mercredi, 15 février 2012

Hérodote : Léonidas et la bataille des Thermopyles

Les forces grecques 

(202). Voici les gens postés là pour attendre l'assaut du Perse : il y avait trois cents hoplites de Sparte, mille de Tégée et de Mantinée (cinq cents de chacune des deux villes), cent vingt d'Orchomène en Arcadie, et mille du reste de la région ; c'est tout pour l'Arcadie. Corinthe avait envoyé quatre cents hommes, Phlionte deux cents, et Mycènes quatre-vingts. Voilà les forces qui venaient du Péloponnèse. De Béotie venaient sept cents Thespiens et quatre cents Thébains. 

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(203). Appelés à la rescousse, les Locriens d'Oponte avaient envoyé toutes leurs forces, et les Phocidiens mille hommes. Les Grecs les avaient d'eux-mêmes invités à les rejoindre : ils formaient l'avant-garde des confédérés, leur avaient-ils fait dire, et ils attendaient d'un jour à l'autre la venue du reste des alliés ; la mer était bien gardée, surveillée par les Athéniens, les Éginètes et les autres membres de leurs forces navales, et il n'y avait rien à redouter, car la Grèce n'avait pas devant elle un dieu, mais un homme, et jamais on n'avait vu, jamais on ne verrait d'homme qui, du jour de sa naissance, n'eût le malheur mêlé à son destin, — et plus grand l'homme, était mortel, devait lui aussi connaître un jour l'échec. Ces arguments avaient décidé les Locriens et les Phocidiens à leur envoyer des secours à Trachis.

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mercredi, 12 août 2009

Sparte, la Cité des guerriers

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jeudi, 18 octobre 2007

Sparte, si tu savais...

10b12fb7afada311883e0277f2b1d2e8.jpgAlors que le DVD du film 300 est disponible à l’achat, une rumeur circule sur le fait que Frank Miller, auteur de sa version en bande dessinée dont l’adaptation cinématographique a fait tant de succès cette année, prépare une suite …

En effet, le réalisateur Zack Snyder a laissé entendre que ce projet était à l’étude et que Miller s’efforçait d’écrire une seconde partie. Evidemment, il ne peut y avoir de suite à la bataille des Thermopyles. La bande dessinée et le film racontent tout, de l’invasion perse à la victoire grecque, en passant par le sacrifice des spartiates. Néanmoins, il voudrait raconter une autre bataille épique, retranscrire un nouveau péplum antique. Nul ne sait si ce projet aboutira et nul ne sait quel sujet serait alors abordé, mais j’ai rêvé qu’il mette en scène une histoire non de la période antique mais d’un passé plus proche. Une histoire qui confronte cette fois-ci les descendants des héros grecs face aux descendants des envahisseurs perses : l’histoire de la chute de Constantinople et de l’Empire Byzantin ; l’histoire du sacrifice du dernier Empereur Romain d’Orient : Constantin XI ! 

Au Ve siècle après Jésus-Christ, l’Empire Romain se divise en deux. Désormais, l’on connaît un empire d’Occident, à Rome, et un autre dit d’Orient, à Constantinople (Byzance). C’est en 476, lorsqu’un roi barbare du nom d’Odoacre prend la capitale romaine et renvoie les enseignes impériales à Constantinople, que s’achève la longue histoire de l’Empire d’Occident. Ainsi commence le Moyen Age. On apprend habituellement que le Moyen Age s’étend sur la période de l’année 500 à 1500. On peut donc aisément constater qu’elle débute à la fin de l’Empire Romain d’Occident, et qu’elle se termine à la fin de l’Empire Romain d’Orient, en 1453. 

En cette année, l’Empire byzantin n’a presque plus de terres et très peu de pouvoir sur les mers. Depuis des décennies, ses voisins turcs de l’Empire Ottoman envahissent les territoires chrétiens, réduisant leurs habitants à l’esclavage. Suite à de nombreuses querelles religieuses, les chrétiens d’Europe refusent de soutenir et de défendre le peu d’Empire qui reste. Tous ses anciens alliés restent neutres, et certains européens se placent même du côté du Sultan Mehmet II. Constantinople est seule face à un envahisseur très menaçant. Seule avec uniquement 7 000 soldats pour la défendre. Autour de la ville, les Turcs placent de grands canons, créés par un hongrois, qui, ils l’espèrent, pourront défaire les solides murs de la capitale. L’armée turque est la plus vaste armée jamais vue. Le grand empire perse d’antan, voulant absorber la petite Grèce, est maintenant le grand empire ottoman, dévorant les restes de Constantinople. Pendant plusieurs jours, les Ottomans canonnent la ville assiégée et lancent de nombreuses attaques. Les combats dureront plus d’un mois. Voyant les combats s’éterniser, le moral des troupes ottomanes est au plus bas. Le sultan demande alors à l’empereur byzantin de capituler, offrant un marché contre la ville. Constantin XI répond que ses hommes préfèrent mourir plutôt que de livrer la ville. 

