samedi, 04 février 2012

En route pour L'Iliade et L'Odyssée !

Cliquer sur l'image pour accéder à notre mémoire guerrière.
Iliade1.jpg

vendredi, 07 décembre 2007

Éteignez votre télévision... et faites-vous raconter l'Iliade et l'Odyssée

3dfc87e3caaf76335153707ba6deec35.jpg

L'Iliade raconte le siège de Troie, mais ne le suit pas dans son intégralité. Le récit épique fait alterner batailles et scènes se passant chez les héros des deux camps, troyens et achéens, ainsi qu'au sein de l'Olympe, chez les dieux. Qui ne connaît les noms des héros de l'épopée : Diomède, Ménélas, Agamemnon, les Ajax, Ulysse, Hector et surtout Achille dont la colère va diriger le récit. Colère terrible qui mènera son meilleur ami, Patrocle, à la mort et rendra Achille ivre de vengeance. Vengeance aveugle qui verra Hector, héros des Troyens, anéanti dans un combat singulier. 

Les anciens groupaient sous le nom d'Homère de nombreuses épopées soit sur la guerre de Troie, soit sur d'autres grandes légendes. Seuls nous restent aujourd'hui : L'Iliade et L'Odyssée. Mais ne sont-elles pas que trop remarquables pour avoir été perdues ? La traduction de Paul Mazon est aujourd'hui la référence absolue pour ce texte.
 

3d7528d2cb535abfe7a2f46054336c31.jpg
 

La traduction qui vous est proposée ici, celle de Victor Bérard est devenue la traduction de référence pour l'œuvre d'Homère.

Et le divin Ulysse émergea des broussailles. Sa forte main cassa dans la dense verdure un rameau bien feuillu qu’il donnerait pour voile à sa virilité. Puis il sortit du bois. Tel un lion des monts, qui compte sur sa force, s’en va, les yeux en feu, par la pluie et le vent, se jeter sur les bœufs et les moutons, ou court forcer les daims sauvages ; c’est le ventre qui parle. Tel, en sa nudité, Ulysse s’avançait vers ces filles bouclées : le besoin le poussait... Quand l’horreur de ce corps tout gâté par la mer leur apparut ; ce fut une fuite éperdue jusqu’aux franges des grèves. Il ne resta que la fille d’Alkinoos : Athéna lui mettait dans le cœur cette audace et ne permettait pas à ses membres la peur.

 

Écrit par SG (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Iliade, Homère, Achille, Hector, Troie, Ajax, Agamemnon | | |  Facebook | |  Imprimer |

mercredi, 13 juin 2007

Exposition virtuelle : "sur les traces d'Ulysse..."

b3e7635009416afe810e819c35631039.jpg

 

                                                                    LE BOUCLIER D'ACHILLE

En colère contre Agamemnon qui lui a repris Briséis, sa belle captive, Achille refuse de combattre. Devant l'avancée des Troyens, il permet toutefois à Patrocle d'emprunter son armure pour repousser l'ennemi hors du camp grec. Son ami est tué par Hector qui, ultime humiliation, s'empare des armes d'Achille. Bien décidé à venger la mort de Patrocle, Achille a besoin de nouvelles armes que sa mère, la déesse marine Thétis, demande à Héphaïstos de fabriquer. Le dieu forgeron assemble le bronze, l'étain, l'or, et s'attache particulièrement au bouclier, qu'il décore d'une image du monde, modelant en ses reliefs une vision de l'humanité. 

fcb9f9ccf772136f0ee5d28babfc1356.jpgUn tel bouclier n'a jamais existé : il s'agit de la description littéraire d'une œuvre imaginaire. C'est au XVIIIe siècle que l'on tente une reconstitution. L'existence d'Homère est alors mise en doute par les Modernes dans leur querelle avec les Anciens et l'on cherche à démontrer la vraisemblance du bouclier d'Achille. Au siècle suivant, une autre restitution sera proposée sur le modèle du bas-relief antique. 

La description du bouclier commence par une image du dieu devant ses fourneaux. Homère met d'abord en scène un savoir faire, une science et un art bien réel, avant de laisser son imagination s'envoler. À travers l'art d'Héphaïstos, la fabrication du bouclier célèbre la maîtrise du feu par l'homme et l'essor d'une science métallurgique encore mystérieuse qui fait basculer une société rurale traditionnellement agraire, vers une société guerrière avec des cités fortifiées où l'on thésaurise les armes et l'or. 

Très différent par sa forme ronde des boucliers utilisés dans les combats, entouré par l'océan, le bouclier d'Achille annonce déjà les mappemondes et inaugure une longue tradition de représentation du monde dans un cercle. 

