lundi, 09 avril 2012

Soldat irrégulier : exemple espagnol

La guérilla espagnole contre l'armée napoléonienne sous l'éclairage de Carl Schmitt

Hussard.jpgC’est dans le contexte des guerres napoléoniennes, et plus précisément à l’occasion de la guerre de résistance espagnole contre l’occupation française, entre 1808 et 1813, que va émerger pour le juriste politique allemand Carl Schmitt (1888-1985) la figure conceptuelle du "partisan" moderne, à savoir d’un "soldat irrégulier" pensé en tant que tel ; à cette occasion, pour la première fois, un cadre juridico-politique explicite lui est conféré. Ce qui ne sera pas sans conséquences quant au droit de la guerre classique qui avait prévalu jusque-là.

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mercredi, 28 décembre 2011

Pro Patria mori : mourir pour la Patrie (partie 1/2)

Il est impossible de séparer fortement de l'idée de la royauté fondée sur la politia ou de celle de l'État en tant que corpus morale, politicum, mysticum une autre notion qui apparut indépendamment des doctrines organiques et corporatistes - bien que simultanément avec elles : le regnum [royaume] en tant que patria, en tant qu'objet d'un attachement politique et d'un sentiment semi-religieux. 

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La Patria, si souvent dans l’Antiquité classique agrégat de toutes les valeurs morales, éthiques, religieuses et politiques auxquelles un homme pouvait tenir au point de vivre et de mourir pour elles, était une entité politique pratiquement périmée au début du Moyen Âge. Pendant l'époque féodale, quand les liens entre seigneur et vassal déterminaient la vie politique et l'emportaient sur la plupart des autres liens politiques, l'ancienne idée de patria s'était presque entièrement effacée ou désintégrée. Cela ne veut pas dire que le mot patria ait entièrement disparu du vocabulaire latin médiéval. Bien qu'il ne corresponde guère aux conditions effectives de vie et qu'il ne concorde que très mal avec la réalité politique, le terme se rencontre assez fréquemment dans les œuvres des poètes et des savants médiévaux qui s'inspiraient de Virgile, d'Horace, et d'autres auteurs classiques.

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vendredi, 16 décembre 2011

"La guerre rapproche les Animaux des Hommes" : un texte d'Alphonse Labitte de 1917

Depuis plus de deux ans que la guerre exerce ses ravages sur notre beau sol de France, son action a déterminé, sur certains animaux d'espèces très différentes, qui ont été directement engagés, des observations intéressantes à connaître.

Si quelques-uns de ces animaux nous ont été désagréables et nuisibles, comme les insectes parasitaires, les souris et les rats, d'autres nous ont rendu de très réels services, tels les chevaux, les chiens, les bêtes de somme et même celles de basse-cour. Plusieurs sont encore utiles à nos poilus par les distractions qu'elles leur apportent dans cette vie de tranchées où les heures sont parfois si longues et toujours si monotones! L'armée possède une cavalerie très importante ; on peut dire sans se tromper que toutes les races de chevaux y sont représentées. Toutes les races de chien participent aussi à la défense nationale. L'armée a besoin dans son organisation de plusieurs milliers d'individus de l'espèce canine. Ils sont employés aux écoutes dans les postes avancés, dans les ambulances, où ils rendent de magnifiques services. Combien de nos malheureux blessés doivent leur salut au flair, au courage, au dévouement de ces intelligents animaux! Combien de vies humaines ils ont arrachées à la mort! Quelle inlassable patience ils mettent à la recherche des blessés, des hommes disparus! Le chien de guerre a son livret militaire, portant son matricule ; il touche une ration personnelle composée de 650 grammes de viande, 350 grammes de pain, 100 grammes de riz ou de pâte, 300 grammes de légumes frais et 15 grammes environ de sel. A l'une des visites de M. Poincaré en Alsace, lors de la revue qu'il passa de plusieurs bataillons de chasseurs alpins, en tête du bataillon, aux côtés du commandant se trouvait le chien de guerre Pyrame, auxiliaire de sentinelles. Le brave animal fut présenté au Président de la République, qui apprit de la bouche même de son conducteur, le chasseur Court, les services signalés rendus par lui. Le Président de la République fit alors remettre à Pyrame une étoile, insigne d'éclaireur: c'est la croix de guerre de nos poilus à quatre pattes. En général, tous les animaux vivant dans la zone où l'on se bat, se sont accoutumés au va-et-vient, à la circulation, aux bruits de la fusillade, aux explosions , aux éclatements de la mitraille. 

