mardi, 16 décembre 2008
Soldats français en Afghanistan 1/2
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vendredi, 31 octobre 2008
Afghanistan : le retour de la contre-insurrection
Le combat contre les talibans remet en vogue la guerre antiguérilla, sur le modèle que l'armée française a connu en Algérie.
Seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis, pourrait-on dire si l'on voulait commenter les nouvelles relations entre les talibans afghans et les responsables américains, pourtant engagés dans une guerre impitoyable depuis le 11 septembre 2001.
Ancien ministre des Affaires étrangères des talibans, Wakil Ahmed Muttawakil a clairement laissé entendre que son mouvement pourrait rompre ses liens avec al-Qaida en Afghanistan. «Al-Qaida ne sera pas autorisée à être un obstacle. Les Afghans ont le droit de négocier pour la paix», a-t-il récemment annoncé en rentrant d'Arabie saoudite, où il avait participé à des négociations sur l'avenir de son pays. Même révolution dans la bouche du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, qui a affirmé que Washington était ouvert à la réconciliation avec les talibans si celle-ci pouvait servir la paix. Responsable des forces américaines dans l'est de l'Afghanistan, le général Jeffrey Schloesser vient à son tour d'estimer que les tribus afghanes et les chefs de province pourraient devenir un allié clé pour lutter contre al-Qaida. C'est la première fois depuis les attentats contre le World Trade Center que les États-Unis établissent une différence entre talibans et al-Qaida, reconnaissant ainsi qu'il s'agit de deux organisations distinctes dont les agendas politiques peuvent aussi différer.
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lundi, 20 octobre 2008
Combat and ambush in Afghanistan
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jeudi, 16 octobre 2008
L'armée allemande reste en Afghanistan
Les députés allemands ont voté jeudi la prolongation pour 14 mois du déploiement de la Bundeswehr en Afghanistan, hautement impopulaire en Allemagne, et l'augmentation de 1.000 hommes, à 4.500, de sa participation à la force commandée par l'Otan.
Selon des sondages concordants, l'engagement en Afghanistan est impopulaire en Allemagne, mais la décision a été votée à une large majorité au parlement.
Le gouvernement de la chancelière Angela Merkel avait décidé le 7 octobre de prolonger de 14 mois le déploiement des soldats allemands en Afghanistan et d'augmenter de 1.000 hommes la participation à la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) placée sous commandement de l'Otan.
Le mandat prévoit également l'utilisation d'avions de reconnaissance Tornado.
La mission de la Bundeswehr est de soutenir le fragile gouvernement afghan et de contribuer à la stabilisation et à la reconstruction du pays, selon Berlin.
De tels mandats sont habituellement décidés pour un an, mais le cabinet a voulu éviter que la question d'un éventuel renouvellement n'intervienne juste après les élections législatives de septembre 2009, au moment où l'Allemagne risque d'être en train de former un nouveau gouvernement.
Tous les sondages indiquent que ce déploiement est hautement impopulaire auprès des Allemands, qui n'en voient pas le but précis et s'inquiètent de l'absence d'un calendrier de retrait.
Lors de l'adoption du projet en conseil des ministres, le porte-parole adjoint du gouvernement Thomas Steg avait jugé "irresponsable de parler d'une fin du mandat", compte tenu de la situation sécuritaire dans la région.
Au total, 442 députés ont approuvé le nouveau dispositif, 96 ont voté contre et 32 se sont abstenus. Le parti de la gauche radicale Die Linke, qui demande le retrait de tous les soldats allemands d'Afghanistan, s'est prononcé contre, et de nombreux députés Verts ont voté contre ou se sont abstenus.
Le ministre de la Défense Franz Josef Jung avait expliqué le matin sur la chaîne de télévision ARD que l'augmentation à 4.500 hommes du contingent allemand était nécessaire "dans l'intérêt de la sécurité des soldats".
Ce renforcement militaire, réclamé par l'Otan, vise également à promouvoir l'entraînement et la formation de policiers et de soldats afghans, et ce "afin que l'Afghanistan soit capable d'assurer sa propre sécurité", selon lui.
La Bundeswehr est déployée à Kaboul et dans le nord relativement bien contrôlé du pays. Outre la reconstruction, elle doit former 7.500 soldats afghans en 2009, soit trois fois plus que cette année.
