'on va s'employer à dépouiller le saut de tout caractère dramatique, à le « démystifier », à le réduire à ses véritables proportions : un exercice un peu particulier, mais n'exigeant pas, certes, des qualités viriles exceptionnelles – un exercice à la portée de toutes les bourses. Au contraire, l'ambiance de la base-école est rien moins que technique. Tous les moyens semblent bons pour faire du saut un test pathétique où vont s'éprouver les hommes, une sorte de jugement de Dieu qui tranchera irrévocablement de la valeur de chacun.

Gilles PERRAULT

Journaliste et romancier 

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