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jeudi, 10 novembre 2011

Ernst Jünger : Sang

Le genre humain est une forêt vierge, un entrelacs mystérieux dont les couronnes parcourues des souffles de mers ouvertes ne cessent de s'arracher aux vapeurs, moiteurs et touffeurs pour se tendre majestueuses à la rencontre du soleil. Si les sommets se nimbent de parfums et d'efflorescences colorées, dans les fonds prolifère un fouillis de plantes étranges. Si l'on voit, lorsque le soleil se consume, tomber dans les calices de palmiers ondulants une compagnie de perroquets rouges telle une escadre de songes royaux, des bas-fonds déjà plongés dans la nuit monte le pêle-mêle répugnant des bêtes qui rampent et rôdent, les cris stridents des victimes que l'agression sournoise de dents et de griffes rompues au meurtre a tiré du sommeil, du terrier, de la chaleur du nid pour leur donner la mort.

Jünger,guerreTout comme la forêt vierge s'efforce de dresser vers les hauteurs une masse toujours plus imposante, tirant les énergies de sa croissance de son propre affaissement, des parties d'elle-même qui pourrissent et se corrompent au sein des sols fangeux, chaque génération nouvelle d'humanité est issue du fond qu'accumule la décomposition des lignées innombrables qui reposent ici des rondes de la vie. Certes les corps de ces défunts, après qu'ils ont fini leur tour de danse, sont réduits à néant, balayés aux sables fugaces, ou pourrissent au fond des mers. Mais leurs parties, leurs atomes sont traînés à nouveau, par la vie éternellement jeune et victorieuse, à des mutations sans trêve, exaltés en agents éternels de la force vitale.

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mercredi, 09 novembre 2011

Guerre du Pacifique : Dans l'enfer des tunnels d'Okinawa

La bataille d'Okinawa, dernier assaut maritime de la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique, a fait plus de morts que les bombardements de Hiroshima et de Nagasaki réunis.

Pour tenir tête à la gigantesque armada américaine, les Japonais ont utilisé un réseau de tunnels très sophistiqués et pratiquement imprenables. Don Wildman les explore et retrace l'histoire de ces souterrains dans lesquels les soldats nippons et les habitants d'Okinawa réfugiés ont vécu un enfer difficilement imaginable.

mercredi, 19 octobre 2011

Qu'est-ce que la guerre ?

"La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens." Si cette affirmation de Clausewitz était fondée, le monde serait plus facile à comprendre. Clausewitz, un vétéran prussien des guerres napoléoniennes, qui consacra ses années de retraite à rédiger ce qui allait devenir le plus fameux ouvrage sur la guerre Vom Griege (De la guerre), écrivit en effet que la guerre est la continuation des "relations politiques (des politischen Verkehrs) mélangée à d'autres moyens" (mit Einmishung anderer Mittel).

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L'allemand original exprime une idée plus subtile et plus complexe que les traductions fréquemment proposées. Malgré ce problème, la pensée de Clausewitz demeure incomplète. Elle suppose l'existence d'États, d'intérêts nationaux, et de calculs rationnels sur la manière de les mener à bien. Mais la guerre est antérieure de plusieurs millénaires à l'État, à la diplomatie et à la stratégie. Elle est presque aussi vieille que l'homme lui-même, et plonge ses racines jusqu'au plus profond du cœur humain, là où le moi érode la raison, où l'orgueil prévaut, où l'émotion est souveraine et l'instinct roi. "L'homme est un animal politique", disait Aristote. Clausewitz, disciple d'Aristote, se contenta de dire que l'animal politique est un animal qui fait la guerre. Il ne se hasarda pas non plus à aborder l'idée selon laquelle l'homme est un animal pensant dont l'intellect commande le besoin de chasser et l'aptitude à tuer.

