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Barak estime inéluctable une opération contre Gaza
Le ministre de la Défense israélien, ancienne colombe du Parti travailliste, affirme qu'une invasion de la bande de Gaza s'impose.
À en croire Ehoud Barak, la série de raids et d'incursions israéliennes, qui a fait 12 morts en 24 heures dans la bande de Gaza, n'est que le prélude à une opération terrestre plus vaste et inéluctable. Depuis qu'il a repris en main le ministère de la Défense, Barak, l'ancienne colombe du Parti travailliste, s'est métamorphosé en véritable faucon. Focalisé sur les questions de sécurité, son discours se rapproche désormais de celui du chef de l'opposition de droite, Benyamin Nétanyahou.
Barak affirme qu'une invasion de la bande de Gaza s'impose, pour faire cesser les tirs de roquettes depuis ce territoire - passé sous le contrôle du Hamas le 15 juin - sur le sud d'Israël, qui ont fait 12 morts depuis le début de l'intifada, en septembre 2000. "Nous nous rapprochons d'une vaste opération qui, pour de nombreuses raisons, n'a pas eu lieu au cours des semaines écoulées, a lancé le ministre de la Défense mercredi. Il faut affaiblir le régime du Hamas et son emprise sur Gaza." L'opération n'a pas eu lieu, en raison des fortes tensions avec la Syrie, qui menaçaient d'exposer Israël sur deux fronts simultanément. Plusieurs ministres ont mis en garde Barak contre les lourdes pertes en vies humaines qu'une telle opération en zone peuplée pourrait impliquer, y compris parmi les militaires israéliens.
Une vaste campagne militaire à Gaza risquerait aussi de faire capoter la conférence de Washington, prévue mi-novembre, et censée relancer le dialogue israélo-palestinien. Contrairement à Ehoud Olmert, le premier ministre israélien, Barak affirme qu'il n'existe toujours pas de partenaire du côté palestinien, le président Mahmoud Abbas étant trop faible pour faire appliquer un accord, en dépit de sa bonne volonté. À propos de la déclaration de principe que négocient Olmert et Abbas, Barak estime qu'elle "doit être suffisamment substantielle pour ne pas humilier les Palestiniens". Mais aussi "suffisamment vague pour que les Israéliens ne se sentent pas comme des pigeons, ayant fait des concessions importantes sur les problèmes les plus épineux sans rien recevoir en échange".
"Le premier ministre (Ehoud Barak), qui en 2000 (lors des négociations de Taba, NDLR) a proposé un retrait de 90 % des Territoires palestiniens et des quartiers arabes de Jérusalem-Est, emploie désormais la rhétorique de Benyamin Nétanyahou, affirmant qu'il n'existe pas de partenaire du côté palestinien et qu'un arrangement avec eux n'est rien de plus qu'un fantasme", écrit l'analyste politique Itamar Eichner, dans le Yedioth Ahronoth.
Ancien chef du "commando de l'état-major", la crème des unités d'élite de l'armée israélienne, Barak ne se prive jamais de rappeler qu'il est l'officier le plus décoré d'Israël, le "militaire numéro un", mettant ainsi en relief l'inexpérience militaire d'Olmert et son échec lors de la guerre du Liban de l'été 2006. S'il a dirigé la répression des troubles palestiniens à Gaza et en Cisjordanie dans les années 1990, il a aussi pris part aux négociations de 1994 pour la mise en oeuvre sur le terrain de l'autonomie palestinienne prévue par les accords d'Oslo. C'est pour rejoindre l'aventure pacifiste d'Itzhak Rabin, son lointain prédécesseur à la tête de l'armée, que Barak s'était lancé en politique.
Source du texte : FIGARO.FR
dimanche, 30 septembre 2007 | Lien permanent
Theatrum Belli cité comme source
THEATRUM BELLI a été choisi comme source iconographique par l’IMEU (Institute for Middle East Understanding) concernant les raids aériens israéliens sur la bande de Gaza.
dimanche, 28 décembre 2008 | Lien permanent | Commentaires (1)
”Plomb durci” : Préparation de l'armée de l'air israélienne pour des raids nocturnes
mercredi, 31 décembre 2008 | Lien permanent
Gaza : crimes de guerre, crimes contre l’humanité
La mission des Nations unies sur les événements de Gaza a rendu son rapport le 15 septembre, disponible en anglais sous le titre : « Human Rights Situation in Palestine and Other Occupied Arab Territories. Report of the United Nations Fact Finding Mission on the Gaza Conflict ». C'est un texte de plus de 570 pages, résultat du travail de plusieurs mois mené par la commission présidée par le juge sud-africain Richard Gladstone, un ancien membre de la cour constitutionnelle de son pays et un ancien procureur du tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY) et sur le Rwanda (TPIR).