Dans cette société qui découvre avec la métallurgie le pouvoir des armes et des outils, qui s'approprie l'art divin du forgeron, les hommes tiennent en main leur destin. C'est cette vision dont rend compte le bouclier d'Achille.

---------------------------   

[Héphæstos] commence par fabriquer un bouclier, grand et fort. Il l'ouvre adroitement de tous les côtés. Il met autour une bordure étincelante – une triple bordure au lumineux éclat. Il y attache un baudrier d'argent. Le bouclier comprend cinq couches. Héphæstos y crée un décor multiple, fruit de ses savants pensers.

Il y figure la terre, le ciel et la mer, le soleil infatigable et la lune en son plein, ainsi que tous les astres dont le ciel se couronne, les Pléiades, les Hyades, la Force d’Orion, l’Ourse – à laquelle on donne le nom de Chariot – qui tourne sur place, observant Orion, et qui, seule, ne se baigne jamais dans les eaux d’Océan.

Il y figure aussi deux cités humaines – deux belles cités. Dans l’une, ce sont des noces, des festins. Des épousées, au sortir de leur chambre, sont menées par la ville à la clarté des torches, et, sur leurs pas, s’élève, innombrable, le chant d’hyménée. De jeunes danseurs tournent, et, au milieu d’eux flûtes et cithares font entendre leurs accents, et les femmes s’émerveillent, chacune debout, en avant de sa porte. Les hommes sont sur la grand-place. Un conflit s’est élevé et deux hommes disputent sur le prix du sang pour un autre homme tué. L’un prétend avoir tout payé, et il le déclare au peuple ; l’autre nie avoir rien reçu. Tous deux recourent à un juge pour avoir une décision. Les gens crient en faveur, soit de l’un, soit de l’autre, et, pour les soutenir, forment deux partis. Des hérauts contiennent la foule. Les Anciens sont assis sur des pierres polies, dans un cercle sacré. Ils ont dans les mains le bâton des hérauts sonores, et c’est bâton en main qu’ils se lèvent et prononcent, chacun à son tour. Au milieu d’eux, à terre, sont deux talents d’or ; ils iront à celui qui, parmi eux, dira l’arrêt le plus droit.

Autour de l’autre ville campent deux armées, dont les guerriers brillent sous leurs armures. Les assaillants hésitent entre deux partis : la ruine de la ville entière, ou le partage de toutes les richesses que garde dans ses murs l’aimable cité. Mais les assiégés ne sont pas disposés, eux, à rien entendre, et ils s’arment secrètement pour un aguet. Leurs femmes, leurs jeunes enfants, debout sur le rempart, le défendent, avec l’aide des hommes que retient la vieillesse. Le reste est parti, ayant à sa tête Arès et Pallas Athéné, tous deux en or, revêtus de vêtements d’or, beaux et grands en armes. Comme dieux, ils ressortent nettement, les hommes étant un peu plus petits. Ils arrivent à l’endroit choisi pour l’aguet. C’est celui où le fleuve offre un abreuvoir à tous les troupeaux. Ils se postent, couverts de bronze éclatant. A quelque distance ils ont deux guetteurs en place, qui épient l’heure où ils verront moutons et bœufs aux cornes recourbées. Ceux-ci apparaissent ; deux bergers les suivent, jouant gaiement de la flûte, tant ils soupçonnent peu le piège. On les voit, on bondit, vite on coupe les voies aux troupeaux de bœufs, aux belles bandes de brebis blanches, on tue les bergers. Mais, chez les autres, les hommes postés en avant de l’assemblée entendent ce grand vacarme autour des bœufs. Ils montent, tous, aussitôt sur les chars aux attelages piaffants, partent en quête et vite atteignent l’ennemi. Ils se forment alors en ligne sur les rives du fleuve et se battent, en se lançant mutuellement leurs javelines de bronze. A la rencontre participent Lutte et Tumulte et la déesse exécrable qui préside au trépas sanglant ; elle tient, soit un guerrier encore vivant malgré sa fraîche blessure, ou un autre encore non blessé, ou un autre déjà mort, qu’elle traîne par les pieds, dans la mêlée, et, sur ses épaules, elle porte un vêtement qui est rouge du sang des hommes. Tous prennent part à la rencontre et se battent comme des mortels vivants, et ils traînent les cadavres de leurs mutuelles victimes.