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samedi, 27 août 2011

Images de guerre

La clameur de la guerre se fait entendre depuis toujours, et la littérature qu'elle a engendrée est presque aussi vieille que l'art de la guerre lui-même. Mais la vision picturale de la guerre s'est révélée moins convaincante que, par exemple, le récit d'Homère écrit il y a 3.000 ans. Certains bas-reliefs assyriens ou égyptiens, certaines mosaïques grecques ou la statuaire romaine traduisent la réalité des combats, mais leur expression reste essentiellement statique. Il en est de même des enluminures des manuscrits médiévaux. Qu'il s'agisse des Français et des Anglais de la guerre de Cent Ans ou des chevaliers de la Table ronde, les guerriers apparaissent toujours comme des stéréotypes. 

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Il faut attendre la révolution de la représentation graphique à la Renaissance pour que la traduction par l'artiste de la réalité du combat commence à suggérer l'action, le risque et la souffrance. Pourtant, les maîtres de la Renaissance et leurs successeurs ne parviennent pas, généralement, à briser les conventions. Leurs types de combattants sont héroïques, leurs scènes de bataille restent conventionnelles. Ils exploitent souvent des procédés empruntés aux autres écoles picturales pour attirer l'attention du spectateur. Ainsi, par exemple, la Mort du général Wolfe de Benjamin West, une des scènes de bataille les plus célèbres du XVIIIe siècle, s'inspire délibérément de la disposition des personnages telle qu'elle est figurée au XVe siècle en Italie dans les mises au tombeau du Christ. Les poses des personnages, pris individuellement, dans ce tableau ou d'autres, sont copiées de la statuaire classique. L'effet est saisissant, mais, à l'évidence, éloigné de la réalité.

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mercredi, 24 août 2011

Révoltes populaires au Moyen Age

Les révoltes populaires constituent un phénomène qui reste encore mal connu, aussi bien dans leur forme populaire qu’insurrectionnelle. Cela tient aux sources qui proviennent presque exclusivement des autorités et qui ne donnent que le point de vue des pouvoirs en place et des couches sociales dominantes. Les historiens ont certes étendu le champ de leur approche en complétant les chroniques par des sources judiciaires ou comptables. Mais ils restent tributaires du langage de la répression.
 