Cette mission s'est rendue à deux reprises à Gaza ; le gouvernement israélien lui a interdit l'accès à la Cisjordanie et à Israël, mais elle a pu entendre des témoins israéliens (dont le père de Gilad Shalit) à Amman. Elle a aussi effectué un certain nombre d'auditions publiques (sur son programme détaillé lire, « United Nations Fact Finding Mission on the Gaza Conflict. », qui donne les liens avec les auditions.
A écouter les commentateurs des médias, à lire la presse, on a l'impression que le rapport renvoie dos à dos les deux protagonistes, Israël et le Hamas. Effectivement, le rapport affirme que les deux sont coupables de « crimes de guerre », voire de « crimes contre l'humanité ». On serait donc dans une sorte d'équilibre... En fait, rien n'est plus faux. Et la lecture du rapport (on peut se demander si ceux qui en parlent l'ont lu), est accablante avant tout pour Israël.
Un des éléments les plus intéressants du rapport est la chronologie détaillée au chapitre III des événements entre le 18 juin 2008, date de la signature d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas sous l'égide de l'Egypte, et le début de l'offensive israélienne. Il apparaît clairement du travail de la commission que :
Israël n'a pas respecté ses engagements d'ouvrir les points de passage à Gaza et a maintenu une politique de blocus contre la population, la privant des denrées de première nécessité ;
le cessez-le-feu a été, en gros, respecté par les deux parties jusqu'à début novembre ;
le début de l'escalade a eu lieu le 4 novembre, à la suite d'une incursion israélienne.
Cela confirme que, contrairement à ce que reprennent la plupart des médias et aussi le président de la République, ce n'est pas le Hamas qui a rompu le cessez-le-feu.
Autre point fort du rapport, le lien fait entre l'offensive contre Gaza et l'ensemble de la politique israélienne. Ainsi, selon le point 1674 du texte, cette opération est dans la continuité des « objectifs politiques israéliens concernant Gaza et les territoires occupés dans leur ensemble. » On ne peut donc comprendre l'offensive israélienne comme un seul ensemble d'objectifs militaires. Le point 1675 explique que cette offensive ne peut être vue indépendamment de « la politique de blocus qui a précédé l'opération et qui représente, selon la commission, une punition collective infligée intentionnellement par le gouvernement israélien au peuple de Gaza ».
Le point 1676 souligne : « Nombre de mesures adoptées par Israël en Cisjordanie durant et après l'opération militaire contre Gaza ont renforcé le contrôle israélien sur la Cisjordanie, y compris Jérusalem, et montrent une convergence d'objectifs avec les opérations militaires à Gaza. Parmi ces mesures, un accroissement de l'expropriation des terres, la destruction des maisons, des permis pour construire dans les colonies, des restrictions plus sévères aux procédures permettant à des habitants de Gaza de séjourner en Cisjordanie. »
Le paragraphe 1683 est consacré au principe de proportionnalité, un principe qu'André Glucksman et Bernard-Henri Lévy affirment ne pas comprendre. Nous leur en conseillons donc la lecture. « La commission reconnaît que toutes les morts ne représentent pas une violation du droit humanitaire. Le principe de proportionnalité reconnaît que dans des conditions très strictes, des actions qui ont occasionné des morts civiles ne sont pas forcément illégales ». Mais, « les actions des forces israéliennes et les déclarations des responsables militaires et politiques avant et durant les opérations indiquent que, de manière globale, elles était fondées sur une politique délibérée d'usage disproportionné de la force visant non pas l'ennemi mais des infrastructures qui les supportent ce qui signifie ici la population civile ». Et le rapport souligne que l'attaque a commencé le matin d'un jour ouvrable à 11:30, une heure à laquelle les rues sont bondées, les écoliers rentrent chez eux, etc.
