vendredi, 28 mars 2008

Le Pentagone prend racine au Kosovo

1412920162.jpgLes avertissements faits par nombre d'experts avant l'indépendance du Kosovo commencent à se réaliser : tous les attributs d'une grande base militaire de l'OTAN et des Etats-Unis apparaissent en catimini sur le territoire enlevé à la Serbie. La décision du président George W. Bush de commencer à livrer des armes au Kosovo est l'un des derniers indices en date de ce processus. Moscou a insisté sur la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil Russie-OTAN, qui se tiendra vendredi 28 mars à Bruxelles. D'ailleurs, il est douteux qu'il soit possible de persuader ce conseil d'intervenir, car il s'est toujours révélé peu utile. A propos, le président Bush a pris cette décision deux jours après la visite à Moscou de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et du secrétaire américain à la Défense Robert Gates, qui ont appelé à renforcer la coopération, à étendre les consultations et, en général, à assurer la transparence.

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mercredi, 20 février 2008

Réflexions sur la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo

9db75d435c7481c9ddffc8e57a332199.jpgLa question se pose : faut-il ou ne faut-il pas reconnaître l’indépendance du Kosovo ? En d’autres termes, peut-on reconnaître le droit d’une population, disposant d’un parlement infra-étatique, à proclamer son indépendance, si la majorité de ses représentants sont en faveur d’une telle démarche ?

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jeudi, 29 novembre 2007

Bosnie-Herzégovine : Une nouvelle guerre n’est pas exclue

Les tensions entre le gouvernement de la République serbe de Bosnie et la communauté internationale font renaître la crainte d’un conflit interethnique dans la population. L’analyse d’une observatrice croate. 

Milorad Dodik, le Premier ministre de la Republika Srpska [République serbe de Bosnie], est en conflit ouvert depuis plusieurs mois avec Miroslav Lajcak, le haut représentant de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine, au sujet de la modification des règles de fonctionnement du gouvernement central. Dans la phase finale des négociations sur le statut du Kosovo, Dodik et la Russie ont fait front commun contre Lajcak, que soutenaient les Etats-Unis, l’Union européenne et l’OTAN. Depuis quelques semaines, on se trouve dans la situation du pat aux échecs : Dodik refuse catégoriquement les modifications des règles de vote au Parlement et au sein du gouvernement central de Bosnie-Herzégovine, tandis que les diplomates occidentaux brandissent la menace de sanctions.

Il s’agit de la plus grande crise qu’ait connue la Bosnie-Herzégovine depuis les accords de Dayton, qui avaient mis fin à la guerre en 1995. S’appuyant sur une ingérence active de la Russie, la Serbie agite la menace de nouveaux troubles en Bosnie-Herzégovine en cas de proclamation de l’indépendance du Kosovo. “Moscou et Belgrade incitent les Serbes de Bosnie à menacer de faire sécession de la Bosnie-Herzégovine, ouvrant ainsi la porte à un nouveau conflit”, a averti The New York Times.

Grâce à Dodik, la Bosnie-Herzégovine s’est retrouvée à la une de la presse internationale, qui rivalise de pronostics catastrophistes et prédit une nouvelle guerre dans les Balkans. Mais l’inquiétude s’est aussi propagée en Bosnie depuis la dernière campagne législative. Le principal quotidien de Sarajevo, Dnevni Avaz, a publié des reportages montrant les citoyens en train d’accumuler des provisions dans la crainte du prochain embrasement. Quant à l’hebdomadaire Dani, il analyse la situation de façon laconique : “Il ne devrait pas y avoir de guerre, mais on ne saurait non plus l’exclure.”

Dodik évoque depuis plusieurs années la possibilité d’un référendum sur l’indépendance de la Republika Srpska. Et il répète depuis cet été que sa formation politique, l’Union des sociaux-démocrates indépendants, pourrait quitter les institutions de la Bosnie-Herzégovine si l’administration internationale essayait d’imposer de force la réforme de la police (condition sine qua non posée par l’Union européenne pour la ratification de l’accord sur la stabilité et l’adhésion à l’UE) et si Lajcak n’abandonnait pas ses projets de modification des règles de fonctionnement du gouvernement central. Or Lajcak a imposé ses décisions le 12 octobre, précisément pour prévenir un éventuel blocage des institutions communes au cas où le parti de Dodik serait tenté de quitter le Parlement de Sarajevo.

Dodik n’est pas une marionnette de Belgrade. Avec le soutien des Etats-Unis et de l’ancienne présidente de la Republika Srpska, Biljana Plavsic, cet antinationaliste – qui était dans l’opposition pendant la guerre – a réussi à écarter le Parti démocrate serbe de Karadzic et à transférer le siège du pouvoir de Pale à Banja Luka. Il est devenu Premier ministre après les élections de 1998, alors qu’il n’avait l’appui que de 2 députés sur 83 au Parlement de la Republika Srpska. Aux dernières élections législatives, en 2006, son parti a obtenu la moitié des sièges au Parlement central et presque autant dans l’entité serbe.

Ni Dodik ni Lajcak ne disposent des clés qui permettraient de sortir de la crise. La politologue Tanja Topic estime que Dodik agit de concert avec Belgrade, mais sans être manipulé pour autant. Dodik lui-même ne cesse de répéter que la Bosnie-Herzégovine n’existera que si l’on accepte la Republika Srpska comme partie intégrante. Un rattachement à la Serbie n’est pas pour lui une solution réaliste, ni souhaitable. Les Bosno-Serbes ont en effet une confiance limitée en Belgrade : ils se souviennent d’avoir été abandonnés par Milosevic à l’issue de la guerre.

D’après le commandement de l’OTAN en Bosnie, qui veille sur le pays avec les 2 500 soldats de l’EUFOR, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. On n’annonce aucun renforcement de ce contingent. A la différence du Kosovo, les forces internationales n’ont eu à déplorer aucun incident en Bosnie-Herzégovine depuis la fin de la guerre : les seules violences interethniques qui ont été enregistrées ont été commises par… des supporters de clubs de foot rivaux.

Snjezana PAVIC

Source du texte : COURRIER INTERNATIONAL

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