L'Allemagne résiste aux pressions continues de ses alliés de l'Otan pour qu'elle déploie en permanence des renforts dans le sud où les combats contre les talibans sont meurtriers. Berlin indique vouloir faire preuve de solidarité au coup par coup, mais pas plus.
Dans le cadre de l'Isaf, l'Allemagne dirige depuis le 1er juillet la Force de réaction rapide de quelque 200 hommes, déployée dans le nord en remplacement d'un contingent norvégien.
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mardi, 30 septembre 2008
En kiosque : Assaut n°34
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lundi, 08 septembre 2008
Afghanistan : les victimes des erreurs de frappes de l'OTAN ont triplé
Alors que les Etats-Unis acceptent d'enquêter sur l'une des plus grosses bavures en Afghanistan, l'ONG Human Rights Watch publie un rapport alarmant sur le nombre de civils tués par la coalition.
Le recours croissant de la coalition aux frappes aériennes a entraîné une multiplication des erreurs de frappes touchant la population afghane. Entre 2006 et 2007, le nombre de civils qui ont trouvé la mort dans les bombardements américains et de l'Otan a triplé, a dénoncé lundi, dans un rapport, l'ONG Human Rights Watch. L'année dernière près de 321 personnes (sur les 1633 victimes civiles de la guerre en Afghanistan) ont trouvé la mort lors de raids aériens contre 116 en 2006. Et pour la première moitié de 2008, ce sont 119 civils qui n'ont pas survécu aux pilonnages menés contre les repères des talibans. Parallèlement, le nombre de tonnes de bombes larguées par les avions de la coalition a doublé de 2006 à 2007. Dans les seuls mois de juin et juillet 2008, les Etats-Unis ont lâché environ autant de bombes que pendant toute l'année 2006.
La plupart des victimes civiles résultent de frappes ponctuelles d'appui de troupes au sol ou de bombardements décidés lors d'opérations d'urgence, plutôt que d'opérations planifiées à l'avance, relève HRW. Ces erreurs de cibles "ont dramatiquement diminué le soutien de l'opinion publique au gouvernement et en faveur de la présence de forces internationales". "Les victimes civiles de frappes aériennes sont également un outil qui aide au recrutement des talibans" s'émeut l'ONG. L'association reproche également à Washington de ne pas toujours immédiatement reconnaître sa responsabilité pour les victimes civiles et de mener des enquêtes unilatérales.
Drame d'Azizabad : une vidéo sème le doute
Un exemple récent de ce manque de transparence a été donné par les Etats-Unis lors du bombardement, le 22 août dernier, du village d'Azizabad dans la province d'Herat. Le raid de la coalition a provoqué la mort de 90 civils, en majorité des femmes et des enfants, selon un bilan de Kaboul et de l'Onu. Le 2 septembre, la coalition "Operation Enduring Freedom", commandée par les Etats-Unis, avait confirmé après une enquête interne la mort de "5 à 7" civils et de 30 à 35 talibans. La réfutation du bilan de l'Onu et de Kaboul avait rendu furieux Hamid Karzaï qui avait évoqué une renégociation des termes de la présence des forces internationales dans le pays.
Cette version officielle, très contestée, devrait sans doute évoluer. Les forces américaines ont annoncé lundi mener une nouvelle enquête sur le drame qui pourrait devenir la bavure la plus grave de la guerre d'Afghanistan. De nouveaux indices provenant d'images vidéo jettent le doute sur le bilan défendu par la coalition. Le film, enregistré sur un téléphone portable par un habitant du village bombardé, montre au moins 30 corps, dont plusieurs enfants, roulés dans des linceuls et des couvertures alignés dans une mosquée.
Source du texte : FIGARO.FR
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vendredi, 29 août 2008
Le reporter anglais Ross Kemp en Afghanistan
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mardi, 19 août 2008
Afghanistan : 10 soldats français tués dans une embuscade des talibans
10 soldats français de la force de l'Otan en Afghanistan ont été tués lundi et mardi lors d'une embuscade tendue par des talibans, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Kaboul, a-t-on appris mardi de source proche de la présidence française.
21 autres soldats ont été blessés, a précisé l'Elysée. Les victimes appartiennent au 8e RPIMA, au 2e REP et au RMT.