 
révolte,guerre,violence,moyen ageAinsi, pour désigner les révoltés du Bassin parisien en 1358, les chroniqueurs, appartenant au milieu clérical ou nobiliaire, les appellent "Jacques", de l’appellation "Jacques bonhomme" qui leur avait été donnée pour les tourner en dérision, et le chroniqueur Jean Froissart parle à leur sujet de "méchantes gens". D’autres traitent les révoltés de Gand, en 1380, de "ribauds, chétifs et merdailles". Dans tous les cas, ces jugements de valeur font référence aux populares, aux populaires, que les textes appellent aussi "le commun", le "peuple", "les menus" (contre les "gros" ), ou encore, chez ceux qui s’inspirent d’Aristote, les "gens mécaniques". Ces termes sont assez vagues, mais ils désignent les catégories inférieures de la société, par opposition à ceux que la fortune, le pouvoir, la notoriété sociale placent en position hiérarchiquement supérieure. Le problème consiste à situer la limite de cette stratigraphie sociale. Par exemple, parmi les révoltés de 1381, en Angleterre, on compte de nombreux membres du clergé, tel John Ball. Peut-on les considérer comme partie prenante du peuple, voire du petit peuple ? Si leur absence de fortune les place bien dans cette catégorie, ils font néanmoins partie du clergé et bénéficient d’un prestige qui les détache du peuple. A l’inverse, faut-il créer un fâcheux amalgame entre les populaires et les miséreux, ou encore les mendiants, et les englober tous dans le groupe des marginaux ? Le fait que les révoltes populaires soient, avant tout, aux yeux des contemporains, des troubles qui remettent en cause la hiérarchie sociale, ne doit pas dispenser d’une analyse fine des acteurs qui les animent. Quant à la révolte elle-même, les mots sont variés et ambigus. Elle commence avec le « murmure », lequel, dans les textes, se démarque mal de la rumeur. Le terme « effroi » ou celui de « commotion » sont employés dans un second temps pour montrer la peur et le choc que fait naître l’insurrection. Christine de Pizan et le récit anonyme du Bourgeois de Paris emplie aussi le mot "fureur" pour désigner les révoltes parisiennes de 1413 (Cabochiens) et de 1418. Les textes peuvent parler de conjuration, d’alliances ou de complots, mettant l’accent sur le serment et les contrats qui unissent les insurgés, ainsi que sur le caractère secret et inquiétant de la préparation. Enfin, l’emploi des termes "rébellion" ou "sédition" met l’accent sur l’infraction politique que commettent les insurgés par rapport aux pouvoirs établis et, du même coup, sur sa condamnation. Il est significatif que ces expressions politiques apparaissent surtout aux deux derniers siècles du Moyen Age, au moment où les pouvoirs étatiques s’affirment et où, sous l’influence du droit romain, se met en place le crime de lèse-majesté. Le vocabulaire reste donc ambigu, mais il donne quelques aperçus de la diffusion possible de la révolte par la rumeur, de sa structuration par la foi jurée, de son impact traumatisant et institutionnel. Saisir la révolte populaire est d’autant plus difficile qu’elle se confond parfois avec des manifestations hérétiques ou des dénonciations de l’hérésie, surtout pour les périodes les plus anciennes du Moyen Age. Il en est ainsi des Patarins de Milan (littéralement, ceux qui sont vêtus de chiffons) qui, entre 1045 et 1085, sont en lutte contre l’archevêque de la ville et dénoncent à la fois la simonie et le concubinage des prêtres. Ces insurgés sont en fait des fanatiques de la réforme grégorienne que leurs adversaires traitent d’hérétiques. Si leur mouvement donne aussi naissance à des revendications sociales, les Patarins ne rassemblent pas l’ensemble du petit peuple. D’autres insurrections à cette époque dans les villes du nord de la France, vont dans le même sens. De façon générale, le lien que l’hérésie entretient avec un idéal de pauvreté exacerbé facilite l’amalgame.

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dimanche, 10 juillet 2011

Les cris de guerre

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 "Mont-joie Saint Denis"
Il s'agit du cri de guerre des capétiens, véritable signe de ralliement autour du royaume de France.
L'origine de ce cri serait liée à celle des monts-joie, qui sont des collines. Une mont-joie existait à 3 km de la basilique de Saint Denis, et avait un caractère sacré par le fait qu'elle aurait été le lieu du martyr de Saint Denis au IIIe siècle. "Mont-joie Saint Denis" associerait ainsi la royauté à un lieu sacré, comme pour mieux auréoler le pouvoir royal.
 
 "Dieu et mon droit"
Cri de guerre des Anglais à la bataille de Crécy où le roi d'Angleterre réclamait son droit à la couronne de France.

"In deffens" (Pour ma défense)
Cri de guerre des rois d'Écosse.

"Diex aye dam" (Dieu nous aide)
Cri de guerre des ducs de Normandie.

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dimanche, 19 juin 2011

Sparte, l'Etat militaire

Lorsque Platon conçut son Utopie, il s'inspira des institutions réelles d'une communauté hellénique, L'Etat-cité de Sparte qui était la plus grande des grandes puissances de son temps. Si l'on examine les origines du système lacédémonien, on constate que les Spartiates se trouvèrent acculés à la nécessité d'accomplir leur tour de force et de se doter, en vue de cette tâche, de leur "institution originale" parce qu'à une époque antérieure, ils avaient une orientation particulière : les Spartiates, en effet, s'étaient séparés à un certain moment de leur histoire de l'ensemble des Etats-cités helléniques.

