vendredi, 03 juillet 2009

Bagdad entre les murs (avril 2009)

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mardi, 10 avril 2007

Les GI livrent la seconde bataille de Bagdad

Quatre ans après la chute de Saddam Hussein, les militaires américains tentent désespérément d'empêcher la capitale irakienne de sombrer dans un chaos à la somalienne. 
 
medium_irak.jpg4 ans après la prise de Bagdad par le corps expéditionnaire américain en avril 2004, la ville est redevenue un champ de bataille. Aux attentats suicides de l'insurrection sunnite, qui s'attaque aux Américains et au nouvel État irakien, s'est ajoutée depuis février 2006 une cruelle guerre civile qui oppose, quartier par quartier, les frères ennemis musulmans. La rive orientale du Tigre, le fleuve qui serpente au milieu de Bagdad, est dominée par les chiites. Sadr City, immense Suburre où s'entassent dans des rues tirées au cordeau et pleines d'immondices des millions de partisans d'Ali, sert de base aux escadrons de la mort de l'Armée du Mahdi. Créée par le jeune et charismatique Moqtada al-Sadr, dont le portrait à la moue boudeuse sous le turban noir de Sayed (descendant du Prophète) décore l'entrée de nombreux quartiers chiites, cette armée de loqueteux s'est scindée en plusieurs groupes qui n'obéissent qu'à des réseaux complexes d'allégeance.
 
La rive occidentale, siège du pouvoir et des palais de Saddam Hussein, compte encore de nombreux quartiers sunnites où al-Qaida et des groupes d'insurgés plus ou moins islamistes font régner la loi de la terreur. Pris en étau de part et d'autre du fleuve, les quartiers mixtes encore peuplés par ce qui reste de la classe moyenne irakienne laïque et urbaine sont devenus des lieux d'affrontements tantôt sournois, tantôt ouverts, entre les factions rivales.
 
Référence à l'armée française
 
medium_5-ans-de-guerre-contre-le-terrorisme.jpgPour tenter d'enrayer cette guerre civile, les autorités irakiennes ont, à l'instigation des Américains, lancé le 15 février dernier un vaste plan de sécurité dans la capitale irakienne. Plus de 50 000 soldats et policiers irakiens ont été déployés dans les rues de Bagdad, appuyés par quelque 20 000 soldats américains, envoyés en renfort par le président George W. Bush à son nouveau commandant en chef, le général Petraeus.
 
Les principaux axes de la ville sont sillonnés par des patrouilles américaines ou irakiennes. Des check-points contrôlent les voitures. Dans chacun des neuf districts de Bagdad, des postes de commandement mixtes coordonnent l'action des différentes forces : Américains, armée nationale irakienne, police natio­nale et locale.
 
Inspiré de façon lointaine par le quadrillage d'Alger de l'armée française en 1957, à laquelle les officiers américains ne cessent de faire référence depuis quelque temps, ce plan est jusqu'à présent parvenu à réduire le nombre de meurtres confessionnels, divisé par cinq. Si les insurgés sunnites parviennent encore à lancer chaque jour des voitures suicides dans la circulation, les attaques contre les patrouilles ont elles aussi globalement diminué à Bagdad.
 
Signes encourageants
 
Malgré ces signes encourageants, l'armée américaine a jusqu'à présent plus réussi à étouffer l'incendie de la guerre civile qu'à l'éteindre. Les difficultés de l'opération sont nombreuses. Les Américains ont à grands frais reconstitué les forces de sécurité irakiennes, débandées en mai 2003. Les nouvelles recrues sont en majorité chiites, attirées par la solde et poussées par leurs chefs religieux, et sont devenues l'une des principales cibles des insurgés sunnites. Les chiites infiltrent les rangs de la police, utilisant les armes et les véhicules pour perpétrer leurs vengeances ­sectaires, détournant à leur profit l'aide améri­caine.
 