Des soldats français de la force de l'Otan en Afghanistan sont engagés depuis lundi dans un "incident majeur" avec des insurgés, dans la province de Kaboul, a-t-on appris mardi de source militaire.
"Des soldats de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) sont impliqués dans un incident majeur avec des insurgés dans la province de Kaboul depuis le 18 août", a indiqué l'Isaf dans un communiqué.
"L'incident a débuté en fin d'après-midi (lundi) et se poursuit (mardi)", a précisé la force de l'Otan. Cette opération implique des soldats français et se déroule dans le district de Sarobi, à quelque 50 km de la capitale afghane, selon une source militaire occidentale s'exprimant sous couvert d'anonymat.
"Selon un premier bilan, plus de 10 soldats français ont été tués ou blessés", a déclaré un officier afghan qui a également requis l'anonymat.
Lundi soir, une source de l'état major français des armées à Paris avait affirmé qu'une "opération est en cours qui a débuté dans la journée de lundi impliquant des soldats français en Afghanistan".
Un porte-parole militaire français à Kaboul n'était pas en mesure de donner davantage d'informations.
Un porte-parole des talibans a affirmé pour sa part que les insurgés avaient infligé "de lourdes pertes" aux forces de l'Otan dans le district de Sarobi.
"Ce matin, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'Otan dans le district de Saroubi, à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit 5 véhicules et infligé de lourdes pertes", a déclaré à l'AFP Zabihullah Mujahed.
"L'Otan a riposté par des frappes aériennes aux cours desquelles 5 talibans et 15 civils ont été tués", a-t-il ajouté.
Il n'était pas possible de vérifier ces informations et les bilans donnés par les talibans sont souvent très exagérés.
Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale.
Depuis 2002, 13 militaires français y ont été tués dans des accidents, opérations ou attentats. Le dernier en date avait péri le 21 septembre 2007, dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kaboul.
Un numéro vert (0800 74 75 75) a été ouvert pour les familles des militaires présents en Afghanistan.
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dimanche, 30 mars 2008
La France en guerre en Afghanistan
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mardi, 25 mars 2008
Afghanistan : envoi de soldats français supplémentaires
Le ministre de la Défense Hervé Morin a expliqué mardi que l'envoi de nouveaux soldats français en Afghanistan serait décidé par Nicolas Sarkozy au vu des discussions du sommet de l'OTAN début avril, tandis que son homologue des Affaires étrangères Bernard Kouchner confirmait un renforcement des troupes, l'inconnue portant selon lui sur le nombre de militaires concernés.
"On voit très bien que le contrôle militaire ne suffit pas, qu'il faut un plan global pour l'Afghanistan, et c'est de ça dont le président de la République va discuter à Bucarest (au sommet de l'OTAN NDLR)", a déclaré M. Morin sur LCI. "C'est à partir des réponses qui seront apportées à cette démarche globale que le président de la République décidera, ou non, de mettre des forces complémentaires".
Bernard Kouchner a pour sa part indiqué que "le chiffre sera précisé par le président de la République, mais il a dit très clairement que oui, nous augmenterions le nombre de nos soldats".
"La France a toujours dit qu'elle renforcerait ses troupes mais qu'il faut pour cela une réflexion, alors là véritablement stratégique, c'est-à-dire parler ensemble, tous ceux qui sont là-bas, parler de notre manière d'aborder, d'être avec, d'aider le peuple afghan", a-t-il ajouté sur Europe-1.
Le "Times" avait annoncé le 22 mars que Nicolas Sarkozy devrait annoncer dans la semaine au premier ministre britannique Gordon Brown, l'envoi de 1.000 soldats supplémentaires en Afghanistan.
Actuellement, 1.300 soldats français sont stationnés en Afghanistan dans le cadre de la mission de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN.
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lundi, 12 novembre 2007
Les Français en Afghanistan
Trafiquants de drogue, talibans et seigneurs de la guerre mènent une guérilla farouche contre les forces de l'Isaf, auxquelles appartiennent des soldats français. Les Occidentaux peinent à contrôler la situation et sont contraints de redéfinir leur engagement dans ce pays.