Il y met aussi une jachère meuble, un champ fertile, étendu et exigeant trois façons. De nombreux laboureurs y font aller et venir leurs bêtes, en les poussant dans un sens après l’autre. Lorsqu’ils font demi-tour, en arrivant au bout du champ, un homme s’approche et leur met dans les mains une coupe de doux vin ; et ils vont ainsi, faisant demi-tour à chaque sillon : ils veulent à tout prix arriver au bout de la jachère profonde. Derrière eux, la terre noircit ; elle est toute pareille à une terre labourée, bien qu’elle soit en or – une merveille d’art ! Il y met encore un domaine royal. Des ouvriers moissonnent, la faucille tranchante en main. Des javelles tombent à terre les unes sur les autres, le long de l’andain. D'autres sont liées avec des attaches par les botteleurs. Trois botteleurs sont là, debout ; derrière eux, des enfants ont la charge de ramasser les javelles ; ils les portent dans leurs bras et, sans arrêt, en fournissent les botteleurs. Parmi eux est le roi, muet, portant le sceptre ; il est là, sur l’andain, et son cœur est en joie. Les hérauts, à l’écart, sous un chêne, préparent le repas et s’occupent du gros bœuf qu’ils viennent de sacrifier. Les femmes, pour le repas des ouvriers, versent force farine blanche.

Il y met encore un vignoble lourdement chargé de grappes, beau et tout en or ; de noirs raisins y pendent; il est d’un bout à l’autre étayé d’échalas d’argent. Tout autour, il trace un fossé en smalt et une clôture en étain. Un seul sentier y conduit; par là vont les porteurs, quand vient pour le vignoble le moment des vendanges. Des filles, des garçons, pleins de tendres pensers emportent les doux fruits dans des paniers tressés. Un enfant est au centre, qui délicieusement, touche d’un luth sonore, cependant que, de sa voix grêle, il chante une belle complainte. Les autres frappant le sol en cadence, l’accompagnent, en dansant et criant, de leurs pieds bondissants. Il y figure aussi tout un troupeau de vaches aux cornes hautes. Les vaches y sont faites et d’or et d’étain. Elles s’en vont, meuglantes, de leur étable à la pâture, le long d’un fleuve bruissant et de ses mobiles roseaux. Quatre bouviers en or s’alignent à côté d’elles ; et neuf chiens aux pieds prompts les suivent. Mais deux lions effroyables, au premier rang des vaches, tiennent un taureau mugissant, qui meugle longuement, tandis qu’ils l’entraînent. Les chiens et les gars courent sur ses traces. Mais les lions déjà ont déchiré le cuir du grand taureau ; ils lui hument les entrailles et le sang noir. Les bergers en vain les pourchassent et excitent leurs chiens rapides : ceux-ci n’ont garde de mordre les lions. Ils sont là, tout près, à aboyer contre eux, mais en les évitant. L’illustre Boiteux y fait aussi un pacage, dans un beau vallon, un grand pacage à brebis blanches, avec étables, baraques couvertes et parcs. 

L’illustre Boiteux y modèle encore une place de danse toute pareille à celle que jadis, dans la vaste Cnosse, l’art de Dédale a bâtie pour Ariane aux belles tresses. Des jeunes gens et des jeunes filles, pour lesquelles un mari donnerait bien des bœufs, sont là qui dansent en se tenant la main au-dessus du poignet. Les jeunes filles portent de fins tissus ; les jeunes gens ont revêtu des tuniques bien tissées, où luit doucement l’huile. Elles ont de belles couronnes ; eux portent des épées en or, pendues à des baudriers en argent. Tantôt, avec une parfaite aisance, ils courent d’un pied exercé – tel un potier, assis, qui essaie la roue bien faite à sa main, pour voir si elle marche – tantôt ils courent en ligne les uns vers les autres. Une foule immense et ravie fait cercle autour du chœur charmant. Et deux acrobates, pour préluder à la fête, font la roue au milieu de tous.

Il y met enfin la force puissante du fleuve Océan, à l’extrême bord du bouclier solide. Une fois fabriqué le bouclier large et fort, il fabrique encore à Achille une cuirasse plus éclatante que la clarté du feu ; il fabrique un casque puissant bien adapté à ses tempes, un beau casque ouvragé, où il ajoute un cimier d’or ; il lui fabrique des jambières de souple étain. Et, quand l’illustre Boiteux a achevé toutes ces armes, il les prend et les dépose aux pieds de la mère d’Achille. Elle, comme un faucon, prend son élan du haut de l’Olympe neigeux et s’en va emportant l’armure éclatante que lui a fournie Héphæstos.

 

Homère

Illiade

Traduction de Paul Mazon.

Les Belles Lettres, 1937-1938.

 

Écrit par SG (Webmaster) dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ulysse, Troie, Odysée, Illiade, Homère, Achille | | |  Facebook | |  Imprimer |