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Les Spartiates eurent une réaction toute particulière au danger commun qui menaça toutes les communautés helléniques au VIIIè siècle av. J.-C., lorsque, du fait du cours immédiatement antérieur du développement social, les rendements de surfaces cultivées dans la Grèce péninsulaire et dans l'Archipel, patries de la Société hellénique, se mirent à diminuer, tandis que la population de l'Hellade se multipliait rapidement. La solution "normale" trouvée à ce problème commun de la vie hellénique du VIIIè siècle consista en une nouvelle extension de la surface cultivable totale possédée par les Grecs grâce à la découvete et à la conquête de nouveaux territoires outre-mer. Dans la galaxie des nouvelles cités helléniques qui virent le jour à la suite de ce mouvement général d'expansion outre-mer, il y en avait une, Tarente, qui se réclamait d'une origine spartiate mais, même si cette prétention était conforme au fait historique, son cas fut unique. Tarente fut la seule cité hellénique d'outre-mer qui ait prétendu être une colonie de Sparte, et cette tradition tarentine ne fait que confirmer le fait que dans l'ensemble les Spartiates ont cherché à résoudre à leur manière, et non, comme les autres, par la colonisation d'outre-mer, le problème démographique commun à toutes les cités helléniques du VIIIè siècle.

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dimanche, 08 mai 2011

Sous le feu : réflexions sur le comportement au combat, par le lieutenant-colonel Michel GOYA

La peur règne sur le champ de bataille. Cette peur est commune et même nécessaire pour mobiliser les ressources nécessaires à la survie. Elle présente cependant des visages divers qui créent une structure psychologique se superposant à la structure classique de commandement. La connaissance de cet état de fait permet de développer des méthodes tactiques s’efforçant d’utiliser au mieux les ressources de l'homme et de prendre l’ascendant sur celles de l’adversaire.

mercredi, 02 mars 2011

"La guerre" : émission "Apostrophe" avec Jean Mabire et Hélie Denoix de Saint Marc

Cliquer sur l'image pour accéder à l'émission dans son intégralité (86 minutes)

diffusée le 5 mai 1989

 

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lundi, 17 janvier 2011

17 janvier 1961 : Discours d'Eisenhower

Dans son célèbre discours de fin de mandat, le président Eisenhower met en garde les États-Unis contre les dangers du "complexe militaro-industriel" : "Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (...) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (...) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. Nous ne devons jamais permettre au poids de cette conjonction d’intérêts de mettre en danger nos libertés ou nos méthodes démocratiques. Rien, en vérité, n’est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte."

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dimanche, 28 novembre 2010

Le fardeau de l'hoplite : les armes et l'armure (partie I)

Les spécialistes de l’Antiquité qui ont fait le catalogue des armes et des armures grecques découvertes par les archéologues, collationné les références dans la littérature grecque et examiné les documents de céramique peinte sont frappés par la magnificence des réalisations des Grecs : leur technique sans pareille dans le travail des métaux, l’attention portée à la beauté de la forme et des finitions, la protection sans égale procurée par la panoplie de bronze qui donnait à celui qui la portait confiance dans sa supériorité sur tous les autres soldats de son temps.

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Pour les anciens, l’excellence et la beauté extérieure de leur équipement militaire étaient des sujets naturels de fierté : "La grande demeure resplenditd’airain", écrivait avec une admiration évidente le poète lyrique Alcée. Elle est décorée "de casques brillants d’où pendent de grands panaches en crinière de cheval, parure de têtes de guerriers". Après qu’il a rendu hommage aux différentes pièces de la panoplie – les jambarts, la cuirasse, le bouclier, l’épée, il conclut simplement : "Toutes choses qu’on ne peut oublier dès que vient l’heure de la grande tâche". Eschyle, vétéran de la bataille de Marathon, vit comme une victoire de la "lance dorienne" le succès de l’infanterie à Platée, bataille dans laquelle Hérodote, de même, a senti que les armes et l’armure des Grecs avaient été la clé du succès : "Les Perses n’étaient inférieurs ni en courage ni en force, mais en même temps que d’un armement solide, ils manquaient d’instruction militaire". A ses yeux, semble-t-il, tout ce qui n’était pas l’armure grecque ne pouvait guère être considéré comme une protection réelle. Dans un discours aux Athéniens rassemblés, il veut que son personnage Aristagoras, un Grec d’Ionie qui doit avoir été familier de l’équipement de l’ennemi sur le territoire perse tout proche, rappelle à ses auditeurs que les Asiatiques "ne se servant ni de boucliers ni de lances, seraient faciles à vaincre". Comme le soldat allemand de 1940-41, l’hoplite grec de l’époque classique tirait une assurance presque empreinte de suffisance de la supériorité naturelle de ses armes sur tout autre dans le monde méditerranéen.