Les soldats arrivant à l'aéroport militaire de Kaboul sont prévenus : les drapeaux des pays membres de l'Otan composant l'International Security Assistance Force (Isaf) sont généralement en berne. Chaque fois qu'un soldat de l'Isaf est tué, ils sont descendus à mi-mât. Depuis juillet, ils n'ont atteint que durant trois jours le sommet de leurs hampes... Un symbole emblématique d'une situation militaire qui ne cesse de se dégrader. Depuis fin juillet, l'Isaf est chargée de la sécurité de la zone sud de l'Afghanistan, la plus dangereuse. Trafiquants de drogue, talibans et autres seigneurs de la guerre organisent la résistance. Les forces de l'Isaf subissent aussi leurs assauts dans l'est du pays, frontalier du Pakistan. Un officier britannique estime qu'il ne s'agit pas d'un hasard mais d'une stratégie concertée. Des signes très inquiétants dans un pays qui, au fil des siècles, a mis à la porte tous ceux qui avaient prétendu le conquérir.
Aux 30 000 hommes de l'Isaf s'ajoutent 8 000 Américains de l'opération Enduring Freedom. Les Russes, qui furent ici jusqu'à 140 000, n'ont pas pu tenir. Les Occidentaux feront-ils mieux ?
Le problème du général français Frank Le Bot, commandant les forces de l'Isaf déployées dans Kaboul et sa région, c'est que la capitale est enchâssée dans la région de l'Est et se transforme vite en caisse de résonance. L'instabilité s'accroît. « En août et surtout en septembre, dit-il, nous avons connu les engins explosifs bricolés qui explosent au bord des routes, les roquettes, les attaques suicides. Mais les choses se sont calmées depuis la fin du ramadan. » Jusqu'à quand ? Le général s'inquiète : « On est arrivés avec des certitudes et un projet d'avenir imposé, dans un pays féodal vivant au début du Moyen Age. On ne peut pas gommer une civilisation. Je crains le rejet. »
Chacun sait ici que la capitale afghane est vulnérable. Trop peu nombreuses, les troupes de l'Isaf et l'armée nationale afghane délaissent les régions du Wardak et du Logar, au sud-ouest de la ville, tout en sachant fort bien que dans ce sanctuaire les insurgés s'organisent. Et les soldats de l'Isaf se sentent de plus en plus menacés. A Kaboul, les véhicules militaires ne peuvent plus circuler que par deux, leurs occupants (deux au minimum) tenant leur arme chargée à la main, non sans porter en permanence un casque lourd et un gilet pare-balles. Les sorties en ville sont quasi interdites et la fréquentation des restaurants locaux n'est plus qu'un souvenir... Cependant, les Français ne renoncent pas à leur effort, comme est venu le rappeler durant le long week-end de la Toussaint le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin. Après une visite éclair aux 200 commandos des forces spéciales déployés dans la région de Jalalabad et qui rentreront au début de 2007, il est venu à Kaboul tenir un discours réaliste au gros millier de soldats français présents dans la capitale : « L'insécurité grandit. Dans ces cas-là, il faut serrer les rangs et donner l'image de soldats déterminés. Nous pouvons être confrontés à des situations difficiles. »
Le lieutenant Olivier Aguillon, 27 ans, chef de section au 126e régiment d'infanterie de Brive-la-Gaillarde, part patrouiller dans le 17e district de Kaboul, avec une douzaine d'hommes à bord de deux VAB (véhicules de l'avant blindé). « C'est sur la route que nous sommes le plus vulnérables », confirme-t-il. Les ordres sont stricts. Dès que les blindés sont coincés plus de deux secondes dans la circulation, ils se dégagent le plus rapidement possible. Pour éviter d'être la cible d'un attentat suicide... A l'arrivée dans la zone de patrouille, un quartier gris construit par les Soviétiques et principalement occupé par des fonctionnaires, des policiers attendent les Français pour faire, en leur compagnie, une longue patrouille à pied. Sans indifférence ni curiosité, la population ne réagit que peu à cette présence, et un jet de pierre par un enfant passera pour un « petit geste d'excitation ». Sans plus.