L'armée américaine doit ainsi s'appuyer sur la police pour empêcher les insurgés sunnites d'opérer librement dans Bagdad, mais tout en contenant la dérive sectaire des forces de sécurité. Tout en se débattant avec ce casse-tête, les militaires américains savent qu'ils livrent la bataille de la dernière chance. « Là où va Bagdad, va l'Irak, dit un officier supérieur américain en citant un dicton irakien, si nous échouons à enrayer la guerre civile, plus rien n'empêchera l'Irak de basculer dans un chaos à la somalienne ! »
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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jeudi, 15 février 2007

Irak : la bataille de Bagdad a commencé

medium_bagdad.2.jpgLe "plan de sécurité" annoncé par le gouvernement de Nouri al-Maliki a commencé à prendre effet hier dans la capitale irakienne. Des barrages supplémentaires ont été installés dans les rues, congestionnant encore un peu plus la circulation dans une ville déchirée par la terreur sectaire, dont plusieurs artères et ponts du centre sont coupés depuis quatre ans par les remparts de la zone verte. Les postes frontaliers avec la Syrie et l'Iran ont aussi été fermés pour trois jours, et des renforts américains ont été déployés dans Bagdad. L'objectif de ce plan est de reprendre le contrôle de la capitale, qui échappe presque entièrement à l'autorité du gouvernement irakien, retranché sous protection américaine dans la zone verte. Presque sous les murs de la forteresse, les attentats-suicides de l'insurrection sunnite sont quasi quotidiens. Au début de la semaine, une série d'attentats avait fait près de cent morts, pratiquement en vue du siège du gouvernement. Quatre bombes ont fait encore hier au moins huit morts.
 
Mais ces mesures d'exception visent aussi à enrayer la guerre religieuse qui déchire cette ville immense de près de six millions d'habitants. Les milices et escadrons de la mort chiites et les extrémistes sunnites se disputent le contrôle de quartiers entiers, rivalisant dans l'horreur dans une débauche de violences sectaires.
 
Ces assassinats confessionnels auraient fait selon l'ONU près de 17 000 morts dans la seule capitale en 2006. Ils ont redessiné la carte confessionnelle de la ville en homogénéisant les quartiers où cohabitaient encore sunnites et chiites.
 
Maliki joue son va-tout
 
Le responsable irakien de l'opération, le lieutenant-général Abboud Qambar, a reçu par décret le commandement de l'armée et de la police dans la capitale, ainsi que des pouvoirs exceptionnels. Ses troupes pourront perquisitionner les domiciles privés, confisquer des armes illégales, intercepter les communications téléphoniques et électroniques, et "imposer les restrictions nécessaires dans tous les lieux publics, centres, clubs, organisations, syndicats et entreprises, institutions et bureaux".
 
Le décret donne aussi deux semaines à ceux qui se sont emparés des maisons de personnes déplacées par la terreur religieuse pour quitter les lieux. Un couvre-feu a été instauré de onze heures du soir à six heures du matin.
 
Ces mesures spectaculaires ne changent guère la vie quotidienne des habitants, déjà soumis à des contrôles incessants et à des opérations de contre-insurrection qui n'ont jusqu'à présent jamais réussi à rétablir durablement un semblant de sécurité.
 
Mais ce plan de sécurité s'annonce surtout comme un test crucial pour le gouvernement Maliki. Soumis à d'importantes pressions de Washington, qui lui demande de contenir les milices chiites apparentées aux puissants partis de sa coalition gouvernementale, comme à la nécessité de rétablir une crédibilité largement entamée, Maliki joue son va-tout. L'opération est aussi cruciale pour George Bush, qui a utilisé ces dernières semaines ce qui lui reste d'influence pour convaincre les Américains qu'il était encore possible d'enrayer l'échec de sa politique irakienne.
 
Des efforts prolongés
 
Les 17 000 hommes de renfort annoncés par le président américain ne sont pas encore tous arrivés en Irak, mais environ 24 000 GI sont déjà déployés dans Bagdad. Sans être placées sous le commandement direct du général Qambar, les troupes américaines opèrent conjointement avec les Irakiens. Pour renforcer leurs capacités opérationnelles, mais aussi pour s'assurer que les unités, majoritairement chiites, de la nouvelle armée irakienne, appliquent avec la même rigueur les mesures du plan de sécurité à leurs coreligionnaires. L'été dernier, des tentatives plus limitées de reprendre le contrôle de certains quartiers chiites avaient échoué, selon certains officiers américains, à cause des pressions des principaux partis de la coalition gouvernementale.
 
Les opérations pourraient cette fois s'étendre à Sadr City, fief de l'armée du Mahdi, la milice de Moktada al-Sadr, allié peu commode de Maliki qui serait depuis peu en Iran. Le nouveau commandant américain en Irak, le général Petraeus, a déjà laissé entendre que les résultats de cette opération pourraient n'être tangibles que d'ici plusieurs mois, et que les efforts devraient être prolongés.
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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