lundi, 08 octobre 2007
L'Islam par-dessus les nations
La Fitna, c'est la grande dispute de l'islam, sa grande fracture : elle est triple : un islam radical et violent, les qurra ; un islam historique et légitimiste, celui d'Ali ; un islam politique et aristocratique, celui de Muawiya.
L'islam qui agit politiquement par lui-même, en dehors des États, c'est l'islamisme, cet idéal politique visant à dépasser les divisions étatiques du monde musulman et instaurer un califat étendant progressivement son empire sur le monde. Cet islam refuse les frontières et les pouvoirs en place. Il peut aller jusqu'à pratiquer le terrorisme et les méthodes les plus sanguinaires, croyant agir au nom de Dieu — quant il n'est pas tout simplement identifiable à la crapulerie régnant par la terreur et l'impôt islamique c'est-à-dire le racket — ; cette légitimité divine auto-proclamée justifie à ses yeux les pires méthodes.
Les islamologues, parfois emportés par l'enthousiasme du sujet lui accordent les circonstances atténuantes de la misère économique et sociale sur laquelle il recrute. Et pourtant quelles circonstances atténuantes faudrait-il accorder à ceux pour lesquels la vie d'un enfant ou d'une femme ne mérite que la lame du couteau ?
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mardi, 11 septembre 2007
11 septembre 2001-2006 : Vu du monde arabe
Les Etats-Unis ont commis de terribles erreurs depuis le 11 septembre 2001, qui expliquent en partie la poussée du terrorisme. Mais même sans l'aveuglement de l'administration Bush, les conditions politiques, sociologiques et culturelles du monde musulman ne pouvaient que favoriser l'émergence d'un mouvement comme Al-Qaïda, explique le quotidien jordanien Al-Ghad.
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vendredi, 07 septembre 2007
Les guerriers d'Allah sont parmi nous
Le terrorisme islamiste atteint le cœur de l'Allemagne : avec l'arrestation de trois artificiers amateurs, c'est la première fois qu'est découvert un projet d'attentat préparé par des djihadistes locaux convertis à l'islam radical. Les enquêteurs sont confrontés à un problème dont ils n'avaient pas soupçonné l'ampleur.
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jeudi, 12 avril 2007
L'Europe « plus menacée que jamais »
« Le terrorisme n'est pas un phénomène nouveau en Europe, a déclaré un responsable d'Europol devant le Parlement européen, mais au XXIè siècle, la menace terroriste qui pèse sur les États membres est plus sérieuse que jamais. » En 2006, Europol a dénombré 498 attaques terroristes dans 15 États membres et 706 arrestations. Alors qu'aucun attentat revendiqué par al-Qaida n'a été signalé sur le sol européen en 2006, la moitié des arrestations ont visé des militants islamistes. C'est en Grande-Bretagne que le nombre d'interpellations est le plus important, avec 156 islamistes appréhendés en 2006, contre 139 en France, 51 en Espagne et 31 en Italie.
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lundi, 05 février 2007
Londres : bastion du fondamentalisme islamique
Murs de briques, fenêtres au charme tout administratif, minaret de béton... La mosquée centrale du nord de Londres ne paie pas de mine. Un panneau jaune vif avertit : "Attention : caméras de surveillance en action." Poussés par le vent, les fidèles pénètrent dans le hall sans se soucier des objectifs. Dans l'entrée étroite, Ibrahim lit d'un oeil distrait un tract contre le "terrorisme de Bush". Avant de s'éclipser vers la salle de prière du premier étage, ce Nigérian de 30 ans sourit, montre son Coran et déclare, serein : "La vérité est là".
Abdel Shaheed el-Ashaal refuse d'évoquer ces temps chahutés. Depuis 2005, il est le président des nouveaux administrateurs de la mosquée. Timbre doux et barbe courte, il a été désigné pour rabâcher : "On a oublié le passé !" Et lorsqu'on lui demande s'il condamne les attentats suicides, il se dresse : "Des actes criminels commis par des criminels." Homme de la normalisation, Abdel Shaheed a su résister aux assauts des disciples d'Abou Hamza, un temps mobilisés pour reconquérir leur mosquée, le coeur du Londonistan.
