mardi, 30 août 2011
USA vs EUROPE : la soumission du "troisième cercle" (1/2)
À l'orée du XXe siècle, les États-Unis se trouvent en bonne position pour accéder à la domination mondiale.

Les deux premiers cercles sont sous leur coupe. Les limites de leur territoire légal (premier cercle) ne sauraient être remises en cause. Leur emprise sur l'Amérique latine (deuxième cercle) est d'autant plus solide que, hormis la frange défavorisée des populations concernées, personne au niveau international ne la conteste sérieusement. L'exploitation éhontée de cette partie du monde par les Espagnols et les Portugais, le mépris dont ils firent preuve envers les premiers habitants, l'irresponsabilité des aristocraties locales pendant et après les révolutions du début du XIXe siècle contribuèrent à livrer le continent au voisin du nord. Chaos économique et politique, luttes fratricides, imprévoyance firent de l'Amérique latine débarrassée de ses anciens colonisateurs une proie facile. Le modèle jeffersonien qui imprègne la plupart des constitutions nationales, le bicamérisme, le pouvoir exécutif fort, tout cela calqué sur les États-Unis, facilite la pénétration yankee. Surtout, les divers pays ont conservé une aristocratie foncière que les Américains ne mettront pas longtemps à convaincre que leur intérêt bien compris croise celui de la finance nord-américaine. Se partageant le pouvoir et les bénéfices, oligarchies locales et magnats nord-américains n'ont plus, à l'aube du XXe siècle, qu'à maintenir les choses en l'état.
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USA vs EUROPE : la soumission du "troisième cercle" (2è partie)
Vers l'écroulement européen
L'effondrement de 1929 montre à quel point le système économique mondial constituait déjà une arme redoutable dont les États-Unis allaient faire un instrument de conquête planétaire.
Au lendemain du premier conflit, les créances américaines sur l'Europe sont énormes. La suprématie des États-Unis se traduit par un doublement de leurs échanges financiers de 1919 à 1930. La crise du système monétaire international, en 1930, puis son éclatement, dès 1933, font naître une guerre monétaire par la spéculation sur les changes. Les années 1914-1918 ont apporté aux États-Unis, il est vrai, une prospérité sans précédent. "Dès 1915, écrit André Kaspi, lorsque les belligérants ont compris que le conflit ne serait pas aussi court qu'ils l'espéraient, les États-Unis constituent un réservoir de matières premières, de produits alimentaires, de munitions. Les industriels, les agriculteurs, les commerçants américains se réjouissent de vendre des vivres, c'est-à-dire du blé, de la viande, du sucre, des produits industriels, comme le fer, l'acier, des moteurs, sans oublier le coton et des médicaments. Grâce à leur neutralité qui ne leur interdit pas de commercer avec les combattants." Les milieux financiers ne sont pas oubliés puisque "à partir de janvier 1915 des banques privées, en tête desquelles le groupe Morgan, prêtent de l'argent aux Français et aux Britanniques. De là à déduire que les milieux d'affaires ont influencé le président Wilson... Mais ils n'avaient pas besoin de la participation des États-Unis à la guerre pour engranger de fabuleux profits." Réaliste et sûr de son fait, le même président Wilson déclare qu'à la fin de la guerre les puissances alliées seraient entre les mains des États-Unis.
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samedi, 05 avril 2008
Pour une politique de défense au cœur des équilibres euro-atlantiques
"Il y a l’OTAN. Qu’est-ce que l’OTAN ? C’est la somme des Américains, de l’Europe et de quelques accessoires. Mais ce n’est pas la défense de l’Europe par l’Europe, c’est la défense de l’Europe par les Américains. Il faut une autre OTAN. Il faut d’abord créer une Europe qui ait sa défense, que cette Europe soit alliée à l’Amérique".
Charles De Gaulle, 1961
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mardi, 01 avril 2008
La Russie, l’OTAN et la "Missile Defense"
On sait combien Vladimir Poutine et les dirigeants russes se sont violemment opposés, au fil des mois, à l’installation de systèmes antimissiles américains en Pologne et en République tchèque. Pourtant, George W. Bush a proposé au président russe un mémorandum d’accord indiquant les lignes de force d’une coopération entre les Etats-Unis et la Russie (19 mars 2008). Le déploiement de la Missile Defense en Europe centrale pourrait être accompagné de mesures de confiance et de garanties. Cet apaisement des relations russo-occidentales intervient à quelques jours du sommet atlantique de Bucarest (2-4 avril 2008). De fait, la question des antimissiles intéresse au premier chef les alliés européens des Etats-Unis, l’OTAN demeurant la seule instance collective de défense de l’Europe. Il nous faut donc comprendre la perception russe de la Missile Defense et les représentations géopolitiques dans lesquelles cette perception s’insère.
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La France opposée à l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie dans l'OTAN
"Nous sommes opposés à l'entrée de la Géorgie de et de l'Ukraine" dans l'Alliance atlantique, a confirmé mardi le Premier ministre français François Fillon, à la veille de l'ouverture sommet de l'OTAN à Bucarest.
"Nous sommes opposés à l'entrée de la Géorgie et de l'Ukraine, parce que nous pensons que ce n'est pas la bonne réponse à l'équilibre des rapports de puissances en Europe, et entre l'Europe et la Russie", a expliqué M. Fillon, sur France-Inter. "Nous voulons avoir un dialogue avec la Russie", a-t-il ajouté.
En conséquence, "la France ne va pas donner son feu vert à l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie" lors de ce sommet, a prévenu le Premier ministre, confirmant que l'avis de la France sur la question "est différent de celui des Etats-Unis".
Les Etats-Unis, le Canada et les pays d'Europe de l'Est membres de l'OTAN soutiennent les deux anciennes républiques soviétiques, qui demandent l'octroi d'un plan d'action pour l'adhésion (MAP), préalable à une future adhésion. Mais ce projet suscite des craintes en Europe de l'ouest, en particulier parce qu'il risquerait de tendre à nouveau les relations avec la Russie, farouchement hostile à l'expansion de l'OTAN vers l'Est.
Source du texte : LA TRIBUNE.FR
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mardi, 11 décembre 2007
Fallait-il démembrer la Serbie ?
Le rôle historique de la Serbie a été celui de rempart face à l'expansion de l'islam en Europe, rappelle un chercheur russe. L'indépendance du Kosovo va achever sa dislocation. Et ouvrir définitivement la voie à l'islamisation de l'UE.
L'association Kosovo-Abkhazie est un lieu commun incontournable dès que l'on aborde la question des Etats non reconnus en Occident et en Russie. Cette vision simpliste des choses nous est-elle venue de l'étranger ou nous la sommes-nous imposée nous-mêmes ? Le problème n'est pas d'agir (de voter, par exemple) contre [au Conseil de sécurité de l'ONU]. Ce qu'il faut, c'est comprendre le rapport entre les pertes et les gains, sans forcément penser en termes de symétrie.
L'Abkhazie est depuis longtemps indépendante de fait, tout comme le Kosovo. Dans la pratique, leur reconnaissance officielle, qu'elle soit totale et croisée ou partielle et asymétrique, ne changera pas grand-chose. L'OTAN et l'UE gagneront un nouveau bastion dans leur progression vers l'Est. La Russie et l'Organisation du traité de sécurité collective [une alliance politico-militaire au sein de la CEI] en concevront une nouvelle raison d'édifier une barrière pour endiguer cette expansion. Ensuite, durant cinq à sept ans (en fonction de la capacité des consommateurs de gaz en Europe de l'Ouest à économiser l'énergie), nous connaîtrons une période d'échange de critiques sans conviction et de prétendue tension politique, qui sera suivie d'une phase de détente et de rêves d'intégration. Du travail en perspective pour les diplomates, et les militaires ne seront pas lésés non plus.