Ainsi soit-il. Les Ottomans décident de livrer une dernière bataille de nuit, lançant tout ce qu’ils ont pour défaire les soldats grecs. Ils parviennent à passer une des brèches et envahissent la ville. Toute la journée, d’après les témoignages, se déroule des scènes apocalyptiques : pillage des maisons, viols des femmes de soldats et massacre des chrétiens. Les femmes, enfants et vieillards deviennent esclaves. Les Ottomans envahissent les églises de leurs chevaux et abusent sexuellement des religieuses. Pendant la bataille, si de nombreux soldats fuirent pour sauver leur vie, l’empereur Constantin, lui, se débarrassa de ses insignes impériales, et d’un seul bon se jeta dans la masse pour combattre jusqu’à la mort, l’épée en main et la rage au cœur. Il est dit que le lendemain, alors que les esclaves enterrent les morts dans une fosse commune, ils remarquent sur un corps sans tête des bottes pourpres frappées d’un aigle argenté ; celles de leur souverain défunt. Ils garderont secrètement le corps pour lui faire les funérailles qu’il mérite. Ainsi mourrait, avec son dernier empereur, la grande Constantinople … fière, résistante et combattante. 

On peut remarquer de grands points communs avec l’histoire de 300 : l’invasion venant de Turquie, les grecs, peu nombreux, voulant stopper leur avancée, le sacrifice d’un roi, la trahison des siens, et les nombreuses querelles religieuses. Si les grecs, unis, il y a 2500 ans, arrêtèrent de nombreuses fois les invasions de l’Empire Perse, 2000 ans plus tard, ils ne purent s’allier pour stopper leurs descendants turcs à cause de querelles de chapelle, de conflits internes entre Eglise d’Occident et Eglise d’Orient. Dans 300, ce sont les "éphores", prêtres vendus, pervers et décadents, qui interdisent tout Sparte à partir en guerre pendant la fête de la Carnéïa, afin de ne pas heurter les Dieux. À Constantinople, comme l’explique l’image populaire de cette défaite, pendant que la ville est encerclée, les défenseurs chrétiens débattent sur le sexe des anges …

 

Arthur LORC’H

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vendredi, 06 avril 2007

Lance-toi dans la bataille ! Deviens le bouclier de ton peuple !

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dimanche, 21 janvier 2007

Le banquet des braves

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mercredi, 27 décembre 2006

ETRANGER, VAS DIRE A SPARTE ...

 
La bataille des Thermopyles, célèbre pour son dénouement tragique, est aussi emblématique du courage et du sens du sacrifice. Cette lutte à mort qui opposa les Perses aux Grecs dans le cadre de la seconde guerre médique (Vème siècle avant J.C) est un acte héroïque qui doit rester ancrer dans la mémoire européenne.

Le contexte :
Au Vème siècle avant Jésus Christ, la Grèce va être le théâtre d’affrontements constants entre Grecs et Perses. L’empire Perse est alors immense et recouvre une grande partie du Moyen Orient. Les cités grecques ne sont, elles, pas totalement unifiées. Dans ce contexte, Darius 1er va déclencher la première Guerre Médique visant à soumettre les cités grecques. Le débarquement est un échec pour Darius avec la fameuse défaite infligée par les Athéniens à Marathon. Darius meurt en -486 et son fils, Xerxès 1er, lui succède. Celui-ci, voulant se venger de la défaite de Marathon, organise une deuxième expédition punitive pour anéantir Athènes. Ce sera la seconde guerre Médique.

