mercredi, 28 juin 2006

Les Croix de Guerre

medium_Croix_de_Guerre.jpgLa Croix de Guerre 1914-1918 : 

 

Durant la Première Guerre mondiale, le besoin de créer une récompense pour les combattants s'est fait sentir très rapidement. Il existait bien la « citation à l'ordre du jour», mais ce n'était qu'un témoignage écrit, dans les communiqués, les états de service et le livret militaire.

L'écrivain Maurice Barrès, député de Parismedium_Barres.jpg, propose un projet de médaille pour décorer les soldats après un exploit particulier. Le 23 décembre 1914, le député Bonnefous, dépose une proposition de loi pour instituer pour les combattants, une médaille dite de la « valeur militaire ». Le 28 janvier 1915, le député Driat, rapporteur de la Commission de l'armée, remet un rapport favorable et désigne cette décoration par « Croix de Guerre ».

La Croix de Guerre fut créée par la loi du 8 avril 1915, confortée par un décret d'application du 23 avril 1915.

 

 

 

Elle commémore depuis le début des hostilités, les citations individuelles pour faits de guerre. Elle récompense les militaires, mais aussi les civils et les personnels militarisés. 

Ruban : vert avec liseré rouge à chaque bord et comptant cinq bandes rouges verticales. 

Médaille : croix en bronze florentin, à quatre branches avec entre elles deux épées croisées. A l'avers, au centre, une tête de la République coiffée du bonnet phrygien ornée d'une couronne de laurier avec la légende " République Française ". Au revers : la croix de guerre portait à l'origine la mention " 1914-1915 ", puis la guerre se prolongeant, ce millésime fut successivement modifié et remplacé par " 1914-1916 ", " 1914-1917 " et enfin " 1914-1918 ".

Citations :

  • Armée : palme de bronze en forme de laurier,
  • Corps d'Armée : étoile de vermeil,
  • Division : étoile en argent,
  • Brigade, Régiment : étoile de bronze.

Plusieurs citations obtenues pour des faits différents se distinguent par autant d'étoiles ou de palmes.

Fourragère : tous les cadres et les hommes d'une unité citée deux ou trois fois à l'ordre de l'armée ou ayant pris un drapeau à l'ennemi, furent autorisés à porter sur l'uniforme, cette fourragère aux couleurs de la croix de guerre, verte mouchetée de rouge. La croix et la fourragère furent également conférées aux drapeaux et étendards des unités ayant reçu ces récompenses.

En octobre 1917, la croix de guerre fut attribuée à une ville, pour la première fois à l'initiative du ministre de la guerre Paul Painlevé. Il s'agit de la ville de Dunkerque. D'autres suivirent en 1930. Il en fut de même pour les grands corps de l'Etat, la préfecture de police, le barreau de Paris, les universités et presque toutes les grandes écoles, en raison des sacrifices consentis.

 

La Croix de Guerre 1939-1945 :

A l'initiative de M. Edouard Daladier, président du Conseil et ministre de la Guerre, un décret-loi du 26 septembre 1939 a institué une croix de guerre pour commémorer les citations individuelles pour faits de guerre, identique à celle de 1914-1918 et portant à l'avers le millésime 1939, suspendue à un ruban vert et rouge. Après plusieurs modifications dues à la situation politique complexe de la période de l'Occupation, l'ordonnance du 7 janvier 1944 du Comité de Libération Nationale remet finalement en vigueur la Croix de Guerre 1939, mais à ruban rouge et vert et non vert et rouge.

Ruban : rouge, partagé par quatre bandes médianes vert foncé, séparées entre elles et disposées de manière à laisser deux bandes rouges latérales  

Médaille : semblable à la Croix de Guerre 1914-1918, avec au revers le millésime de l'année des combats : 1939 ou 1939-1945.

Citations : elles se distinguent de la même manière que pour la croix de 1914-1918.

Fourragère : identique à celle de la Croix de Guerre 1914-1918, elle est comme elle, destinée à commémorer les citations collectives. Mais des olives de couleurs différentes sont placées au-dessus du ferret pour permettre de les différencier. Lorsque les unités ont obtenu la fourragère au cours des deux guerres mondiales, celle-ci comporte deux olives.

Le 30 septembre 1942, le général de Gaulle créa une citation à l'ordre des Forces Françaises Libres donnant droit au port de la Croix de Guerre avec une palme en vermeil. L'ordonnance du 7 janvier 1944 a repris ces dispositions en créant une citation à l'ordre de la Nation. La croix particulière créée au profit des membres de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme a été annulée par un arrêté du 28 octobre 1944.