Il y a des moments où l'on a envie de paix, d'autres où l'on réclame de la tension. Bush et Poutine n'y sont pour rien. Les hommes politiques ont réussi à changer plus de choses qu'ils ne croient dans les relations internationales. Ils ont besoin d'une pause pour que les esprits se calment, et c'est ce qui provoque le refroidissement des relations. C'est là la source de cette irritation réciproque de l'Occident et de la Russie, et du désarroi que cette irritation sert à masquer. Avant d'aller plus loin, il serait bon de penser à ce que nous avons déjà accompli.
Etait-il intelligent de détruire la Serbie ? Evidemment non. De même qu'il a été stupide de laisser la Géorgie éclater. Même fragile, une Géorgie unie aurait pu être plus réceptive aux discours russes. Encore aurait-il fallu, dès la fin des années 1980, prendre la peine de "chouchouter" ses dirigeants, capricieux, contents d'eux et (Chevardnadze mis à part) incapables de gérer un Etat. Il aurait fallu les persuader, les flatter, ruser, manœuvrer, leur offrir de l'aide. Nous avons négligé tout cela. Aujourd'hui, ce sont les Américains qui s'en chargent.
Les riches voisins occidentaux de la Serbie n'ont pas fait preuve de plus de sagesse à son égard. Ce pays, malgré toutes les difficultés qu'ont posées ses gouvernants dynastiques, a été un rempart européen dans les Balkans, la ligne avancée de contact avec l'Orient islamique. Les Serbes et les Monténégrins ne sont pas des gens de compromis, mais ils sont combatifs, excessivement courageux, et ils ont le sens du sacrifice. C'est ce qui leur a permis, même sans aide occidentale, de contenir la pression de la Sublime Porte ottomane sur l'Europe, aux frontières où se dessine le basculement ethnique. Une Serbie forte, en dépit de tous ses défauts, était dans les Balkans un facteur de cohésion, rôle que les autres pays de la région ne pouvaient jouer pour de nombreuses raisons, géopolitiques entre autres.
La "stratégie de démembrement de la Yougoslavie" que l'Allemagne a adoptée à la fin des années 1980 [en prenant l'initiative de reconnaître l'indépendance de la Slovénie et de la Croatie], suivie par les autres Etats de l'Union européenne, la Russie voisine (alors dirigée par Eltsine, avec Andreï Kozyrev en chef de la diplomatie) et les Etats-Unis, a tout bouleversé. La Serbie a dès lors commencé à être "grignotée" de toutes parts, perdant des terres peuplées de Serbes. La Croatie en a avalé une partie, la Bosnie, officiellement devenue un Etat musulman à hauteur d'un tiers, en a absorbé une autre. Après cela, le projet de "Grande Albanie", islamique elle aussi, est revenu sur le devant de la scène. Enlever définitivement le Kosovo à la Serbie pour le transformer en Etat indépendant constitue une étape supplémentaire dans la réalisation de ce projet.
L'Union européenne s'accommode de sa propre islamisation. Il y a des raisons à cela. Il y a trois ans, la Russie a trouvé le moyen de s'associer à l'Organisation de la conférence islamique (OCI). A l'époque, de nombreux pays de l'UE avaient exprimé leur perplexité à ce sujet. Aujourd'hui, l'UE elle-même pourrait rejoindre l'OCI. La prochaine entrée de la Turquie dans l'Union, l'absorption du "giron balkanique" et de ses enclaves islamiques, l'afflux d'immigrants en provenance de pays musulmans d'Afrique et d'Asie rendent irréversible l'islamisation des Etats européens.
Fatalité, sens de l'Histoire et paradoxe culturel. L'UE que les Russes voulaient rejoindre au début des années 1990, l'UE actuelle et celle qu'elle sera dans dix ou quinze ans n'ont rien à voir entre elles, que ce soit du point de vue de la culture, du mode de vie ou de la politique. Combien de temps encore Paris, Berlin et Londres continueront-ils par inertie à susciter chez les Russes un vrai désir d'adhérer aux valeurs européennes ? Autre grande question, les rapports de la Russie et de l'UE deviendront-ils plus chaleureux ou plus distants lorsque l'Europe se sera complètement "islamisée" ?
Alexeï BOGATOUROV
Directeur adjoint de l’Institut des problèmes de sécurité internationale de l’Académie des sciences de Russie
Source du texte : COURRIER INTERNATIONAL
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samedi, 17 novembre 2007
L’Europe : chronique d’un déclin annoncé
C’est toujours un spectacle édifiant de voir les dirigeants européens - maîtres dans l’art du démenti, du camouflage et de la mise sous tapis des dossiers délicats - lorsqu’ils se retrouvent le dos au mur.Tel était le cas lors des émeutes en France, notamment face aux avertissements plutôt vigoureux traduisant les tensions internes des sociétés européennes. Or cet avertissement n’était ni le dernier ni le plus vigoureux. Pour l’instant. Car bien évidemment, ce n’est pas en automne dernier qu’est apparu le casse-tête relatif aux indicateurs démographiques dégringolants et aux effets bienfaisants ou néfastes que leur apportera l’immigration en masse. Et l’on ne s’en débarrassera pas non plus aussi facilement que des carcasses de voitures. La question est posée et elle restera avec nous sous forme d’une pression interne et externe de plus en plus puissante, et avec des conséquences internes et externes de plus en plus marquantes.
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jeudi, 25 octobre 2007
L'Europe s'arrête-t-elle à l'Est ?
Un nouveau sommet Russie-UE se tiendra le 26 octobre au Portugal. Il serait erroné de juger de l'état des rapports russo-européens par ces rencontres devenues régulières. Le scénario de ces sommets d'automne est déterminé par le pays hôte qui, selon le principe de la présidence tournante, prend pour six mois les rênes de l'UE.
Quel sera cette fois le scénario proposé par l'UE ? Contrastant avec l'intransigeance de Mme Merkel et sa passion pour la défense des droits de l'homme, le programme du Portugal présage moins de problèmes douloureux pour la Russie et davantage d'occasions de souligner les intérêts communs. Les priorités de Lisbonne - l'amélioration de la compétitivité économique de l'UE dans des domaines comme les affaires, le tourisme et l'enseignement - sont politiquement neutres et, par conséquent, conviennent à la Russie.
Il peut sembler que la conclusion du nouvel accord stratégique régissant les rapports entre la Russie et l'UE (quel que soit son nom définitif) est le problème clé. Il n'y a pas longtemps, on estimait que, puisque l'ancien accord expire en 2007, l'absence de document juridique serait une catastrophe, et que la Pologne qui bloque la conclusion d'un nouvel accord à cause d'un contentieux commercial avec la Russie paralysait les contacts entre les deux parties. Mais, aussi étrange que cela puisse paraître, une issue a été trouvée : l'ancien accord a tout simplement été prorogé. Il s'avère que le potentiel de ce document reste en vigueur, alors qu'un nouvel accord aurait pu être pire, car il aurait pu pâtir de tous les problèmes existant entre les nouveaux membres de l'UE et la Russie, ce qui aurait empêché cette dernière de développer les contacts avec les "vieux" membres de l'Union européenne.
Bref, tout ne dépend pas de ce document et, quoi qu'il en soit, le sommet de Lisbonne se déroulera bien. Mais il est peu probable qu'il aborde les aspects profonds des rapports russo-européens qui ont des origines historiques, psychologiques et mythologiques.
