mercredi, 28 juillet 2010
Pour François Fillon, "nous sommes en guerre contre Al-Qaïda"...mais pour Alain Chouet, ancien patron de la DGSE, "Al-Qaïda est mort en 2002"
François Fillon déclare que la "nous sommes en guerre contre Al-Qaïda", mais Alain Chouet, ancien patron de la DGSE, affirme en janvier 2010, dans une audition au sénat, qu'"Al-Qaïda est mort en 2002".
Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j'estime sur la base d'informations sérieuses et recoupées qu'al-Qaïda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora-Bora en 2002. Les services pakistanais se sont ensuite contentés, de 2003 à 2008, à nous en revendre les restes contre quelques générosités et indulgences diverses. Sur les quelque 400 membres actifs de l'organisation qui existait en 2001, moins d'une cinquantaine de seconds couteaux (à l'exception d'Oussama ben Laden et d'Ayman al-Zawahiri qui n'ont aucune aptitude sur le plan opérationnel) ont pu s'échapper et disparaître dans des zones reculées, vivant dans des conditions de vie précaires, et disposant de moyens de communication rustiques ou incertains. Ce n'est pas avec un tel dispositif que l'on peut animer à l'échelle planétaire, un réseau coordonné de violence politique. D'ailleurs il apparaît clairement qu'aucun des terroristes auteurs des attentats post 11-Septembre (Londres, Madrid, Charm-el-Sheikh, Bali, Casablanca, Djerba, Bombey, etc) n'a eu de contact avec l'organisation. Quant aux revendications plus ou moins décalées qui sont formulées de temps en temps par ben Laden ou Zawahiri, à supposer d'ailleurs qu'on puisse réellement les authentifier, elles n'impliquent aucune liaison opérationnelle, organisationnelle, fonctionnelle entre ces terroristes et les vestiges de l'organisation.
Toutefois, je suis bien obligé de constater comme tout le monde qu'à force de l'invoquer à tout propos, et souvent hors de propos, dès qu'un acte de violence est commis par un musulman, ou qu'un musulman se trouve au mauvais endroit au mauvais moment (comme dans l'affaire de l'usine AZF à Toulouse), ou même quand il n'y a pas de musulman du tout (comme dans le cas des attaques à l'anthrax aux Etats-Unis) à force de l'invoquer en permanence, un certain nombre de médias réducteurs et quelques soi-disant experts de part et d'autres de l'Atlantique ont fini non pas par la ressusciter, mais par la transformer en une espèce d'Amédée de l'auteur Eugène Ionesco, ; ce mort dont le cadavre ne cesse de grandir et d'occulter la réalité, et dont on ne sait pas comment se débarrasser. L'obstination incantatoire des Occidentaux à invoquer l'organisation mythique Al-Qaïda (qu'on a qualifiée d'hyperterroriste non pas par ce qu'elle a fait, mais parce qu'elle s'est attaquée à l'hyperpuissance), a eu rapidement deux effets pervers :
Écrit par SG (Webmaster) dans > France, > Islam, > Renseignement, > Terrorisme, > Vidéo Belli | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : al-qaïda |
|
|
Facebook | |
Imprimer |
mardi, 20 novembre 2007
PAKISTAN : Contre Al-Qaida, Washington veut armer les tribus
L'armée américaine pourrait accroître son ingérence dans les zones tribales pakistanaises. Elle envisage de financer directement les brigades frontalières tribales et de soutenir les milices locales qui acceptent de lutter contre Al-Qaida et les talibans.
Des bruits tenaces circulent en ce moment à Washington concernant une nouvelle proposition militaire, non encore officielle, qui aurait pour but d'intensifier le ralliement de chefs tribaux dans la zone frontalière du nord du Pakistan pour lutter contre Al-Qaida et les talibans. Si elle était adoptée, cette proposition s'ajouterait à une série d'éléments qui indiquent un changement de la stratégie américaine au Pakistan. La nouvelle orientation devrait se traduire par une augmentation du nombre de conseillers militaires américains, par le financement direct d'une force paramilitaire tribale de surveillance des frontières – force qui s'est avérée jusqu'ici largement inefficace – et par le versement d'argent aux milices tribales qui accepteront de combattre Al-Qaida et les extrémistes étrangers, indiquent des responsables militaires américains.
Cette proposition s'inspire de l'exemple de la province d'Anbar, en Irak, où les forces américaines ont obtenu de francs succès face aux insurgés étrangers [en soutenant financièrement et matériellement les chefs sunnites locaux qui acceptaient de lutter contre Al-Qaida en Irak.] Reste à savoir si de telles coopérations pourront être menées au Pakistan sans une présence militaire américaine accrue dans le pays. De même, on ignore si les tribus locales vont réagir positivement.
Washington tend à renforcer son soutien local en raison de la faiblesse du gouvernement Musharraf. Les Américains redoutent que les extrémistes retranchés dans les zones tribales ne profitent de la situation pour multiplier leurs attaques contre les forces alliées stationnées en Afghanistan. Ces dernières semaines, des militants islamistes proches d'Al-Qaida et des talibans ont étendu leur influence au-delà de la zone frontalière, notamment dans la région montagneuse de Swat.
Le nouveau plan, émanant du Commandement des opérations spéciales des Etats-Unis, n'a pas encore été formellement adopté mais certains éléments de la nouvelle stratégie ont d'ores et déjà été approuvés dans leur principe par les Américains et les Pakistanais et sont en attente de financement. Quelque 350 millions de dollars devraient être consacrés dans les années à venir à la formation et à l'équipement des Frontier Corps [brigades frontalières de la province du Nord-Ouest et du Balouchistan], dont les 85 000 hommes sont issus des tribus de la région.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l'administration Bush a versé des milliards de dollars d'aide au Pakistan et exercé de lourdes pressions sur son président, le général Musharraf, pour qu'il fasse preuve de plus de fermeté contre les combattants des zones tribales. Les rares incursions militaires pakistanaises dans cette région n'ont pourtant pas été couronnées de succès et ont même causé de lourdes pertes dans les rangs de l'armée pakistanaise, tout en accentuant le ressentiment des habitants de ces zones.
De hauts responsables américains reconnaissent ces échecs. Mais d'après eux, le souci de privilégier le recrutement d'alliés parmi les milices tribales et d'investir davantage dans la Frontier Corps témoigne d'une réelle volonté de la part de Washington de lutter contre l'islamisme au Pakistan. Cette nouvelle campagne de contre-insurrection montre en tout cas que l'armée américaine entend jouer un plus grand rôle dans une zone du Pakistan dont la CIA s'occupait presque exclusivement depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Eric Schmitt, Mark Mazzetti et Carlotta Gall
Source du texte : THE NEW YORK TIMES / COURRIER INTERNATIONAL
Écrit par SG (Webmaster) dans > Pakistan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Talibans, Al-Qaida, Frontier corps |
|
|
Facebook | |
Imprimer |

































