Les croix de guerre des aviateurs restent prestigieuses : le ruban de celle de Pierre Clostermann porte 19 palmes.

La Croix de Guerre 1939-1945 a été décernée à de nombreux villages et villes.

 

La Croix de Guerre des Théâtres d'Opérations Extérieurs :

Après la Première Guerre Mondiale, des troupes françaises furent engagées sur des territoires extérieurs avec des missions délicates d'encadrement ou d'intervention limitée. Tel fut le cas au Levant, en Afrique Occidentale, en Pologne, en Orient et au Maroc. Une loi du 30 avril 1921 créa une nouvelle croix de guerre pour récompenser les actes de courage accomplis au cours de ce type d'opérations.

Un arrêté du ministre de la Défense du 17 janvier 1991 a ouvert le droit à l'octroi de cette décoration en raison des hostilités engagées contre l'Irak puis par arrêté du 5 mai 1992, cette même autorité a décidé que cette distinction ne serait plus décernée.

La Croix de Guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures (T.O.E.), commémore les citations individuelles obtenues par les militaires ou les civils au cours des opérations effectuées à l'étranger depuis le 11 novembre 1918 ou qui pourraient avoir lieu dans l'avenir, pour services de guerre caractérisés directement liés à l'expédition.

Ruban : formé de trois bandes verticales, une bande centrale bleu clair, encadrée de deux bandes rouges ayant chacune la moitié de la largeur de la bande bleue.

Médaille : conforme au modèle de la Croix de Guerre 1914-1918. Au revers : " Théâtres d'Opérations Extérieures ".

Citations : elles se distinguent de la même manière que pour la Croix de Guerre 1914-1918.

Fourragère : aux couleurs de la Croix de Guerre des T.O.E. (bleu et rouge), elle est destinée à commémorer les citations collectives dans les mêmes conditions que pour la Croix de Guerre 1914-1918.

La Croix de Guerre des T.O.E. n'est plus décernée depuis le 5 mai 1992. 140 formations militaires ont mérité de 1921 à aujourd'hui de recevoir la Croix de Guerre des T.O.E.
 

La Croix de la Valeur Militaire :

Les opérations de sécurité et de maintien de l'ordre engagées en Afrique du Nord, et tout particulièrement en Algérie, ayant un caractère spécial, le gouvernement de l'époque fut conduit à créer une nouvelle récompense inspirée des croix de guerre. C'est ainsi que par décret du 11 avril 1956 fut créée la Croix de la Valeur Militaire. Une décision particulière du 30 avril 1956 vint ensuite préciser qu'elle pouvait être décernée pour les opérations menées en Tunisie depuis le 1er janvier 1952, le Maroc depuis le 1er juin 1953, l'Algérie depuis le 31 octobre 1954. Une décision du 13 février 1957 ajouta les opérations menées en Mauritanie à compter du 10 janvier 1957.

Depuis cette époque, de nouvelles décisions ont été prises en vue de décerner la Croix de la Valeur Militaire :

  • aux personnels en service au Tchad par décision du 13 novembre 1972 (possibilité abrogée à compter du 1er août 1991),
  • pour les opérations maritimes Alysse et Aconit par décision du 20 juillet 1991,
  • pour les opérations menées sur les territoires de l'ancienne Yougoslavie par décision du 6 juillet 1992,
  • pour les opérations menées en République Centraficaine par décision du 10 juillet 1997.

Ruban : écarlate coupé dans le sens de sa longueur de trois raies blanches.

Médaille : suspendue au ruban par une bélière, la croix est en bronze et porte à l'avers l'effigie de la République avec les mots " République Française " et au revers l'inscription " Croix de la Valeur Militaire ". Semblable à la Croix du Combattant, la Croix de la Valeur Militaire ne porte pas d'épées comme c'est le cas pour les Croix de Guerre.

Citations : organisées de la même manière que pour les Croix de Guerre. Les citations à l'ordre de l'armée sont exclusivement décernées par le ministre de la Défense, celles qui concernent les autres degrés allant du corps d'armée au régiment relèvent de la compétence exclusive du général, Chef d'Etat-Major des Armées.

 

La Croix du Combattant Volontaire de la Guerre 1914-1918 :

Dès la fin de la Première Guerre Mondiale, les associations d'anciens combattants demandèrent avec insistance qu'une récompense particulière soit décernée à ceux qui avaient été volontaires pour servir au front au sein d'une unité engagée dans les combats. La Croix du Combattant Volontaire de la Guerre 1914-1918 fut créée par la loi du 4 juillet 1935.