Le fait est qu'à la différence des relations qu'entretient la Russie avec d'autres partenaires internationaux, les rapports avec Bruxelles ne reposent pas seulement (et, peut-être, pas tellement) sur le choix stratégique des élites ou sur la compréhension pragmatique des intérêts à court et à long terme. Ils ont à leur base la proximité culturelle et, c'est là l'essentiel, géographique, de plus d'une vingtaine ou même, si l'on tient compte de la composition multinationale de certains pays, de plus d'une centaine de peuples durant presque 15 siècles.
L'identité géopolitique de l'Europe a une particularité : l'absence de frontière à l'Est. Par exemple, l'appartenance de la Russie moderne (pour l'essentiel, au XIXe siècle) à l'Europe ne suscitait aucun doute, ni aucune objection. A cette époque-là, des dizaines de familles aristocratiques russes, y compris celle de l'empereur, étaient liées par alliance ou directement à toutes les monarchies de l'Europe. La Russie participait alors à part entière au "concert européen", analogue du G8 actuel.
Au milieu du XIXe siècle, c'est justement les intellectuels russes qui, on ne sait pourquoi, avaient inventé et propagé avec obstination l'idée d'une dissemblance irréparable entre les deux voisins naturels du point de vue du territoire et de la civilisation. Comme cela arrive souvent dans l'histoire, une pensée énoncée s'enracina alors solidement dans la conscience tant des Russes que, ce qui est bien pire, de leurs partenaires européens. Depuis, les manipulations de la "frontière est de l'Europe" sont devenues un instrument permanent de pression, principalement psychologique, sur la Russie.
A à l'apogée de la détente, au début des années 1970, les hommes politiques occidentaux avaient manipulé la formule "Europe de Vancouver à Vladivostok" dans le cadre du processus européen (CSCE-OSCE). Lorsque les rapports se détérioraient, l'interprétation territoriale de l'Europe se rétrécissait de nouveau, en s'arrêtant aux frontières de la Communauté économique européenne. La "maison européenne" de Mikhaïl Gorbatchev avait fait renaître pour une brève période la notion extensive de l'Europe en l'étendant au segment européen de l'espace soviétique et postsoviétique. A présent, on peut penser parfois que toute la stratégie d'élargissement de l'UE et la politique de "voisinage" qui en découle poursuivent l'objectif de refréner et de"dompter" psychologiquement la Russie.
Deux courants intellectuels luttent actuellement dans les médias et les milieux académiques. D'une part, on vise à séparer au maximum l'Europe de la Russie, la première ne comprenant que les pays faisant partie de l'UE et de l'OTAN, et de l'autre, on propose la conception d'une "Grande Europe", avec sa projection pratique : la mise en oeuvre du programme des quatre espaces communs.
Et c'est justement de cela dont on discute lors des sommets Russie-UE.
Les tendances économiques et démographiques favorisent objectivement le rapprochement entre la Russie et l'UE. Les deux tiers de la population de la Russie vivent dans sa partie européenne. Ils se considèrent comme des Européens et ont une formation à l'européenne. Pour eux, les pays européens sont plus accessibles physiquement que les régions de Russie situées au-delà de l'Oural. L'Europe représente plus de 50% dans le chiffre d'affaires du commerce extérieur de la Russie (51,6% en 2006). Les pays de l'UE prédominent dans les destinations touristiques des Russes. En 2006, sur environ 6 millions de touristes russes qui se sont rendus à l'étranger, 3,6 millions sont allés en Europe. Le nombre de programmes culturels et éducatifs ayant pour but de faire connaître aux habitants des pays européens et de la Russie les réalités et la vie quotidienne des uns et des autres s'accroît d'une année à l'autre. Les sociétés suggèrent en quelque sorte à leurs dirigeants d'améliorer la qualité des rapports et de les simplifier réellement (cela concerne, avant tout, les visas).
D'autre part, il y a les "émotions historiques" des nouveaux membres de l'UE (Lettonie, Estonie, Pologne), les stéréotypes des champions de la démocratie libérale réunis autour de leur "noyau" (la Grande-Bretagne), et les clichés de la rhétorique "droitdel'hommiste" au sein des institutions européennes quasi-représentatives (par exemple, le problème tchétchène à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe).
Cependant, l'idée des espaces communs, et, en fin de compte, l'idée plus essentielle d'un espace commun de coexistence et de rapprochement réel entre la Russie et l'Europe, n'est pas une fantaisie conjoncturelle. Sa réalisation a déjà connu des précédents dans l'histoire. Pour assurer aujourd'hui son succès, il faut que les hommes politiques comprennent enfin en quoi consiste leur intérêt commun et quels sont les axiomes de la coopération ultérieure.
Andreï BAÏKOV
Chercheur au Centre d'études postsoviétiques du MGUIMO
(Institut des relations internationales de Moscou)
Source du texte : RIA NOVOSTI
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vendredi, 14 septembre 2007
Turquie : Paris pourrait lever l'obstacle du référendum
Le secrétaire d'État aux Affaires européennes suggère de s'exonérer de l'actuelle règle constitutionnelle pour les nouvelles adhésions.
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lundi, 20 août 2007
Russie : pour ou contre l'Europe ?
Le processus d'intégration qui se poursuit depuis plus d'un demi-siècle en Europe suscite auprès des Russes un sentiment de rejet difficilement explicable. Quoique les Russes regardent l'Europe d'un œil beaucoup plus favorable que les Etats-Unis ou la Chine, achètent volontiers des produits européens et associent instinctivement l'adjectif "européen" à presque tout ce qui évoque une meilleure qualité de vie, ils tendent à considérer l'Europe comme une association, économiquement faible et politiquement dépendante, de pays qui ont pratiquement perdu leur souveraineté.
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jeudi, 08 mars 2007
Islam : les options peu engageantes de l'Europe
A long terme, l'évolution la plus décisive du continent européen, celle de ses relations avec sa minorité musulmane croissante, suivra l'une de ces trois voies : intégration harmonieuse, expulsion des Musulmans ou prise de pouvoir islamique. Lequel de ces scénarios est le plus vraisemblable ?
L'avenir de l'Europe revêt une grande importance non seulement pour ses résidents. Pendant un demi-millénaire, de 1450 à 1950, les 7% de la surface des terres émergées qu'elle représente ont décidé de l'histoire du monde; sa créativité et sa vigueur ont inventé la modernité. La région a perdu cette position cruciale il y a 60 ans, mais elle reste d'une importance vitale en termes économiques, politiques et intellectuels. Ainsi, la direction qu'elle prendra aura des incidences majeures pour le reste de l'humanité, et tout particulièrement pour ses nations sœurs telles que les États-Unis qui, historiquement, ont toujours considéré l'Europe comme une source d'inspiration, de peuplement et de biens.
Voici une appréciation de la vraisemblance des trois scénarios.
I. Règne musulman
Feu Oriana Fallaci observa qu'avec le passage du temps, «L'Europe se transforme toujours davantage en une province de l'Islam, une colonie de l'Islam». L'historienne Bat Ye'or a donné un nom à cette colonie – « Eurabia». Walter Laqueur prédit dans son prochain ouvrage Last Days of Europe (Les derniers jours de l'Europe) que l'Europe telle que nous la connaissons sera contrainte de changer. Mark Steyn, dans America Alone : The End of the World as We Know It (L'Amérique seule : la fin du monde tel que nous le connaissons) va plus loin encore et affirme qu'une grande partie du monde occidental «ne survivra pas au XXIe siècle et une grande partie, dont la plupart sinon la totalité des pays européens, disparaîtra pendant notre génération». Trois facteurs - la foi, la démographie et le patrimoine culturel - indiquent que l'Europe s'islamise.
