dimanche, 21 février 2010
La Russie livrera des missiles antimissiles à l'Iran
La Russie entend respecter ses engagements et livrer à l'Iran le système de défense antimissiles S-300 commandé par Téhéran, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Sergeï Riabkov, cité par l'agence Interfax.
Moscou avait indiqué mercredi que la livraison avait été reporté pour des raisons techniques.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, reçu lundi au Kremlin, a invité le président russe Dmitri Medvedev à renoncer à cette vente qui pourrait permettre à Téhéran de faire face à des frappes ciblées contre ses installations nucléaires.
"Il existe un contrat pour fournir ce système à l'Iran et nous le remplirons. Les retards sont dus à des problèmes techniques", a déclaré Sergeï Riabkov.
Ce dernier s'est élevé contre les tentatives de politiser les exportations d'armes russes vers l'Iran.
"Il est absolument incorrect de mettre l'accent sur la question de la fourniture de S-300 et d'en faire un problème majeur, sans parler du fait de la lier aux discussions visant à rétablir la confiance sur le caractère purement pacifique du programme nucléaire iranien", a-t-il dit.
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mardi, 29 décembre 2009
La Russie doit développer ses "armes offensives" pour faire face au bouclier antimissile américain
La Russie doit développer ses "armes offensives" pour faire face au bouclier antimissile américain, a déclaré aujourd'hui le Premier ministre russe Vladimir Poutine, cité par les agences russes.
"Pour garder l'équilibre sans développer un système de défense antimissile comme le font les Etats-Unis, nous devons développer les systèmes offensifs", a déclaré M. Poutine, en déplacement à Vladivostok (Extrême-Orient russe) cité par l'agence Interfax.
"Avec un "parapluie", nos partenaires se sentiront en sécurité et feront tout ce qu'ils voudront, l'équilibre sera brisé et il y aura plus d'agressivité dans la politique et dans l'économie", a-t-il poursuivi, selon l'agence Itar-Tass.
"Si nous voulons procéder à des échanges d'informations, les Etats-Unis doivent nous passer l'ensemble des informations concernant leur bouclier antimissile, et nous, à notre tour, nous sommes prêts à leur transmettre toutes celles relatives à nos armements offensifs", a précisé V. Poutine.
Les Etats-Unis ont annoncé le 17 septembre qu'ils renonçaient à un projet de bouclier antimissile en Europe de l'Est élaboré à l'époque du président George W. Bush et que Moscou considérait comme une menace contre sa sécurité.
Barack Obama a décidé de troquer ce projet, qui était centré sur une menace de tirs de missiles iraniens de longue portée, contre un système protégeant plutôt contre des missiles de courte et moyenne portée.
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jeudi, 22 octobre 2009
Grand exercice militaire anti-aérien israélo-américain
Israël et les Etats-Unis ont entamé mercredi leurs plus importantes manœuvres anti-aériennes conjointes simulant des attaques de missiles contre l'Etat hébreu, a-t-on appris mercredi auprès de l'armée israélienne.
Un millier d'hommes du Commandement américain en Europe et un nombre égal de soldats israéliens vont prendre part à ces manœuvres baptisées "Juniper Cobra" qui se poursuivront jusqu'au 5 novembre, a indiqué Tsahal dans un communiqué.
Durant l'exercice, seront testés les batteries de missiles anti-missiles israéliens de type Arrow, ainsi que les systèmes américains de défense anti-balistique THAAD et Aegis (naval) et les systèmes anti-aériens Patriot et Hawk, selon les médias israéliens.
Cet exercice est le cinquième organisé ces dernières années dans le cadre de "Juniper Cobra" organisé par Israël et les Etats-Unis, le principal allié de l'Etat hébreu.
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samedi, 26 septembre 2009
La Turquie achetera des missiles Patriot pour un montant de 7,8 milliards de dollars
Le Pentagone a informé le Congrès américain d'une possible vente de batteries antimissiles sol-air Patriot (PAC-3) et d'équipements associés à la Turquie pour un montant de 7,8 milliards de dollars.