Cette croix a pour bénéficiaires les combattants de la Grande Guerre qui, n'étant pas contraints de combattre en raison de leur situation géographique ou de leur statut particulier ou de leur condition physique, ont néanmoins rejoint volontairement une formation de combat. Elle peut également être décernée aux volontaires étrangers qui ont combattu dans l'armée française sur l'un des fronts d'opérations.

Ruban : vert, avec, au milieu, une bande rouge et sur les bords une bande jaune.

Médaille : croix en bronze avec à l'avers la tête d'un poilu au centre au centre d'un médaillon avec la légende " République Française ", le tout reposant sur une épée et un fond de feuillage de laurier. Au revers, l'inscription : " Combattant Volontaire " " 1914-1918 ".

 

La Croix du Combattant Volontaire : 

Comme leurs aînés de 1914-1918, les anciens combattants de la guerre 1939-1945 demandèrent la création d'une Croix du Combattant Volontaire du conflit mondial auquel ils avaient participé. Une loi du 4 février 1953 leur donna satisfaction. Après la fin des conflits en Extrême-orient et en Corée, des demandes identiques furent formulées. Enfin après 1962, la même question se posa pour les anciens combattants d'Afrique du Nord.

Pour éviter la multiplication des croix du même genre à l'occasion des conflits futurs, la décision fut prise de créer une seule et unique Croix du Combattant Volontaire, décision matérialisée par les dispositions du décret du 8 septembre 1981. Ce texte abroge les mesures relatives à la Croix du Combattant Volontaire de la Guerre 1939-1945 et crée une nouvelle croix dont le ruban est orné de barrettes portant l'indication de la campagne ou de l'opération à laquelle a participé le combattant dont le volontariat a été reconnu.

Ruban : rouge avec au milieu, une bande verte et une bande jaune sur chaque bord.

Médaille : croix portant à l'avers, les mots " République Française " et au revers, l'inscription " Croix du Combattant Volontaire ".

Barettes : " Guerre 1939-1945 ", " Indochine ", " Corée ", " Afrique du Nord ".

 

 

La Croix du Combattant : 

Au lendemain de la Grande Guerre, les associations d'anciens-combattants, soutenues par de nombreux parlementaires, oeuvrèrent pour faire reconnaître par la nation un statut particulier à ceux qui avaient participé au combat. Huit ans après l'armistice, leur action fut couronnée de succès.

La loi du 19 décembre 1926 a créé la carte du Combattant au profit des personnes relevant de l'office national du Combattant : Anciens Combattants de 1914-1918, de 1870-1871 et des campagnes coloniales antérieures au premier conflit mondial.

Quelques années plus tard, la loi du 28 juin 1930 a créé un insigne officiel dénommé " Croix du Combattant " au profit des titulaires de cette carte. Par définition, sont seuls autorisés à porter la Croix du Combattant les personnels mobilisés, titulaires de la carte du Combattant.

Ruban : bleu horizon et coupé dans le sens de la longueur, de sept raies de couleur rouge garance.

Médaille : croix en bronze portant au centre l'effigie d'une République casquée, entourée de l'inscription " République Française " et sur le revers les mots " Croix du Combattant ".

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La Médaille militaire

 

medium_Medaille_militaire.jpg

Cette décoration est des plus originales puisqu'elle récompense à la fois les soldats, gradés et sous-officiers et les généraux ayant commandé en chef devant l'ennemi.

 

Historique

Par décret du 22 janvier 1852, le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte, quelques jours après la promulgation d'une nouvelle constitution lui donnant tous les pouvoirs, institue la Médaille Militaire. La création de cette décoration revêt une importance politique considérable. En effet, s'il replace l'effigie de Napoléon Ier sur l'insigne de la Légion d'Honneur, c'est sa propre effigie que Louis-Napoléon Bonaparte n'hésite pas à mettre sur cette médaille, avec son prénom gravé sur l'avers. La médaille est de plus surmontée de l'aigle impériale, tenant deux éclairs de foudre dans ses serres. Le message est clair : l'annonce du retour de l'Empire est évidente.

 

Mais cette décoration nouvelle répondait également à un besoin, ce qui explique son extraordinaire succès ultérieur jusqu'à nos jours. En France, il n'y avait jamais eu de décoration réservée à la troupe (et aux sous-officiers). Ainsi, beaucoup d'actions héroïques ne furent pas récompensées sous l'Empire et ce phénomène s'accrut avec la conquête de l'Algérie sous le règne de Louis-Philippe.