Et le point 1691 conclut que pour les autorités israéliennes, les attaques disproportionnées, celles contre les populations civiles et la destruction de bâtiments civils sont des moyens légitimes.
Un des points les plus importants concerne l'absence d'enquêtes sérieuses menées par les autorités israéliennes sur les crimes de guerre (points 1756, 1757 et 1758). Cela renforce, selon la commission, la nécessité d'utiliser le principe de juridiction universel qui permet à des tribunaux nationaux de juger des personnes de nationalité étrangère accusées de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité. Lire, dans Le Monde diplomatique de septembre, l'article de Sharon Weill, « De Gaza à Madrid, l'assassinat ciblé de Salah Shehadeh ».
Le rapport n'épargne pas le Hamas, mais il est clair qu'il n'y a pas équivalence dans le texte entre une simple organisation et un Etat souverain. Le gouvernement israélien ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Il a décidé d'engager une grande offensive diplomatique pour contrer les effets du rapport, relatent Barak Ravid, Jack Khoury et Avi Issacharoff dans Haaretz le 16 septembre, « Israel girds for diplomatic war over 'biased' UN Gaza report ». La crainte exprimée est de voir des responsables israéliens traduits devant la Cour pénale internationale.
Selon une dépêche de l'AFP en provenance de Jérusalem :
« "Nous allons faire tout notre possible pour empêcher qu'il y ait des suites juridiques à ce rapport en démontrant qu'il est malhonnête et politiquement biaisé", a affirmé à la radio publique Gabriela Shalev, l'ambassadrice d'Israël auprès de l'ONU. (...) Dans un communiqué, le président Shimon Peres a estimé que ce rapport "se moque de l'Histoire". "Les auteurs ne distinguent pas les agresseurs et ceux qui se défendent. C'est le Hamas qui a engagé cette guerre en commettant des crimes horribles. Ce rapport confère une légitimité au terrorisme et ne tient pas compte du devoir d'Israël de se défendre", a affirmé M. Peres. "Goldstone n'aurait pas écrit ce rapport si ses enfants habitaient à Sderot", une ville du sud d'Israël régulièrement visée par les roquettes palestiniennes, a ajouté le président israélien. »
Comme il est d'origine juive, le juge Goldstone a été violemment attaqué comme « juif honteux ». Interviewée par la radio militaire israélienne, sa fille a affirmé que son père est un « juif sioniste ».
Le porte-parole du Quai d'Orsay Bernard Valero a déclaré, le 16 septembre, que « les faits exposés dans le rapport de la Commission Goldstone sont d'une extrême gravité et méritent la plus grande attention (...) La France étudie actuellement le document dans le détail, ainsi que ses recommandations, sur lesquelles il est encore trop tôt pour se prononcer ».
Le rapport, toutefois, omet un problème important qui avait été souligné par Richard Falk, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, dans un article du Monde diplomatique de mars 2009, « Nécessaire inculpation des responsables de l'agression contre Gaza » :
« Israël a tout fait pour biaiser cette perception en obtenant des médias et des diplomates qu'ils se concentrent sur une seule question de droit international : son usage de la force était-il ou non "disproportionné" ? Or cette manière de poser le problème occulte la question fondamentale : celle de savoir si ces attaques avaient bien, au sens juridique, un caractère « défensif ».
Et là, nous rejoignons le domaine politique et ce fait fondamental abordé de manière oblique par la commission (ce n'était pas son mandat), l'origine du conflit et le fait qu'il résulte de l'occupation illégale des territoires palestiniens par Israël depuis plus de 40 ans, en violation de toutes les résolutions des Nations unies...
Alain GRESH
Source du texte : LE MONDE DIPLOMATIQUE
jeudi, 17 septembre 2009 | Lien permanent
Israël : Quand des soldats religieux se dressent contre Tsahal
Le mouvement de protestation contre tout gel de la colonisation israélienne en Cisjordanie gagne peu à peu l'armée. En cause : les yeshivot hesder, instituts qui conjuguent le Talmud et le service militaire. L'état-major y recrute des élites motivées, mais aussi rebelles.