Ce projet de vente, notifié au Congrès américain par l'Agence de sécurité et de coopération de la Défense (DSCA), comprend 13 "unités de tir" Patriot, 72 missiles intercepteurs PAC-3 et une série d'équipements associés à ce système sol-air de défense aérienne, précise la DSCA dans un communiqué obtenu lundi par l'AFP.
La Turquie, seul pays membre de l'Otan possédant une frontière avec l'Iran, "utilisera ces missiles PAC-3 pour améliorer ses capacités de défense antimissile, renforcer sa défense nationale et dissuader les menaces régionales", indique le communiqué.
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mercredi, 12 août 2009
Les missiles
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jeudi, 21 mai 2009
Russia Today : ABM in Europe is a future problem
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mercredi, 22 avril 2009
Le dessous des cartes : Le bouclier antimissile
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vendredi, 20 mars 2009
Israël : Tsahal devrait privilégier les missiles Jericho 3 à des raids aériens pour frapper les sites nucléaires iraniens
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mercredi, 05 novembre 2008
Déploiement de missiles à Kaliningrad
Le président russe, Dmitri Medvedev, a salué l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, mercredi 5 novembre, tout en accusant les Etats-Unis d'être responsables de la guerre en Géorgie et de la crise financière internationale. Il a aussi annoncé le déploiement de missiles pour "neutraliser" le bouclier antimissile américain.
La guerre russo-géorgienne a été "la conséquence de la politique de l'administration américaine, qui est égoïste, incapable d'accepter la critique et qui préfère les décisions unilatérales", a déclaré M. Medvedev, dans son premier discours à la nation, deux mois après le conflit entre Moscou et Tbilissi. "Nous ne reculerons pas dans le Caucase", a-t-il insisté.
Le président russe estime que Washington a profité de cette guerre pour "imposer plus vite encore à l'Europe le système de défense antimissile américain". Il a prévenu de son intention de déployer des missiles Iskander dans la région de Kaliningrad (Ouest), enclave russe entourée de pays de l'UE, afin de "neutraliser" les éléments du bouclier qui seront installés en Europe. "Depuis la même région, on va brouiller les nouveaux éléments du système de défense antimissile que les Etats-Unis ont l'intention de déployer" en Pologne et en République tchèque, a-t-il ajouté.
Le président russe a ensuite dénoncé les "erreurs dans le domaine financier" et "l'absence du sens de la mesure" à l'origine, selon lui, de la crise financière mondiale. "En gonflant la bulle financière pour stimuler leur croissance, les Etats-Unis ne se sont pas donné la peine de coordonner leurs efforts avec d'autres participants des marchés et ont ignoré tout sens élémentaire de la mesure", juge-t-il.
"Les Etats-Unis n'ont pas écouté les mises en garde de la part de leurs partenaires, y compris les nôtres, et ils ont par conséquent nui à leurs intérêts et aux intérêts des autres, a-t-il estimé. Nous devons réformer radicalement les systèmes politique et économique. La Russie, quoi qu'il arrive, va insister sur ce point."
A l'issue de cette charge particulièrement violente, le président russe a dit espérer que la "nouvelle administration américaine" optera pour de "bonnes relations" avec la Russie.
Source du texte : LE MONDE.FR
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samedi, 13 septembre 2008
La visite de Sergeï Lavrov en Pologne
Le ministre russe des affaires étrangères russe Lavrov était en Pologne hier, le 11 septembre. Cette visite prévue fin août avait été annulée par le Russe le jour où la Pologne signait avec Rice l’accord d’installation du système BMDE en Pologne, le 20 août. La visite de Lavrov constitue un événement étrange pour celui qui considère la crise géorgienne d’un point de vue abrupt, en noir et blanc, puisqu’on ne peut rêver pays plus antagoniste en apparence que la Pologne et la Russie dans la logique de cette crise. Cela semble évident depuis la signature de l’accord BMDE, qui a été violemment dénoncé par la Russie dès le 20 août, ce qui semblait placer, aux yeux des Russes, la Pologne au même niveau que la Géorgie et que les USA.
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mardi, 08 juillet 2008
Bouclier antimissile : Prague signe un accord avec les USA

Malgré une opinion hostile, le gouvernement tchèque doit adopter mardi un traité prévoyant le déploiement d'un radar sur son territoire.
