mercredi, 21 novembre 2007
Le débat sur les armes à feu de retour devant la Cour suprême américaine
La Cour suprême des Etats-Unis, qui ne s'était plus saisie de la question depuis près de 70 ans, a annoncé, mardi 21 novembre, qu'elle allait se prononcer sur l'interdiction des armes à feu en vigueur dans la capitale fédérale, Washington DC.
La plus haute instance juridique du pays a accepté d'examiner un appel formulé par des responsables de l'administration locale du district de Columbia, après la remise en cause par une récente décision de justice de cette interdiction prononcée il y a 31 ans. L'affaire devrait passer en audience à la fin du mois de février 2008 ou en mars. La décision de la Cour suprême est attendue pour la fin du mois de juin. Elle pourrait avoir des répercussions sur le débat électoral, à quelques mois du scrutin présidentiel de novembre 2008.
INTERPRÉTATIONS DIVERGENTES DU DEUXIÈME AMENDEMENT
Les magistrats de la Cour suprême auront à se prononcer sur l'interprétation large du deuxième amendement de la Constitution rendue par une cour d'appel fédérale, dans une décision qui fait jurisprudence. Ce deuxième amendement est ainsi rédigé : "Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé." Pour les autorités locales de Washington DC, le droit de porter une arme ne s'applique pas aux individus : il n'est constitutionnellement garanti que dans le cadre d'une affectation dans une milice régulée par l'Etat.
Leur raisonnement a été invalidé par la cour d'appel fédérale, qui s'est alignée sur la position que défend notamment l'administration Bush : la liberté de détenir et de porter une arme est garantie constitutionnellement pour tout individu. Dans sa saisine, la Cour suprême des Etats-Unis expose la question qu'elle sera amenée à trancher de la manière suivante : les mesures restrictives en vigueur à Washington DC violent-elles les droits accordés par le deuxième amendement aux individus "qui souhaitent conserver des armes à feu pour un usage privé à leur domicile". La dernière décision de la Cour suprême sur la question des armes remonte à 1939. Elle avait alors validé une loi fédérale de contrôle des armes, sans régler définitivement la question de l'interprétation du deuxième amendement.
Source du texte : LE MONDE .FR
Écrit par SG (Webmaster) dans > Armes et armement, > États-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Armes, milice, USA |
|
|
Facebook | |
Imprimer |
lundi, 02 juillet 2007
Le "Comandante" du Venezuela organise son "peuple en armes"
Plus de la moitié des habitants sont enrôlés dans une garde territoriale censée dissuader une invasion de l'ennemi américain.
Il est 7 heures du matin quand Eduardo Zabala foule, comme tous les jours, l'esplanade du ministère de la Communication, en plein centre de Caracas. Mais ce samedi, il a troqué le costume cravate contre l'uniforme vert olive. Eduardo est, l'espace de quelques heures, chef du « corps combattant du ministère de la Communication ». En faisant signe à ses collègues de monter dans un bus qui les emmènera dans le camp de Macarao, pour leur premier entraînement, il rabroue ceux qui l'apostrophent par son prénom : aujourd'hui, le fonctionnaire Zabala est major.
Sur la route pourtant, l'ambiance tient plus de la colonie de vacances que de la discipline militaire. On se dispute sandwichs et jus de poires et les flashs crépitent : tout le monde veut un souvenir de cette première journée patriotique. Les trente fonctionnaires se sont enrôlés dans la « garde territoriale », la réserve que le président Hugo Chavez a conçue pour parer à une invasion ennemie, sous-entendue des États-Unis.
L'idée vient de Cuba. « Face à la puissance de feu d'une grande armée, il faut une force non conventionnelle, pour une guerre asymétrique », explique le général Alberto Muller Rojas, l'un de ses organisateurs. Aux envahisseurs suréquipés, le peuple vénézuélien doit opposer sa connaissance du terrain, dans le moindre petit village. Aujourd'hui constituée de 110 000 hommes, la garde territoriale prétend en recruter 15 millions - sur une population de 27 millions. Tout Vénézuélien majeur, même à la retraite, est appelé à en faire partie. « L'objection de conscience est néanmoins admise », précise le général Mueller.