Des milliers de livres, de vidéos ou de cassettes audio circulent. Dans l'appartement d'un des accusés des attentats ratés du 21 juillet 2005, Scotland Yard a trouvé des DVD de sermons d'Abu Hamza et de décapitations d'otages. Sur Channel 4, un récent documentaire a révélé qu'en plein centre de Londres, la librairie de la mosquée de Regent's Park proposait des enregistrements du prédicateur radical Sheikh Feiz. Le Figaro s'est procuré sans difficulté deux de ces vidéos. Dans la première, intitulée Signes du Moment, Sheikh Feiz imite le grognement du cochon pour ridiculiser les juifs. Dans l'autre, tirée de Séries de la mort, il profère que "le point culminant, le pinacle, la crête, le point le plus haut est le djihad" et exhorte les enfants à mourir pour Allah : "Mettez dans leur coeur doux et tendre le zèle du djihad et l'amour du martyre."
Une organisation s'est spécialisée dans la dénonciation systématique de la politique étrangère de Londres et de Washington en Afghanistan, en Irak, en Somalie, etc. Elle s'appelle Hizb ut-Tahrir, le Parti de la libération en arabe. S'il s'affiche comme non violent, ce parti politique - interdit en Allemagne pour antisémitisme - est radical, si ce n'est subversif en ce sens qu'il prône le retour au califat par la révolution des consciences. Calé dans le fauteuil d'un luxueux hôtel londonien, Taji Mustafa, un de ses porte-parole, articule son discours avec aisance : "Pas besoin de suivre les prêches d'un imam pour se radicaliser : il suffit de regarder à la télévision les images de massacre et d'humiliation des musulmans en Irak." Hizb ut-Tahrir joue sur du velours : promotion de l'identité musulmane et dénonciation de son viol par les Occidentaux.
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mercredi, 18 octobre 2006
Le nouveau visage des jeunes djihadistes
Jeunes et nés en Europe
Ces jeunes fanatiques basculent parfois dès l'adolescence après être nés dans le pays où leurs parents ont immigré ou avoir grandi sur place. La grande majorité jouit de la nationalité de leur pays de résidence par la naissance ou par naturalisation. Les convertis ne sont également pas rares. Les jeunes islamistes du groupe dit "des Buttes-Chaumont", démantelé par la DST l'an dernier, étaient âgés de 18 à 20 ans. Ceux d'une autre bande installée en Seine-Saint-Denis avaient tous une petite vingtaine d'années. Arrêtée au Danemark, le mois dernier, une cellule regroupait des membres âgés d'à peine 17 ans et un autre noyau radical démantelé en octobre 2005, toujours au Danemark, était constitué de "militants" de 16 à 22 ans.
Des fanatiques autodidactes
Les islamistes suivaient jusqu'à présent un "parcours du combattant" connu avec des points de rassemblement (mosquées londoniennes, associations, activités militantes...). Les nouveaux fanatiques constituent des communautés autarciques, se radicalisent seuls et très rapidement, grâce notamment à Internet, sans beaucoup de signes avant-coureurs. Le seul élément exploitable, pour les services de renseignements, demeure le gourou, le "référent religieux", qui manipule ces jeunes et les font basculer. En France, ce furent Farid Benyettou pour le groupe des Buttes-Chaumont ; au Danemark, des jeunes connus sous les surnoms de "petit imam" ou "d'ayatollah". Certains groupes sont en contact avec des référents étrangers, en Arabie saoudite par exemple, via Internet.
Un terrorisme artisanal
Beaucoup de ces jeunes se contentent de devenir des islamistes radicaux en perfectionnant leur connaissance de l'arabe ou de l'islam. D'autres choisissent la voie du djihad en partant vers l'Irak. Certains enfin veulent frapper au coeur de leur pays. Avec, dans ces deux derniers cas, une absence de contacts avec des organisations terroristes et une absence de moyens. C'est avec leurs propres économies que les jeunes des Buttes-Chaumont payaient leurs billets d'avion vers Damas pour s'engager en Irak ou que ceux du Danemark achetaient des composants entrant dans la composition d'explosifs. Aux Pays-Bas, un étudiant islamiste a été repéré alors qu'il préparait des bombes à partir de recettes trouvées sur Internet.