L'état-major de Tsahal s'inquiète de l'influence de certains rabbins extrémistes sur ses troupes. La décision du gouvernement de geler les constructions dans les colonies n'a jusqu'à présent soulevé que des protestations pacifiques des colons. Mais la perspective d'une éventuelle évacuation manu militari de certaines de ces implantations, comme à Gaza en 2005, a relancé les craintes de mouvements d'insubordination parmi les soldats.

Le 22 octobre dernier, lors du traditionnel serment des troupes devant le mur des Lamentations, un groupe de conscrits du bataillon Shimshon déploie des banderoles pendant le discours du commandant : "Nous ne nous sommes pas engagés pour évacuer des Juifs" et "Le bataillon Shimshon n'évacuera pas Homesh". Homesh est une "implantation illégale" de Cisjordanie, démantelée par l'armée en 2005 et que les colons essayent de repeupler. Aucune armée n'apprécie beaucoup l'expression d'opinions politiques dans ses rangs, encore moins pendant les prises d'armes. Tsahal pas plus que les autres. Les soldats impliqués sont mis aux arrêts. Deux d'entre eux sont condamnés à vingt jours de prison militaire. Quelques semaines plus tard, dans le bataillon Nahshon, l'autre bataillon de la brigade Kfir, unité déployée dans les Territoires palestiniens, plusieurs soldats refusent d'obéir aux ordres alors qu'ils participent à une opération de démantèlement d'un avant-poste sauvage du côté de Hébron. Deux soldats au moins sont sanctionnés.
Ces affaires font grand bruit en Israël, où l'armée est considérée comme une institution presque sacrée. À gauche, on s'émeut de l'influence grandissante de l'idéologie nationaliste et religieuse des colons dans certaines unités. Les bataillons vont-ils obéir si le gouvernement leur donne l'ordre d'évacuer les colonies de Cisjordanie ? Comment accepter que la discipline militaire soit subordonnée à des préceptes religieux devenus hautement politiques ? Yariv Oppenheimer, dirigeant de l'organisation anticolonisation La Paix maintenant, accuse les colons radicaux de "susciter la sédition dans les rangs de l'armée, mettant en danger la société israélienne. Leurs responsables et tous les partis politiques doivent se prononcer contre ce phénomène, avant que l'armée ne perde le contrôle de ses soldats."
7.500 étudiants dans les yeshivot hesder
L'attention se tourne donc vers les yeshivot hesder, écoles religieuses dont sont issus plusieurs des soldats impliqués dans ces incidents. Ces écoles talmudiques bénéficient d'un statut particulier. Un "arrangement" ( hesder, en hébreu) avec le ministère de la Défense permet à leurs étudiants de bénéficier d'un service militaire plus court, environ 18 mois au lieu des trois ans normaux, et de poursuivre ainsi de longues études religieuses tout en servant dans l'armée. Le système a jusqu'à présent fonctionné à la satisfaction de l'état-major. 7.500 étudiants sont actuellement inscrits dans une cinquantaine de yeshivot hesder. Ces écoles envoient chaque année quelque 1.500 de leurs élèves dans l'armée. Mieux, les yeshivot hesder fournissent à Tsahal des recrues de premier choix, motivées et dévouées à l'institution militaire. Si ces étudiants consacrent des années à l'étude de la Torah, leur allure n'a rien à voir avec celle des juifs ultra-orthodoxes. Pas de bas de soie, de chapeaux en fourrure et de longs caftans comme les ultra-orthodoxes de Mea Shearim, repliés sur leurs études religieuses, hostiles ou indifférents au monde moderne. Ces jeunes gens en sandales à velcro, pantalons baggy et blousons en laine polaire combinent leur zèle religieux avec le culte de l'État d'Israël. L'étude de la Torah ne les empêche pas de servir avec zèle dans les unités les plus prestigieuses de l'armée. "Le sionisme religieux a remplacé le kibboutz comme ossature de Tsahal, explique Asher Cohen, professeur à l'université Bar-Ilan, lui-même sioniste religieux. Les yeshivot hesder sont devenues le creuset de Tashal. L'élite des soldats, ceux des meilleures unités, les parachutistes, les Golani ou les Givati, viennent de ces écoles."