Foi. Une laïcité extrême prédomine en Europe, surtout parmi ses élites, au point que les Chrétiens croyants (tels que George W. Bush) y sont considérés comme mentalement déséquilibrés et incapables d'assumer des tâches publiques. En 2005, Rocco Buttiglione, un politicien italien distingué et un Catholique croyant, a été empêché d'accéder au poste de membre de la Commission européenne pour l'Italie en raison de ses opinions sur l'homosexualité. Une laïcité inflexible va de pair avec des églises vides : à Londres, des chercheurs estiment que les mosquées reçoivent plus de Musulmans le vendredi que les églises chrétiennes le dimanche, bien que la ville compte près de sept fois plus de Chrétiens de naissance que de Musulmans de naissance. Plus le Christianisme pâlit, plus l'Islam attire - le Prince Charles fournit un bon exemple de la fascination exercée par l'Islam sur de nombreux Européens. L'Europe pourrait connaître un grand nombre de conversions à l'avenir, car comme le dit ce mot attribué à G.K. Chesterton, «lorsque les gens cessent de croire en Dieu, ils ne croient pas en rien - ils croient en n'importe quoi».
La laïcité de l'Europe donne à son discours des formes tout à fait inhabituelles pour les Américains. Hugh Fitzgerald, ex-vice-président de JihadWatch.org, illustre ici une dimension de cette différence:
Les déclarations les plus mémorables des présidents américains comprennent presque toujours des passages bibliques aisément reconnaissables. [...] Cette source de vigueur rhétorique a été mise à contribution en février dernier (2003), lors de l'explosion de la navette Columbia. Si la navette détruite avait été non pas américaine, mais française, et si Jacques Chirac avait dû prononcer un discours à ce sujet, il aurait peut-être usé du fait que l'engin transportait sept astronautes et aurait tiré un parallèle avec les sept poètes de la Pléiade, soit avec l'Antiquité païenne. Le président américain, intervenant dans le cadre d'une cérémonie solennelle qui débutait et s'achevait par des passages en hébreu biblique, fit les choses différemment. Il prit son texte dans Isaïe 40:26, ce qui permettait de créer une transition harmonieuse entre d'une part le mélange d'émerveillement et d'effroi devant les hôtes des cieux générés par le Créateur et d'autre part la consolation pour la perte de l'équipage.
La foi des Musulmans, avec son tempérament djihadiste et son suprématisme islamique, tranche autant qu'il est possible avec celle des Chrétiens européens non pratiquants. Ce contraste amène de nombreux Musulmans à considérer l'Europe comme un continent mûr pour la conversion et la domination. Il en résulte des revendications suprématistes extravagantes telles que cette déclaration d'Omar Bakri Mohammed, «Je veux que la Grande-Bretagne devienne un État islamique, Je veux voir les couleurs de l'Islam flotter au 10, Downing Street.» Ou encore cette prédiction d'un imam installé en Belgique : «Nous prendrons bientôt le pouvoir dans ce pays. Ceux qui nous critiquent aujourd'hui le regretteront. Ils devront nous servir. Préparez-vous, car l'heure est proche.» [1]
Population. L'effondrement démographique indique également que l'Europe s'islamise. Actuellement, le taux global de fertilité européen oscille autour de 1,4 par femme, alors que le maintien d'une population exige un taux légèrement supérieur à deux enfants par couple, ou 2,1 enfants par femme. Le taux réel n'en représente que les deux tiers - un tiers de la population nécessaire ne vient tout simplement pas au monde.
Pour éviter une chute démographique critique, avec tous les malheurs que cela implique - notamment l'absence de travailleurs pour financer de généreux plans de retraite -, l'Europe a besoin d'immigrants, de beaucoup d'immigrants. Ce tiers importé tend à être musulman, en partie parce que les Musulmans sont proches (13 kilomètres seulement séparent le Marc et l'Espagne, quelques centaines relient l'Italie à l'Albanie ou à la Libye) ; en partie parce que des liens coloniaux continuent d'unir l'Asie du Sud à la Grande-Bretagne ou le Maghreb à la France ; et en partie à cause de la violence, de la tyrannie et de la pauvreté si répandues dans le monde musulman actuel et qui génèrent d'incessantes vagues migratoires.
De même, le taux de fertilité élevé des Musulmans compense le manque d'enfants parmi les Chrétiens indigènes. Bien que les taux de fertilité musulmans soient en baisse, ils restent sensiblement supérieurs à ceux de la population chrétienne indigène. Il est certain que les taux de natalité élevés sont liés aux conditions de vie pré-modernes dans lesquelles vivent de nombreuses femmes musulmanes en Europe. À Bruxelles, «Mahomet» est le nom de garçon nouveau-né le plus populaire depuis quelques années. Amsterdam et Rotterdam pourraient devenir, d'ici 2015, les premières grandes villes européennes à majorité musulmane. L'analyste français Michel Gurfinkiel estime qu'une guerre des rues en France verrait s'affronter les enfants des indigènes (en français dans le texte) et ceux des immigrants quasiment à égalité. Les pronostics actuels prévoient une majorité musulmane dans l'armée russe dès 2015 et dans l'ensemble du pays vers 2050.
Patrimoine culturel. Ce qui est souvent décrit comme la rectitude politique de l'Europe reflète à mon avis un phénomène plus profond, à savoir l'aliénation de leur civilisation que ressentent de nombreux Européens, l'impression que leur culture historique ne vaut pas qu'on la défende, voire qu'on la préserve. Les différences entre Européens sont frappantes à cet égard. Le pays peut-être le moins touché par cette aliénation est la France, où le nationalisme traditionnel reste vivace et où les gens sont fiers de leur identité nationale. La Grande-Bretagne est le pays le plus affecté, comme l'illustre bien le programme gouvernement larmoyant «ICONS - A Portrait of England», qui tente maladroitement de raviver le patriotisme des Britanniques en les réconciliant avec des «trésors nationaux» tels que Winnie the Pooh et la minijupe.
Ce manque d'assurance a eu des conséquences directes négatives pour les immigrants musulmans, comme l'explique Aatish Taseer dans le magazine Prospect.
L'appartenance à la culture britannique est l'aspect le plus purement nominal de l'identité de nombreux jeunes Pakistanais britanniques. [...] En dénigrant sa culture, on court le risque de voir les nouveaux-venus en chercher une ailleurs. Cela va si loin dans le cas précis que pour beaucoup de Pakistanais britanniques de deuxième génération, la culture du désert des Arabes revêt plus d'attrait que la culture britannique ou continentale. Arrachés par trois fois au sentiment de posséder une identité durable, les Pakistanais de deuxième génération trouvent une identité disponible dans la vision du monde extranationale de l'Islam radical.
Les Musulmans immigrants méprisent profondément la civilisation occidentale, tout particulièrement sa sexualité (pornographie, divorce, homosexualité). Les Musulmans ne s'assimilent nulle part en Europe, les mariages intercommunautaires sont rares. Voici un exemple pittoresque du Canada : la mère du tristement célèbre clan Khadr, connu pour être la première famille canadienne du terrorisme, retourna au Canada depuis l'Afghanistan et le Pakistan en avril 2004 avec l'un de ses fils. Bien qu'elle ait demandé l'asile au Canada, elle affirmait à peine un moins auparavant que les camps d'entraînement sponsorisés par Al-Qaïda étaient l'endroit rêvé pour ses enfants. «Vous voudriez que j'élève mes enfants au Canada pour qu'ils se retrouvent drogués ou homosexuels à l'âge de 12 ou 13 ans? Vous trouvez que ce serait mieux ?»
(Ironie du sort, aux siècles passés, comme l'a documenté l'historien Norman Daniel, les Chrétiens européens méprisaient les Musulmans, dont la polygamie et les harems leur semblaient révéler une obsession du sexe, et se sentaient moralement supérieurs à eux précisément sur ce point.)