Le congrès de Corinthe :
Les préparatifs des Perses sont très longs car Xerxès doit réprimer des révoltes, en Egypte notamment. De leur coté, les grecs sont retombés dans des querelles intestines. Voyant que l’effectif Perse atteint des chiffres énormes, plusieurs centaines de milliers de combattants, les Grecs finissent par s’entendre sur leur défense au congrès de Corinthe à l’automne 481. 31 cités s’engagèrent par serment dans une ligue défensive et préparèrent des contingents de soldats. Ils finissent par s’accorder sur un plan qui consiste à défendre le défilé des Thermopyles sur terre, tout en stationnant le gros des forces maritimes, sous la direction d’Eurybiade, au nord de l’Eubée. Les troupes terrestres sont confiées au Roi spartiate Léonidas 1er. Les Thermopyles (les « Portes Chaudes », à cause des sources thermales qui s’y trouvent) constituent un défilé dont certains passages n’excèdent pas 10 mètres de largeur, entre le golfe Maliaque et la montagne. Ce lieu stratégique est choisit car il permet le limiter la supériorité numérique des Perses. Léonidas dispose d’environ 8000 hommes.

La tempête de l'Artémision :
medium_300.5.jpgAu sortir de la Thessalie les troupes de Xerxès font mouvement vers le sud. La flotte perse s'élance une dizaine de jours après afin que l'arrivée des troupes terrestres et navales soit conjointe. Une violente tempête de trois jours va détruire environ 400 navires. Plusieurs milliers d'hommes sont noyés. La principale conséquence est que Xerxès, bien qu'il garde la supériorité numérique, n'est plus en mesure de diviser ses forces navales de manière à convoyer l'armée tout en livrant combat à la flotte grecque. Mais malgré la tempête, la supériorité numérique perse apparaît si imposante qu'Eurybiade et son adjoint, le corinthien Adimantos, font demi-tour. Sur terre les troupes Perses arrivent au défilé des Thermopyles qui protège la route d’Athènes.

La Bataille des Thermopyles :
medium_carte_thermopyles.jpgLe roi des Perses sait que le couloir des Thermopyles est gardé. Un avant poste a été repéré. Xerxès ordonne une attaque de front, mais il se heurte à la vaillance grecque. Face aux troupes perses, y compris le corps d’élite des « Immortels », appelé ainsi parce que les troupes étaient toujours complétées au fur et à mesure des pertes, les soldats de Léonidas opposent une résistance solide, et infligent aux Perses des pertes énormes. Les courtes lances perses ne peuvent atteindre les Grecs armés de la longue lance dorienne. Le devin Mégistias révéla alors aux défenseurs des Thermopyles que la mort leur viendrait avec le jour : il l’avait vu dans les entrailles des victimes. Le cours de la bataille bascula. Léonidas est trahi par un certain Éphialtès, fils d’Eurydémos, un citoyen de Malia, qui informe les Perses sur le moyen de contourner l’armée grecque, par le sentier d’Anopée. Un fort détachement de soldats perses reçu l’ordre de suivre le traître et se mit en marche durant la nuit. Les Grecs qui gardaient le chemin furent réveillés par le bruit des feuilles foulées par des milliers de pieds et se hâtèrent de prendre les armes. Accablés par une nuée de flèches, ils gagnent les hauteurs pour se défendre. Les Perses, sans s’occuper d’eux, redescendirent le versant méridional de la montagne et arrivèrent en moins de seize heures dans le défilé. Informés de l’arrivée des Perses sur leurs arrières, Léonidas et ses officiers tiennent conseil et leurs avis différèrent, certains refusaient tout abandon de poste, d’autres étaient de l’avis opposé. Léonidas décide alors de se sacrifier avec les 300 hoplites Spartiates, ainsi que 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies, pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense et à l'armée de se retirer en bon ordre. Pris en étau, ils marchent jusqu’à l’endroit le plus large du défilé et l’affrontement eut lieu. Les Grecs résistent héroïquement autour du roi spartiate et sont tous massacrés sur ordre de Xerxès. Cette bataille devint l'emblème de la résistance grecque à l'envahisseur et de l'esprit de sacrifice des Spartiates.

Le Mausolée :
medium_medium_leonidas_nb.jpgPlus tard, au sommet du Kolonós, les Grecs érigèrent un mausolée à l’emplacement où tant de soldats étaient tombés. Une inscription du poète Simonide de Céos (556, 467), rappelle à chacun le terme de cette lutte héroïque : « Etranger, va dire à Sparte qu’ici nous gisons dociles à ses ordres ».

Le sacrifice de Léonidas et de ses spartiates n’évita cependant pas la mise à sac d’Athènes, et la guerre médique continua. Cependant, le courage de ces hommes redonna hargne et courage aux Grecs qui en firent des symboles de la résistance grecque. Ils finiront par vaincre les Perses, et la fin des guerres médiques marquera le début de l’ère la plus glorieuse pour la Grèce et en particulier Athènes.

Proverbe Spartiate :
« Les Spartes ne demandent pas combien sont l’Ennemi mais où il se trouve. » 

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