Si les yeshivot hesder existent un peu partout en Israël, elles ont particulièrement prospéré en Cisjordanie, que les colons appellent la Judée-Samarie. Là, sur ces collines battues par le vent, au milieu des colonies les plus radicales, certaines de ces yeshivot professent une idéologie religieuse et nationaliste d'autant plus intransigeante qu'elle puise ses arguments directement dans la Bible. Et elles se trouvent de plus en plus en porte-à-faux avec d'éventuels ordres d'évacuation de colonies.
Le major-général Avi Mizrahi, commandant de la région Centre, a tapé du poing sur la table pendant une visite dans une académie prémilitaire en décembre. "Porter l'uniforme implique la subordination au gouvernement élu, quel qu'il puisse être. L'armée est en dehors du débat politique. Les incidents de désobéissance et de sédition du type de ceux auxquels nous avons assisté représentent un danger existentiel. Nous allons prendre des mesures contre ceux qui professent la désobéissance", a annoncé le général. Parmi les noms mentionnés par le général Mizrahi figure celui du rabbin Eliezer Melamed, directeur de la yeshiva hesder de la colonie de Har Braha, implantation radicale au sommet d'une montagne au-dessus de Naplouse. Ce rabbin de choc est le fils d'un autre rabbin célèbre dans le monde sioniste religieux. Ses éditoriaux publiés dans B'Sheva, magazine dirigé par sa mère, appellent ouvertement à la désobéissance à des ordres qui contreviendraient à la Torah. Sommé par l'état-major de signer un texte condamnant les incidents du mur des Lamentations, le rabbin Eliezer Melamed n'a pas obtempéré. Coupant court aux discussions, Ehoud Barak a pris la décision de suspendre l'accord entre l'armée et sa yeshiva.
À Har Braha, les partisans du rabbin crient à la manœuvre politique. "Le rabbin Melamed est pris comme bouc émissaire, dit Jonathan Bear, habitant de la colonie et parent d'élèves de la yeshiva. C'est un homme intègre. Il ne fait que dire la vérité. Les élèves de la yeshiva sont des jeunes gens pleins d'idéal. Ils représentent l'esprit pionnier d'Israël, qui se trouve à présent en Judée-Samarie, ajoute-t-il. Ils obéissent aux 613 commandements de la Torah, dont l'un des plus importants est de s'installer sur la terre d'Israël." Le rabbin Melamed a décliné les demandes d'interviews. Mais son collègue et ami, le rabbin Levanon, directeur de la yeshiva voisine d'Elon Moreh, accepte d'expliquer sa position. Deux des soldats emprisonnés après l'incident du Mur venaient de sa yeshiva. "Ce sont eux qui ont eu les plus lourdes peines", dit le rabbin Levanon. "Le fond du problème est d'utiliser l'armée pour appliquer des mesures qui relèvent de la politique intérieure, alors que c'est du ressort de la police."
"La loi de l'État peut changer, pas celle de la Torah"
Son bureau est décoré des portraits du grand rabbin Avraham Kook et de son fils. Ce religieux charismatique fut dans les années 1920 le premier à faire la synthèse entre le mouvement sioniste, à l'origine d'obédience laïque, voire socialiste, et l'orthodoxie religieuse, qui lui était alors opposée. On tombe sur son effigie dans pratiquement toutes les colonies. "Nous enseignons à nos étudiants la différence entre le bien et le mal, leur inculquons des valeurs morales, dit Levanon. La loi de l'État peut changer, pas celle de la Torah. Les sanctions contre Melamed servent au pouvoir politique pour museler des voix discordantes."
Le rabbin Levanon est un homme affable. Les étudiants l'abordent avec respect. L'un d'eux fait visiter la yeshiva, où des dizaines de jeunes gens sont penchés sur des rouleaux de la Torah. Des crosses de pistolets dépassent parfois des pantalons entre les tsitsits, les franges du châle de prière que les juifs observants portent sous leur chemise. Sur le point le plus haut de la colonie, des stèles ont été élevées aux anciens élèves morts au combat. L'étudiant a lui-même été blessé au Sud-Liban en 2006 avec une unité de parachutistes. "Je ne peux plus devenir officier, dit-il, mais beaucoup d'élèves de la yeshiva ont fait carrière. Ils reviennent pendant leurs permissions et nous servent d'exemple", ajoute-t-il. Tous les anciens élèves de yeshiva hesder ne sont pas des émules potentiels d'Ygal Amir, l'assassin de Rabin. Mais leur surreprésentation dans les meilleures unités de Tsahal reste une source d'inquiétude.