En résumé, cette première argumentation avance que l'Europe sera islamisée, qu'elle se soumettra ou se convertira sans résistance à l'Islam parce que le yin de l'Europe s'accorde si bien au yang de l'Islam: faiblesse et puissance de la religiosité, de la fertilité et de l'identité culturelle. [2] L'Europe est une porte ouverte que les Musulmans franchissent librement.
II. Expulsion des Musulmans
Ou la porte leur sera-t-elle fermée au nez ? Le commentateur américain Ralph Peters écarte le premier scénario : «Loin de jouir de la perspective de s'approprier l'Europe en y faisant des enfants, les Musulmans d'Europe y vivent leurs dernières heures. [...] les prédictions de prise de pouvoir musulman en Europe [...] font abstraction de l'histoire et de la brutalité indéracinable de l'Europe.» Sur ce, décrivant l'Europe comme l'endroit «où ont été perfectionnés le génocide et le nettoyage ethnique», il prédit que ses Musulmans «auront de la chance de n'être que déportés», et non tués. Claire Berlinski, dans Menace in Europe : Why the Continent's Crisis Is America's, Too (Menace en Europe : pourquoi la crise du continent est aussi celle de l'Amérique), approuve cela implicitement en désignant les «anciens conflits et schémas de pensée [...] qui s'extirpent lentement des brumes de l'histoire européenne» et qui pourraient bien susciter la violence.
Ce scénario veut que les Européens indigènes - qui constituent toujours 95% de la population du continent - se réveillent un jour et imposent leur volonté. «Basta !» - diront-ils, en restaurant leur ordre historique. Cela n'est pas si improbable; un mouvement d'irritation se fait jour en Europe, moins parmi les élites qu'au sein des masses, qui proteste bruyamment devant l'évolution en cours. Ce ressentiment est illustré notamment par la loi antivoile française, par la mauvaise humeur suscitée par les restrictions imposées aux drapeaux nationaux et aux symboles chrétiens et par l'insistance à servir du vin lors des diners officiels. On peut mentionner aussi un mouvement spontané apparu dans plusieurs villes françaises au début de 2006 et qui consiste à distribuer de la soupe au lard parmi les pauvres, excluant ainsi intentionnellement les Musulmans.
Certes, ce sont des affaires mineures, mais des partis ouvertement opposés aux immigrants ont déjà émergé dans de nombreux pays et commencent à exiger non seulement des contrôles efficaces aux frontières, mais l'expulsion des immigrants illégaux. Un mouvement anti-immigration est en train de se former sous nos yeux, de manière largement inaperçue. Si son parcours est encore très discret, son potentiel n'en est pas moins énorme. Les éléments opposés à l'immigration et à l'Islam ont généralement des racines néofascistes mais ont gagné en respectabilité avec le temps, se sont dépouillés de l'antisémitisme de leurs origines et de leurs théories économiques douteuses pour se concentrer plutôt sur les questions de foi, de démographie et d'identité, et pour étudier l'Islam et les Musulmans. Le British National Party et le Vlaamse Belang belge sont deux exemples d'une telle évolution vers la respectabilité, laquelle peut déboucher un jour sur l'éligibilité. Ainsi, la course à la présidence française en 2002 s'est résumée à une compétition entre Jacques Chirac et le néofasciste Jean-Marie Le Pen.
D'autres partis de ce type ont déjà goûté au pouvoir. Jörg Haider et le Freiheitliche Partei autrichien y ont accédé brièvement. La Lega Nord italienne a fait partie des années durant de la coalition au pouvoir. Ces partis vont vraisemblablement progresser car leurs messages anti-islamistes et souvent anti-islamiques trouvent un répondant et les partis du courant dominant vont probablement les adopter en partie (le Parti conservateur danois en est un exemple - il est revenu au pouvoir en 2001, après 72 ans passés dans la marge, essentiellement en raison du mécontentement provoqué par l'immigration). Ces partis bénéficieront sans doute de la situation lorsque l'immigration gonflera encore pour atteindre des proportions incontrôlables en Europe, avec peut-être un exode de masse en provenance d'Afrique, comme l'indiquent de nombreux indices.
Une fois au pouvoir, les partis nationalistes rejetteront le multiculturalisme et tenteront de rétablir les valeurs et les mœurs traditionnelles. On ne peut que spéculer sur les moyens qu'ils utiliseront et sur les répliques des Musulmans. Peters s'attarde sur les aspects fascistes et violents de certains groupes et s'attend à ce que la réaction antimusulmane revête des formes menaçantes. Il esquisse même un scénario dans lequel «des navires américains sont à l'ancre et des Marines sont descendus à terre à Brest, Bremerhaven ou Bari pour garantir l'évacuation des Musulmans d'Europe dans de bonnes conditions».
Depuis des années, les Musulmans s'inquiètent justement de telles incarcérations brutales, suivies d'expulsions, voire de massacres. Déjà dans les années 1980, feu Kalim Siddiqui, alors directeur du London's Muslim Institute, agitait le spectre des «chambres à gaz hitlériennes pour Musulmans». Dans son livre de 1989, Be Careful With Muhammad (Soyez prudents avec Mahomet), Shabbir Akhtar avertissait que «la prochaine fois qu'il y aura des chambres à gaz en Europe, il n'y a aucun doute sur l'identité de ceux qu'on y mettra», à savoir les Musulmans. Un personnage du roman de Hanif Kureishi paru en 1991 et intitulé The Buddha of Suburbia (Le Bouddha des banlieues), prépare une guérilla dont il prévoit l'instauration quand «les blancs se seront tournés contre les noirs et les Asiatiques et tenteront de nous faire passer dans des chambres à gaz».
Mais il est plus vraisemblable que les revendications européennes seront mises en œuvre pacifiquement et légalement, et que les violences proviendront de Musulmans, conformément aux récentes tendances à l'intimidation et au terrorisme. De nombreux sondages confirment que 5% environ des Musulmans britanniques approuvent les attentats à la bombe du 7 juillet, ce qui indique une disposition générale à recourir à la violence.
Quoi qu'il en soit, on ne peut pas s'attendre à ce qu'un redressement des Européens se déroule de manière coopérative.
III. Intégration des Musulmans
Dans le scénario le plus réjouissant, les Européens autochtones et les immigrants musulmans trouvent un modus vivendi et vivent ensemble harmonieusement. Le témoignage peut-être le plus classique de cette perspective optimiste provient d'une étude de 1991, La France, une chance pour l'Islam, par Jeanne-Hélène et Pierre Patrick Kaltenbach. «Pour la première fois dans l'histoire, il est offert à l'islam de ‹se réveiller› dans un pays démocratique, riche, laïc et pacifique», écrivaient-ils alors. Cette espérance persiste. Un article de premier plan paru dans l'Economist à la mi-2006 affirme que «pour le moment du moins, la perspective d'Eurabia semble alarmiste». À la même époque, Jocelyne Cesari, professeur associée à la Harvard Divinity School, discernait un équilibre en la matière : de même que «l'Islam change l'Europe», disait-elle, «l'Europe change l'Islam». Elle estime ainsi que «les Musulmans ne veulent pas changer la nature des États européens» et s'attend à les voir s'adapter au contexte européen.