Tandis que Varsovie continue de jouer la carte de l'intransigeance avec Washington, le gouvernement de Prague, malgré une opinion publique très hostile au déploiement du bouclier américain, va de l'avant : le traité prévoyant l'installation d'un radar, destiné à être couplé avec une rampe de tir antimissile en Pologne voisine, sera signé cet après-midi par le ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, et la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice.
Les sondages montrent régulièrement que deux tiers des Tchèques sont contre. Les mouvements pacifistes, qui ont multiplié les actions ces derniers mois, avec défilés, grèves de la faim et occupation du terrain militaire alloué au radar, ont d'ailleurs prévu de manifester pour l'occasion. Mais pour le premier ministre libéral Mirek Topolanek, dont les sentiments proaméricains sont aussi forts que ses réserves vis-à-vis de l'Europe, il s'agit d'un "vrai choix stratégique". Rien ne garantit, cependant, que le traité obtiendra les voix requises pour la ratification par les deux chambres du Parlement.
Pendant, ce temps, Varsovie continue de négocier. Le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, devait rencontrer lundi Condoleezza Rice à Washington. Jugeant "insuffisantes" les réponses américaines à ses préoccupations sur les menaces pour la sécurité de son pays qu'engendrerait ce bouclier, le premier ministre polonais, Donald Tusk, avait réclamé, vendredi dernier, la présence permanente en Pologne de systèmes de défense antiaérienne de type Patriot. "Nous n'avons rien rejeté, a souligné lundi Radoslaw Sikorski. La preuve, c'est la poursuite des pourparlers. Nous voulons continuer jusqu'à un dénouement heureux. Il s'agit de renforcer notre sécurité. Nous devons penser à nos intérêts".
Les États-Unis ont le projet d'implanter en Europe centrale, à l'horizon 2011-2013, deux éléments du bouclier antimissile destiné à protéger leur territoire contre d'éventuelles attaques de pays comme l'Iran : 10 missiles intercepteurs, qu'ils aimeraient déployer près de Slupsk, dans le nord de la Pologne, et une station radar en République tchèque. Les négociations avec les deux pays ont commencé en mai 2007.
Mais devant les difficultés à conclure un accord avec Varsovie, Washington vient d'entamer des discussions avec la Lituanie, pour voir si Vilnius pourrait prendre le relais. De quoi exaspérer encore un peu plus les Russes… Car ce que Washington voit comme un rempart contre les "États voyous" est considéré par Moscou comme une menace à sa propre défense nationale. Emboîtant le pas à son prédécesseur, Vladimir Poutine, le nouveau maître du Kremlin, Dmitri Medvedev, a exprimé lundi, à l'issue d'une rencontre avec George Bush au Japon, en marge du sommet du G8, de "sérieuses inquiétudes". Quant au possible déploiement du bouclier en Lituanie, ex-république soviétique, aux portes de la Russie, il est pour Moscou "absolument inacceptable".
Source du texte : FIGARO.FR
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lundi, 04 juin 2007
Des missiles dans les glaces
Au-delà des rangées de grillages et des chicanes de sécurité qui entourent les silos, des caméras tournantes haut perchées et des radômes blancs des antennes, il n'y a rien : rien que le brouillard, d'où émergent des sommets neigeux, des rivières et des lacs gelés, rien que le silence d'une nature préservée, et la patience de soldats qui attendent l'ordre improbable de déclencher l'apocalypse.
"Ici, insiste le lieutenant-colonel Hunt Kerrigan en balayant du bras le paysage, nous sommes directement au contact de la réalité." Façon de parler bien sûr, comme pour souligner les responsabilités de ces artilleurs du XXIe siècle, simples exécutants d'un ordre de tir qui viendrait des "politiques" de Washington.
Fort Greely aurait pu être sollicité le 25mai, lorsque l'Agence de défense antimissile (MDA) américaine a dû renoncer à tirer un missile intercepteur de la base Vandenberg (Californie), après l'échec du lancement à bonne altitude d'un missile-cible. Ce n'était pas le tour des soldats du 49e bataillon de la défense antimissile de rompre la routine, voilà tout. Mais le climat de l'Alaska n'est pas seul à donner à cette longue attente un vieux parfum de guerre froide.