Chaque institution, chaque entreprise, pourra constituer son unité. Comme au sein du ministère de la Communication, les salariés de la chaîne publique VTV en ont déjà formé une. Abraham Buccé, réalisateur, est enthousiaste : « À l'époque du coup d'État d'avril 2002, les putschistes ont envahi la télévision, et nous étions impuissants. Maintenant, nous saurons défendre le canal ! » L'ensemble de la garde territoriale devrait dépendre directement du « Comandante » Chavez.
La « fusion civico-militaire »
Rassemblés dans le camp de Macarao, les néophytes ont hâte, sous un soleil de plomb, de prendre possession des fusils. Les visages de Lissy, Maria et Odisea, trois jeunes femmes qui s'étaient illustrées par leurs blagues dans l'autobus, sont crispés. L'instructeur vient de les rappeler à l'ordre, exigeant qu'elles pointent leurs armes vers le ciel. « Ce sont des FAL, il est rare de survivre à une balle perdue par des fusils pareils », gronde-t-il.
Couchés sur le sol pour mieux tirer, les hommes sont gênés par leur bedaine, les femmes protestent contre les piqûres de moustiques et regardent, désolées, le vernis de leurs ongles s'écailler. Ils ont vingt balles chacun et peinent à les compter : avec l'écho chaque tir se répète à l'infini dans la vallée.
Son chargeur vidé, Maria revient vers le campement, rouge de plaisir : « J'en ai mis six dans la cible, dont un dans l'oeil ! » La rondelette Lissy renchérit : « Moi, j'en ai mis dix ! Au début j'avais peur, mais là, j'adore ! »
Au-delà de la mission de défense, la garde territoriale incarne le concept cher à Chavez de « fusion civico-militaire », pour le bien du peuple. Alors que les plus habiles parmi les civils peuvent apprendre à fabriquer des explosifs ou devenir franc-tireur, les gradés distribuent de la viande dans les marchés populaires et s'installent dans les ministères.
Des « barrios » surarmés
À Caracas, cette symbiose affole les organisations de droits de l'homme, qui dénoncent la multiplication des armes et l'insécurité. Avec un taux de 46,5 homicides pour 100 000 habitants en 2004, le Venezuela est le quatrième pays le plus meurtrier du monde, après la Colombie, l'Afrique du Sud et la Jamaïque. « L'État n'a aucun moyen de contrôler les armes en circulation, pas même celles de la police », souligne Soraya el-Achkar, de l'ONG Justice et paix.
C'est dans les barrios, les quartiers pauvres, que la situation est la plus préoccupante. Représentant de la mairie de Caracas dans le « 23 de enero », un district populaire abritant 400 000 personnes, Lisandro Perez, surnommé « Mao » en souvenir de son passé de guérillero, confirme : « Il y a de plus en plus de milices, puisque le gouvernement les tolère. » Et d'énumérer les noms des groupes qui ont pignon sur rue et des pages sur Internet : Movimiento de liberacion Carapaica, Cartolin, Milicia cero...
Mao assure qu'elles ne sont pas liées au narco-trafic qui fait rage dans les barrios. « L'utilité est politique. On se prépare pour empêcher la droite de revenir au pouvoir. » Pour lui, ces groupes armés intégreront la garde territoriale de Chavez, mais garderont leur autonomie. Alberto Carias, qui contrôle la milice de « Tupac Amaru » est formel : « Chavez veut nous contrôler, il pense ne pas avoir besoin de nous, mais nous sommes un mal nécessaire. » La preuve, ajoute-t-il : « Lors du coup d'État du 2002, ce sont des mouvements comme les nôtres qui l'ont rétabli à la présidence. La véritable révolution, qui impliquera forcément l'insurrection, dépend de nous. »
Source du texte : FIGARO.FR
Écrit par SG (Webmaster) dans > Amérique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Milice, garde territoriale |
|
|
Facebook | |
Imprimer |

































