Mais un tel optimisme est hélas peu justifié. Les Européens pourraient certes encore redécouvrir leur foi chrétienne, faire davantage d'enfants et mieux chérir leur patrimoine. Ils pourraient encourager une immigration non-musulmane ou acculturer les Musulmans vivant parmi eux. Mais ces changements ne sont pas en cours actuellement, et les chances de les voir apparaître sont faibles. Au lieu de cela, les Musulmans cultivent des revendications et des ambitions conflictuelles à l'égard de leurs voisins indigènes. Fait inquiétant, chaque génération semble plus aliénée que la précédente. Le romancier canadien Hugh MacLennan qualifia le fossé anglais-français séparant son pays de «Two Solitudes» ; un phénomène similaire apparaît et se développe en Europe, mais de manière beaucoup plus prononcée. Ces sondages de Musulmans britanniques, par exemple, révèlent qu'une majorité d'entre eux perçoivent un conflit entre leur identité britannique et leur identité musulmane - et ils souhaitent l'instauration de la loi islamique.
L'éventualité de voir les Musulmans accepter les restrictions de l'Europe historique et s'intégrer sans heurt dans ce cadre peut être pratiquement exclue. Même Bassam Tibi, professeur à l'université de Göttingen, qui a maintes fois averti que «soit l'Islam s'européanise, soit l'Europe s'islamise» a personnellement abandonné tout espoir pour le continent. Récemment, il annonça qu'il allait quitter l'Allemagne, après avoir y vécu 44 ans, pour déménager à l'université de Cornell, aux États-Unis.
Conclusion
Comme le résume le commentateur américain Dennis Prager, « Il est difficile d'imaginer un autre scénario pour l'Europe occidentale que l'islamisation ou la guerre civile». En effet, ces deux alternatives extrêmement déplaisantes semblent bien définir les choix offerts à l'Europe - prise entre deux forces antagonistes, l'une menant au pouvoir des Musulmans et l'autre à leur expulsion, elle peut devenir une extension de l'Afrique du Nord ou entrer dans un état de quasi guerre civile.
Quelle voie prendra-t-elle ? Les événements décisifs qui apporteront une réponse à cette question sont encore en devenir, de sorte que personne ne peut porter un jugement définitif. Mais l'heure de la décision est proche. D'ici la prochaine décennie à peu près, les louvoiements actuels toucheront à leur terme, l'équation Europe-Islam se resserrera et la pente qui déterminera l'avenir du continent devrait apparaître.
Il est d'autant plus difficile d'anticiper cette transformation qu'elle est sans précédent historique. Aucun territoire de grande envergure n'a jamais ainsi glissé d'une civilisation à une autre à la suite de l'effondrement démographique, religieux et identitaire d'une population ; et aucun peuple ne s'est jamais redressé à une telle échelle pour prôner son patrimoine historique. Le problème européen est si inédit et si étendu qu'il est difficile de le comprendre, tentant de l'ignorer et presque impossible d'en pronostiquer l'évolution. L'Europe nous entraîne tous en terre inconnue.
Daniel PIPES (traduction en français : Alain Jean-Mairet)
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Daniel Pipes est directeur du Forum du Moyen-Orient et professeur invité à l'université de Pepperdine. Cet article a été adapté d'un exposé donné au Centre de conférence Woodrow Wilson et intitulé «Euro-Islam: la dynamique d'une intégration efficace».
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[1] De Morgen, 5 oct. 1994. Cité dans Koenraad Elst, «The Rushdie Rules», Middle East Quarterly, Juin 1998.
[2] Il est frappant de relever qu'à ces trois égards, l'Europe et les États-Unis étaient beaucoup plus semblables il y a 25 ans qu'ils ne le sont aujourd'hui. Cela indique que leur écart actuel résulte moins d'évolutions historiques remontant à plusieurs siècles qu'à des développements intervenus dans les années 1960. Cette décennie a eu un impact très marqué sur les États-Unis, mais elle a affecté l'Europe beaucoup plus profondément encore.
Source du texte : REVUE MILITAIRE SUISSE.CH
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mercredi, 28 février 2007
Il était une fois...l'Europe.
Le peulement de l'Europe va enregistrer une triple évolution :
arabisation, islamisation et africanisation.
J.C. CHENAIS
"Nord-Sud : le face-à-face démographique"
In Politique internationale n° 69, automne 1995, p. 433
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mardi, 09 janvier 2007
LA POLITIQUE EUROPEENNE DE LA RUSSIE
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vendredi, 15 décembre 2006
EADS s'américanise en vue d'un contrat géant
Le Pentagone dépense chaque année 250 milliards de dollars en équipements, services et recherche pour la mise au point d'armements de toutes sortes. EADS espère gagner près d'un milliard de dollars de ce marché cette année. C'est deux fois et demi ce qu'elle faisait il y a seulement quatre ans, mais c'est encore trop peu. 2007 pourrait marquer une étape encore plus décisive : le Pentagone devrait décider en octobre prochain si Boeing ou EADS remporte la première tranche d'un contrat fabuleux portant sur une centaine d'avions de ravitaillement en vol.
Les termes de l'appel d'offres sont encore en cours d'élaboration. Le prix unitaire attendu pour ces appareils : environ 150 millions de dollars. Au cours des trente ans à venir ce sont plus de 400 vieux ravitailleurs KC 135, conçus par Boeing dans les années 1950 que l'US Airforce devra remplacer. Ce potentiel énorme de commandes justifie un effort sans précédent d'EADS sur le marché américain.
Pour mettre toutes les chances de son côté le géant européen a depuis des mois adopté un profil à la fois discret et politiquement correct. Il ne s'agit en effet pas seulement de convaincre le client de la qualité technique et économique de son offre - une version dérivée de l'Airbus A 330, plutôt que celle dérivée du B 767 proposée a priori par Boeing. Il s'agit aussi de prouver au Congrès qu'EADS, avec ses implantations, usines et filiales dans 19 États de l'union, se comporte comme un fournisseur américain responsable et citoyen. Pour Boeing, il s'agit de regagner sa réputation. Le premier contrat qu'il avait remporté, a dû être annulé en 2004 après la découverte de la corruption par Boeing d'un décideur clé au Pentagone.
«Militariser» l'Airbus
Pour décrocher le contrat des ravitailleurs, EADS a choisi le géant américain Northrop Grumman, comme partenaire. C'est un des principaux fournisseurs du Pentagone en matériel électronique, aéronautique, naval, sous-marin et services divers. Le nom d'EADS n'apparaît même pas au premier plan. En cas de victoire, la firme californienne sera chargée de « militariser » l'Airbus, assemblé dans une usine de 600 millions de dollars spécialement construite à cet effet à Mobile (Alabama). Si l'équipe Northrop-Grumman-EADS gagne en octobre 2007, l'usine créera 1 000 emplois sur place. Même si le contrat était perdu, Airbus promet d'installer un centre local employant 150 ingénieurs.
Source du texte : FIGARO.FR
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mercredi, 22 novembre 2006
La Russie et l'Europe ne doivent pas avoir peur de leur interdépendance
A la veille de la nouvelle rencontre au sommet qui se tiendra le 24 novembre à Helsinki, je voudrais dire ce que je pense des relations entre la Russie et l'Union européenne. Je m'attarderai principalement sur les questions stratégiques, essentielles. De par son caractère et ses traditions historiques et culturelles, la Russie fait naturellement partie de la « famille européenne ». Nous ne nous fixons pas pour objectif d'adhérer à l'Union européenne. Mais, songeant aux perspectives à long terme de nos relations, je ne vois pas de domaines fermés à un partenariat stratégique fondé sur l'égalité en droits. Un partenariat reposant sur des aspirations et des valeurs communes.
Il est évident qu'en parlant de valeurs communes on ne saurait négliger la diversité historique de la civilisation européenne unique. Il serait profondément erroné et vain de chercher à imposer ici des matrices « moyennes » artificielles. Je tiens à le souligner : l'expérience des autres pays n'est pas négligée, mais l'État russe, qui existe depuis plus de mille ans, a lui aussi beaucoup de choses à partager avec ses partenaires européens. Notamment son expérience inédite de la coexistence entre les différentes confessions, ethnies et cultures qui s'enrichissent mutuellement.