Il y a cinquante-deux ans déjà que la région abrite un centre d'entraînement aux températures extrêmes (–53°). Mais, avec la dislocation de l'URSS, la base était entrée dans une sorte de léthargie stratégique. Et puis le 11-Septembre est arrivé. En juin 2002, les Etats-Unis se retirent du traité ABM de 1972 (antimissile). A l'été, les travaux de construction des silos d'Alaska commencent. Aujourd'hui, quinze d'entre eux sont pourvus de missiles d'une portée supérieure à 5 500 kilomètres.
D'ici à 2009, Fort Greely devrait abriter 40 missiles antimissiles, et Vandenberg 4 seulement. Si le projet d'installer 10 autres intercepteurs en Pologne se concrétise, les Etats-Unis disposeront, à terme, d'une panoplie de 54 intercepteurs, soit une capacité dite "rudimentaire" censée protéger le territoire des Etats-Unis contre une attaque venue de "rogue States" ("Etats voyous"), au premier rang desquels la Corée du Nord et l' Iran.
LA MENACE POTENTIELLE DE LA CORÉE DU NORD
Chasse à l'ours, à l'élan, pêche au saumon, et nature, beaucoup de nature… "Bien sûr, convient Jack, il faut faire une croix sur des tas de loisirs et de commodités, mais si vous aimez la vie au grand air, c'est le paradis." Carol, qui s'occupe de la "vie des familles" sur la base, en convient : "Le premier MacDo est à 100 miles."
Les 200 gardes nationaux qui veillent sur Fort Greely sont volontaires. Ils cohabitent avec quelque 250 spécialistes de la maison Boeing et de divers sous-traitants, soit, avec femmes et enfants, une communauté de quelque 1 200 âmes. A l'entrée du centre de tir, un panneau prévient le visiteur que "l'emploi de la force mortelle est autorisé", et la fouille corporelle est pointilleuse.
Après un sas, on pénètre dans une salle de dimensions modestes avec des ordinateurs et de larges écrans où, lors des simulations d'attaques, le globe terrestre orienté sur le continent américain s'anime des trajectoires rouges des missiles.
Ce "saint des saints" n'est pas très impressionnant, mais la demi-douzaine d'horloges alignées au mur affichent les préoccupations des cinq techniciens en treillis militaire, qui se relaient 24 heures sur 24 : "Korea", "Alaska", "Pacific", "Mountain"… Fort Greely est essentiellement concentré sur une menace balistique potentielle de Corée du Nord. En cas d'attaque, c'est le centre de Cheyenne Mountain, à Colorado Springs (Colorado), qui donnerait l'alerte.
A 600 mètres sous terre, "Mountain" abrite plusieurs commandements stratégiques, dont le Norad (Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord). Justement, on s'agite à Colorado Springs : "Nous avons une menace contre Chicago, une autre sur San Francisco, une autre sur Seattle", puis : "Aegis confirme un tir de missile sur Chicago."
L'engagement simulé dure moins de 10 minutes et, sans surprise, la menace a disparu. Le colonel Thomas Besch, directeur de la MDA pour l'Alaska, répète inlassablement le message de l'administration Bush : "Nos missiles, ainsi que ceux qui seront installés en Pologne, ne sont pas conçus pour intercepter une menace russe. Ici, notre adversaire potentiel est la Corée du Nord, mais il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui plus de 20 pays disposent de missiles balistiques."
Quel est le temps de réaction des intercepteurs ? "Une question de minutes…", répond laconiquement le colonel, qui conseille, pour plus de précisions, d'aller voir, à Washington, le général Henry Obering, "patron" de l'Agence de défense antimissile.
De fait, la MDA est hébergée par la Navy, à proximité du Pentagone. Affable, prolixe et "breton par [sa] femme", le général Obering multiplie les voyages outre-Atlantique, se faisant le missi dominici de l'administration Bush.
Objectif : convaincre opposants russes et alliés hésitants de la nécessité d'installer 10intercepteurs en Pologne, plus un radar d'alerte avancée en République tchèque.