Tout le monde ne partage pas ces craintes. "On a entendu un peu partout des cris d'alarme, dénonçant le noyautage de l'armée par les sionistes religieux. Mais il ne faut pas surestimer le phénomène, dit le professeur Asher Cohen. Melamed et Levanon sont des extrémistes. Toutes les yeshivot ne sont pas comme celle de Har Braha ou Elon Moreh. Si c'était le cas, moi aussi je serais inquiet. Mais la majorité des sionistes religieux est opposée à ces rabbins radicaux. Le seul résultat de cette affaire aura été de faire de la publicité gratuite à Melamed."
Adrien JAULMES
Journaliste, auteur d'un petit ouvrage très instructif sur les soldats américains en Irak : AMERAK
Source du texte : LE FIGARO.FR
Pour approfondir sur Tsahal cliquez ICI
mercredi, 20 janvier 2010 | Lien permanent
L’Influence de Tsahal auprès des managers Israéliens
Maxime Perez, Journaliste en Israël, diplômé en Sciences politiques et spécialisé dans les questions de sécurité et de défense.
samedi, 19 juin 2010 | Lien permanent
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dimanche, 18 juillet 2010 | Lien permanent
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jeudi, 23 septembre 2010 | Lien permanent | Commentaires (1)
TSAHAL / Bahad-1 : ”Soft power” made in Israel
dimanche, 06 décembre 2009 | Lien permanent
ISRAEL : Tsahal s'invite de plus en plus dans les lycées
L'armée israélienne s'invite de plus en plus dans les lycées de l'Etat juif. Au grand dam de nombreux enseignants.
En marge du programme scolaire habituel, les lycéens israéliens s'apprêtent à découvrir une nouvelle matière : la valorisation du combat militaire. D'ici à deux semaines, près de 300 établissements auront reçu la visite de hauts gradés, dans le cadre d'un atelier pédagogique intitulé "Le sentier des valeurs". Cette campagne, conçue par l'armée, vise à doper l'enrôlement des bacheliers dans les unités d'élite qui opèrent en terrain hostile, comme la bande de Gaza. "Le service militaire n'est pas seulement une obligation, c'est un privilège et une valeur sociale", explique le ministre de l'Education, Gideon Saar, haut responsable du Likoud (droite).

Les visites des galonnés s'inscrivent dans un projet plus vaste destiné à resserrer les liens entre Tsahal et le système éducatif. Objectif: endiguer le déclin de la conscription, à laquelle 28% des jeunes Israéliens échappent chaque année, pour des motifs religieux ou idéologiques. Des bonus financiers sont désormais offerts aux lycées qui obtiennent un taux d'enrôlement élevé parmi leurs diplômés. L'armée israélienne dresse même un palmarès, diffusé dans la presse, qui distingue l'établissement du pays ayant envoyé le plus d'étudiants dans les unités combattantes.
Ce mélange des genres inquiète un nombre croissant d'éducateurs, qui regrettent que les médiocres résultats des étudiants israéliens aux tests d'évaluation internationaux semblent susciter moins d'intérêt que le taux de recrutement dans les brigades Golani ou le commando Sayeret Metkal. Pour ces professeurs, les intrusions répétées de militaires dans les salles de classe vont à l'encontre de leur vocation pédagogique, fondée sur l'enseignement de l'esprit critique. "Le service militaire est obligatoire, mais ce n'est pas une valeur en soi, souligne Nimrod Aloni, directeur de l'Institut pour la recherche éducative. Il n'est pas utile de promettre nos enfants à l'armée dès l'adolescence. Notre société, qui rêve d'être Athènes, court le risque de devenir Sparte."
Source du texte : L'EXPRESS.FR
samedi, 23 janvier 2010 | Lien permanent

































































