vendredi, 25 février 2011
Le guerrier nordico-germanique face au Destin
Quels que soient les textes envisagés, antiques inscriptions runiques, récits d'historiens latins, fragments de poèmes immémoriaux, Eddas, sagas de tous genres – fussent-elles rédigées à l'ère chrétienne scandinave –, formules juridiques, vestiges magiques, partout, toujours s'impose l'originale figure du Destin. Il était au commencement dans l'ébauche des monstres primitifs nés du contact entre chaud et froid, il sera à la fin, à la Consommation du Destin des Puissances (Ragnarök), sans doute préférable à la version Crépuscule des Puissances (Ragnarokkr), et c'est lui qui fera surgir, parmi les prairies toujours vertes du monde régénéré, les merveilleuses tables d'or – un jeu de hasard, sans doute – que les dieux suprêmes, "renés", prisent plus que la bière miellée ou la chair inépuisable du sanglier de la Valhöll. Toute étude de la religion germanique et scandinave qui négligerait ce trait pour se confiner à une description de mythes, à une nomenclature de divinités ou de héros, se condamnerait, par là même, à passer à côté de l'essentiel, c'est-à-dire du sacré : car le sacré chez les anciens Germains, c'est le Destin, le sens du Destin, les innombrables figurations que prend le Destin. Tacite le notait déjà : "Les auspices et les sorts n'ont pas d'observateurs plus attentifs."
D'un bout à l'autre du domaine germanique résonne la trompette fatidique de Heimdallr qui annonce la fin des temps : nul ne saurait se soustraire aux arrêts des Nornes. Les dieux eux-mêmes sont soumis à leurs lois. Tout est écrit d'avance.
Comme au festin de Balthazar, tout a été compté, pesé, divisé. "Un jour, il faut mourir" : on se prend à imaginer quel trappiste austère a bien pu concevoir, avant le temps, cet univers fatidique dont l'issue, indubitable, est, au mieux, l'éternelle bataille dans le palais aux tuiles d'or dont, un jour, Surtr embrasera les voûtes, au pire les séjours glacés de la hideuse Hel, mi-noire, mi-bleue. Odinn, le maître de la sagesse et de la science ésotérique, le père des runes et de la poésie, sait qu'il périra, et de quelle façon ; Baldr a fait des rêves prémonitoires, Thôrr n'ignore pas que le venin du grand serpent de Midgardr le détruira. Urdr, la Norne qui veille auprès de la source de tout savoir où le grand arbre cosmique, Yggdrasill, plonge ses racines, domine le monde des dieux et des hommes. Dans le ciel du champ de bataille volent les valkyries fatales, messagères d'Odinn venues prendre leurs proies que guettent les corbeaux de mauvais augure; en mer, Rân a tendu ses filets où se prendront les marins feigir : voués à la mort par le sort; ici, on ne rêve pas, on est visité en rêve, à l'accusatif (mik dreymdi), et si l'on a vu le cheval funeste à robe grise, couleur de mort, on ne survivra pas. L'âme (hugr), qui est la forme interne (hamr) concédée à chaque homme par le Destin, s'est manifestée plusieurs fois à celui qu'elle habite, sous forme de fylgja, de hamingja, de spamadr ou de draumkona : dès lors, il connaît que le terme est proche. Demain, il sera tout soudain paralysé, en pleine action, par les lacs de la guerre (herfjöturr) ; un étrange sommeil, irrépressible, le clouera sur place, il aura de sinistres visions de sang sur le pain qu'il mange, ou de tête livide articulant d'obscures vaticinations. C'en est fait de lui. A chaque page des textes gnomiques, mythologiques ou héroïques des Germains fait étrangement écho le dernier vers du dialogue de Jésus et de Marie, dans la Passion de Jehan Michel : Accomplir faut les Écritures. Les affreuses filandières qui tissent sur un métier fait d'ossements, un fer de lance pour navette, les entrailles des hommes tendues par des têtes de morts, arrachent brutalement leur horrible toile. Ici finit l'histoire.
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dimanche, 30 janvier 2011
Les Dieux du Nord
À travers le périple d’un poète viking et d’un moine chrétien traversant l‘Europe du Nord en l’an mille, découvrez la mythologie nordico-germanique et l’histoire mouvementée de cette région de l'Europe.
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mardi, 10 juin 2008
Odin et Thor : dieux guerriers de la pensée et de l'action (1/2)

Dieu de la poésie, Odin est également le dieu guerrier, comme en attestent ses aventures. Et Snorri le confirme : c'était un "grand homme de guerre (…). Il était tellement favorisé par la victoire que, dans toute bataille, c'est lui qui gagnait". L'évêque Adam de Brême ajoute : "Wodan [Odin] dirige les guerres et communique à l'homme le courage contre les ennemis."
Odin lui-même, après avoir vanté auprès de Thor ses exploits amoureux, évoque ses souvenirs de combattant :
"J'étais dans l'armée
Qui par ici s'en vint,
Gonfanons en tête,
Rougir les lances."
En tant que souverain, Odin conserve la haute main sur l'exercice des armes, ce qui constitue l'une des particularités de la mythologie viking : à la différence du panthéon méditerranéen qui distingue bien les attributions d'un Jupiter de celles d'un Mars, Odin possède un certain nombre de "savoir-faire" qui lui permettent d'intervenir en "spécialiste" sur le champ de bataille.
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