Le 21 mars 1852 eut lieu, dans la cour des Tuileries, la première remise de Médailles Militaires à des sous-officiers et soldats, cités à l'ordre ou blessés. Le 10 mai 1852, la seconde remise eut lieu sur le Champ de Mars, devant la foule parisienne. Aux 1700 soldats et sous-officiers décorés s'ajoutèrent deux généraux, anciens de la Grande Armée, les comtes Reille et Vaillant, qui venaient d'être élevés à la dignité de Maréchal de France.

Il y aura, sous le Second Empire, 43 Médailles Militaires remises à des généraux et amiraux. La IIIème République garda ce système qui valorisait le corps entier des Médaillés Militaires. Le prestige de cette décoration fut encore renforcé par sa remise aux Maréchaux de la Première Guerre Mondiale. Le général Foch la reçut le 21 décembre 1916. Les généraux Joffre et Gallieni furent également décorés. Le symbole était très fort ; il arrivait qu'un général soit décoré par un soldat médaillé : ainsi, le général Lyautey fut décoré au Maroc par un sous-officier, l'adjudant Caviglioli.

On estime à un million le nombre de Médailles Militaires attribuées depuis sa création en 1852 à des soldats, marins, gradés et sous-officiers ou officiers de maistrance. L'administration de la Médaille Militaire a été confiée dès l'origine à la grande Chancellerie de la Légion d'Honneur.

 

Les bénéficiaires et les conditions d'attribution

La Médaille Militaire récompense les militaires et assimilés, non officiers. Elle peut aussi être concédée (par décret pris en Conseil des ministres) aux Maréchaux de France et aux officiers généraux, grand'croix de la Légion d'Honneur, qui en temps de guerre ont exercé un commandement en chef devant l'ennemi ou ont rendu des services exceptionnels à la Défense Nationale.

Elle peut être attribuée :

  • à ceux qui comptent huit années de services militaires,
  • à ceux qui ont été cités à l'ordre de l'armée quelle que soit leur ancienneté de service,
  • à ceux qui ont reçu une ou plusieurs blessures en combattant devant l'ennemi ou en service commandé,
  • à ceux qui se sont signalés par un acte de courage ou de dévouement méritant récompense.

 

Par ailleurs, le ministre de la Défense est autorisé à décerner la Médaille Militaire, soit directement, soit par voie de délégation, dans un délai d'un mois, aux militaires et assimilés, non officiers, tués ou blessés dans l'accomplissement de leur devoir.

En règle générale, les personnels non officiers ne peuvent concourir pour la Légion d'Honneur qu'après avoir reçu la Médaille Militaire.  

 

La distinction

La médaille est une couronne de laurier d'argent qui entoure un médaillon d'or où figure l'effigie de la République, entourée d'un cercle d'émail bleu où sont inscrits les mots: " République Française ". Au revers, la médaille porte au centre du médaillon d'or, entouré d'un cercle bleu, la devise : "Valeur et Discipline". Les feuilles et boutons de laurier sont liés de deux rubans entrecroisés en haut et en bas.

La médaille est suspendue à une bélière d'argent en forme de trophée d'armes (motifs : une cuirasse posée sur une ancre de marine, deux tubes de canons entrecroisés, une hache, un sabre ...).

L'insigne est suspendu à un ruban jaune bordé de vert des deux côtés.

La médaille Militaire se porte après la Légion d'Honneur (ou éventuellement l'Ordre de la Libération) et avant l'Ordre National du Mérite.  

 

La fourragère de la Médaille Militaire et les autres bénéficiaires

La fourragère est un cordon tressé à la couleur (jaune et verte) de la Médaille Militaire. Le port de cette fourragère n'est pas le privilège des régiments et unités décorés de la Médaille Militaire. Il est réservé aux régiments et unités formant corps qui ont été cités 4 ou 5 fois à l'ordre de l'Armée. Le port de deux fourragères de la Légion d'Honneur et de la Médaille Militaire est réservé aux régiments et unités qui ont été cités 12 à 14 fois à l'ordre de l'Armée.

Les villes, emblèmes et collectivités peuvent également recevoir la Médaille Militaire, mais cette distinction est très rare. Le fanion de la 3ème compagnie du 1er RCP a ainsi été décoré au Liban le 8 novembre 1983 (cette unité avait perdu 58 soldats lors d'un attentat à Beyrouth).

De rares personnalités étrangères ont reçu la Médaille Militaire, ainsi Churchill décoré par Paul Ramadier, Président du conseil et médaillé militaire. 

Écrit par SG (Webmaster) dans > Décorations guerrières, > France, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Médailles, décorations | | |  Facebook | |  Imprimer |