Ces dernières années, l'Union européenne et la Russie sont devenues l'une pour l'autre des partenaires politiques et économiques de première importance. Nous nous en tenons strictement au principe selon lequel cette coopération ne doit pas être artificiellement opposée aux relations avec les autres pays et régions. Je suis persuadé que cette approche répond aux intérêts de tous, y compris de l'Union européenne.
Nos relations revêtent un caractère réellement évolué et structuré. La coopération sectorielle s'accélère. Le dialogue s'intensifie dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. Les contacts scientifiques, culturels et humains se multiplient. Tous ces processus évoluent de façon ordonnée et méthodique dans le cadre de la création des quatre espaces communs : économie ; liberté, sécurité et justice ; sécurité extérieure ; recherche et enseignement, y compris leurs aspects culturels.
Nos approches des problèmes de la sécurité internationale sont concordantes. La Russie et l'UE préconisent le renforcement des régimes universels, en premier lieu du régime de non-prolifération nucléaire. Malgré toutes les divergences d'ordre tactique, nous avons la même volonté de résoudre de façon équitable les problèmes internationaux les plus compliqués, qu'il s'agisse de la situation au Proche-Orient ou du « dossier nucléaire » iranien.
La Russie suit attentivement l'évolution intérieure de l'Union européenne. C'est parfaitement logique : le rythme de développement et les perspectives de nos relations dépendent à bien des égards de la transformation intérieure de l'UE, de la question de savoir si elle restera une association principalement interétatique ou si elle s'adjugera des fonctions supranationales. Nous avons intérêt à ce que notre très grand voisin soit stable et prévisible, et nous espérons que les transformations et les élargissements n'aboutiront pas à la fragmentation de son champ juridique unique. En premier lieu, en matière de garantie de droits identiques pour tous les habitants de l'Union européenne, indépendamment de leur origine, de leur appartenance nationale ou religieuse.
En édifiant notre coopération avec l'Union européenne, nous pensons à l'avenir, nous ne cherchons pas à vivre « au jour le jour ». Je suis persuadé que notre dialogue ne saurait être réduit aux seuls problèmes « sectoriels », certes importants mais tout compte fait techniques, comme les quotas, les tarifs, les mesures antidumping, les normes techniques. Je ne nie pas la nécessité d'en débattre et de les résoudre ensemble. Mais je crois qu'il nous faut songer en premier lieu à ce que nous voulons être les uns pour les autres dans quelques décennies et à ce que nous pouvons faire pour nos concitoyens.
En ce qui concerne l'avenir des processus européens, la position de la Russie est bien connue. L'essentiel est de former un espace économique commun et d'assurer la libre circulation des personnes. De tels pas qualitatifs à la rencontre de l'autre répondent aux intérêts des milieux d'affaires, culturels et scientifiques. Pour réaliser ces objectifs, nous devrons franchir un chemin plutôt long et difficile, mais les points de repère sont tout à fait réalistes. Nombre de nos partenaires dans l'Union européenne partagent cette approche.
Nous allons devoir sous peu engager ensemble le travail sur un nouveau document de base appelé à remplacer l'accord de partenariat et de coopération qui expire bientôt. Nous espérons que le coup d'envoi de ce processus de négociations sera donné au cours du sommet Russie-UE du 24 novembre. Le dialogue avec nos partenaires européens montre que nos positions sont d'ores et déjà proches sur de nombreuses dispositions du futur accord. Nous l'imaginons compact, politiquement solide, tourné vers l'avenir, fixant les buts et les mécanismes d'une coopération égale en droits entre la Russie et l'Union européenne. Ces buts doivent être formulés de la façon la plus claire qui soit.
J'espère que le travail sur le nouveau document de base rapprochera la Russie et l'UE, ne les divisera pas. Les prochaines négociations ne doivent pas se transformer en un échange de griefs. Et, naturellement, nous ne pourrons pas ouvrir une nouvelle page de notre coopération si nous avons peur de l'interdépendance grandissante. Point n'est besoin, à mon avis, de répéter une nouvelle fois que de telles craintes entrent en contradiction avec l'état réel des choses sur le continent européen.
Le problème se situe apparemment sur un tout autre plan. Ceux qui parlent d'un risque de dépendance envers la Russie voient les relations entre la Russie et l'Union européenne dans un registre édulcoré noir et blanc et voudraient les faire entrer dans le schéma suranné « ami-ennemi ». Je le répète : les clichés de ce genre sont loin de la réalité, mais, ancrés dans la mentalité et la pratique politique, ils font naître un risque d'apparition de nouvelles lignes de démarcation en Europe.
Je suis sûr et certain que le passé ne doit pas nous diviser. Nous ne pouvons pas réécrire l'histoire. L'objectif d'aujourd'hui est de construire ensemble l'avenir de la Russie et de l'Union européenne en qualité de partenaires et alliées. La Russie y est disposée. J'espère que la même approche positive l'emportera aussi dans l'Union européenne.
Vladimir POUTINE
Président de la Fédération de Russie
Source du texte : FIGARO.FR
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lundi, 13 novembre 2006
LES MUSULMANS EN EUROPE
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dimanche, 22 octobre 2006
L'Europe, le génocide arménien et la Turquie
Le génocide arménien fait de nouveau la une des journaux. Il y a à cela deux raisons. La première est l'attribution du prix Nobel de littérature au romancier turc Orhan Pamuk qui a failli se retrouver récemment en prison pour avoir reconnu en public le génocide arménien de 1915. D'après la loi turque, c'est un crime de haute trahison. La solidarité internationale a sauvé l'écrivain mais la pression exercée par les autorités turques a produit son effet. De toute façon, lorsque Pamuk est arrivé après ce scandale international à Moscou pour présenter son nouveau roman traduit en russe, il a refusé net de répondre aux questions des journalistes liées au génocide arménien. Humainement, cela se comprend : l'écrivain voulait revenir à Istanbul, sa ville natale qui a servi de cadre à tous ses livres.
Ainsi, par sa décision le Comité Nobel a provoqué en Turquie des sentiments ambigus : ce n'est pas tous les ans qu'un prix aussi prestigieux est décerné à un Turc pour "haute trahison".
Deuxième raison, le retentissement, encore plus important, de la loi adoptée dernièrement par la chambre basse du parlement français. C'est une sorte de reflet dans le miroir de la loi turque sur le génocide arménien. A Istanbul, reconnaître le génocide coûte la prison, alors que la loi française punit sa négation d'une peine de privation de liberté.
L'apparition d'une telle loi en France n'a pas pour origine un événement international mais s'explique plutôt par la conjoncture électorale intérieure. Il est donc douteux qu'elle puisse être avalisée par la chambre haute et, a plus forte raison, signée par le président de la république. D'autre part, le génocide arménien a déjà été reconnu officiellement et de façon incontestable par la loi de 2001. A la même époque à peu près où le parlement français votait la nouvelle loi, Jaques Chirac déposait, en Arménie, une gerbe de fleur au pied du monument aux victimes du génocide.
A noter que la date officielle du génocide arménien (1915) est purement conventionnelle. Des pogroms arméniens avaient eu lieu aussi à des époques antérieures. Autrement dit, l'explication turque selon laquelle ces événements n'étaient que les aléas du temps de guerre ne supporte aucune critique sérieuse. Enfin, les Turcs n'ont pas égorgé seulement des Arméniens mais aussi des Grecs, des Serbes et d'autres chrétiens.
Le rappel en Europe du souvenir du génocide arménien a soulevé en Turquie une vague d'indignation impressionnante.