- L'exemple américain
A cette mission de sécurité générale confiée aux Français s'en ajoute une autre : la formation des officiers de l'armée afghane dans le cadre de l'opération Epidote. Or les troupes de l'armée nationale afghane (Ana) désorientent quelque peu leurs instructeurs. Durant les opérations Medusa et Mountain Fury qui se sont déroulées durant l'été contre les talibans, essentiellement dans le sud du pays, puis pendant l'opération Oqab, en cours dans tout l'Afghanistan, les constatations ont été identiques. Patron d'Epidote, le colonel Franz Chapuis analyse : « Ils ont un très bon comportement au combat, mais ne manœuvrent pas au sens occidental du terme et ne savent pas agir avec l'artillerie et les blindés. » Pour la plupart, les stagiaires de l'école d'officiers sont d'anciens moudjahidin désormais intégrés dans l'Ana. Combattants aguerris, souvent quadragénaires, ils ont vaincu les 140 000 Russes qui occupaient leur pays, puis les talibans qui leur succédèrent. Avec, c'est vrai, l'aide déterminante des Américains. Dans cette école, ils viennent aujourd'hui apprendre à faire la guerre comme les Français, et surtout comme les GI. Car ici le manuel scolaire est le « Field Manual » de l'armée américaine, et chaque bataillon afghan de 400 hommes compte 6 ou 7 conseillers américains.
En début de semaine, les officiers stagiaires sont allés passer deux jours sur le terrain d'entraînement. Directement arrivé des écoles de formation d'officiers de l'armée de terre de Coëtquidan (Morbihan), le capitaine Jean-Claude Missonier fait face à une classe studieuse de plusieurs dizaines d'officiers. Assisté d'un interprète, il dissèque leur comportement devant le tableau : « Cette section est partie trop vite. Avant de monter à l'assaut de la position ennemie, je dois remettre mon groupe en place. » Le cours sera mis à profit, dans quelques semaines, par ceux des stagiaires qui seront affectés dans le sud du pays, au front, contre les talibans. Leur seule expérience, c'est l'offensive. Pour le colonel Haqmal Babagul, qui les dirige, « tout est nouveau pour eux. Ils ne connaissent pas la tactique ». Le capitaine Missonier résume : « Ils savent amener leurs hommes au combat, mais doivent maintenant apprendre à revenir avec eux. Il faut les calmer. Ces gens ignorent la peur ! » L'ambition des Français consiste donc à apprendre à leurs collègues afghans à canaliser leur ardeur pour les rendre capables d'agir au sein d'une force internationale comme l'Isaf. Lui aussi formateur, le lieutenant-colonel Vincent Lamauve précise : « Individuellement, ils savent se battre et ont le sens du terrain. Mais ils ont des difficultés pour coordonner leurs actions, pour combattre collectivement. Notre plus gros effort porte sur la capacité d'anticipation. Car ils ne prévoient jamais l'action suivante... » Le colonel Babagul développe : « C'est la conséquence de trente années de guerre. Ils ne savent utiliser ni l'artillerie ni les chars. La seule chose qui compte pour eux, c'est l'AK-47. Je parle des vrais combats... »
L'armée afghane ne compte que 28 000 hommes, et chacun s'interroge à Kaboul sur la manière dont elle atteindra en 2009 l'effectif de 70 000 prévu par les accords de Bonn.
Pourtant, son renforcement devient impératif, car l'Isaf peine à contenir des talibans de plus en plus vindicatifs. Ces derniers mènent contre elle la seule guerre qu'ils connaissent : celle des guérilleros et des partisans. Les escarmouches sporadiques ont désormais laissé place à de vraies batailles rangées. Les petits groupes de 10 ou 15 talibans sont souvent complétés par des unités de combat comptant une centaine d'hommes, ou davantage. Les récentes offensives ont été contrées grâce à l'aviation et aux hélicoptères. Dans les années 80, c'est également de cette manière que les Russes ont contenu les moudjahidin. Jusqu'à ce que ces derniers soient dotés de missiles antiaériens par la CIA... Personne à Kaboul ne parierait sur le fait que les talibans et les seigneurs de la guerre enrichis par l'opium ne disposeront jamais de missiles antiaériens. Pour l'instant, ils se lancent dans une tactique à l'irakienne, avec des bombes télécommandées placées au bord des routes et des attentats suicides. L'Isaf a perdu 45 soldats en 2006, et 55 autres, dont 6 Français des forces spéciales, sont morts dans l'opération Enduring Freedom. Cela risque fort, hélas, de n'être qu'un début...
Source du texte : LE POINT.FR
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jeudi, 19 octobre 2006
TROUPES ETRANGERES EN AFGHANISTAN
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