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lundi, 07 juin 2010

Guerre et Civilisation VII : La guerre technologique

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samedi, 08 mai 2010

La Victoire endeuillée. La sortie de guerre des soldats français (1918-1920)

Le 11 novembre 1918 marque l'arrêt des combats sur le front occidental. Mais, pour cinq millions de soldats français, ce n'est pas encore la fin de la guerre. Il leur faut attendre longtemps avant d'être démobilisés et pouvoir revenir dans leur famille.

Cette histoire de la sortie de guerre, jusqu'ici méconnue, nous permet de découvrir des combattants épuisés, impatients de rentrer chez eux, et résolus cependant à ne pas accepter une paix hâtive. La haine de l'ennemi se manifeste alors avec force, et la violence de la « culture de guerre » est portée à son apogée. On imagine les soldats et les civils communiant dans la joie de la victoire. Il n'en est rien, et la fracture entre le front et l'arrière n'a jamais été aussi forte. L'armée française en 1918 est une armée victorieuse. C'est aussi, avant tout, une armée en deuil. Comment ont-ils accueilli la fin de la guerre ? Quels sentiments leur laisse ce conflit ? Quels furent les relations entre l'armée française et les Allemands en Rhénanie occupée ? Telles sont les grandes questions que l'historien Bruno Cabanes s'est posé dans son livre La Victoire endeuillée. La sortie de guerre des soldats français (1918-1920) primé par l'Académie des sciences morales et politiques.

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dimanche, 25 avril 2010

Bravoure

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vendredi, 08 janvier 2010

La guerre électronique des opinions

L'essor des nouvelles technologies de l'information donne lieu à une nouvelle forme de guerre pour influencer les opinions publiques. De plus en plus sensible, cette lutte mobilise les Etats aussi bien que les acteurs non étatiques. Les démocraties sont mal équipées pour faire face.

C'est une guerre qui ne porte pas son nom, mais qui est bien réelle. Une guerre de l'information et de la désinformation: la bataille de l'opinion publique. Elle se joue sur les nouveaux médias électroniques, les réseaux sociaux, les blogs et ne connaît plus de frontières. Les acteurs de cette guerre électronique sont aussi bien des Etats que des groupes non étatiques, le Pentagone ou Al-Qaida, les ONG ou les guérillas, ou l'ensemble de ces «citoyens-soldats» au service d'une idéologie, d'un patriotisme ou de la «vérité». Cette guerre est protéiforme, difficile à cerner. Mais des experts militaires voient dans cette bataille de l'opinion - où les Etats ont de moins en moins de possibilités de contrôler les sources et les flux d'informations hostiles - un danger qui deviendra un jour aussi menaçant que les armes conventionnelles.

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vendredi, 07 août 2009

CAUCASE : Rétrospective en images du conflit russo-georgien

Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, l'artillerie georgienne débutait ses bombardements sur la ville de Tskhinvali (Ossétie du Sud).

Toute la nuit, les canons et les lance-roquettes géorgiens ont pilonné la capitale d'Ossétie du Sud. C'est d'une offensive en règle qu'il s'agit, et les tirs d'artillerie servent à ouvrir la voie à la progression de l'infanterie géorgienne. Tbilissi joue la carte de la guerre éclair.

Après avoir pilonné Tskhinvali et les positions ossètes pendant la nuit, tôt le matin, dans le cadre d'une opération baptisée Clear Field ("terrain dégagé"), l'armée géorgienne passe à l'assaut. La 4e brigade d'infanterie, épaulée par les 2e et 3e brigades, s'empare de villages sur les hauteurs qui entourent la ville.

A 7h30, la Russie aurait tiré un missile SS-21 sur des bunkers géorgiens près de la ville de Borjomi, en territoire géorgien. Peut-être s'agissait-il pour les Russes, si ce tir a bien eu lieu, de désorganiser la chaîne de commandement géorgienne. Quoi qu'il en soit, à 8 heures, infanterie et chars géorgiens pénètrent dans Tskhinvali, qui devient dès lors le théâtre de violents combats entre les troupes de Tbilissi, les miliciens ossètes et les soldats russes de la JPFK (force de maintien de la paix).

