lundi, 09 novembre 2009

EADS militarise ses ambitions

La stratégie d'Airbus reflète celle de sa maison mère. Anticipant une crise de l'aéronautique civil, EADS accélère ses développements dans la Défense.

Lobbying ultraperformant jusqu'au sein même des ambassades... Dans la bataille qui l'oppose à Boeing pour le mégacontrat des avions ravitailleurs de l'armée américaine, chiffré à 35 milliards de dollars, EADS bénéficie de renforts diplomatiques. « Nous essayons de mettre en avant l'option d'un partage du marché 50/50 entre Boeing et Airbus, mais l'idée dominante ici reste que cette solution reviendra plus cher en coûts d'exploitation et de maintenance. Nous mettons pourtant en avant des études qui montrent que cela ne sera pas plus coûteux », confie Pierre Vimont, l'ambassadeur de France aux Etats-Unis. Un soutien d'autant plus bienvenu qu'EADS et son partenaire Northrop Grumman s'estiment lésés dans cette bataille. « Ce qui nous gène le plus, ce n'est pas que notre principal concurrent ait eu accès à notre prix mais plutôt à la décomposition de celui-ci en fonction de toutes les composantes de notre offre », regrette David Vernet, le directeur du marketing d'Airbus Military.

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vendredi, 15 décembre 2006

EADS s'américanise en vue d'un contrat géant

medium_eads_einstieg_l_p.jpgLe groupe européen a livré son premier hélicoptère militaire à l'US Army. 
 
En livrant cette semaine son premier hélicoptère militaire à l'armée américaine, EADS a franchi une première étape dans sa stratégie outre-atlantique. La firme européenne, premier hélicoptériste mondial, a prouvé qu'elle pouvait battre les plus grands fournisseurs américains du Pentagone sur leur terrain. L'US Army lui a commandé 322 de ces hélicoptères utilitaires légers, assemblés dans le Mississippi. Mais avant de rivaliser ici avec le britannique BAE Systems, déjà parmi les dix premiers fournisseurs, EADS a encore beaucoup à faire. 

Le Pentagone dépense chaque année 250 milliards de dollars en équipements, services et recherche pour la mise au point d'armements de toutes sortes. EADS espère gagner près d'un milliard de dollars de ce marché cette année. C'est deux fois et demi ce qu'elle faisait il y a seulement quatre ans, mais c'est encore trop peu. 2007 pourrait marquer une étape encore plus décisive : le Pentagone devrait décider en octobre prochain si Boeing ou EADS remporte la première tranche d'un contrat fabuleux portant sur une centaine d'avions de ravitaillement en vol.

Les termes de l'appel d'offres sont encore en cours d'élaboration. Le prix unitaire attendu pour ces appareils : environ 150 millions de dollars. Au cours des trente ans à venir ce sont plus de 400 vieux ravitailleurs KC 135, conçus par Boeing dans les années 1950 que l'US Airforce devra remplacer. Ce potentiel énorme de commandes justifie un effort sans précédent d'EADS sur le marché américain.

Pour mettre toutes les chances de son côté le géant européen a depuis des mois adopté un profil à la fois discret et politiquement correct. Il ne s'agit en effet pas seulement de convaincre le client de la qualité technique et économique de son offre - une version dérivée de l'Airbus A 330, plutôt que celle dérivée du B 767 proposée a priori par Boeing. Il s'agit aussi de prouver au Congrès qu'EADS, avec ses implantations, usines et filiales dans 19 États de l'union, se comporte comme un fournisseur américain responsable et citoyen. Pour Boeing, il s'agit de regagner sa réputation. Le premier contrat qu'il avait remporté, a dû être annulé en 2004 après la découverte de la corruption par Boeing d'un décideur clé au Pentagone.

«Militariser» l'Airbus

Pour décrocher le contrat des ravitailleurs, EADS a choisi le géant américain Northrop Grumman, comme partenaire. C'est un des principaux fournisseurs du Pentagone en matériel électronique, aéronautique, naval, sous-marin et services divers. Le nom d'EADS n'apparaît même pas au premier plan. En cas de victoire, la firme californienne sera chargée de « militariser » l'Airbus, assemblé dans une usine de 600 millions de dollars spécialement construite à cet effet à Mobile (Alabama). Si l'équipe Northrop-Grumman-EADS gagne en octobre 2007, l'usine créera 1 000 emplois sur place. Même si le contrat était perdu, Airbus promet d'installer un centre local employant 150 ingénieurs. 

Source du texte : FIGARO.FR 

Écrit par SG (Webmaster) dans > Armes et armement, > États-Unis, > Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : EADS, USA, Europe | | |  Facebook | |  Imprimer |