DU STATUT D'ALLIÉS À CELUI D'OBLIGÉS
Le général reconnaît volontiers que le mantra officiel – les sites européens sont nécessaires à l'interception de missiles iraniens potentiels – doit être nuancé : "Techniquement, c'est vrai, nous pourrions détruire des missiles iraniens avec nos intercepteurs d'Alaska, au milieu de l'Atlantique nord. Mais ce que nous ne pourrions pas faire, c'est protéger nos troupes basées en Europe, pas plus que nos alliés et amis européens."
Ce qui signifie que l'extension du "bouclier" antimissile américain en Europe est aussi politique. Les pays qui en bénéficieront passeront du statut d'alliés de l'Amérique à celui d'obligés.
Source du texte : LE MONDE.FR
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mercredi, 30 mai 2007
La Russie annonce le tir d'essai d'un nouveau missile intercontinental
En annonçant, mardi 29 mai, un tir d'essai d'un nouveau missile balistique intercontinental capable de percer n'importe quel "bouclier" antimissile, la Russie intervient en force dans le débat transatlantique sur l'installation de nouveaux sites de défense américain en Europe. Le vice-premier ministre russe, Sergueï Ivanov, a ainsi souligné que ce tir d'un missile RS-24 à têtes multiples montre que "les nouveaux systèmes tactiques et stratégiques (russes) peuvent surpasser tout système de défense antimissile existant ou à venir".
Cet essai a été réalisé à partir d'une base mobile de lancement sur le cosmodrome de Plesetsk, à environ 800 kilomètres au nord de Moscou.
Selon le commandement russe des forces stratégiques, le missile RS-24, qui peut être équipé de dix ogives différentes, a atteint sa cible située à plus de 5 500 kilomètres, sur le site de Koura, une péninsule du Kamtchaka, dans l'Extrême-Orient russe. Le RS-24 a vocation à remplacer les missiles stratégiques RS-18 et RS-20 (les SS-19 Stiletto et SS-18 Satan, selon leur nom de code à l'OTAN).
Sergueï Ivanov a précisé que le RS-24 est une nouvelle version du missile stratégique Topol-M (basé à terre), connu sous le nom de SS-27 pendant la guerre froide. Le Topol-M a une version marine, le Boulava-30, tous deux ayant une portée d'environ 10 000 kilomètres.
En février, le chef d'état-major général des forces armées russes, le général Iouri Balouïevski, avait assuré que les Topol-M et Boulava-30 étaient capables "de pénétrer toutes les défenses ABM" (antimissile). Le Boulava a pourtant connu quelques déboires au cours de ses essais.
Lorsque les Etats-Unis se sont retirés en 2001 du traité ABM de 1972 pour mettre en place leur défense antimissile, la Russie avait réagi l'année suivante en dénonçant le traité de réduction des armements stratégiques Start-II, ce qui lui permettait de déployer ses missiles à ogives multiples. Le tir d'essai du missile RS-24 auquel vient de procéder Moscou doit toutefois être interprété davantage en termes politiques que sur le plan de la performance technologique.
D'autant qu'il a été accompagné d'un tir de missile de croisière, l'Iskander-M, qui fait partie de l'arsenal de l'armée de terre russe. Sa portée de 500 kilomètres lui permettrait - par hypothèse -, d'atteindre un site antimissile américain en Pologne. Les Russes ne cessent de dénoncer l'intention des Etats-Unis de prolonger leur défense antimissile en installant un radar d'alerte avancée en République tchèque et 10 missiles intercepteurs en Pologne, perçus par Moscou comme une menace pour sa sécurité.
Mardi, le président Vladimir Poutine a prévenu que la mise en oeuvre du projet américain risque de transformer l'Europe en "poudrière". "Nous considérons qu'il est nocif et dangereux de transformer l'Europe en poudrière et d'y accumuler de nouvelles armes. Cela crée des risques nouveaux et inutiles pour l'ensemble du système des relations internationales et européennes", a t-il insisté à l'issue d'une rencontre, à Moscou, avec le premier ministre portugais, José Socrates.
Le Portugal succédera, le 1er juillet, à l'Allemagne à la présidence tournante de l'Union européenne.
Source du texte : LE MONDE.FR
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