Source : FIGARO.FR
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dimanche, 07 mai 2006
Djihad
En arabe jihâd, "guerre sainte" ou plus exactement "guerre légale", puisqu'il s'agit de la guerre ou de "l'effort de guerre", selon le sens étymologique du terme, prescrit par la Loi contre les infidèles.

C'est à Médine, lors des premières expéditions de Muhammad (ou Mahomet) contre les Mekkois, que le concept vit le jour. Il repose sur plusieurs versets du Coran, dont le plus important est le suivant: "Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu ni au Dernier Jour, qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Envoyé ont déclaré illicite, qui ne pratiquent point la religion de vérité, parmi les détenteurs de l'Ecriture, jusqu'à ce qu'il payent la jizya, en compensation de ce bienfait et en raison de leur infériorité" (Coran, IX, 29).
Les juristes conclurent, à partir de ce texte et de quelques autres, que la guerre légale était une obligation pour l'ensemble de la communauté musulmane, mais qu'elle cessait à l'égard des détenteurs de l'Ecriture ou gens du Livre, c'est-à-dire à l'égard des chrétiens et des juifs dès que ceux-ci acceptaient la domination de l'islam et versaient un impôt spécifique leur permettant d'être admis au sein de la communauté comme un groupe inférieur et protégé, celui des tributaires ou dhimmis. En ce qui concernait les idolâtres, la guerre était requise jusqu'à ce qu'ils se convertissent; s'ils refusaient, ils pouvaient être mis à mort ou réduits à la condition d'esclaves.
L'action armée visant au triomphe de l'islam, même tempérée, dans les effets qui suivaient la victoire, par la clause accordant un statut particulier aux détenteurs de l'Ecriture, reste donc obligatoire contre tous les Etats non musulmans; d'où il résulte que les musulmans ne peuvent conclurent ave ces derniers que des trêves temporaires et jamais de traités de paix définitif. D'autre part, le jihad, étant une obligation communautaire, ne fait pas partie des devoirs individuels du musulman et c'est le chef de la communauté qui en décide seul le déclenchement ou l'arrêt en même temps qu'il désigne ceux qui doivent y participer. Ainsi, au Moyen-Age, ce devoir revenait au calife lui-même qui, au moment où l'institution connaissait tout son éclat, s'en acquittait de façon régulière, ne fût-ce qu'en dirigeant chaque année les incursions saisonnières ou razzias exécutées en territoire infidèle, notamment byzantin.
Hormis le jihad, il n'y a pas d'autre guerre permise au sein de l'islam qui doit normalement constituer une seule communauté. Mais les schismes qui apparurent très tôt ainsi que les rivalités entre sectes se traduisirent par des luttes intestines souvent meurtrières, y compris les premières batailles rangées entre les Compagnons de Muhammad, bataille du Chameau ou bataille de Siffin par exemple, qui posèrent des problèmes de conscience à certains musulmans. Une solution facile à cet égard a été de considérer tout ennemi, même celui que l'on rencontrait dans ces luttes intestines, comme un infidèle qu'il est permis de combattre ce qu'autorise en islam le statut du rebelle que les kharijites et les chiiites utilisèrent particulièrement. Un autre trait propre aux chiites, celui de ne pouvoir en principe déclarer la guerre légale en l'absence de tout imam, n'a, de son coté, guère été respecté au cours des temps.
