jeudi, 18 octobre 2007
Sparte, si tu savais...
Alors que le DVD du film 300 est disponible à l’achat, une rumeur circule sur le fait que Frank Miller, auteur de sa version en bande dessinée dont l’adaptation cinématographique a fait tant de succès cette année, prépare une suite …
En effet, le réalisateur Zack Snyder a laissé entendre que ce projet était à l’étude et que Miller s’efforçait d’écrire une seconde partie. Evidemment, il ne peut y avoir de suite à la bataille des Thermopyles. La bande dessinée et le film racontent tout, de l’invasion perse à la victoire grecque, en passant par le sacrifice des spartiates. Néanmoins, il voudrait raconter une autre bataille épique, retranscrire un nouveau péplum antique. Nul ne sait si ce projet aboutira et nul ne sait quel sujet serait alors abordé, mais j’ai rêvé qu’il mette en scène une histoire non de la période antique mais d’un passé plus proche. Une histoire qui confronte cette fois-ci les descendants des héros grecs face aux descendants des envahisseurs perses : l’histoire de la chute de Constantinople et de l’Empire Byzantin ; l’histoire du sacrifice du dernier Empereur Romain d’Orient : Constantin XI !
Au Ve siècle après Jésus-Christ, l’Empire Romain se divise en deux. Désormais, l’on connaît un empire d’Occident, à Rome, et un autre dit d’Orient, à Constantinople (Byzance). C’est en 476, lorsqu’un roi barbare du nom d’Odoacre prend la capitale romaine et renvoie les enseignes impériales à Constantinople, que s’achève la longue histoire de l’Empire d’Occident. Ainsi commence le Moyen Age. On apprend habituellement que le Moyen Age s’étend sur la période de l’année 500 à 1500. On peut donc aisément constater qu’elle débute à la fin de l’Empire Romain d’Occident, et qu’elle se termine à la fin de l’Empire Romain d’Orient, en 1453.
En cette année, l’Empire byzantin n’a presque plus de terres et très peu de pouvoir sur les mers. Depuis des décennies, ses voisins turcs de l’Empire Ottoman envahissent les territoires chrétiens, réduisant leurs habitants à l’esclavage. Suite à de nombreuses querelles religieuses, les chrétiens d’Europe refusent de soutenir et de défendre le peu d’Empire qui reste. Tous ses anciens alliés restent neutres, et certains européens se placent même du côté du Sultan Mehmet II. Constantinople est seule face à un envahisseur très menaçant. Seule avec uniquement 7 000 soldats pour la défendre. Autour de la ville, les Turcs placent de grands canons, créés par un hongrois, qui, ils l’espèrent, pourront défaire les solides murs de la capitale. L’armée turque est la plus vaste armée jamais vue. Le grand empire perse d’antan, voulant absorber la petite Grèce, est maintenant le grand empire ottoman, dévorant les restes de Constantinople. Pendant plusieurs jours, les Ottomans canonnent la ville assiégée et lancent de nombreuses attaques. Les combats dureront plus d’un mois. Voyant les combats s’éterniser, le moral des troupes ottomanes est au plus bas. Le sultan demande alors à l’empereur byzantin de capituler, offrant un marché contre la ville. Constantin XI répond que ses hommes préfèrent mourir plutôt que de livrer la ville.
Ainsi soit-il. Les Ottomans décident de livrer une dernière bataille de nuit, lançant tout ce qu’ils ont pour défaire les soldats grecs. Ils parviennent à passer une des brèches et envahissent la ville. Toute la journée, d’après les témoignages, se déroule des scènes apocalyptiques : pillage des maisons, viols des femmes de soldats et massacre des chrétiens. Les femmes, enfants et vieillards deviennent esclaves. Les Ottomans envahissent les églises de leurs chevaux et abusent sexuellement des religieuses. Pendant la bataille, si de nombreux soldats fuirent pour sauver leur vie, l’empereur Constantin, lui, se débarrassa de ses insignes impériales, et d’un seul bon se jeta dans la masse pour combattre jusqu’à la mort, l’épée en main et la rage au cœur. Il est dit que le lendemain, alors que les esclaves enterrent les morts dans une fosse commune, ils remarquent sur un corps sans tête des bottes pourpres frappées d’un aigle argenté ; celles de leur souverain défunt. Ils garderont secrètement le corps pour lui faire les funérailles qu’il mérite. Ainsi mourrait, avec son dernier empereur, la grande Constantinople … fière, résistante et combattante.
On peut remarquer de grands points communs avec l’histoire de 300 : l’invasion venant de Turquie, les grecs, peu nombreux, voulant stopper leur avancée, le sacrifice d’un roi, la trahison des siens, et les nombreuses querelles religieuses. Si les grecs, unis, il y a 2500 ans, arrêtèrent de nombreuses fois les invasions de l’Empire Perse, 2000 ans plus tard, ils ne purent s’allier pour stopper leurs descendants turcs à cause de querelles de chapelle, de conflits internes entre Eglise d’Occident et Eglise d’Orient. Dans 300, ce sont les "éphores", prêtres vendus, pervers et décadents, qui interdisent tout Sparte à partir en guerre pendant la fête de la Carnéïa, afin de ne pas heurter les Dieux. À Constantinople, comme l’explique l’image populaire de cette défaite, pendant que la ville est encerclée, les défenseurs chrétiens débattent sur le sexe des anges …
Arthur LORC’H
Écrit par SG (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Byzance, Constantinople, Ottomans, Turcs, Perse, Sparte, 300 |
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