Le nouveau tapage à Istanbul pose une foule de questions. La plus importante est de savoir si cela vaut la peine d'admettre au sein de l'Union européenne un pays qui refuse de reconnaître qu'il a commis un crime affreux dans le passé et de faire son mea-culpa. L'estime et le respect de l'Allemagne n'ont fait que grandir lorsqu'elle a dit honnêtement toute la vérité sur l'Holocauste. Qu'est-ce qui empêche la Turquie d'en faire autant?
De la décision qui sera prononcée sur l'admission de la Turquie à l'UE dépend, à mon avis, sans exagérer, la survie de la civilisation européenne au XXIe siècle. La vieille civilisation européenne se lézarde déjà sous l'effet de l'affluence excessive des immigrants. Elle ajoute une teinte culturelle supplémentaire à l'image de l'Europe mais les Européens perdent en même temps bien davantage chaque année en se dissolvant dans la masse du carnaval des étrangers. Comme l'Europe n'arrive pas à bien s'entendre avec les immigrants qui ont déjà pris racine sur le continent, que deviendra-t-elle si ses portes s'ouvrent toutes grandes devant la Turquie? Les idéalistes rêveurs voient l'Europe gagnante, mais les réalistes doivent réfléchir au lieu de rêver.
Il y a aussi l'aspect religieux dont l'Europe s'efforce de se défaire par tous les moyens. Cependant, irremplaçable dans la vie quotidienne, le politiquement correct est nuisible dans une analyse sérieuse. Voir la vie en rose, c'est déformer délibérément la réalité et, par conséquent, se condamner à prendre des décisions erronées.
On peut user à volonté de la langue d'Esope pour éviter d'articuler à haute voix ce "terme incommode" d'islam. Mais si l'on tient à vivre et à survivre dans le monde réel, il vaut mieux relire les vieux journaux pour y repérer les noms des terroristes et apprendre qui les a formés, qui ils priaient, qui les a financés. C'est alors qu'on pourra mettre en place une bonne défense pour soi-même et pour ses enfants.
Pourquoi le christianisme reconnaît-il ses anciennes erreurs, se repent-il et demande-t-il pardon? Pourquoi l'islam ne veut-il pas en faire autant? Selon la juste expression du père orthodoxe Kouraïev, au lieu d'entrer dans l'avenir en repensant et en réévaluant le passé, l'islam, au contraire, saisit la moindre occasion de lancer de temps à autre de courtes "batailles hargneuses". Aujourd'hui, cela peut être le problème du hijab, demain le scandale des caricatures, après-demain une fausse interprétation, pas même d'un terme, mais d'une très ancienne citation utilisée par Benoît XVI. Ce sont toujours les chrétiens qui deviennent victimes de chacune de ces "batailles hargneuses". On les agresse. Souvent, on les tue.
Rien d'étonnant à ce que le directeur d'un opéra allemand ait annulé récemment un concert dont le programme comportait un motif musulman, de peur que cela puisse provoquer l'ire des islamistes fanatiques. Angela Merkel a eu beau intervenir contre l'annulation du spectacle. La peur s'est installée dans la vieille Europe.
Certes, ce n'est pas un fait que tous les musulmans ont à coeur ces "batailles hargneuses" dont le but est évident : rassembler le monde musulman sur une base parfaitement évidente. Et ce n'est pas non plus un fait que tout admirateur du prophète Mohamed est un terroriste. Mais c'est un fait irréfutable que l'islam pose au XXIe siècle des problèmes sérieux au reste du monde.
Certains estiment que ce ne sont que des problèmes de croissance qui n'ont rien à voir avec le sens de la doctrine musulmane. J'espère qu'il en est ainsi. Mais dans ce cas, avant d'inviter chez soi un tel hôte, il serait raisonnable d'attendre que "l'agressivité juvénile" passe.
D'autres s'emploient à expliquer l'extrémisme islamique par l'absence de délicatesse souvent constatée dans le comportement de représentants de l'autre religion par rapport aux musulmans. Cela arrive, c'est vrai. Seulement il faut faire la différence entre l'indélicatesse traduisant un mal évident et le droit de dire la vérité, y compris à un musulman. Et le musulman est tenu d'apprendre à apprécier la liberté d'expression et de respecter l'opinion de son interlocuteur. Autrement, pour votre malheur, il pourra vous dire et vous faire tout ce qu'il voudra, et pas vous. On quitte le politiquement correct pour tomber dans l'absurde.
D'autres encore pensent que le problème réside dans l'inégalité sociale. Ce point de vue a le droit de cité. Eh bien, cela veut dire qu'il faut aider les voisins, non pas aggraver l'inégalité sociale mais la faire disparaître par tous les moyens raisonnables et, je tiens à le souligner, évolutifs.
Ce qu'il faut se garder de faire, c'est d'ouvrir toutes grandes les portes de la maison européenne au premier venu. Le moment est mal choisi.
Piotr ROMANOV
Source du texte : RIA NOVOSTI
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dimanche, 06 août 2006
Interrogation géopolitique, culturelle et économique

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GI's go home !
L’armée américaine est présente dans de nombreux pays d’Europe occidentale depuis le début des années cinquante. Par rapport aux périodes précédentes ( 1917-1918 et 1944-1945), cette présence est doublement originale : elle se fait dans un contexte de paix (malgré la guerre froide) et elle est constituée autant par des civils que par des militaires (les familles accompagnent les officiers et sous-officiers affectés en Europe). La présence des GI’s (soldats de l’armée de terre) et des Airmen (soldats de l’US Air Force) et de leurs familles n’a pas laissé les Européens indifférents : certains se sont réjouis de l’installation de ces « sentinelles du monde libre », d’autres y ont vu une nouvelle occupation, beaucoup ont été intrigués par l’irruption de l’American Way of Life au cœur même du vieux monde. L’étude des relations entre la population européenne et l’armée américaine depuis 1945 présente un triple intérêt : elle permet d’abord de retracer l’évolution de la stratégie américaine en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale ; elle permet ensuite de comprendre comment, au quotidien, deux sociétés, l’une civile et européenne et l’autre, militaire et américaine, ont pu cohabiter ; elle fait apparaître enfin les représentations que chacune des populations a construit l’une de l’autre. Notre approche se veut donc tout autant diplomatique, sociale que culturelle.Cliquer sur le lien PDF pour accéder au texte complet.
Olivier Pottier
professeur agrégé, docteur en histoire.
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samedi, 05 août 2006
Honneur et Fidélité

I
Levons dans la brume et la rocaille,
Les drapeaux de nos espoirs fervents.
Que nos coeurs tout prêts à la bataille
Bondissent au soleil levant.
Refrain
Honneur, Fidélité
Honneur, Fidélité
Sauront nous donner des jours plus beaux.
II
Par les routes inondées de lumière,
Nous marcherons dans le jour nouveau.
Au matin claqueront nos bannières
Notre foi vit dans nos drapeaux.
III
Croix d'argent, croix d'or ou lion de sable,
Croix perlée, bâtons des ducs hardis,
Gwenn-ha-du, sang et or admirables;
Vous volerez au Grand Midi
IV
Auourd'hui nous voulons l'Aventure.
Nous voulons le soleil éclatant.
Nous voulons une âme dure,
Aux jeunes que l'Europe attend !
V
Hier, amis, c'était l'aventure,
La guerre, les routes, les combats sanglants
Nous avons acquis une âme dure !
Amis, la France nous attend !
VI
Partout, la misère nous tenaille,
Notre peuple souffre mille maux,
Mais nos coeurs tout prêts à la bataille
Feront naître des temps nouveaux !
Écrit par SG (Webmaster) dans > Chants guerriers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : guerre, chant, france, europe |
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