Historiquement, l'expansion de l'islam se fit tantôt par le jihad , tantôt par la conversion faisant suite à des invasions armées qui furent à l'origine des grandes conquêtes du VIIè siècle et qui ne cessèrent jamais ensuite d'être pratiquées: des groupes musulmans, portant expressément le nom de mujâhidûn ou "combattant du jihad", entreprennent encore aujourd'hui à ce titre des actions subversives contre les peuples ou les Etats qu'ils accusent de malveillance ou seulement d'ingérence dans les affaires de l'islam. Mais, à coté de ces cas extrêmes, la guerre légale connut au cours des siècles des phases diverses et successives, tantôt d'assouplissement, tantôt au contraire d'intensification: les dernières étaient dues le plus souvent à des regains de propagande de la part des sermonnaires religieux et même des juristes. Leurs appels se multipliaient lorsque la communauté musulmane pouvait se sentir menacée ou effectivement touchée dans son intégrité territoriale, comme il apparaît notamment dans la péninsule Ibérique au moment des trimphes de la reconquête chrétienne de l'Andalus ou dans l'Orient syro-égyptien à la suite des premières expéditions victorieuses des croisés: dans chaque cas on vit, sous les effets d'une revivification intérieure du sentiment musulman et par l'intermédiaire de protagonistes conquérants issus souvent de régions lointaines, se durcir et se transformer peu à peu une situation d'abord paisible. Dans chaque cas égalment cette transformation affecta les lieux mêmes où s'était auparavant manifesté l'indifférence politico-religieuse de certains princes musulmans locaux ayant entretenu des relations pacifiques ou même de temporaires alliances avec les chrétiens qui avaient servi leurs ambitions ou parfois contribué à leur survie.
A d'autres époques, cet élan supplémentaire dû à l'esprit de jihad vint animer des actions de conquête et non de résistance aux attaques de l'ennemi. Ainsi la combativité des ghazis qui justifiaient alors par leur zèle le dynamisme guerrier de leurs chefs put aider à la constitution et au triomphe d'immenses empires. On le vit, par exemple, lors de l'expansion des Almoravides en Occident, mais le même phénomène marqua aussi l'essor des plus célèbres empires turcs; ainsi leurs troupes réussirent à envahir, soit certaines parties du sous-continent indien à l'instar des Ghaznévides et plus tard des Moghols, soit les possessions anatoliennes de Byzance à l'instar des Seljoukides, soit enfin l'Europe orientale à l'instar des Ottomans y établissant leur suprématie grâce à l'enthousiasme des combattants du jihad venus se ranger sous la bannière dès qu'il étaient devenus, au-delà des Dardanelles, les champions de la cause musulmane. Bien plus tard encore c'est au nom du jihad que les conquérants peuls de Sokoto, puis al-Hajj Omar Tal, réussirent au XIXè siècle à se tailler des royaumes éphémères en Afrique noire, que le Mahdi enflamma les foules au Soudan, que furent conduits les mouvements de résistance aux Français en Agérie, aux Russes au Daghestan, aux Britanniques dans le nord-ouest de l'Inde, aux Italiens en Lybie. C'est encore le jihad que les Ottomans de la dernière période avaient, cette fois sans gand résultat, proclamé contre les Alliés en 1914. La notion de jihad tomba ensuite quelque peu en désuétude dans le cours du XXè siècle, tandis que les docteurs en donnaient une définition pacifique essayant de la réduire à un effort de prosélytisme et de limiter l'action militaire à son aspect défensif. Mais la nésessité en fut à nouveau invoquée chaque fois que des groupes extrémistes trouvaient expédient de s'en prendre aux Occidentaux infidèles et aux dirigeants musulmans qui composaient avec eux, chaque fois aussi que se dessinaient des guerres de libération comme en Afghanistan contre les troupes soviétiques ou les mouvements d'émancipation comme en Palestine.
Certes, d'un autre côté, quelques tentatives furent faites, à toute époque, pour élargir doctrinalement et déplacer la notion de jihad mais elles ne rencontrèrent jamais qu'un succés très relatif quand elles ne furent pas rejetées. Ce fut le cas au XIIIè siècle où un auteur tel que le hanbalite Ibn Taymiya avait voulu appliquer le jihad à la lutte contre les hérétiques, et non plus seulement contre les infidèles, sans réussir à assurer l'essor de cette conception. C'était déjà le cas au XIè siècle lorsque les tenants du soufisme avaient cherché à définir le jihad comme un combat intérieur contre les passions et une étape indispensable pour accéder à l'union mystique, opposant ainsi un jihad majeur au jihad mineur qui concernait la lutte armée contre les infidèles, mais ne parvenant point à faire entendre largement leur opinion.
Janine et Dominique SOURDEL
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