A 10 heures, 1.500 fantassins géorgiens atteignent le centre-ville, appuyés par des blindés. L'aviation russe entre dès lors en jeu, et procède à une première frappe en Géorgie même, où trois personnes sont tuées lors du bombardement d'une base aérienne près de Tbilissi. A Tskhinvali, au bout de trois heures d'affrontements, les forces géorgiennes sont repoussées, en particulier par l'appui aérien russe. Auparavant, le général Koulakhmetov, commandant de la JPFK, signale à l'OSCE que 18 de ses hommes ont succombé aux tirs de l'artillerie géorgienne, qui tape indistinctement sur la ville. Les médias russes parlent déjà de "génocide".

Les premières informations sur le déploiement des forces de la Fédération de Russie commencent à filtrer : le 1er bataillon du 135e régiment d'infanterie motorisée débouche à 14h30 du tunnel de Roki, qui relie l'Ossétie du Sud à sa voisine du Nord, et descend vers Tskhinvali. Le passage des forces russes, via le tunnel et par les cols et les routes de montagne, s'effectue avec lenteur. Le commandement russe peine à regrouper ses forces, qu'il déploie au fur et à mesure, bataillon par bataillon. Pendant ce temps-là, en Crimée, des unités de la flotte russe de mer Noire quittent le port de Sébastopol. Leur objectif : imposer un blocus des côtes géorgiennes.

Quand le soir arrive, les combats, toujours d'une grande intensité, continuent dans Tskhinvali. Dans le reste de la province, la tactique russe consiste apparemment à laisser les Ossètes se charger de nettoyer les villages pris par les Géorgiens, l'armée fédérale se concentrant plutôt sur les grandes formations géorgiennes. L'aviation russe bombarde les infrastructures logistiques en Géorgie. Des spetsnaz [unités spéciales de l'armée russe] repoussent des "saboteurs" géorgiens qui tentaient de faire sauter le tunnel de Roki.

A la nuit tombée, la bataille pour Tskhinvali se poursuit. La capitale ossète n'est déjà plus qu'un champ de ruines.

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A la veille de l'offensive sur Tskhinvali, l'armée géorgienne compte 37.000 hommes, dont 9.000 à 16.000 seront déployés en Ossétie du Sud pendant le conflit, et auxquels s'ajoutent des forces de police dont les effectifs ne sont pas connus. Si l'on peut s'étonner que la petite Géorgie ait pu choisir de s'en prendre aux Ossètes, alliés objectifs de l'immense Russie, il est certain qu'au 7 août 2008 le président Saakachvili pense pouvoir compter sur une armée modernisée, bien équipée et entraînée par de nombreux conseillers américains et israéliens. Elle dispose de 82 chars lourds T-72, de 139 véhicules blindés, d'une artillerie bien pourvue, en particulier 27 lance-roquettes multiples BM-21 qui vont faire des ravages dans la capitale ossète. Enfin, elle peut mettre en ligne 7 avions d'attaque au sol Su-25 et plusieurs hélicoptères. Détail curieux : bien qu'ayant été formés par leurs instructeurs sur des armes légères américaines, la plupart des soldats géorgiens préféreront reprendre leurs anciennes kalachnikovs (AK-47 et AK-74) dès le début des combats. Force de l'habitude ou confiance dans la rusticité d'un matériel éprouvé ?

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Theatrum Belli vous présente une rétrospective en images de plus de 750 photos, dont certaines du photographe Arkady Babchenko qui avait accompagné le bataillon "Vostok" depuis l'Abkhazie en direction de Gori.

Cette galerie "CAUCASUS BELLI", créée l'annèe dernière durant le conflit, a déjà été visionnée plus de 86.000 fois.

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vendredi, 16 janvier 2009

Guerre et Paix selon l'ONU (1/3)

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Écrit par SG (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, onu | | |  Facebook | |  Imprimer |